J'ai repris l'entraînement spécifique pour les côtes. Cela consiste à courir… en côte. J'ai des notions basiques en matière d'élaboration de programme d'entraînement. Le but : Paris-Versailles et sa fameuse "Côte des gardes" suivie de la biennommée "Côte du mauvais" et de la particulièrement bien trouvée "Côte du cimetière". La côte des gardes que je surnomme depuis ma 1ère participation l'an passé, la côte "ah oui, elle pique un peu quand même", suite à la réflexion quelque peu euphémiste d'un coureur pour décrire le monstre. Ouiii, ça va ! C'est pas San Francisco, La Paz ou l'Alpe d'Huez, mais n'empêche, elle pique un peu.

Quoiqu'il en soit, me voilà repartie dans de la côte, de la montée, de la pente, du pas-plat-dans-le-mauvais-sens en ce dimanche d'août, dans un circuit mêlant côte "ça pique" et descente "je récupère". Au 1er tour, ça va bien. J'arrive au sommet sans brûlure musculaire, pulmonaire ou cardiaque. Le trottoir est à l'ombre. Des voitures anciennes circulent dans le quartier vidé de la moitié de sa population. C'est tranquille, c'est chouette. Je me dis que ma volonté de courir plus régulièrement porte ses fruits.
2ème tour, ça va encore. Le trottoir est à moitié au soleil. A force de regarder les tractions et autres 4 CV, je m'emplafonne un coureur venant en face. Les passagers d'une Cadillac Eldorado squattent les terrasses. Comment on fait un créneau avec un paquebot pareil ?

3ème tour. Ayé ! Ca pique. Les cuisses commencent à brûler. Le trottoir est au 3/4 au soleil me forçant à nettoyer les façades des immeubles avec ma manche. Ces saletés de vieilles caisses d'avant-guere sans pot catalytique engloutissent des 10 litres aux 100 en faisant pouët-pouët et moi kof ! kof ! Poussez-vous bande de touristes !

Je pourrais faire un 4ème tour. Je pourrais ! Si que je voudrais. Mais je ne veux pas. J'ai dit reprise tranquille. Ca pique !