Ce matin, j'ai fouillé dans une petite boîte à bijoux en bois dans laquelle je range tous mes pin's. J'ai retrouvé le cœur arc-en-ciel et l'ai accroché au revers de mon blouson.

Ce petit cœur gay comme un pinson, c'est toi qui me l'avais offert, mon cher Denis, ma poule, mon amour. Ou alors, je t'en avais offert un… ou on en avait parlé un soir de prévention. Je ne sais plus trop. En tous cas, chaque fois que je le regarde, que je le porte, c'est comme si tu ne nous avais jamais quitté (espèce d'enfoiré). Ensemble, on avait milité pour le pacs et montré notre truffe dans un journal. 2 jours plus tard, cachet de la poste faisant foi, nous recevions notre première lettre d'insultes. Un soir d'une belle journée, tu te faisais taper dessus dans un lieu de drague. Et il te fallait toute ta rage pour que la police veuille bien prendre ta plainte. Parce que, quand même, tu l'avais un peu cherché.

Voilà Denis, si je viens te déranger dans ton repos éternel (ainsi que Christian et Lainlain et d'autres), c'est pour te dire que ça a servi à quelque chose. Nos manifs à 12, les mailings aux élus, les tracts, les Gay Pride à 3 milliards au m2, les nuits sans fin. Tout ça a servi à quelque chose. Ca y est. C'est fait. On a le droit de divorcer, d'avoir des belles-mères pur sucre et de porter des vêtements au goût incertain dans une mairie.

Denis, ma poule, mon amour, nous, homosexuels et fiers de l'être, sommes des citoyens à part entière de ce pays. Et cerise sur le gâteau, numéro complémentaire, cadeau gratuit à partir de 50 € d'achats, Guaino s'est trompé de bouton.