23 août 2017

Au réveil, ce matin, j'ai entendu Nicolas Demorand sur France Inter rendre compte de l'agression sexuelle subie par une femme marocaine dans l'indifférence générale des passagers et du conducteur du bus dans lequel elle se trouvait. Puis le journaliste a cité des militantes décrivant l'enfer quotidien des femmes marocaines. La vidéo de l'agression a fait le tour des réseaux sociaux.

C'est ballot que France Inter et Nicolas Demorand ne profitent pas de cette agression pour rappeler qu'ici, en France, les femmes subissent aussi le sexisme. Les violences, les viols et le silence de l'État. Depuis le début de l'année, 86 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Nous sommes fin août et les chiffres des violences faites aux femmes en 2016 n'ont toujours pas été publiés. On en parle ou il vous faut des vidéos ?

16 h 15 - gare de là où j'étais en vacances. Deux voies. 1 TER. Sur les écrans, les 3 départs de la journée sont affichés, matin, après-midi et soir. Les quelques voyageurs s'interrogent : "c'est le train pour Paris ?". Dans le train, une femme m'interroge : "C'est le train pour Paris ?" Je souris : "Bah, j'espère parce que c'est là où je vais et que c'est le seul train en gare". Les Parisiens… Tu les fous à Châtelet les Halles un samedi de grève, ils vont au bout du monde. Mais pour revenir du bout du monde avec un seul train, y'a plus personne !

22 août 2017

Je souffre. C'est toujours pareil ; je pars vers un coin encore non visité, en fin d'après-midi pour attendre l'heure du dîner. J'aperçois un chemin balisé de bleu. Le matin, je l'ai entraperçu sur une carte de la région. Le plus court, je crois. Combien de kilomètres déjà ? Je ne sais plus mais ce n'est pas grave. C'est joli. Ça monte. Ça descend. C'est joli. C'est vert. Vert sombre dans la forêt. Ça grimpe, dites donc. Qu'elle est jolie la ville fortifiée vue de l'autre versant. Ah ! Ça redescend. Ça gliiiiiisse. Ce ne sont vraiment pas les bonnes chaussures, ces spéciales bateau à semelles lisses pour crapahuter. Enfin… ça devrait revenir vers la droite… ah non ? À gauche ? Mais on s'éloigne là. Au moins j'ai du réseau. Qu'est-ce que je fous dans les champs ? Ça grimpe bordel. C'est officiel, je ne suis pas aux Pays-Bas. Et ça fait un moment que je ne croise plus personne. Je vais crever. Aaaaah une maison, du goudron, UNE ROUTE ! À droite, loin, la ville. Je jette un coup d'œil à la carte. Retour en zigzag sur 3 km. Fuck le chemin bleu qui part à gauche.

Alors ce matin, je suis souffrance. Je vais aller bouquiner sur un banc. Acheter une boule à neige. Dormir. 

Midi : tandis que je m'étonne de trouver des cerneaux de noix et de la crème fraîche dans mes penne au pesto, des échos de la conversation d'une table pas voisine me parviennent. Elle dit : "Non, je ne fais pas de nu. Je ne veux pas commencer par le nu. Sinon… J'en ai déjà fait avec machin, bidule et truc. Mais je ne veux pas en faire". D'accord. Plus tard, tandis que mon expresso arrive accompagné d'un ourson au chocolat (pouark !)… la même "pour parler aux gens en soirée, je bois. L'alcool me désinhibe. Sinon…"

Nan mais stop ! Je ne veux pas entendre ce que tu dis. Nan ! Nan, nan, nan ! Chut ! Va-t-en !

