Gouinette parle trop

15 juillet 2016

Ils sont venus ; ils sont tous là.

La famille. Belle invention, tiens. Suis-je ironique ? Oui. Non. Ça dépend. Ça me dépasse. La famille me déborde et me recentre. Elle fait écho. C'est tout en creux, ça résonne là-dedans. C'est si plein. Je me tiens éloignée de la mienne, décalée, par choix et parce que la vie en a aussi décidé ainsi. Les retrouvailles sont d'autant plus agréables et je ne me sens jamais aussi éloignée d'eux que lorsque je suis trop près. Ma sœur et mon beauf ont fait une fête. Il y avait tous leurs amis et un peu de nous. Les festivités autour d'un cochon grillé et d'une fontaine à rosé étaient animées par quelques ami-e-s à base de jeux de mariage. Et là, je dis STOP. Se faire humilier devant ses proches et des inconnu-e-s n'est pas drôle. Sérieux, ça vient d'où cette tradition ? Si vous n'aimez pas les gens, foutez-leur la paix !

Une dame agite un panda en peluche et énonce la règle du jeu : "regardez comme il est mignon ! (s'tu veux morue ?) Tout le monde doit l'embrasser, quelque part sur son corps. Où vous voulez. Mais rappelez-vous bien où !"
J'en ai entendu brailler "DTC" ! Oui, mais non ! Justement pas là ! Vous vous doutez bien qu'il y a un panda ! Heu… un loup ! Je balance la suite à mes neveux effarés par la tournure de la fête. "Il va certainement falloir refaire le baiser mais sur un humain. Choisissez bien, camarades." Ma longue expérience des fêtes en tous genres et en campagne avait parlé. J'ai visé l'oreille. J'ai bien fait. Il fallait répéter le bisou sur son voisin. Située entre mon neveu et ma mère, je jouais sur du velours. À l'autre bout de la table, ce qui devait arriver (je rappelle la fontaine à rosé) arriva, un homme devait embrasser un homme… sur la bouche. Pouët !
L'un des deux s'y refusait en riant. La foule les encourageait (ah bah c'est le jeu ! Allez Bernard !). Ils s'embrassèrent sous les hourras. Je souris. Puis le second simula un baiser plus profond et la foule cria "beuargh !". Je cessai de sourire. Pouët, pouët !
Qu'est-ce qu'on se marre. Je pensais soudain qu'il pouvait y avoir parmi les enfants, un ou une dans mon genre qui vivait en direct, son premier sentiment de décalage. Plus tard, en y repensant, elle/il déciderait d'aller grandir plus loin et de choisir les gens avec qui faire la fête. De toute façon, le rosé, c'est infect.

J'ai repensé à toutes mes sensations de décalage au sein des miens. Mais curieusement, ce qui resurgit d'un fatras de souvenirs plus ou moins agréables, de confrontations, de silences et de réconciliations (une famille quoi), c'est une scène dont je comprends enfin la signification réelle. Il y a longtemps, j'annonce mon emménagement avec ma compagne de l'époque à ma mère. Elle me dit d'aller le dire à mon père. J'ai moyen envie, il n'est pas si loin le temps des crispations liées à ma sexualité. Je le retrouve dans le jardin et répète mon annonce tout en pensant que ça ne regarde que moi et que je le dis pour information, l'avis du reste du monde m'important peu même celui de mes parents. Il me dit : "tu es sûre ? C'est important. Un couple, c'est beaucoup de responsabilités." Je ne me souviens pas de la totalité de la conversation. Je me souviens d'un sentiment soudain de gêne. Et pourtant, je comprends aujourd'hui (vieux motard que j'aimais), qu'en ayant avec moi cette conversation, la même qu'il avait dû avoir avec le reste de la fratrie, mon père m'incluait sans bruit et effaçait le décalage.

