nous n'avons pas les mêmes valeurs ou bien l'inverse ou je ne sais plus. Je suis devant un grave dilemme depuis plusieurs semaines. Que Haïti, c'est de la gnognotte à côté. Encore que Haïti ait subi un séisme et pas un dilemme. Donc, ce n'est pas exactement pareil. Enfin bref. Je suis des cours de langue. La vieille classe de mon père, pleine de guêpes écrasées est sympathique. Mais je ne passerais pas mes vacances avec. C'est vrai que j'ai un côté gauche mythomane ours voire asociale. Mais je ne passerais quand même pas mes vacances avec, n'insiste pas. Or il est question de se faire un week-end en immersion dans la langue, dans le pays, en groupe (ce n'est pas sale !). Et j'ai dit oui. Et tout le monde a déjà réservé ses billets et son hôtel... sauf moi. Parce que, je ne sais pas si je te l'ai déjà dit mais je ne passerais pas mes vacances avec.

"Pourquoi t'as dit oui alors et qu'est-ce que tu nous fais chier maintenant ?" me diras-tu, mal élevé que tu es.
Que fais-tu de l'effet "mouton" te r'éponge ? Ça, c'est pour la première partie de ta question. Quant à la deuxième partie, je te rappelle que tu n'es pas obligé-e de venir ici. D'ailleurs, je te signale que blogguer, dorénavant, c'est nul et qu'il faut rézosocier. Mais revenons à nos moutons.

Mon petit troupeau d'apprenants se composent d'une dizaine de personnes dont la moyenne d'âge doit égaler et même dépasser la mienne (oui, je suis à un stade de mon existence où j'ai "une moyenne d'âge"). Autant dire, pas des perdreaux de l'année vu que, pour moi, ça commence à sentir le sapin. Mais très sympathiques... sauf que moi, eux, vacances, tout ça, non. Et clairement, sans vouloir me la jouer "Arlette ou le retour du Grand Soir", une différence de classe sociale. Mais très sympathiques. Sauf que... Pour me situer, je suis l'une des moins élevées dans la hiérarchie sociale et ze lesbienne du troupeau. Une sorte de mascotte accueillie avec la plus amicale des politesses. Sauf que... lors du dernier cours et alors que je me traînais une apathie rare, les sujets de l'homosexualité puis de la gay pride ont été évoqués sans que je sois en rien responsable de l'orientation sexuelle du débat. Puis, ça a été le lancement d'un concours de clichés très propres sur eux sur les "magnifiques drag-queens" (et puis les homos savent aussi s'amuser et décorer votre maison), le côté franchement vulgaire d'autres défilants (les hétéros gay-friendly qui nous font beaucoup de tort) et enfin "ça picolait sec et c'était dégueulasse après leur passage" (contrairement à tous les autres carnavals notamment la fierté des Conchitas qui laisse les trottoirs reluisants).

J'ai toujours du mal à me prendre le chou avec le troisième âge sur ce sujet. Je pense, peut-être à tort, que vu leur génération, s'ils avaient dû évoluer, ce serait déjà fait et que si c'est pas fait, je vais pas me fatiguer à tenter de leur expliquer alors qu'il leur reste si peu de temps à vivre. Ça m'inquiète un peu quand même. Je dois vieillir. Il y a quelques années, j'aurais immédiatement fait un exposé sur les origines de la Marche des Fiertés (les émeutes de Stonewall), les nombreux pays condamnant l'homosexualité à mort ou à la prison ou la condamnant tout court, les jeunes ou moins jeunes préférant mettre fin à leur vie plutôt que d'être homosexuels et donc l'importance de cette marche, de cette visibilité qu'elle plaise ou non, qu'elle soit propre sur elle ou pas, que ça leur plaise ou pas. J'aurais parlé de mon coming-out dans ma famille qui ne l'a pas bien pris mais qui, au moins, ne m'a pas jetée à la rue (et n'en a même jamais eu l'idée) avant de se remettre à m'aimer. Je leur dirais bien d'aller se faire voir avec leur discours propre sur lui mais puant dessous.

Je ne sais pas si je t'ai déjà dit que je ne passerai pas mes vacances avec. Mais ce qui est sûr, c'est que je suis foutrement en colère.