Je souhaiterais profiter de la tribune libre qui m'est offerte par l'interweb électronique pour faire un point avec mes correligionnaires du métro, adeptes du transport radicalisé en heures de pointe.

Mes chéri·es,

Je comprends parfaitement votre désarroi lorsque, constatant que certaines lignes sont toujours pleines, vous finissez par croire que les rames ont été livrées par le constructeur avec des passagers déjà dedans. Un complot illuminati à n'en pas douter. Comment survivre en attendant que l'Etat (qui nous ment !) veuille bien ouvrir une enquête et démasquer les instigateurs ? En faisant preuve d'intelligence collective. J'aime beaucoup cette expression, récemment utilisée par Muriel Pénicaud au sujet du démontage en règle du code du travail. Elle pense qu'il faut compter sur l'intelligence collective pour réguler le dialogue social. C'est-à-dire les relations entre patron·nes et salarié·es. Entre dominant·es et dominé·es. Entre loup et agneau. Ah. Ah. J'ai bien ri. Quand on lit l'échange de courriels entre elle (alors directrice de Business France) et le directeur de cabinet de l'ancien sous-ministre au commerce extérieur, on sent bien l'intelligence, mais collective, c'est moins sûr. Ou alors que d'un côté.

L'intelligence collective, comment ça marche, quoi ça donc, il ne vous resterait pas des Kit-Kat par hasard ? Voici deux exemples qui valent mieux que force ni que rage ou qu'explication (nan, parce que là, pfiou, ça me gave un peu) : faire une chaîne de gens-avec-des-seaux entre un point d'eau et un truc qui brûle ou, plus courant, passer le micro de main en main pour lui faire traverser une salle et permettre à un·e intervenant·e éloigné·e de s'exprimer. Alors oui, évidemment, pourquoi ne pas envisager l'intelligence collective comme modèle de gestion des relations entre les "entassé·es de la Terre".

Je m'ai embêtée à faire des dessins pour que tout le monde il comprend… Voici en illustrations faites maison, un cas concret, récent, vécu par moi-même personnellement toute seule (enfin, toute seule…).

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Fig 1. La voiture est blindée. Je monte et me retrouve aplatie contre la barre verticale.
Le rond violet, c'est moi. Les ronds gris sont les intelligents collectifs autres passagers.
En orange, les passagers fournis avec la rame

plan_rame_2Fig 2. 2 stations plus tard, profitant de la libération d'espace au fond, je me glisse
un peu plus loin afin de laisser monter les autres derrière moi. Mon arrêt est encore loin.

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Fig 3. Arrivant à ma station, je me faufile vers la porte pour descendre.
Pour être exhaustive, je précise qu'à ma station, beaucoup de personnes descendent.
Et montent. Gros flux à la porte !

C'est à cet instant qu'intervient l'intelligence collective. Les personnes postées devant la porte et n'étant pas arrivées à destination descendent et se rangent sur les côtés (avec ceux qui attendaient à la station et qui ont aussi fait un master en IC) afin de "laisser descendre avant de (re)monter". On gagne du temps, de l'énergie, du stress, tout ça.

Dans la vraie vie…

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Fig 4. Les portes s'ouvrent. Les gens descendent un par un pour laisser passer une sorte de filet humain
jusqu'au moment où le flux devient si important qu'ils DOIVENT dégager. Puis ils se plantent devant la porte.

Question : si tu te plantes devant la sortie et que je ne peux pas poser un pied sur le quai, COMMENT ON FAIT, BORDEL ?!?

Vous avez 4 heures.