Je ne me suis pas trop étalée sur ma collègue Belle Journée. Il faut dire qu’elle a bien pourri les 12 derniers mois de notre vie au bureau. Comme j’étais très très moyennement active sur le blog, j’ai eu du mal à m’exprimer. Même si mon médecin était devenu mon dealer en anxiolytiques, je n’arrivais pas à en rire. Le tabac tue et le travail pue. Pour te décrire rapidement le spécimen, en plus de son utilisation permanente de cette expression horripilante « Et une belle journée », elle était inefficace (à un point qui donne une idée de l'infini), bruyante (un jour j'ai cru qu'elle arrachait les pages d'un magazine et en fait, non, elle les tournait), de mauvaise foi, pas fiable, menteuse, manipulatrice, procédurière (je suis colère ? Peut-être bien. Que celui ou celle qui n'a jamais supporté un boulet au boulot me jette la 1ère boîte de Xanax) et surtout RIEN n’était JAMAIS de sa faute.

Ses phrases fétiches en matière d’excuses et grâce auxquelles elle expliquait tout ce qui n’allait pas dans son travail :
"Je ne savais pas.
Personne ne me l’a dit.
J’ai pas été formée.
Y’a machin-e qui m’a dit"

Ce fut douze très longs mois avant de pouvoir changer de poste et ne plus avoir à la supporter. Faut vous dire, monsieur, que malgré toutes les qualités précédemment citées, Belle Journée a été titularisée. Ce qui signifie que pour en débarrasser l’administration… et bien on n’est pas sorti des ronces ! La qualité du service public ne s’en ressentira peut-être pas car elle "permanente" dorénavant dans un syndicat (tout un poème celui-là aussi).

Il est toutefois temps de refermer ce dossier. D'oublier la colère, le stress, l'angoisse et d’écrire l’épitaphe de cette année de merde en souvenir de nous : Choupinette, Kiki, Choupi et moi. J’ai détourné avec talent (oui je me la pète grave, mais si je le fais pas, personne ne le fera) et mes petits doigts le "Kékun ma dit". Rien pour vos yeux mes choupis !

"Personne ne m’a dit qu’il faut que je travaille
Que les consignes s’apprennent, qu’il faut que je les sache
J’ai pas été formée, ici y’a rien qui vaille
J’regarde passer l’travail comme le font les vaches

Pourtant machine m’a dit qu’on m’avait d’jà formée
C’est machin qui m’a dit qu’il faut bien écouter
Alors je dois bosser ?

On dit que mes réponses n’ont pas le moindre sens
Que ça n’a rien à voir avec ce qu’on m’a dit
Paraît que quand je l’ouvre, Excel n’est plus qu’un cri
Que je le plante toujours, mais c’est qu’on m’a pas dit

Pourtant machine m’a dit qu’on m’avait d’jà formée
C’est machin qui m’a dit qu’il faut bien écouter
Alors je dois bosser ?

Mais qui est-ce qui m’a dit comment il fallait faire ?
Je ne me souviens plus, vous êtes sûrs qu’j’y étais ?
J’entends encore la voix car je l’enregistrais
« Tu fais ton putain d’taf et p’is t’arrête de braire ! »

Pourtant c’est sûr que je n’ai pas été formée !
C’est machin qui m’a certainement oublié !
Je vais pas assumer !

Comment vous me parlez, mais vous me harcelez !
Je m’fous en maladie ; je vais bien vous faire chier !
Mon syndicat me suit, me pousse, me soutient
C’est la fête du slip ; et je ne fous plus rien

Pourtant quelqu’un m’a bien fait titulariser
Et en permanente syndicale je suis transformée
Ca y est, je peux glander."