Je suis assise sur un banc du port de Sauzon (au nord est de Belle-Île) presqu'à la sortie de l'aber. Immobile. Tellement immobile qu'un lézard se chauffe au soleil sur le rocher à 2 m de moi et qu'un rat (hiiiii !) me passe devant. J'attends que le commerce d'alimentation local rouvre de sa pause méridienne de… 3h. J'y achèterai de quoi survivre dans ma grotte (hors réseau, aaaaah). J'ai un problème avec les horaires locaux. Déjà à Quiberon, j'ai failli ne pas manger un soir en sortant me restaurer après 21h. Et là, surprise : "ah bah, non madame, on a arrêté de chauffer". Mais bon, bref, vu que travailler pour gagner plus même hors saison n'est pas vraiment un proverbe local, je regarde les pêcheurs pêcher, les papillons papillonner, les navigateurs naviguer, les vagues vaguer. Il ne se passe rien. Même les mouettes s'emmerdent sur la digue en face. Je suis en train de gaspiller les derniers centimes de mon capital soleil car le vent qui refroidit ma peau n'empêche pas les rayons du soleil de me cuire thermostat 7.

Un couple passe derrière moi et s'arrête. Le lézard fuit. Si je ne me bouge pas, ils ne vont pas me v…
«Pardon madame ?
(et merde… s'tu m'veux, boulet ?)
Les îles là-bas à l'horizon, c'est quoi ?
(ah, il me prend pour une autochtone… les îles à l'horizon ? T'es arrivé en tunnel, machin ?… Heu… Bon allez, au hasard)
- C'est le continent monsieur.
- Aaaah oui, c'est Quiberon !
- Voilà.
(p'is la femme à côté de toi, c'est la tienne qui te prend définitivement pour une truffe).