Je cherchais un coin tranquille au bord de la Seine pour méditer et écrire un post sur le nouveau mot que j'ai appris grâce à une amie. L'ami-e est utile en cas de tout : déprime, déménagement, dégueulis, temps dé pluie. En ce week-end du 15 août, j'avisais une chaise mi-ombre, mi-soleil et m'y asseyais sans crainte. Vu le monde, j'eusse pu me douter qu'il y avait un piège. La plupart des Jean présents lisaient ou somnolaient. Sauf les 2 dames derrière moi (dont l'une avait la voix de Bernie Chirac !). Le piège, donc. Tandis que je sortais mon carnet de notes, elles commentèrent l'état des routes de France (il paraît qu'on a le meilleur réseau secondaire de l'univers. A croire qu'elles n'ont jamais visité la Loire Atlantique). Ensuite, la tante s'extasia sur le fait que son neveu lisait. Elle regretta que TF1 n'interviouve pas des d'jeun's comme lui (des qui lisent). Pourquoi TF1 ? Je ne sais pas. Pour me faire chier, je pense (complot mondial visant à me pourrir mes dernières heures de congés). Enfin, elles partirent momentanément à la recherche du père putatif dudit pré-ado lecteur qui devait certainement tenter de se la couler douce loin de Tatie Danielle, le lâche.

Je pus commencer à écrire. Or donc, l'ami-e est pratique en tous lieux et par tous temps (camion… je sors). Récemment, j'échangeais avec l'une d'elles sur la situation politico-sociale au Moyen-Orient autout d'un jus multivitaminé pour moi et une flûte de Laurent Perrier rosé pour elle (famille à succès que la famille Perrier, le père met des bulles dans l'eau, le fils de l'alcool dans les bulles)… Naaaan, je déconne. Pas sur les boissons, elle est bien alcoolique. Nous devisions sur la vie, l'amour, la musique des années 80. Elle se remémorait des groupes qui n'avaient pas survécu à cette décennie. Je lui signalais que, déjà, j'étais nulle en musique car ces noms m'étaient totalement inconnus. Doux moment de complicité amicale.

C'est à ce moment de mon récit que 2 nouveaux boulets féminins vinrent squatter à mes côtés. Sujet de conversation (suffisamment forte pour que j'en profite) : les mecs. Aaaaaah ! Et Tatie Danielle qui se repointe ! Et l'autre : "On est bien là, non ?". NOOOOON ! Dégage morue ! Je me fous que le mec de ta cops ait une "coiffure ringarde" et qu'il lui "demande des trucs chelous". Et franchement, ça m'étonne moyen qu'il ait "de la violence en lui". Parce que là, d'un coup, je la sens monter en moi !
Au même instant, un shit-fly-boat passe en signalant que nous sommes à la hauteur de l'église Sainte Connasse des Après-Midis Pourris sur fond d'applaudissements d'un proche spectacle de rollers (humiliation suprême).

Donc, disais-je, Super Amie et moi-même discutions âprement sur le bienfondé d'Etienne Daho. Le jus multivitaminé me montait à la tête. Le soleil se couchait sur un Paris vidé d'une partie, seulement, de ses boulets. Lorsqu'au détour de la conversation, Amie Couraaage me dit : "le porte-monnaie que tu m'avais offert avec l'intérieur en liberty." Stupeur ! Je dénéguais avec insistance. C'est pas moi. J'étais pas là. Sûrement à la piscine ou à la bibliothèque ! Quoi ça Liberty ?
Je vis passer dans le regard d'Amie De Loin (viens nous servir à boire) une déception intense. Un "oh le boulet, là !" fulgurant.
"Le liberty est un tissu avec un motif à petites fleurs
- Ah… et à grosses fleurs, ça s'appelle comment ?
- Ca s'appelle les années 70 et c'est moche. Tais-toi, tu vas faire ton âge."