Gouinette parle trop

26 septembre 2016

French Kiss, my ass

Pour mon pèlerinage mensuel auprès de ma sainte mère, je m'en fus à la gare Montparnasse, sac à dos à dos et un peut en avance. Devant la foule piétinant devant les distributeurs de billets pour le cheval de fer, je décidai de prendre mon temps et de laisser passer l'orage et la bousculade. Je me mis donc à errer dans l'enceinte de la gare, découvrant par hasard, une exposition intitulée #FrenchKiss. Le thème : se donner des baisers sur un quai de gare. Les photos étaient accrochés à des barrières. Et je découvris d'abord celle-ci :

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Puis je vis des hommes et des femmes noires, des parents et leurs enfants et… oh bah !? Où qu'on est donc nous ? Les zomos ? Hum ? C'est en nous cherchant que j'ai découvert que les panneaux étaient… recto-verso. Ce qui est très bien pour l'économie de papier au bureau mais pour voir de près nos photos…

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Cela est quelque peu… vertigineux…

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18 septembre 2016

Feeeeeeemmes, je vous aaaaiiiiiiiiimmmmme

Salut les filles !

Conseil pour vos oreilles si môgnonnes que j'y planterais bien mes dents qui aiment écouter des trucs intéressants. L'été, sur les radios publiques, on parle des femmes et des femmes parlent. Parce que les hommes qui squattent l'antenne tout au long de l'année sont en vacances ! Et oui ! C'est en septembre, quand les voiliers sont dévoilés que reviennent les voix de basses.

Je disais donc : très intéressante série sur France Culture sur le féminisme intitulé "Women's power, les nouveaux féminismes". Vous êtes priées de cliquer ci-dessous si cela vous intéresse :

La page générale contenant les 5 émissions (c'était du 22 au 26 août) est ici : http://www.franceculture.fr/emissions/grande-traversee-womens-power-les-nouveaux-feminismes

Les thèmes sont : - Travail salarié, travail domestique
- IVG et maternité
- Les violences faites aux femmes
- Sexe, genre et sexualités
- Vers un féminisme post-colonial

Ma préférée, c'est celle qui contient des gros morceaux de lesbiennes dedans, "Nos désirs font désordre" sur le sexe, le genre et les sexualités. Notamment pour le texte lu en début d'émission, tiré du recueil "Peau" de Dorothy Allison. J'étais assise dans le métro et tout à coup, dans mes oreilles, une femme a dit :

"Baiser comme une grenouille, ses mains sur mes hanches, mes talons contre mon cul, les jambes bien écartées, son visage penché dans mon cou, mes mains empoignants ses avant-bras. Ses dents me mordent doucement. Rien d'autre chez elle n'est doux. Je pousse sur la pointe de mes pieds, fais aller et venir mon cul sur mes chevilles pour mieux sentir chaque poussée de ses cuisses entre les miennes. Ses tétons sont durs. Son visage, fouetté par le sang, ses pieds plantés dans le sol, tandis que je me cambre en arrière au bord du lit. Un mammifère aquatique, une créature batracienne dont les cuisses claquent en arrière pour rencontrer chacun de ses coups de reins. Mes lèvres sont gonflées. Je peux sentir chaque poil qui s'enroule autour de son harnais. Je pense à des raies mantas déployant des grandes ailes-lèvres dans l'océan et y enveloppant l'objet de leur désir comme le font mes lèvres, les ailes de mon con. Je la veux avec mes mains, ma bouche, mes cuisses, ma chatte trempée toute puissante. Ses dents sont serrées. Ses hanches s'enfoncent, poussent, tête en arrière, appuient, me tirent et me donnent des coups de boutoir. Je ris et me cambre sur elle, je la supplie, l'insulte…"

Hem… je m'arrête là. Allez écouter la suite. PAS DANS LE MÉTRO ! Ça dé-con-centre. Et… heu… faut que j'aille acheter un livre.

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16 septembre 2016

Horrorscoop !

