Ce dimanche matin, je trempe délicatement (car je suis délicate malgré certaines rumeurs) mon pain dans mon café en écoutant les infos de France Inter d'un derrière distrait. Sarkozy veut abolir le mariage pour tous ? M'en fous. Poutine quitte le G20 avant le café ? Rien à péter, la guerre froide, je connais, j'ai déjà vécu en couple. Ledit G20 veut plus de croissance et moins de réchauffement climatique sans que personne ne songe à lui signaler que "couper les cheveux en gardant  toute la longueur", cela risque d'être compliqué ? Et pourquoi pas !? Enfin arrive la page des sports qui, en l'absence de foot, devient la page rugby. LA page des sports, il faut souvent l'entendre comme 1 page, 1 sport. À ne pas confondre avec 1 citoyen, 1 voix.

Philippe Saint André dit du match de rugby de samedi brillamment remporté par la France face à l'Australie que "ce n'était pas un match de majorettes"… je suppose pour ne pas dire que ce n'était pas un "match de gonzesses". Parce qu'alors on crierait à la remarque sexiste… Cher Philippe, je crains que cette figure de style ne change rien au fond. Les majorettes sont des femmes. Forcément, le cliché sexiste qui veut que tout ce qui est féminin est moins fort ou a moins de valeur est de nouveau utilisé pour qualifier quelque chose. Tu aurais pu dire qu'ils en avaient chié des ronds de chapeau, que cela avait été physiquement très dur, que garder le collectif concentré sur la tactique face à une équipe très forte relevait de l'exploit. Tu aurais pu dire bien des choses en somme. Mais non. Et ça me peine énormément. Tous les ans, j'offre à mon meilleur ami, pédé parmi les pédés, le calendrier du Stade Français pour son anniversaire. Parce que le rugby, en apparence, est plus ouvert d'esprit sur l'homosexualité que ne le seront jamais ces crétins dégénérés de la Ligue de foot. Tu sais ce que j'aurais dit moi ? "C'était pas un match de fiottes ! Et pourtant on avait des joueurs du Stade Français dans l'équipe". C'eut été drôle à défaut d'être informatif. Mais des pédés vaudront toujours plus que des femmes, n'est-ce pas ?

Sais-tu mon Philippe que de plus en plus d'hommes deviennent sages-femmes ? Sais-tu que ce métier risque fort de changer son joli nom pour maïeuticien (et maïeuticienne sont dans un bateau, devine qui va tomber à l'eau ?) parce qu'appeler un homme "sage-femme" est gênant ? Lis donc Virginie Despentes mon Philippe ou je te jure que je te fais accoucher sans péridurale !