Parfois les gens tombent malades. D'une maladie contre laquelle la médecine ne peut rien. Ni les millions de Steve Jobs, ni de supposée déité (mais on va pas entamer sur le sujet, ça va m'énerver). Pendant mes vacances outre-Pyrénées, j'ai revu une cousine dont le pancréas avait adopté un cancer. Celui-ci avait bien grandi en mangeant des kilos d'elle. J'avais été prévenue que la tumeur n'était pas opérable, que la chimio n'avait rien donné et qu'il n'y avait pas d'autre traitement.

De quoi tu parles avec quelqu'un qui arrive à la fin de sa vie à un âge où elle devrait juste se rejouir de la naissance future d'un petit-enfant ? La phrase habituelle "Comment ça va ?" est inutilisable. Et une fois que tu as fait le tour de la santé des enfants, du petit en chemin, des travaux dans l'appart et de quelques souvenirs plus ou moins rigolos, tu es obligée de voir l'éléphant assis sur la table basse du salon. Alors tu demandes, même si tu connais les réponses et que ces réponses sont monstrueuses à dire (et sans doute même à répéter encore et encore) et à entendre.
Ca revient à demander "il paraît que tu vas mourir ?" et s'entendre répondre "oui mais reprends donc une gaufrette au chocolat". A ce moment précis, forcément, les mots ne font plus les malins. Puisqu'on t'a dit non, trois fois non. Alors tu dis au-revoir ou plutôt tu dis "adiós" plus sincèrement que jamais.
Alors, parfois, au bout d'un certain temps, ces gens meurent. Sans avoir pu voir le petit dernier. Et il n'y a toujours pas de mots.