Je ne crois ni en Dieu ni en l’horoscope. Aussi ne lis-je pas la Bible. Enfin, plus. Mais les horoscopes, ça se discute. Ça se discute parce que ça change tout le temps. Donc si on rate le tirage, on a encore une chance au grattage. Et si les textes sont suffisamment flous pour que tout un chacun les interprète de la manière qui lui plaît, je n’ai jamais trouvé de phrase du type « Lion, si vous êtes pédé, Saturne en Jupiter vous invite à vous jeter du haut de votre toit » ou « Vierge femelle tu es et vierge femelle tu resteras jusqu’à ce que ton père te vende à ton mari que tu serviras bien gentiment et n’espère pas divorcer, morue ». Voyez le genre ?
C’est du flan. Certes. Il y a toute une économie de captage du pognon des plus crédules d’entre nous. Je l’admets. Mais ! C’est le seul truc que je lise dans Courrier International. Parce que j’ai des lettres (du courrier… ok, je sors). Je ne lis QUE l’horoscope de Courrier. Et même que dans « Vernon Subutex », un personnage (une dingue) le lit aussi, alors, hein, camembert !

L’auteur, Rob Brezsny, est un grand consommateur de drogues. Cette information n’est bien évidemment pas officielle et encore moins vraie. Parce que tout n’est pas toujours très sensé dans ces textes. Souvent poétique mais sensé ou même intelligible, non. La signification est parfois cryptique. Champollion revient, Brezsny a pété un boulon. Ou alors c’est que la traduction du Courrier se fait sur translète.gogol. C’est possible aussi. C’est quand même pas un journal super sérieux le Courrier. Une démonstration, mon horoscope de la semaine.

« Si quelqu’un peut signer un échec triomphal, c’est bien toi. Bah, oui, merci. Fallait pas. Avec le manque de confiance en moi, j’avais pas besoin de ce genre d’encouragement. Surtout vu le pognon que j’engloutis chez la faune des psy-chologues/thérapeutes/chotropes.
Nul mieux que toi ne saurait se glisser par la petite porte en donnant l’impression d’entrer en fanfare par le grand portail. Comment ?
Ta faculté à manier le paradoxe et à opérer d’heureux retournements m’impressionne, Lion. Et en plus, il faut que je me retourne dans la petite porte ? Et la fanfare, j’en fais quoi ? T’es pas clair, Rob !
Peut-être n’as-tu pas accès à la justice ordinaire, mais je suis sûr que tu sauras convoquer une justice rebelle, tout aussi précieuse. Mais j’ai rien fait !? c’est pas moi, j’étais pas là ! Merde à la fin !
Pour t’encourager à développer ces étonnants pouvoirs, je t’offre ce conseil : ne laisse pas tes prouesses te monter à la tête et cherche toujours le moyen d’exploiter tes handicaps supposés à ton avantage. » Mais ?... Mais quels pouvoirs ? Echouer triomphalement ? Me coincer le cul dans une porte trop petite ? Me retourner le paradoxe (gros dégueulasse !) ? Me faire justice en fauteuil roulant ?
T’es pas Rob, clair (et fleurie… je suis déjà dehors, taisez-vous) !

Alors j’ai récupéré la version originale :

If there can be such a thing as a triumphant loss, you will achieve it sometime soon. If anyone can slink in through the back door but make it look like a grand entrance, it's you. I am in awe of your potential to achieve auspicious reversals and medicinal redefinitions. Plain old simple justice may not be available, but I bet you'll be able to conjure up some unruly justice that's just as valuable. To assist you in your cagey maneuvers, I offer this advice: Don't let your prowess make you overconfident, and always look for ways to use your so-called liabilities to your advantage.

