Pour une fois, je ne vais pas râler contre la période des fêtes. Non. Parce que ce sont les dernières que je vais passer en paix et en démocratie, alors autant en profiter. Ce qui m'agace, c'est que dans ma volonté de m'extirper de mon quotidien (en y faisant parfois un ménage physique) et de m'ouvrir au monde (en tentant de nouer des relations "et plus si aff"), je fais face à ce que je ne nommerai pas des emmerdes mais des agacements.

Exemple n° 1 : Pinder
Ça ne marche pas ; ça ne matche pas. Faut dire que j'ai dégagé 90% des propositions. Faut dire aussi qu'il y avait pas mal d'hommes dedans (oh l'appli ! dans "Femmes" c'est quelle lettre que tu ne comprends pas ?) et des femmes qui cherchent des… hommes. Dis donc Pinder, tu ne te foutrais pas un tout petit peu de ma gueule par hasard ? En conclusion toujours célibataire. Voire très célibataire (mon vibro est HS).

Exemple n° 2 : les SDF
Comme tout•e Parisien•ne qui se respecte et qui prend le métro, je rencontre quotidiennement des humains sans domicile fixe qui font la manche. Récemment, pas par générosité mais uniquement pour me dégager de toute culpabilité, j'ai décidé de donner systématiquement à tou•te•s 50 centimes. Dans la foulée, j'ai constaté que c'était la pièce la plus rare qui soit. Que l'inventeur du monnayeur était une brèle : pourquoi ne pourrait-on pas choisir les pièces qu'on soit obtenir ? Certains distributeurs de billets le font bien. Pourquoi ne peut-on mettre toutes les pièces de 1 et 2 centimes généreusement distribuées par ces fourbes les boulangers pour obtenir de plus grosses pièces ? Bref. J'ai également remarqué qu'il me fallait un peu d'entraînement pour ne pas dire non (réflexe bien intériorisé) et je suis devenue la championne du demi-tour : "Non… aaaah attendez, si !". Enfin, il faut que j'évite certaines rues ou quartiers à fort taux de fréquentation touristique (dans Paris, fastoche) ou alors que les SDF se munissent d'un lecteur Monéo. Qu'ils fassent un effort, merde !

Exemple n° 3 : chez moi
J'ai entamé un débarrassage de livres que je ne veux pas garder mais pas les vendre ni évidemment les jeter. J'ai aussi acheté des noix. Et comme à chaque fois, tandis que je glissais le paquet dans mon panier au supermarché, je me suis dit "au fait, tu as un casse-noix ?". Et comme à chaque fois, en rentrant et en fouillant dans le tiroir à bordel qui sert jamais, j'ai de nouveau constaté que "ben nan hein ! C'est pas comme si tu te posais la question à chaque achat desdites noix". La solution fut donc la même que d'habitude : la pince multiprise. Qui fait un excellent casse-noix. Ce n'est pas super élégant mais finalement ça fonctionne. Quel rapport avec les livres ? Deux secondes, j'explique. Donc, je fouille en vain dans le tiroir à bordel et tombe, au milieu des tire-bouchon, pierre à aiguiser, ouvre-boîte et passoire, sur… un petit livre de recettes (format 8 sur 12) : "Recettes pour amoureux. 130 recettes pour tendres tête-à-tête". Cf le point numéro 1 et mon peu de goût pour la cuisine sophistiquée (c'est-à-dire au-delà de faire bouillir de l'eau ou jeter des aliments bruts dans une poële), j'en déduis que ceci est un cadeau. Ce n'est pas à moi ! Carpaccio de mangue et crevettes rôties… et puis quoi encore !

Je jette le livre sans ménagement sur la table basse à côté d'un autre ouvrage au format également bâtard d'environ 8 cm sur 9 : "Essence de la sagesse" du 14ème et dernier Dalaï Lama. En quatrième de couverture, une phrase attire mon attention : "Cet ouvrage présente l'essentiel de son message pour vivre dans l'harmonie, la compassion, le bonheur et tendre ainsi à la sagesse". Rien que ça. La pensée du Dalaï Lama résumée en une soixantaine de pages (l'éditeur n'a pas osé mettre les numéros de page…). Celui-ci est bien à moi. Je me souviens l'avoir lu. Et si j'avais eu la mauvaise foi d'oublier, étant donné le peu d'impact que sa lecture a eu sur ma vision de la vie, 2 pages cornées me rappellent que j'ai même voulu me souvenir de 2 choses importantes. Dont je ne me souviens évidemment pas ! Du coup, pas la peine de tuer des arbres pour faire un livre plus épais. Format parfait.

"Mais quoi c'est donc les phrases qui t'ont tant marquée ? Dis nous Gouinette". Te voici bien curieuse petite souillon (cf point n° 1 : tout s'explique… je me fatigue).
Première pensée dalaïlamesque : "Lorsqu'on agit pour satisfaire ses désirs immédiats sans se soucier de l'intérêt d'autrui, on réduit à néant ses chances à un bonheur durable"… Désirs immédiats ? Oh ! Ça va aller, c'est juste un sachet de noix quoi !

Deuxième pensée (attention, c'est long) : "La faculté que nous avons de sourire est selon moi l'une des plus belles caractéristiques humaines. Je suis toujours un peu intrigué lorsque je souris à quelqu'un et que ce quelqu'un ne réagit pas ou garde un air grave. En revanche, mon cœur se remplit de joie dès que l'on me sourit en retour. Même lorsqu'il s'agit d'une personne que je ne connais pas, je suis ému qu'elle me sourie. Pourquoi ? La réponse est probablement la suivante : un sourire authentique touche en nous une qualité fondamentale, notre gratitude naturelle face à la bonté."
Un conseil mon Dalaï d'amour pur, arrête de sourire aux douaniers chinois… On voit bien qu'il n'a jamais pris le métro. Un•e inconnu•e qui te sourit, c'est chelou.

Pourquoi avais-je bien pu choisir ces deux pensées ? Cela avait, je le suppose, un sens à cette période de ma vie. Mais aujourd'hui, j'avoue. Ça fait pschitt. Un peu perdue dans mes miennes pensées, franchement déçue par les deux messages. À croire que j'avais corné au hasard… Pas tout à fait mais si tu es généreux d'un sourire ou de l'intérêt d'autrui, évidemment que tu vis mieux. Mon regard erra sur la page d'en face. "La caractéristique principale du bonheur véritable, c'est la paix : la paix intérieure. Je n'entends pas par là la sensation de "planer" ! (ah merdre, tant pis pour le pschitt) Je ne parle pas non plus d'une absence de sentiments. (re-tant pis pour le vibro) Au contraire, la paix, au sens où je la conçois a pour origine le souci d'autrui et implique une grande sensibilité et beaucoup de sentiment."

C'est ce que je me tue à vous dire !