Triste. Qu'est-ce que je vais faire de mes vœux maintenant ? 2015, année de… rien-ze ? Comme 2014, elle ne rime à rien. Elle avait bien commencé pourtant. Comme d'habitude, je n'avais pas prévu d'enterrer la vieille année. Elle n'avait qu'à crever toute seule. Franchement, elle m'avait suffisamment fait chier, chialer et torturé comme ça. Crève charogne de 2014 ! Tel était mon slogan.
Et puis presque par hasard, un grain de sable inopiné est venu bouleverser mon absence de plan sylvestrien. J'ai dû faire le passage vers 2015. Avec des gens que j'aime en plus. Salauds d'amis ! 5 672 selfies flous plus tard, je marchais dans la rue et 2015 dans un froid enfin polaire (on est en hiver oui ou merde !?!) et la joie au cœur, enfoirés de potes ! Et si, finalement, 2015 était la bonne… année ?

Samedi, je sors faire mes courses (j'ai une vie palpitante par moment) ; j'approche d'un bar de mon quartier. Il vient d'ouvrir ; la patronne fume sur le pas de la porte. Un homme arrive face à moi et la salue rapidement. Elle lui répond d'un "bonne année" et s'apprête à reprendre une bouffée quand l'homme s'arrête brusquement. "Ah oui ! Merci ! A vous aussi. Tous mes vœux ! De réussite, de bonheur, la santé bien sûr". Il hésite. "Et aussi à votre famille et à vos amis. Qu'ils soient heureux et…" J'éloigne en rigolant. Je me demande quelle sera la longueur de sa liste de vœux. Je le trouve choupinou dans sa tentative de réparer son oubli premier par une foultitude de vœux de bonheur à la barmaid, sa famille, ses amis, ses employés, ses caisses de bière… et le chien… et la santé surtout !

J'ai écrit quelques cartes vœux. J'ai envoyé des mails de vœux. Mercredi je déjeune avec une amie. C'est bien. C'est doux ce début 2015. Finalement, ça pourrait… mais c'est mercredi 7 janvier. Alors ça ne dure pas. Heures tristes, étranges. Journées longues ou hors du temps. Une vague nausée persistante. Heureusement, il y a les enfants. Ouiiii je sais, c'est un peu éloigné de mon discours habituel sur cette engeance venue directement de l'Enfer, toutefois… parfois… Je ne sais pas si c'est à cause de leur petite taille mais ils ont un angle de vue différent. Alors je laisse la parole à la fille d'une amie.
Jeudi à son école, il y a eu la minute de silence, à midi, à la cantine. Les animateurs n'ont pas trouvé les mots ou le courage d'expliquer ce moment de recueillement aux enfants. Heureusement, mon amie avait briefé ses enfants la veille. Une mère sait trouver les mots… ou les chaussettes sales planquées sous le lit. Une mère c'est sait tout. Mais revenons à la cantine. Le comble, d'après sa fille, c'est qu'ils ont dû faire cette minute de silence alors qu'ils venaient de se servir et que "pour une fois, les pâtes étaient bien chaudes ! Alors non seulement les terroristes ont tué des gens mais en plus, à cause d'eux, on mangé froid !"

Je vous souhaite tout le bonheur du monde pour 2015. Et fuck les cons !

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