J'ai bien ri ce matin en écoutant France Inter. L'invité était Jean-Michel Fauvergue, député LREM. Accessoirement, il a été chef du RAID, c'est donc un policier et il venait surtout vendre son livre sur cette expérience passée. Puis Interactiv' commença.
Patricia Martin lui pose "la question de côté". L'intitulé est plutôt spectaculaire car cela concerne l'actualité d'un autre député LREM, Christophe Arend, qui est accusé de harcèlement sexuel par son ex-assistante parlementaire. Mais c'est bien les femmes ça, à poser des questions fourbes et d'actualité sur un sujet millénaire… Bande de… j'me comprends !
Ça commence à partir de la 20ème seconde pour se terminer à 3'35". Vous avez bien trois minutes à perdre, non ?

Pour résumer : il a sorti les rames et se les est prises sur la gueule.

Argument numéro 1 : C'est un problème important. Pas nouveau. C'est bien que la parole se soit libérée (heu non, c'est juste que ça gueule plus fort que d'habitude parce qu'en plus grand nombre et que ça vous interdit de ne pas entendre) mais attention car il y a aussi des, je cite, "paroles moins vraies" ou "plus vagues"… Fantastique quand même, le gars sait que s'il dit "y'a des gonzesses qui mentent", il va se faire défoncer à la hache (comme Le Maire qui n'aime pas dénoncer… aïe pas la tête, ok, pardon, bien sûr qu'il faut dénoncer !). Alors il parle de paroles moins vraies, plus vagues. Garçon, tu vas me définir rapidement ce qu'est une parole moins vraie ou plus vague. Ce que j'ai lu sur les réseaux sociaux depuis le début, ce sont des faits racontés précisément. Et qui plus est, ici, il y a plainte.
Brèfle, il en arrive finalement au fameux "la police et la justice doivent faire leur travail". Il n'a donc rien lu et non plus rien vu dans sa précédente carrière sur le fonctionnement du système policier et judiciaire qui broie les victimes dès l'arrivée au commissariat. Par exemple avec des posters des femmes nues au mur. Par exemple en remettant en causant d'entrée leur parole.
La journaliste le reprend "on sait connard !" (non elle ne l'a pas dit mais elle l'a pensé, j'en suis certaine). "Vous en parlez à la buvette ? Même avec les députées ?"

Argument numéro 2 : ah bah justement, des femmes y'en a beaucoup plus depuis nous… "C'est pas ma question, vil faquin" le coupe Patricia Martin. Et pan, une rame dans ta face. Il ressort le "oui mais non mais bien sûr, nous avons conscience que c'est grave mais attation" : "Il y a des hommes qui ne le font pas !" Réponse : "bah évidemment, on n'a jamais dit le contraire". Bim, 2ème rame sur ta gueule. Ce type ne lit aucun article de Médiapart ou du Monde ou d'ailleurs, ni de posts Facebook, ni de tweets. Ou alors, il ne les comprend pas puisqu'il ressort les mêmes arguments hors-sujet qu'ont ressorti dès le début de #BalanceTonPorc les buses masculinistes.

Puis le mâle de service sur Inter reprend la parole parce que, la question de côté, ça va bien 3 minutes.

Quid des mesures mises en place au sein de LREM : formations, rappel à la loi, voire médiateur et médiatrice pour que les femmes victimes (et aussi des hommes, qui sait ?) puissent venir dénoncer ces actes et être protégées ? Nous n'en saurons rien. Parce qu'il n'y a pas mort d'homme, je suppose. A ce propos, à ce jour, 103 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l'année.

Enfin : "Il y a des hommes qui ne le font pas". Cette phrase me paraît juste hallucinante. Puisqu'elle sous-entend que contrairement à la majorité, il y a des hommes qui ne le font pas. Qui ne font pas quoi ? Des remarques sur les vêtements des femmes. Du mansplaining, du manspreading, des blagues sexistes, des remarques machistes. Ce qui est la base avant même la main au cul. En voulant défendre ses compères, au lieu de dire "la majorité des hommes ne le font pas", il dit "il y a des hommes qui ne le font pas". Acte manqué ? En tous, merci
#slowclap