Des nouvelles de mes poils

Quoi de neuf depuis début août me demanderez-vous ? Début août, période pendant laquelle j'ai renoncé à toute intervention tranchante, brûlante ou déracinante sur mes toisons ?

J'ai cru jusqu'à il y a peu que mes fourrures n'arrêteraient jamais de se développer et qu'il me faudrait envisager la pratique de la tresse. Ce n'est pas le cas. Un poil, même le plus résistant, a un cycle de vie. Il naît, il pousse, il tombe. L'espérance de vie des miens semble être de 2 mois. Récemment, j'ai eu l'impression d'avoir viré ma cuti et de vivre avec un homme, étant donné le nombre de poils visibles sur les différentes surfaces de ma salle de bains. Plus ils sont longs, plus ils sont visibles car je ne suis toujours pas blonde.

La longueur inhabituelle de mon système pileux au niveau du mollet m'a apporté une nouvelle sensation physique. Habituée au souffle atlantique dans mes cheveux, j'ai découvert les turbulences aériennes dans mes poils. C'était l'été, il faisait chaud, j'allais court vêtue. Le vent se frayait un chemin dans mes roseaux (bah oui, oh ! c'est pas du chêne non plus !) les faisant caresser ma peau dans un léger chatouillis, bien agréable.

Autre constatation et joie non négligeable : personne (famille, ami·es, collègues) ne m'a reniée ou n'a tenté de me tondre par surprise invoquant un rapprochement culturel indu avec une membre de l'ancienne puissance invitée. Les traditions se perdent dans ce pays. Pas de jets de pierre dans la rue. Pas de hordes hurlantes à mes trousses. À croire que tout le monde s'en fout. Je sens que, telle une Icare sans plume, je m'approche de la vérité.

L'été s'en est allé. Mes vêtements recouvrent de nouveau… ben juste mes jambes. Je ne me suis pas promenée à poil tout l'été non plus, oh ! Il n'y a plus qu'à la piscine que j'expose mon intim… bah nan juste mes jambes, quoi ! En plus, la piscine, je m'en cogne un peu car finalement, la leçon personnelle que je tire de cette grève de la moisson, c'est que mon regard est bien plus inquisiteur que celui des autres. Mais comme à la piscine, je n'ai pas mes lunettes et suis donc complètement dans le flou pendant 2 heures, ben, m'en fous.

Je reviendrai vers vous plus tard dans la saison froide (si elle arrive) pour vous raconter l'effet du port du kilt avec de grandes chaussettes sur la vie de mes poils.