Je viens d'avoir cinquante ans …………………………………
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Hem ! Pardon. Malaise vagal.

Je viens donc de fêter mon anniversaire …………………………………
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Ouh la ! Crise de larmes passagère. Ça va aller. J'inspire… J'expire… pfff… JE VAIS CREVER !!

Alors. Donc. Ma chronologie personnelle… bon, ça, ça passe… et quelques événements locaux et mondiaux m'amènent à m'interroger et à me pencher sur le demi-siècle passé…………………………………
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Aaah ! Un vertige soudain…

Je reprends. Qu'est-ce que c'est que ce foutoir ? Qui a fait ça ?

Je suis née au milieu des menaces de guerre nucléaire d'un monde scindé en deux blocs ennemis. Un monde raciste, un pays sortant aux forceps de sa position d'empire colonial (envahir des pays et massacrer ses habitants, c'est mal et pas seulement quand c'est l'Allemagne qui nous rend visite). Je suis née femme, homosexuelle et donc une sous-citoyenne. Mais blanche. On ne peut pas avoir toutes les qualités. Bref. Vingt-deux ans plus tard, joie, bonheur et insouciance, le mur de Berlin tombe. L'URSS et le bloc de l'Est avec. Dès 1987, durant ma formation de sous-officier, la couleur du foulard porté par les "ennemis" dans les exercices était passé du rouge au vert (écolols ou musulmans ou pas d'autre couleur disponible, mystère). L'Amérique du Sud vire ses dictateurs (presque tous). Ca avance. Le futur paraît plus sympa. Fait de partage et de mixité. Mes droits (et donc les vôtres avancent). En 2013, je deviens citoyenne à part entière (Taubira, épouse-moi !).

Quand tout à coup, 28 ans après la supposée fin de l'Histoire, deux abrutis coiffés comme des dessous de bras se menacent en agitant leur arsenal nucléaire.

Des sous-équipés en neurones s'embarquent sur un raffiot pour empêcher des ONG de sauver des êtres humains d'une mort quasi-certaine en Méditerranée.

Ces migrants illégaux en nombre ridicule ne sont (volontairement ?) pas gérés par le gouvernement (le nôtre, celui qui a un parlement élu par nous de manière tout à fait démocratique). Et là je me dis, si la France de 39 a pu gérer (enfin, il y a beaucoup à dire sur les conditions d'accueil) le demi-million d'Espagnols (dont mon grand-père) fuyant le régime fasciste, si la France de 1962 et des années suivantes a pu gérer le million de pieds-noirs et les presque 100 000 harkis de retour d'Algérie, la France (vous savez, le pays des droits de l'homme), 5ème puissance mondiale, peut gérer les quelques milliers de migrants sans voir des quartiers ou des coins du territoire transformés en infâmes bidonvilles, non ?

Pour faire le lien avec nos "identitaires" (novlangue pour dire fasciste), hier soir et ce matin, je découvre que les médias français, entre autres qualités professionnelles, ont du mal à qualifier les manifestants de Charlottesville. Alors que c'est facile, s'il ou elle brandit un drapeau nazi en faisant le salut nazi, c'est un ou une nazi. S'il ou elle brandit le drapeau sudiste, c'est a minima un ou une raciste. S'il s'agit du KKK, il ou elle est raciste, anti-sémite, homophobe et déteste tout ce qui n'est pas sa propre personne. Des gens qui défilent pour protester contre l'enlèvement d'une statue d'un général sudiste (donc esclavagiste donc raciste), protégés par une milice en treillis et équipée de fusils d'assaut (mais c'est quoi ce monde ?) peuvent être qualifiés de fascistes, racistes, nazis. Et lorsque l'un d'entre eux fonce en voiture dans la foule des contre-manifestant·es, il commet un acte de terrorisme.

Ah ! et puis, à propos des médias, je reviens sur ma marotte du langage. Dites voir les journalistes ! Ça vous arracherait les ongles d'arrêter de parler de drame conjugal ou familial lorsqu'un homme tue sa conjointe ou son ex-conjointe ? Puisqu'il s'agit en fait de violence de genre, de violence sexiste dont notre pays est malade à en crever. Sauf que seules les femmes (et leurs enfants) en meurent. 83 d'après les militantes en 2017, 0 d'après la police qui n'arrive toujours pas à sortir le chiffre des victimes de 2016. Alors, pour 2017, vous comprenez. Trop de terroristes islamistes échappés des asiles à traquer, je suppose.

Cher pays des droits de l'homme avec un petit, un tout petit, un minuscule "h", TU VEUX ME POURRIR MA FIN DE VIE !!! C'EST ÇA !?!
Tu l'auras voulu. M'en fous, j'ai plus rien à perdre ! Je suis une malade ! Sachez-le, nous sommes arrivé·es à la fin d'une chanson de Goldman :
"Et qu'on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D'avoir à choisir un camp".

Elle va vous coller au crâne toute la journée. Et je m'en fous. J'ai 50 ans. Fallait pas m'emmerder !