21 août 2017

Je me suis penchée au-dessus du muret surplombant la rivière. J'entendais l'eau couler. J'éprouve toujours un sentiment de surprise, de paix et de panique quand je suis dans une ville où l'on peut entendre les sons de la nature. Le gazouillis des oiseaux, le frottement des feuilles mortes sur le sol poussées par le vent. Dans l'eau, des poissons faisaient du surplace face au courant. De toutes les tailles et a priori de la même marque. J'ignore laquelle. Que pouvaient-ils bien attendre dans ce ballet immobile ? La bouffe, évidemment, pas le bus ! J'ai cru qu'un gros allait manger un petit, le cannibalisme étant une pratique courante chez ces gens-là. Mais rien. C'était chiant ; je suis partie. 

Je suis entrée dans un square interdit aux chiens et aux boulistes : le jardin d'Eden. Il ne manquait que le pommier. La vue sur les alentours était à couper le souffle. J'y étais seule et puis j'ai entendu le bruit d'une voiture qui se gare. Un homme est entré. J'ai attendu qu'il se dirige vers la gauche pour partir vers la droite. Mais comme c'était un square, je l'ai croisé de l'autre côté. Forcément. Assis sur un banc, dos au paysage, il fumait. Il manque un panneau aux grilles du square.

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20 août 2017

9 h - Ce matin, la revue de presse d'Inter m'a permis d'apprendre une information des plus intéressantes. Il paraîtrait que Neymar (vous savez, le footballeur acheté 220 millions d'euros pour planter des buts à Guingamp… le Breton est fourbe, faut s'en méfier), Neymar, donc, n'aime pas du tout, du tout les réflexions de ses camarades de casino comptes en Suisse vestiaire sur sa sœur. Je vous plante le décor : 11 mecs en sueur et à moitié à poil (non, c'est pas un porno gay, arrêtez !) qui balancent des grosses vannes bien pourries, sexistes et forcément sexuelles sur une femme. L'ambiance de vestiaire hétéro mâle habituelle. Sauf que là, c'est la sœur d'un des mecs. Qui a l'honneur sensible. À propos de sa sœur et certainement sa mère, sa femme, sa fille (je ne sais pas s'il en a une et d'ailleurs je m'en fous).
Hey, Neymar ! Tu sais ce que tu peux faire pour que tes camarades arrêtent de te chercher sur ta sœur ? Ben, dès qu'il y a une vanne sexiste sur une femme (même si elle n'est ni de ta famille, ni même de ton pays), tu lui dis de fermer sa gueule et d'être un peu plus respectueux. Tu lui dis, je sais pas moi, tu lui dis "Imagine que je parle comme ça de ta mère ou de ta sœur !"

Cet après-midi j'ai pris un TER. Au premier arrêt, le message automatique a résonné dans le train : " Nous arrivons à la gare… Sens." Je n'ai même pas eu le temps de beugler (intérieurement) sur l'absence de la préposition que le message continuait : "Nous vous rappelons que la descente doit se faire à l'arrêt et en présence d'un quai"… heu… c'est-à-dire ? 

19 août 2017

Ce matin, ma pharmacienne (je dis "ma" non pas parce que je l'ai achetée mais parce qu'elle m'est sympathique) m'accueille avec un "Bonjour comment allez-vous ?". J'ai failli lui répondre : "vu le niveau 'canicule' sur lequel vous avez réglé la climatisation, alors qu'on a une moyenne de 17° et 75% d'humidité pour août, je pense décéder d'une pneumonie en sortant d'ici".

Mais j'ai dit : "ça va merci". Puis en lui tendant mes DEUX ordonnances, je lui ai souri : "enfin, je viens ici mais dans l'ensemble, ça va merci."

Puis je suis allée faire quelques courses au Zoupermarket du coin. La caissière, qui m'avait déjà avoué son amour pour mon t-shirt affichant "Quand une femme dit non, c'est non", alors que je m'apprêtais à régler mes achats, me demanda comment j'allais. "Bien merci, je suis en vacances depuis hier." Elle m'a souri puis "Alors je vous conseille de faire une sieste cet après-midi. Pour bien commencer !"

Comme quoi il n'y a pas que des psychopathes à Paris. Bisous

20 h quelque part rue de Rivoli

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C'est tantrant… (je sors)