Posté par Gouinette à 15:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


09 juillet 2016

Ceci n'est pas une petite pipe et au lit… encore que…

Jean-Bernard aime mon blog et il me le dit. C'est gentil. Merci. Juste avant de se plaindre que je n'écris pas assez. Et vous croyez, cher JB (je peux vous appeler JB ? Non ? M'en fous) que je ne suis pas la première à m'en faire le reproche ? A me couvrir la tête de cendres en pleurant des larmes de sang ? A me flageller le corps à grands coups de lanières de cuir ?… ah non, ça c'est les soirées de l'ambas… bref !

Oui, j'ai faignassé. Je n'ai rien écrit sur Nuit Debout alors que je suis solidaire, j'insomniaque depuis des mois ! J'aurais également pu me pencher sur la météo en braillant "ouiiiii, on nous ment ! Réchauffement climatique mon œil avec ce printemps pourri ! INONDATIONS ! COMPLOT ! HARCÈLEMENT !". J'aurais dû sauter à pieds joints sur cette saleté de Catalan (et j'assume cette soudaine catalanophobie car je le suis à moitié, c'est dire si je connais les lascars) qui instrumentalise la violence de quelques casseurs et l'accès à l'opium du peuple (l'Euro de foute) pour dénigrer les actions syndicales et passe sous silence la violence sociale quotidienne subie par les plus démuni-es.

Oui, JB, plein de sujets et pas une ligne. Le syndrome de l'écran blanc. La flemme. Mais je ne suis pas du genre à ne pas relever un gant que personne ne m'a jeté !Tu veux du post mon JB (on se tutoie, on se connaît maintenant ? Non ? M'en fous) ! Tu vas en avoir ! Sur le football ! Ah ah ! On fait moins le malin !

Je vous entends déjà râler (JB et les 3 autres lectrices) : "ah non pitié, encore une femme qui va dire que c'est trop nul le ballon-pied." Ou "et merde, la lesbienne va nous raconter son premier tâcle glissé en championnat intercommunal en 1987"… Décidément vous n'êtes jamais contents. Flûte à la fin, je fais mon coming-out : j'aime le foot… et je déteste le foot. Qui vient de dire : "pffff, les filles, on comprend rien à ce qui se passe dans leur tête" ? Normal. Le foot quand tu l'aimes, ce n'est pas avec ta tête. Et quand tu réfléchis deux secondes, tu as envie de prendre un joueur pour cogner sur un supporteur tandis qu'un bûcher de dirigeants éclairerait la nuit.

Le foot, c'est dans l'ADN quand on est comme moi une loutre des Pyrénées… d'Outre-Pyrénées ! Et quand tu sais lire, c'est synonyme de corruption, de dopage, de sexisme et d'homophobie. Chouette non ? Aussi, lorsque jeudi dernier, une amie de passage à Paris m'a proposé de dîner, j'ai accepté sans une once de regret. Pour celles et ceux qui, comme elle, ne seraient pas au fait du calendrier des matchs (et n'auraient ni télé, ni radio, ni journal papier, ni… seraient morts, quoi), c'était le jour de France-Allemagne, la revanche de Sedan, l'occupation, Séville 82 et les chaussettes dans les sandales. Point positif, mon bar que j'aime et qui diffuse l'Euro2016 était tout réservé en salle donc on a pu manger en terrasse car nous ne voulions pas voir le match ! Yes ! Nous avons fini de dîner et nous nous sommes baladées entre le Marais, l'Île de la Cité, Notre-Dame, etc. J'ouvre ici une parenthèse : dites voir les provinciaux ou les régionaux comme vous préférez, vous marchez terriblement lentement. J'ai failli la perdre quatre fois sur des passages piétons ! Hop, je claque la parenthèse.

