Je me suis souvent moquée du mètre quarante-neuf de ma maman dans les grands magasins et de son impossibilité à atteindre la 3ème étagère des présentoirs mais aujourd'hui, j'avoue, ça ne me fait plus rire. Car malgré mon mètre soixante-deux et demi, je n'ai pu accéder à ma boîte de Pépitos au chocolat noir.

En effet, dans le but unique de vendre les copies de marque distributeur, tes sbires, tes complices, tes assassins d'enfance, avaient placé MES gâteaux tout en haut, en empilant 4 paquets les uns sur les autres. Sur la pointe des pieds, bras tendu et frustration en bandoulière, je n'atteignais que le 3ème paquet et n'avais aucune prise sur lui. Du bout du doigt, je l'ai donc poussé pour qu'il fasse basculer le 4ème. Mais ce dernier s'accrochait comme un beau diable. J'ai recommencé la manœuvre 2 puis 3 fois sans succès.

A la 4ème, les 2 derniers paquets me sont tombés dessus et je n'ai pu en sauver qu'un. La prochaine fois, je te jure, je ferai fi de mes scrupules et prendrai le 1er, tout en bas et 3 paquets tomberont au champ d'honneur.

Chère Mme Monoprix, je suis attristée. Sache qu'on est d'un sablé au chocolat comme on est d'un pays. Et même pire, la double nationalité est souvent impossible. Jamais, je ne serai marque de distributeur ! Jamais, je ne serai Granola ! Je suis Pépito. A mes yeux, il n'y a qu'une pâte à tartiner chocolat-noisette, le reste n'est qu'élément de langage.

Si un jour, il te prenait l'idée saugrenue de ne plus distribuer Pépito mi corazón, notre relation s'arrêterait là. Il y a des compromis auxquels je ne suis pas prête. Il y a des lâchetés auxquelles mon échine n'est pas prête.

Cordialement,

Gouinette Parle Trop