Mais non, je ne vais pas parler politique dans ce blog. Ai-je jamais abordé des sujets politiques ici ? Droits des femmes, des homos, des minorités diverses et avariées ? Rien de politikici politique ici. Du foot, à la limite, mais guère plus (tu l'aimes ma grosse mauvaise foi ?). Dans l'entre-deux tours (comme disait Ben Laden... je suis déjà dehors), j'ai beaucoup écouté des podcasts France Culture et Inter ou regardé des documentaires en replay voire en catalan. J'ai peu lu la presse. Et je me suis retenue, de justesse, de mettre un coup de hache à ma radio. De justesse car, premièrement, je n'ai pas de hache et deuxièmement, cessons de gaspiller les ressources naturelles de notre planète. J'ai quasiment abandonné Twitter et autres réseaux sociaux où le combat "vote utile - abstention" faisait rage.

Il faut vous dire, monsieur, qu'avec ces gens-là, les Collomb, Valls, Bayrou, Minc, Berger, Borloo, Estrosi (j'arrête la liste des soutiens de Macron sinon mon eczéma va revenir), on peut avoir rapidement la bave aux lèvres et courir acheter une hache à la quincaillerie du coin. Alors j'ai lu Prévert (Choses et autres) en alternance avec "Les femmes ou les silences de l'histoire" de Michelle Perrot. J'ai ri en découvrant que j'avais eu des convictions de gauche dans ma jeunesse et que les mêmes (comme Julio, elles n'ont pas changé) étaient devenues d'extrême-gauche (c'est mon pépé anarchiste qui serait content). Comme si quelqu'un avait déplacé un curseur ou tiré violemment un tapis sous mes pieds.

J'ai aussi relu des passages du "Quai de Ouistreham" de Florence Aubenas, paru en 2010 et encore tellement malheureusement d'actualité (que la maison d'édition l'offre à la liste de crétins ci-dessus ! Où t'as vu, triste sire de Collomb que dire "que la sole du Fouquet's est à 80 € alors que celle de la Rotonde n'est qu'à 48" allait aider ton poulain ? 48 € ! Est-ce que tu sais ce que ça représente pour quelqu'un au SMIC, ce salaire qui plombe l'économie française ?). Après le résultat du 1er tour, ma décision pour le 2ème était évidente même si désagréable et avec un goût amer de déjà-vu. Un merci tout spécial à Jacques "Le Bruit et L'Odeur" Chirac pour la non prise en compte des votes anti-fascistes en 2002. Front républicain, mon cul ! Maaaaiiiiis je me calme, je respire, je fais craquer une vertèbre cervicale et je reprends. Je voterai contre l'extrême-droite en glissant un bulletin de l'autre abruti l'ancien de chez Rotschild heu énarque ouh la ministre… du jeune homme qui en affichant son amour pour une femme plus âgée lutte contre les préjugés sexistes (je fais ce que je peux !). En fait, je n'ai pas à chercher de raison pour voter pour le non-fasciste. Oui, il est de droite et il va continuer une politique de droite et il faisait partie du gouvernement qui a mis en place la loi Travail 1, l'état d'urgence (toujours en cours) et la fameuse déchéance de nationalité. Ferme ta gueule Manuel Valls, ferme ta gueule !

Mais revenons à mes loisirs de cette semaine. Le 1er mai, je suis allée prendre des photos de petites fleurs. Pas les fleurs évidentes comme les roses, les tulipes, les trucs et les bidules (je ne connais pas les marques), mais les toutes petites, les minuscules dont je ne connais pas plus les noms. J'ai découvert avec la loupe de mon appareil-photo (oui, je sais, on dit macro mais en ce moment, certains mots ne passent pas ! Poussez pas mémé !) qu'elles étaient souvent magnifiques. Ensuite, je ne suis pas allée manifester. Je l'ai fait en 2002. C'est bon. J'ai donné et surtout, comme disait Emmanuel Todd, plus une population vieillit, moins elle a de tendances révolutionnaires car devant (ou derrière) la police, il faut pouvoir courir. Alors, (tu noteras la finesse de la transition), j'ai regardé l'émission d'Arrêt sur Image du 28 avril avec Emmanuel Todd (absentionniste) et Olivier Tonneau (mélenchoniste votant Macron). Ce dernier avait écrit un billet de blog que j'avais beaucoup aimé tellement il retranscrivait parfaitement toutes mes colères.

Je me vautrais donc dans mon canapé et commençais à commenter l'émission. En vieillissant, de manière célibataire évidemment, non seulement, tu ne cours plus devant ou derrière la police (ou alors vraiment si elle a un joli sourire), mais tu parles à ta radio ou à ta télé et autres animaux de compagnie. Tu commentes, tu râles, tu gueules. Du lit à la fenêtre et puis du lit au fauteuil, puis du lit au… BREL SORS DE MON BLOG !!!
Chacun présente ses arguments pour le vote En Marche (attention à ne pas déplacer l'isoloir, huhu…) ou pour l'abstention au 2ème tour. Pour Todd, le Front National représente un risque pour la démocratie mais Macron aussi cause que le peuple a un peu tendance à pas voter comme l'oligarchie qu'il représente le souhaiterait. Souviens-toi de ce que notre classe politique a fait du non au référendum sur la constitution européenne. J'écoute silencieusement (non je ne me suis pas endormie). D'après lui, mathématiquement, avec les forces en présence, même avec une forte abstention, ça devrait passer. Mais il est important qu'ils sentent le vent du boulet. Daniel Schneidermann insiste en demandant s'il n'y a pas un risque démocratique plus immédiat avec les fachos qu'avec la nidroitenigauche de Macron ? Todd dit que ce sont des risques différents, ethniques d'un côté et… "bah oui, machin, t'es gentil, mais t'es blanc et t'es un mec !" C'est sorti tout seul. Du fond de mon canapé, où, vautrée, j'attendais le 2ème tour et/ou la mort.

J'aimerais bien aussi, envoyer péter ces "pompiers pyromanes" amateurs de sole à 48 € (ou celui qui ne peut pas mettre de côté avec 25 000 € de revenus mensuels et des costards payés par des amis), faire baisser le taux de participation au minimum pour qu'ils comprennent maaaaais y'a que je suis une femme, lesbienne, mine de rien naturalisée (devant prouver à chaque changement de carte d'identité que je suis bien française). Alors je ne prendrai pas ce risque. Ni pour moi, ni pour ma famille (ma mère à accent ou ma sœur à numéro de sécu en 99), ni pour ma pote arabe (note pour plus tard : se faire aussi des ami•es noir•es).

Et le 8 mai, j'irai prendre des photos des toutes petites fleurs. Parce qu'elles sont jolies. Pour le reste, on verra.