Parfois, lorsque je conduis, je m'ennuie. Alors je regarde les paysages. Sur les routes départementales des Pays-de-Loire et de Bretagne, on trouve de nombreux hameaux. Ils n'ont évidemment aucune utilité si ce n'est de nous obliger à baisser la vitesse de la voiture à 70km/h. Il y a 3 maisons qui se battent en duel de chaque côté de la route. Ça ne sert à rien. Donc.

Mais ces hameaux ont tous un nom. Revenant des plages morbihannaises battues par le vent, le visage encore incrusté de grains de sable, j'ai pu goûter à la créativité des hérauts de la toponymie. On peut les diviser en 4 groupes :
- les observateurs
- les menteurs
- les drogués
- les désabusés

Observateur, celui qui a trouvé le nom de "Les quatre routes" au hameau situé au croisement de 2 routes, ce qui en fait 4 demi-droites. Bravo. Aucune imagination mais un sens évident de l'observation. Problème : la moitié des hameaux pourraient s'appeler ainsi et l'autre moitié positionnée au bord d'un route unique : "la route". Vas t'y retrouver après.

Menteur celui qui a nommé "La Gare", le trou perdu qui n'a jamais vu une paire de rails depuis l'invention de l'imprimerie. Ou alors il a cru à une promesse d'un député.

Drogué ou raciste… ou les deux… le créateur de "Les crouillaux". Mais ? Qu'est-ce que ? Et le gentilé ? Hum ?

Enfin, mon préféré, le désabusé. Il (ou elle d'ailleurs) a vu le village. A soupiré. A pensé "pourquoi j'ai pas fait une thèse sur les rupteurs triphasés au lieu d'un doctorat Toponymie et Rase campagne ?". Devant les gueux et les gueuses réuni•es, il a dit "Mouais". La plèbe, moyennement emballé•e, a dit : "meeeuuuh !" À quoi il a été répondu : " nan, y'a pas tant de vaches que ça."

IMG_5425

C'est l'été. J'ai le droit