Nous n'allons plus voter. Enfin pas tout de suite. Mais c'est bien simple, je ne réponds même plus aux mini-sondages des réseaux sociaux du style :
"Tu trouves ce chaton
- cromeugnon
- adoraaable
- à croquer"

J'EN AI RIEN À PÉTER DU GREFFIER ! LÂCHE-MOI LES URNES !!!

Je suis tellement à fleur de peau que je m'attends toujours à voir surgir un chroniqueur prêt à m'expliquer ce que je pense. "Les Français·es veulent ceci… ou cela…". "Les Français·es savent bien qu'on ne peut plus…" Hey ! Le mentaliste à l'écharpe ! Tu me laisses penser toute seule ou bien ?

Il était temps que cette période électorale se termine. C'était violent. De la décomplexion des idées de très à droite à l'accueil du taux d'abstention. Les abstentionnistes en auront pris pour leur grade cette année. C'est la première fois (étude réalisée sur un échantillon composé de moi sur la période de ma vie dont une grosse partie avant les réseaux sociaux) que je vois, lis, entends des propos d'une telle violence sur les abstentionnistes. Certain·es battant le rappel de tou·tes les mort·es, toutes les luttes, tous les sacrifices pour avoir le droit de voter… pour Cambadélis ou d'autres ayant des casseroles au cul ou un usage extrême de la gomina. Joie, bonheur et démocratie.

À ce sujet, je rappelle que l'organisation d'élections et une forte participation ne définissent pas à elles seules une démocratie. Cf la Russie, la Chine, Cuba, etc. Et puis d'abord, si ce n'est pas à la proportionnelle, c'est représentatif de que dalle. "Aaaah mais oui mais y'aura des député·es fachos !" Qu'on n'a d'ailleurs pas eu… oups, attends… "Et ça va être le régime des partis. Y'aura des remaniements tout le temps". Ce qu'on n'a pas eu non plus. Bref ! Pour revenir à l'échantillon de notre étude et de son activité civique des dernières semaines, que constatons-nous ? Au 1er tour, la candidate choisie au milieu des 19, n'a pas atteint l'une des deux premières places. Le "choix" au 2nd tour devait se faire entre un candidat de droite (LREM) et une candidate de droite (LR) [t'as vu ? ça commence par les mêmes lettres]. Vous reprendrez bien un peu de peste pour finir votre choléra ? "Suis-je obligée de choisir ?" demanda l'échantillonne (c'est une femelle). "Parce qu'en vérité, je vous le dis, de choix je n'ai guère." Enfin si : trois. Y aller et voter blanc. Y aller et voter nul. Pas y aller.

Rapport aux sacrifices des luttes mortes passées, j'y suis allée. J'ai apporté mon bulletin fait maison histoire de faire marrer les préposé·es au dépouillement. Mon vote a été compté comme nul (alors qu'il était très bien mon bulletin). Par ce vote, j'ai voulu exprimer mon opinion politique qui n'est ni de droite, ni de droite.

vote

Petit quizz rapide : quel pourcentage ont représenté les votes blancs et nuls ? Ne triche pas, je te vois ! Tu ne sais pas ? Moi non plus. 2,98 % de blancs et 1,27 % de nuls (sur les inscrits). Mais je suis certaine que tu connais LE chiffre, celui qui a cartonné, fait le buzz : l'abstention à 57,36 % des inscrits. Il est à remarquer que l'impact sur le résultat des élections des votes blancs, nuls ou de l'abstention est le même : y'en a pas. Mais personne n'est venu gueuler sur les blanc·hes ou les nul·les. La récompense de l'effort fourni pour se rendre au bureau de vote ? Va comprendre Charles ! En tous cas, tant qu'à uriner dans les ouïes d'un instrument à cordes, la prochaine fois qu'une telle absence de choix se présentera… je crois qu'il faut que je commence à me constituer une collection de bulletins personnels.

Au fait ! Avant que j'oublie ! Toujours rapport aux mortes sacrifiées des luttes trépassées, je rappelle qu'il y en eut pléthore et moult pour construire l'ennemi de Jupiter : le code du travail. Que l'assemblée de nos représentant·es va s'empresser de disperser façon puzzle. Ça va gueuler. Je vais gueuler, faire grève, manifester. Et que va-t-on nous répondre ? "Ce n'est pas la rue qui gouverne !".

Oui, merci, j'avais remarqué. Mais j'irai quand même.