Ce matin, j'ai ouvert un œil aux forceps à 7 h 52. Je suis précise car m'étant couchée tard dans mon lit après avoir d'abord roupillé sur le canapé (j'ai une vie de rêve, je sais), je fus très étonnée de voir une alerte "Prise de sang" affichée sur l'écran du téléphone. "Mais… on est dimanche…". Ah nan, nan, on est samedi me suis-je répondu. Ah ouiiii, hier je suis allée au théâtre mais nous étions bien vendredi. Comment ? Non, je n'ai pas bu. D'ailleurs, je vous conseille la pièce. Il s'agit de l'adaptation sur scène de l'essai de Virginie Despentes "King Kong Théorie". Et c'est très bien. Et c'est au théâtre de l'Atelier (oui, à Paris). Et ce n'est que la 4ème fois que je vais la voir. Les 3 premières fois, c'était en 2014. Étonnamment, j'ai redécouvert la pièce. J'avais oublié malgré la forte impression qu'elle m'avait faite. Malgré le fait que grâce à cette pièce, j'ai tout lu Despentes. J'ai réfléchi sur ma vie, mon œuvre, le féminisme, les violences, la société machiste. Mais j'avais oublié que la pièce est fantastique (mise en scène par Vanessa Larré) et servie par des comédiennes de talent : Valérie de Dietrich et Anne Azoulay (déjà présentes en 2014) et Marie Denarnaud.

Enfin bon, c'est pas tout ça, mais il était donc 7 h 54 quand j'enfilais un jogging (je suis une princesse de conte) pour me rendre au labo du coin faire ma prise de sang en me disant : "ça va être blindé. Est-ce que je prends de la lecture ?". Je regardai mon livre d'un œil bouffi (l'autre n'étant pas ouvert) et décidai de patienter sans rien. Tiens, mon livre ! En ce moment, je lis ça :

pouvoir

C'est très très bien. C'est un pavé que je dévore et que je vous conseille.

Mais bon, hormis mes passionnants conseils culturels… aaaah ! y'a aussi un documentaire sur Arte : "Un monde sans femmes" ! Bref, je me rendis d'un pas allègre (nan, j'déconne) au laboratoire. Je poussai la porte et tombai sur une salle d'attente vide. Une femme au comptoir et face à elle, DEUX employées. J'ai failli me dire "merde, c'est fermé". Sauf que j'étais dedans. Le samedi matin, ça n'existe pas une salle d'attente de laboratoire vide. Perturbée, titubante, je me dirigeai vers l'escargot à ticket d'attente lorsque l'une des employées me dit "ne prenez pas de ticket madame".

MAIS VOUS AVEZ PAS FINI DE BOUSCULER MON MONDE !!!

La femme fait le tour de la banque pour venir à moi. Je lui tends mon ordonnance. "On a une panne informatique. Faites voir… hum… la thyroïde, c'est bon, ça se conserve. On va pouvoir vous prendre. Vous êtes déjà venue ?". Je fais oui de la tête. Comment ça, ça se conserve ? Pour faire du boudin ? Quel rapport avec la panne ? La seconde employée me fait signe d'avancer, prend mon ordonnance. "Votre nom s'il vous plaît". Elle a un papier et un crayon. "Sans l'informatique, on doit tout faire à la main". Le vampire-préleveur est déjà là, s'empare de la feuille de papier manuscrite et décrypte mon nom : "Mme Grisette ?". Ouh la !

solitaire