Et comme je n’ai pas mieux compris (my taylor is not fluent), j’ai fait le test sur traduit.débile. Ce qui donne le résultat suivant :

« S'il peut y avoir une telle chose comme une perte triomphante, vous allez y arriver très bientôt. Est-ce que par « perte » vous entendez « menstruations » ?
Si quelqu'un peut slink (c’te faignasse de traducteur connaît le mot mais ne le remplace pas) se glisser par la porte arrière (tu t’approches pas de ma porte arrière !), mais la faire ressembler à une grande entrée, il est vous (et si tu invites des amies, je te tue).
Je suis dans la crainte de votre potentiel pour atteindre les inversions de bon augure et redéfinitions médicinales. Le bon vieux LSD ! On n’est plus habitué !
Plain Old Ancienne plaine (… oui, je sais) simple justice peut ne pas être disponible, mais je parie que vous serez en mesure d'évoquer une certaine justice indisciplinée qui est tout aussi précieux. Les accords bordel !!!
Pour vous aider dans vos manœuvres cagey (cagettes ?), je vous offre ce conseil: Ne laissez pas vos prouesses vous faire trop confiant, et toujours chercher des façons d'utiliser vos soi-disant passif à votre avantage. » Bien sûûûr, ouiiii…

D'ailleurs, le plus drôle dans tout ça, c'est que quand j'ai essayé de récupérer la VO du texte sur mon PC professionnel, le système m'en a interdit l'accès.

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On est bien d’accord ? La drogue, c’est mal !

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12 septembre 2016

"Ça dépasse tout ce que j'ai pu imaginer. On a repoussé les limites là." Hommage

Je ne me suis pas trop étalée sur ma collègue Belle Journée. Il faut dire qu’elle a bien pourri les 12 derniers mois de notre vie au bureau. Comme j’étais très très moyennement active sur le blog, j’ai eu du mal à m’exprimer. Même si mon médecin était devenu mon dealer en anxiolytiques, je n’arrivais pas à en rire. Le tabac tue et le travail pue. Pour te décrire rapidement le spécimen, en plus de son utilisation permanente de cette expression horripilante « Et une belle journée », elle était inefficace (à un point qui donne une idée de l'infini), bruyante (un jour j'ai cru qu'elle arrachait les pages d'un magazine et en fait, non, elle les tournait), de mauvaise foi, pas fiable, menteuse, manipulatrice, procédurière (je suis colère ? Peut-être bien. Que celui ou celle qui n'a jamais supporté un boulet au boulot me jette la 1ère boîte de Xanax) et surtout RIEN n’était JAMAIS de sa faute.

Ses phrases fétiches en matière d’excuses et grâce auxquelles elle expliquait tout ce qui n’allait pas dans son travail :
"Je ne savais pas.
Personne ne me l’a dit.
J’ai pas été formée.
Y’a machin-e qui m’a dit"

Ce fut douze très longs mois avant de pouvoir changer de poste et ne plus avoir à la supporter. Faut vous dire, monsieur, que malgré toutes les qualités précédemment citées, Belle Journée a été titularisée. Ce qui signifie que pour en débarrasser l’administration… et bien on n’est pas sorti des ronces ! La qualité du service public ne s’en ressentira peut-être pas car elle "permanente" dorénavant dans un syndicat (tout un poème celui-là aussi).

Il est toutefois temps de refermer ce dossier. D'oublier la colère, le stress, l'angoisse et d’écrire l’épitaphe de cette année de merde en souvenir de nous : Choupinette, Kiki, Choupi et moi. J’ai détourné avec talent (oui je me la pète grave, mais si je le fais pas, personne ne le fera) et mes petits doigts le "Kékun ma dit". Rien pour vos yeux mes choupis !

"Personne ne m’a dit qu’il faut que je travaille
Que les consignes s’apprennent, qu’il faut que je les sache
J’ai pas été formée, ici y’a rien qui vaille
J’regarde passer l’travail comme le font les vaches

Pourtant machine m’a dit qu’on m’avait d’jà formée
C’est machin qui m’a dit qu’il faut bien écouter
Alors je dois bosser ?