Mon amie devant rejoindre son clan, je la quittais au métro et décidais de profiter des rues vides (21h30, le match était déjà bien entamé) et du premier jour d'été pour faire une partie du chemin retour à pied. 44ème minute, pénalty pour la France. Ça crie. Je souris. J'arrive à hauteur d'un bar situé de l'autre côté de la rue au moment où Griezman (pour les morts ci-avant, c'est un demi-dieu dorénavant, Jeanne d'Arc mais en fille), Griezman disais-je, tire et marque. Au grand étonnement des poils de mes bras, la clameur est montée de tous les côtés, toutes les rues, tous les cœurs à tel point que je l'ai sentie monter du sol. Je crois bien que la terre a tremblé.

Le foot, tu l'aimes parce qu'une pipe d'opium de temps à autre, ça fait du bien.

 

PS : merci JB et santé

Posté par Gouinette à 22:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 mai 2016

T'as vu l'heure ?

L'Iphone, quelle bouse ! J'ai essayé de le breveter parachutiste. Le saviez-tu ? Quand tu lances un smartphone, il retombe comme une merde. Non seulement, il ne vole pas mais il se blesse, l'abruti ! Magnifique toile d'araignée de verre brisé sur l'écran. Spiderman, sors de ce téléphone ! Bonne chose quand même, je n'ai même pas pleuré. Je me suis vaguement un peu évanouie dans un cri strident. Mais quand j'ai vu qu'il fonctionnait toujours, j'ai dit à ma mère de reposer les palettes du défibrillateur.
J'ai posé mon téléphone à plat dans ma chambre et ne l'ai plus utilisé… enfin, moins utilisé du week-end vu que je me plantais quelques fins bouts de verre dans les indexs. De retour à la civilisation, j'appelais SOS "putain j'ai fait tomber mon téléphone et j'avais pas de coque".

"Oui, on a les accessoires. Il faut 2 heures pour le réparer. On ferme à 19 heures. Soit vous nous l'amenez avant 17 heures, soit après et vous le récupérez demain".

A l'idée de passer une nuit sans lui, mes mains ont tremblé, ma sueur a perlé, mon cœur s'est emballé.

"Bidulette ! Je pars super tôt du bureau ce soir ! Et que personne n'essaie de m'arrêter ou ça va saigner !" La collègue prévenue, avertie, menacée, comme vous préférez, je m'en fus porter le grand blessé à la clinique. Le réparateur me fait signer le devis : "Bon pour accord et un rein", une croix et hop !
"Revenez vers 18 h 45.
- D'accord, à tout à l'heure"
Je sors. Et je fais demi-tour : "Il est quelle heure là ?"

Bah oui hein ! Parce que ça fait 3 ans que je ne porte plus de montre ! Et là, je me dis qu'il va falloir me trouver un coin tranquille horloge inclusive pour attendre sereinement pendant 2 heures. Je rigole en passant devant une vitrine qui affiche des horloges toutes à 10 h 10. Tiens, je vais raconter à ça à Coupine… ah non… sauf à convaincre un pigeon parisien de faire de la mobilité professionnelle pour devenir pigeon voyageur, je vais devoir différer mon envie de communiquer. Et dans "communiquer", il y a "commu". Ah, mais Coupin habite pas loin, je vais… ben rien parce que son adresse est dans l'agenda du téléphone, qu'il est en vacances et que je ne sais s'il est chez lui. Je vais crever. Donc.

Heureusement, dans le susdit quartier se situe une annexe de mon bureau. Je vais y squatter la cafète en attendant qu'il soit l'heure… heure que je pourrai lire sur le badgeur à l'entrée du couloir qui mène à ladite cafétéria… C'te lose… Je m'assois. Je sors mon carnet et mon bic noir… presque vide. Et puis, le miracle se produit. J'entends un rire dans le couloir. Son rire. Reconnaissable entre tous. Super Pote Espagnole Que J'aime !! "¡Hola guapa!" me dit-elle. Quelqu'un qui me dit "bonjour ma belle" aussi sincèrement, j'arracherais la tête de chatons vivants avec les dents si elle me le demandait. Elle s'enquiert de ma santé et surtout "S'tu fous là ?" Je lui raconte mes encore 1h30 à tuer sans clepsydre ni sablier. "Tiens, prrrends. Tou mé la rrrendrrra la sémaine prrrochaine". Elle a relevé sa manche, enlevé sa montre et me la tends. J'en aurais chialé mais je suis pas une fiotte. Ou je l'aurais sauvagement embrassée sur la bouche mais je m'en serais pris une bonne et méritée et je suis une fiotte.

