J'ai quitté Facebook. Pour l'instant, ça va. J'ai encore des ami·es. Je crois. Peut-être que non. Je vous en reparle dans un an.

Je regarde pousser mes poils de mollets. Je ne les tonds même plus. Je profite de cette fin d'été caniculaire pour me promener jambes nues et néanmoins velues. Et j'attends. J'attends qu'ils s'arrêtent. Car ils vont s'arrêter. N'est-ce pas ? Ce ne sont pas des cheveux ! Hein ? Dites ?

J'ai lu deux Vargas, deux livres en catalan. J'ai repris "Les luttes et les rêves" que j'avais abandonnées à la fin de la première guerre mondiale. J'ai commencé "Masculin/Féminin II - Dissoudre la hiérarchie" de Françoise Héritier. Je fais des stocks d'acide. En cas de besoin.

J'ai bu un verre de Saumur Champigny de 2011 et de 14,5°. Très bon. J'ai été ivre. J'ai beaucoup ri. Je crois qu'aucune vidéo n'a été tournée. Je m'en réjouis.

J'ai acheté une anthologie de poésie d'une autrice catalane, Maria-Mercè Marçal, en VO. J'avais bien aimé un de ses poèmes. J'exagère parfois. Je me suis dotée d'espadrilles de la même origine ethnique afin de balancer des coups de pieds dans les Valls… euses.

J'ai désherbé à la main l'allée de graviers chez ma mère. Elle voulait la napalmiser, la monsantiser. J'ai dit non : ça file des cancers. Tu en as déjà plein. Cesse. Et j'ai désherbé. Parce que ce n'est pas à elle d'assumer mes positions écologiques. Constat : la terre est basse et la nature coriace. J'avais l'impression d'entendre l'herbe repousser dans mon dos. Il poussera encore du chien-dent sur nos centrales quand nous ne serons plus que poussière.

J'ai appris à jouer au jeu du cochon. J'ai ri. J'ai bu du Cacaolat. C'était bon. C'est comme la madeleine de monsieur Proust mais à moi. Le Cacaolat de Gouinette.

J'ai présenté mes excuses à ma famille de loutres Pyrénées pour l'installation de Valls en Catalogne. J'ai rappelé qu'il y était né et que tout n'était pas de notre faute. J'ai bu un excellent Moscatel du coin dans un excellent restaurant de la région. Mais comme il est livré en tonneau, je n'en ai pas rapporté. J'ai gardé l'adresse du restaurant.

J'ai repris le travail avec deux nouveaux qui ont l'air sympathiques, travailleurs et sains d'esprit. Ce n'est pas si courant dans l'administration. Je m'en réjouis donc. J'ai changé de cours de baston et j'ai déjà des courbatures. Mais je ne me suis rien cassé. J'ai visité tout Dalí. J'ai aimé. Sa femme, Gala, trouvait les radiateurs laids. Pratiques mais laids. Elle les cachait derrière des paravents d'osier. Elle a commandé à son Salvador de peindre un camouflage. Sur un paravent de bois, il a peint… un radiateur. J'ai ri.

J'ai passé d'excellentes vacances.

Enfin.