On dit que mes réponses n’ont pas le moindre sens
Que ça n’a rien à voir avec ce qu’on m’a dit
Paraît que quand je l’ouvre, Excel n’est plus qu’un cri
Que je le plante toujours, mais c’est qu’on m’a pas dit

Pourtant machine m’a dit qu’on m’avait d’jà formée
C’est machin qui m’a dit qu’il faut bien écouter
Alors je dois bosser ?

Mais qui est-ce qui m’a dit comment il fallait faire ?
Je ne me souviens plus, vous êtes sûrs qu’j’y étais ?
J’entends encore la voix car je l’enregistrais
« Tu fais ton putain d’taf et p’is t’arrête de braire ! »

Pourtant c’est sûr que je n’ai pas été formée !
C’est machin qui m’a certainement oublié !
Je vais pas assumer !

Comment vous me parlez, mais vous me harcelez !
Je m’fous en maladie ; je vais bien vous faire chier !
Mon syndicat me suit, me pousse, me soutient
C’est la fête du slip ; et je ne fous plus rien

Pourtant quelqu’un m’a bien fait titulariser
Et en permanente syndicale je suis transformée
Ca y est, je peux glander."

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10 septembre 2016

Mes bonnes résolutions de l'année que je n'ai pas prises

Les bonnes résolutions ne servent à rien sinon à donner des sujets à la presse en début d'année et à augmenter de manière aussi surprenante que passagère des inscriptions aux clubs de sport, des achats de légumes frais et bio et de l'ouverture de l'œuvre complète de Proust (je n'ai pas dit lecture). Cette année, comme tous les ans, je n'ai pris aucune bonne résolution. J'ai décidé de faire le compte vers le 31 décembre des trucs bien que j'aurais fait. J'ai soupé des promesses. Les miennes et celles des autres. Du concret, du maintenant, fuck le passé, demain ne sera peut-être pas. 2016 m'aura donc vu faire un zona (que je ne retenterai plus jamais de ma vie, hein. N'essayez pas chez vous les enfants !), m'abonner aux anti-dépresseurs et au yoga. Avec un bon bilan intermédiaire pour les deux. Le régulier contast d'échec ostéopathique "ah bah vous êtes encore toute tendue de partout" m'a poussée à prendre des décisions radicales pour me ramener dans le chemin du bien-être, de la zenitude, des petits oiseaux qui chantent dans le matin frais, du sourire du Bouddha, vas-y fais pas ta pute, fais tourner. Hypnothérapie et drogue légale pour l'esprit, yoga pour le corps. Corps et esprit ne font qu'un. Un jour, je toucherai mes orteils.

Certes, cet été, j'ai plutôt eu tendance à observer lesdits orteils dans leur position favorite de l'éventail que de tenter de les atteindre via une fréquentation assidue du cours de yoga. Aussi craignais-je particulièrement la rentrée et le retour à la salle car je peux me retendre aussi vite que les relations entre Corée du Nord et du Sud. Souffrir comme au 1er cours : en apnée pendant une heure et 2 jours de courbatures à des muscles inconnus jusqu'alors. J'avais une vision romantique de cette discipline faite de collier de fleur, d'encens et de sitar. C'est devenu l'équivalent d'un station prolongée sur une croix de Saint André, le fouet en moins. Lorsqu'on attaque une position un peu difficile pour des débutants (pour moi, toutes), le prof fait le tour pour corriger les positions et éviter ainsi de creuser le déficit de la sécu en augmentant le nombre d'opérations des ligaments du genou. Il redresse, replace, allège tout en répétant ses consignes. Mais pendant ce temps, tu tiens la position. Je l'ai senti s'approcher de moi. Mon cerveau a vérifié ma position. Bordel, bordel, le prof !!! "Détendez le visage." Et il a posé son index entre mes 2 yeux. Sur la ride du lion. Alors, j'ai senti l'air se poser sur ma peau, ma sueur être absorbée par mes vêtements et le bruit des ailes d'une mouche… NAN ! Je déconne ! Je suis tendue jusqu'aux sourcils et p'is c'est tout !