Et me voilà assise, crayon en main, carnet ouvert, montre au poignet. What else?

MON TÉLÉPHOOOOONE !!!

Posté par Gouinette à 21:03 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

03 mars 2016

Je ne suis pas du matin

Le matin, c'est un moment bien particulier. Et bon, alors, t'es là, tranquille, tu prends ta douche. La radio dit des trucs que tu écoutes d'un derrière distrait et ensavonné. Et alors la marmotte… nan ! Estrosi roule l'auditeur dans la farine… nan ! Estrosi nous apprend que s'il a 3 mandats électifs, c'est à cause de la loi. Et à cause de Mme Le Pen (la jeune). J'ajoute qu'on soupçonne aussi une loge maçonnique et les Illuminati d'y être pour quelque chose. 

Mais oui ! Bande d'innocents citoyens ! S'il est député, président de région et Brice maire de Nice, ce n'est pas sa faute. C'est à cause de la loi. Je cherche encore dans le JO LA loi qui oblige au cumul de mandats… Mais j'ai pas fait d'études, c'est ma faute. Bon, c'est aussi la faute de la petite-fille du borgne qui a déposé un recours contre son élection à la région. Si qu'elle gagnerait son procès et si qu'il avait démissionné de maire… 3-2 = 1. Bon il lui resterait un mandat… nan mais vous ne comprenez pas. Le projet du tram avance à Nice, il a raté aucune réunion de commission à l'AN et… hein ? Il a ? Des cabinets et des services administratifs qui font le taf à sa place ?!? Keuwah ?!? Ce n'est pas le maire ou le président de région ou le député qui fait tout le travail tout seul ?!?

Bon, apparemment, tout ça, c'est une plaisanterie (c'est lui qui le dit). C'est vrai qu'on se marre pas mal en ce moment. Et sinon, la loi-travail que la droite voterait bien telle quelle, elle donne combien de boulots aux salariés si des fois qu'ils venaient à en perdre un ? Allô ? M. Estrosi ?

A partir d'1 h 45' 27"

Posté par Gouinette à 19:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 février 2016

"Il faut voir comme on nous parle"*

Et comme on nous prend pour des truffes. C'est épuisant je vous jure.

Je suis allée faire des courses. Des achats, des emplettes. Des trucs super importants de type yaourt, pâtes et serviettes hygiéniques. De la protection quotidienne pour fin de cycle, pour être précise. T'inquiètes, jeune padawan débutant dans les termes techniques de la vie interne d'un slip de femme, les photos arrivent.

D'un naturel peu aventureux, je prends toujours le même produit de la même marque. Suite à la baisse de la "taxe tampon" fin 2015, je fais de la récolte de prix (même produit, même magasin) pour voir si ça descend. Passer de 20% à 5% de TVA, cela ne devrait pas passer inaperçu… sauf que mon dernier achat datait d'avant la baisse et donc, je n'avais pas noté le prix, mais bon ! Quoiqu'il en soit, baisser la taxe n'est qu'un premier pas. Écraser les phalanges des fabricants dans un casse-noix pour leur apprendre la vie en est un autre.

Voici les photos du délit de sale con

IMG_5682

A droite, l'ancien, à gauche, le nouveau

Tu remarqueras la petite étiquette "New" qui dit que le produit est nouveau. Le nouveau n'étant plus nouveau, l'étiquette a disparu ainsi que la traduction en français de "Big pack". Entre temps, on a appris l'anglais. Braves fifilles. Autre modification, le gros cadenas supposé représenter la "protection" (ou la serrure de la ceinture de chasteté, j'hésite) a disparu. Le joli nœud rose en haut à droite est conservé. C'est un produit pour fille.

