Telle une moderne Cro-mignonne, ma chère et tendre m'a traînée par les cheveux jusqu'au musée national d'art moderne, j'ai nommé le Centre à Pompidou, pour y voir l'exposition Soulages. Rapport au nom, je pensais tomber sur un urinoir mais après m'avoir frappée, mon amour m'a dit que le gars Pierre avait fondé son œuvre sur le noir et même l'outrenoir pas sur l'émail blanc. Comme d'habitude dans les expositions, il a fallu que je reste zen dans les deux premières salles, le temps de semer les vieux qui squattent à dix centimètres des toiles à cause de leur cataracte (mais non papi, vous n'êtes pas aveugle, c'est tout noir) et les pédants qui étalent leur «science» dans un langage abscons et suffisamment fort pour que tout le monde en profite.

Devant les premières toiles de l'artiste (datant de l'après-guerre), je n'ai pu réfréner un commentaire désagréable du genre : «l'art moderne, c'est bien beau mais un môme fait pareil pour beaucoup moins cher !!». La visite commençait bien… Heureusement, il y avait des enfants. Je n'aurais jamais cru pouvoir écrire ça un jour mais il y en a un qui m'a bien fait marrer en disant : «c'est comme le Spiderman noir !!». Pas faux. J'ai vu aussi, des persiennes, des toits d'ardoise, des plages au soleil couchant, des noirs lumineux, blancs ou dorés le tout sur des toiles entièrement noires. Et hop, un préjugé de moins contre la peinture. J'ai pas perdu mon week-end.