Ras le front de mes tensions, j'ai décidé que pour compléter mon assouplissement corporel et mental, j'allais faire évoluer mes possibilités de défoulement. En plus de la course à pied, que je pratique toujours malgré un guenou réfractaire, je vais durcir mes pains dans la gueule en faisant du self-défense. On n'est jamais à l'abri d'un-e con-ne ni de 2017.
Sur ce, je vais m'acheter des chaussures à clous.

 

PS : tu auras aussi très bientôt des nouvelles de "Belle journée". Qui nous en aura fait voir des vertes et des pas mûres toute l'année.

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06 septembre 2016

Chemin faisant

Mon changement de service a entraîné un changement léger dans mes horaires. J'arrive plus tôt car je me suis levée plus tôt. Je n'ai pas changé de lieu d'arrivée donc pas de parcours en métro et donc ! pas de chemin à pied vers ma station. Jusque-là tout est logique.

"Qu'est-ce qu'elle a ? Elle va pas bien ? Elle nous fait une déprime post-rentrum ?" Hé ho ! À gauche ! Je vous entends ! Rien n'a changé en dehors de mon environnement. Car que croise-t-on sur les trottoirs vers 8 h 20 qu'on ne croise plus une heure plus tard ? Un indice, c'est tout petit mais ça prend de la place car éventuellement véhiculé sur 2 ou 4 roues. Ouiiii ! Des enfants ! Je passe devant 1 crèche et 2 écoles (primaire et maternelle).

Autant l'an passé je pouvais continuer à comater, et tel un cocher ivre, laisser mon cheval me mener jusqu'à destination. Autant aujourd'hui les trottoirs sont blindés de ces petites choses à la trajectoire aléatoire (la maîtrise de la trottinette 3 roues peut être imparfaite) que je ne peux guère piétiner ou fouetter à coup de cravache : la plèbe enfantine. Je le peux d'autant moins qu'au bout de leur petit bras ou courant derrière l'engin de mort à roulettes se trouve en général un adulte (père ou mère) que je soupçonne de ne pas trouver ça drôle (même s'ils en ont secrètement l'envie).

Allez bonne rentrée à tou-te-s ! Et barrez-vous, cons de mimes !

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04 septembre 2016

Vite ! Elles mentent !

J'ai un cheveu sur la langue, conséquence d'un passage bienfaiteur chez mon capilliculteur attitré et non d'un défaut de prononciation. Ce cheveu s'est égaré dans ma bouche car lorsqu'il est court et qu'il est encore raccourci, le cheveu devient fourbe. Il a une tendance à l'invasion de type germanique : éclair, totale et inarrêtable (prem's au point Godwin!). Deutsche Qualität.

J'attrape l'intrus entre le pouce et l'index et m'en débarrasse d'un geste sec avant d'entrer dans la librairie LGBT. Je peine sur "Amours, Prozac et autres curiosités" d'Etxebarria en VO. Elle s'est intercalée entre deux Despentes et souffre de la comparaison. Tour à tour l'histoire de ces 3 sœurs m'agace, m'ennuie, m'intéresse et puis non. Elles se débattent dans un monde machiste, dans leur vie, leurs amours, leur boulot. S'y engluent. Elles ne sont pas du genre à se débarrasser d'un emmerdeur avec ne serait-ce qu'un petit 22. Ce qui, réduit au strict cadre du roman est légal et jouissif. Et généralement la solution la plus adéquate.

Ce qui m'amène dans la librairie n'est pas que je ne finisse pas un livre. Quatre autres m'attendent sur mon étagère. Je suis là sur un conseil de lecture : "Le cœur découvert" de Michel Tremblay. Il date de 1986 (ce qui me rappellera ma jeunesse quand d'autres leur naissance) et raconte une histoire d'hommes, des vrais, des pédés.

Mon livre dûment payé, je vais m'installer dans mon bar de quartier. Garçon ! Un Vittel menthe, s'il vous plaît ! Après la madeleine de Proust, mon Vittel menthe. Ma boisson fétiche des jours de chaleur. Souvenir gustatif de l'enfance. Sirop miracle qui rafraîchit le corps et réchauffe l'esprit. Nous sommes le 31 août. Dernières heures de liberté avant le retour au bureau, à l'automne. Y aura-t-il un été indien ?

J'ai passé un bel été.

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29 août 2016

Tallinn - Un bar - Intérieur nuit

Le bar Frank, bar à cocktails sans leur version virgin parce que ce ne sont pas des fiottes en Estonie, est situé juste après le "Sigmund Freud - cocktails end ego" et avant le Frank Underground (annexe du 1er) en sous-sol avec un videur qui veille au bien-être des femmes en chassant le GHB dans les sacs et les poches des clients. Ou alors, c'est une question de religion car il dégage toutes les bouteilles d'eau qu'il trouve. Alcool obligatoire !

Mâle alpha : "Tu prends quoi ? Une bière en attendant Femelle alpha ?
Gouine alpha : Une bière oui. Une Saku (marque locale) toute simple. Roooh ! Ils ont des 33 cl ?! (en effet, les 25 cl, ça n'existe pas ici. Et boire une pinte, ça me saoule… vraiment).
MA: Avec la 2ème, ça fera 66 soit plus qu'une pinte !
GA : Ah, ah ! On prend des frites avec ?" (je sais, manger c'est tricher. Pour moi, manger, c'est survivre)
Femelle alpha finit par arriver, prend une mule moscovite (vodka, gingembre et citron) et on commande à manger. A nouveau des frites pour MA et du guacamole pour FA et moi.
Moi : "Il arrache le guacamole ou c'est moi ? FA, il arrache non ?
FA : Attends j'ai pas commencé. Heu… non… ah ? Peut-être un peu. 
Moi : J'ai pas l'habitude de manger épicé (en même temps, prem's !). C'est censé être relevé un guacamole ?
FA : non. Heu… mais oui il pique.
Moi : Je vais manger les galettes de maïs pour apaiser tout ça et prendre de la bière.
MA : Tu veux mes frites ?
Moi : Merci, juste une pour éteindre le feu. Je vais en reprendre avec plus de galette. C'est bizarre leur version du bouzin…

Je retente le guacamole avec une demi-galette de maïs. Ca brûle pareil.

FA : "Alors ?
Moi : Bwaaah ! Non mais c'est juste pas possible ! Bon ! Qui n'en veut de mon guacamole qui arrache ?
FA : Moi, je veux bien !
MA : Prends mes frites.
Moi : merci MA. Je vais finir les bidules en maïs avec de la bière… mais…
MA : Ca va ?
Moi : En fait, c'est les galettes de maïs qui arrachent !
FA : sérieux ? (elle goûte) Ah mais oui ! Elles sont poivrées.
MA : Fais voir… Ouiii… Regarde, les petites taches noires partout ne sont pas des traces de brûlé mais du poivre !
Gouine bêta : Mais ils sont cons ou bien ? FILE-MOI TES FRITES !"

Femelle et Mâle alpha se marrent en pensant que j'essayais d'apaiser la brûlure avec un briquet. J'avale les frites par paquets et finis ma bière. La serveuse revient prendre commande.

MA : "On reprend quelque chose ?
GB : C'est où les toilettes ? Attends, file la carte steuplaît… heu… (la serveuse attend. Évidemment c'est en estonien et en anglais, je prends au hasard la suivante sur la liste, en 33 cl. My tailor is as poor as my english). Please, one Eesti Rukki Eil. Aitäh (merci en estonien).
FA : C'est quoi ?
GB : Mystère. (en moi-même, car je n'assume pas toutes mes blagues et calembours, je pense : une bière au renard… Rox et Rukki… huhu. Hem. Oh, ça va !)"

La serveuse revient avec nos boissons, ouvre ma bouteille et en verse une partie dans mon verre. Elle est marron (la bière, pas la serveuse). Pas brune comme une Guinness, mais marron…

GB : "J'ai pris une brune ? C'est pas une brune ça ? Elle est poivrée elle aussi ?!?
FA (morte de rire, la hyène) : c'est quoi ?
MA : Je crois que rukki, c'est du seigle.
GB : Du seigle ?!
FA (qui a reniflé mon verre) : pfiou, ça sent pas terrible.
GB : Putain, j'ai commandé une bière au seigle…
FA : Attends, on va boire une clope d'abord ?"

JE FUME PAS !!!

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25 août 2016

Suivre la bonne (Des)pente(s)

Pourtant je ne l'ai pas suivie dans le bon sens la Despentes. "Bon" sens qui serait l'ordre chronologique de sortie de ses livres. C'est un peu plus foutraque que ça.
Mes premiers souvenirs d'elle datent de "Baise-moi" le film tiré (si tu ris, tu sors) de "Baise-moi" le livre (je t'ai à l'œil !). Le scandale qui a entouré sa sortie, scandale soulevé par des catholiques nom: non radicalisés contestant son interdiction aux moins de 16 ans pour pousser le ministère de la Culture à l'interdire aux moins de 18 ans. Cela entraînait dans la pratique l'arrêt de sa diffusion car (attation, rappel historique) le seul classement -18 est le classement X (pornographie) qui interdit la diffusion dans les salles habituelles et oblige à utiliser le réseau des cinémas pornos qui venait d'être trucidé par les vidéoclubs qui mouriront assassinés par l'internet électronique (ta mère. Prem's !). Mais revenons à "Baise-moi" (ça me manque). Pas vu le film ni lu le livre à l'époque. Ce que j'ai lu d'elle en premier sont sans doute les chroniques, coups de gueule parus dans la presse et des entretiens télé ou radio.

Elle a continué à publier et j'ai consciencieusement ignoré toutes ses œuvres même si j'étais toujours ravie de lire ses chroniques d'opinion. Un jour, je me suis enfin décidée à… aller voir un film, "Bye Bye Blondie" (un roman), dont je suis sortie… bouarf… déçue et avec une détestation augmentée de la chirurgie esthétique. Je me disais bien qu'un jour il faudrait que je la lise sauf que j'avais toujours piscine ou poney mais de motivation, nulle trace. Puis vint… une pièce de théâtre. Elle a écrit pour le théâtre ? Non, je ne crois pas. Mais le théâtre (avec un long ââââââ) s'est emparé de "King Kong Théorie" (un essai) en 2014. France Inter a dû me refourguer l'information. Et je me suis de nouveau laissée glisser sur la (Des)pente(s).

Crochet au menton, direct au foie, je me suis pris son essai en pleine poire. KO debout ? Bien au contraire, remise debout. Soulevée de terre. Portée à bout de ses bras par son style, sa langue (oh oui, sa langue…). Drôle, dure. Pas forcément d'accord avec toutes ses positions mais furieusement, rageusement heureuse de sortir à grands pas de la salle (pour y revenir une 2ème fois, quand j'aime, j'y retourne) en sentant encore le texte (porté par des comédiennes fantastiques) résonner en moi et aller chercher des noises à tous mes complexes. Ce fut donc le premier texte que je lus d'elle. Et je crois que c'est une chance que ma fainéantise de lectrice ait retardé l'accès à ses livres jusqu'à ce moment-là de ma vie. Jusqu'à cet âge-là. Jusqu'à cette année de merde-là. Et je me suis arrêtée là. Rien lu d'autre. Suivi la sortie de ses romans de loin en loin. Dans ma radio. Il faut être prête pour certains auteurs.
Par exemple, il faut lire "Les 3 Mousquetaires" enfant. Avant que ton féminisme ne se développe pour constater que D'Artagnan est plus proche du harcèlement sexuel que d'un exercice de séduction de Constance Bonacieux. En fait, les filles, ne lisez pas ce roman. Faites de l'escrime, du cravmaga, enfin quelque chose qui développe votre puissance physique et mentale comme… le crâne ancestral (les moins de 20 ans, tout ça…). Je cesse ici (impératrice) ma digression. 

Après King Kong, je n'ai rien lu d'autre. Admiratrice de loin, n'osant pas me lancer. Ou pas encore à point pour ça. Oui c'est très con. L'histoire de ma vie. Mais 22 016 vint 2016 et la ressortie en poche de tous ses livres. Tombant dessus alors que j'errais dans LA librairie homo "Les mots à la bouche", je ne sais ce qui m'a pris mais j'ai acheté Vernon Subutex. Révélation. Miracle. Bordel de bordel, pourquoi personne n'a crié au génie ? Pourquoi personne ne m'a prévenue ? Pourquoi le vieux du Figaro tient plus de place qu'elle quand elle sort un roman ou un essai ou ses poubelles ? Pourquoi ce n'est pas au programme de français du bac ? Distribué gratuitement dans toutes les Alliances et Instituts français du monde ? Après les deux tomes de Subutex, j'ai lu "Apocalypse Bébé" le livre précédent la mini-saga et succédant à "King Kong Théorie". Chronologie foutoir. J'ai dévoré. J'ai lu comme jamais. J'ai pleuré de rire dans le métro, raté ma station. De l'air enfin ! De la vie dans les livres ! Alors j'ai fait la razzia sur tous les autres. Fringale, manque. Et je pouvais enfin lire "Baise-moi". Commencer par le commencement. Zig-zag, un pas en avant, un pas sur le côté, retour à la case départ. J'ai aimé "Baise-moi", dur, violent et pourtant j'ai ri. Parce qu'il y a une force vitale là-dedans. Puissant. Nourrissant. Poussez-vous, j'aime !

Au fait, je vous ai dit qu'il ne faut jamais hésiter à suivre sa (Des)pente(s) ?

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23 août 2016

Ca, c'est du vol.

Je suis assise dans les fauteuils devant la porte d'embarquement. J'ouvre le paquet de sucreries à la graisse de porc, aux goûts divers et industriels et néanmoins allemandes. Le bus était à l'heure, le RER était fonctionnel, il y a de la place sur les banquettes. Je suis au bord du Champagne. Heureusement, devant tant de bonheurs réunis, 3 voyageuses viennent se coller à mon siège au lieu d'aller s'étaler plus loin. Je rêvasse en mâchouillant mon futur cancer de l'estomac. L'avion ne sera pas plein. Joie. Oui, je déteste cordialement mes congénères. Mais avec douceur dans ce monde de brutes. Soudain, le sonal d'une annonce vocale retentit dans le terminal.

"Appel pour le vol vers Milan (1000 ! Fouya, c'est long… tadaaaah). Mesdames, messieurs, rapport à ce qu'on essaie de vous piquer de l'argent quand vous mettez une valise en soute, vous faites dorénavant preuve de tant d'ingéniosité que vous arrivez à tasser des affaires pour 1 semaine de séjour dans une valise cabine. C'est vrai qu'on n'a pas pensé que vous pouviez être malins.
'Bah chéri, ne prends pas ton rasoir ni ta crème, on achètera au Lideul sur place. Pense au prix de la soute.'
On s'est cru malins. OK, on a perdu. La soute est quasiment vide mais les coffres à bagages de la cabine risquent d'exploser. Ca va virer à la foire d'empoigne et au bordel généralisé. Que ne géreront pas nos PNC étant donné qu'on les sous-paye rageusement. Et je vous en passe et des meilleures sur l'alcoolimse avéré du pilote et les WC bouchés. Mais bon !

Pour les volontaires, la compagnie offre le bagage en soute ET le passage en "c'est moi qui étais le prem's" à l'embarquement. Aidez-nous les pauvres !"

 

 

ps: j'ai très vaguement réinterprété le message original. Très vaguement. Tu me connais !

Posté par Gouinette à 20:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]