Après le recto, voyons le… côto.

IMG_5681

A droite, l'ancien, à gauche, le nouveau

Le fabricant a taillé dans le nombre de modèles. Il a même viré les épaisseurs des protections. Faut vous dire, Monsieur, qu'on s'en foutait un brin. Enfin, moi. J'ai pas vraiment de problème de coefficient de pénétration dans l'air de mon slip. Je préférerais savoir avec quoi c'est fabriqué. Mais ça, y'a pas. Quant au site beinggirl.eu (le coin des filles en français) conçu pour les toutes jeunes débutantes en règles, il a disparu. Toujours en ligne, il contient des conseils à la con et fait du placement de produit pour se concocter une clientèle fidèle. Pas mis à jour depuis 2015.
A remarquer également, le slogan est en anglais, français et en grec. Réjouissons-nous, cela doit signifier que la situation économique a dû s'améliorer là-bas et que les femmes peuvent enfin accéder à la protection périodique.

Sinon, pour le produit en lui-même, la différence saute aux yeux…

IMG_5680

Ou pas

 

*"Foule sentimentale" Alain Souchon

Posté par Gouinette à 18:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


13 décembre 2015

Pour le geste

Parfois, j'aimerais fumer. Ni pour le goût, ni pour l'odeur. Fumer tue. Fumer pue. Pour le geste. Pour laisser mes tristesses partir en fumée. Pour les écraser et les jeter à la poubelle.

Il est 22h38 ce vendredi soir-là quand je reçois un message d'un ami. "Ça va ? T'es chez toi ?". Je suis en train de me brosser les dents. Je rigole en pensant "Où veux-tu que je sois ? Je suis d'astreinte à domicile pour notre chère administration !". Je réponds "Oui". Lui "Cool ! Bisous". Je réponds "Bisous". Je vais me coucher.

Il est 23h04 ce vendredi soir-là quand je reçois un SMS d'une amie : "Tout va bien pour toi ? Je viens de voir à la télé les attentats à Paris". Je réponds "Quels attentats ? Je dormais. Ça va."

Après, à peine le temps de consulter les réseaux sociaux, de faire le tour des amis "Quand tu as ce message, tu réponds. Qq soit l'heure", à peine le temps de réaliser, je commence à travailler.

Le lendemain matin, après quelques heures de mauvais sommeil, je me lève pour constater que dans la cour de mon immeuble, les moineaux se poursuivent en piaillant comme des forcenés. Ils font beaucoup de bruit. Là, j'aimerais me poser à la fenêtre et m'en griller une. Souffler hors de mon corps ces cristaux d'angoisse qui se sont déposés entre mon cœur et ma gorge.

Dimanche matin, je sors enfin. J'achète de la junk food. Celle qui réconforte et doit aussi, certainement tuer des ours blancs. Pardon les ours. Il fait très beau à Paris ce dimanche matin-là. C'est incroyable qu'il puisse faire encore beau, qu'il puisse faire encore jour.

La vie a hoqueté quelques jours. Je suis allée boire des verres en terrasse. Un par un. Je ne bois pas beaucoup. Ce n'était pas de la résistance, juste envie d'être dehors. Et puis il a fait froid. Alors j'ai bu à l'intérieur pour ne pas choper la mort. Si, si, bien sûr que c'est drôle.

terrasse serveur

 

Comme je ne fume pas, j'allume une bougie. Je gratte l'allumette puis je souffle la flamme et je la jette à la poubelle.

Posté par Gouinette à 14:40 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

25 octobre 2015

"La publicité à la télévision, ça s'adresse uniquement aux débiles mentaux" - Coluche

Encore que…

Je ne l'ai pas remarqué tout de suite. Il a fallu que je vois 3 fois la publicité pour la Citroën C4 pour percuter. Littéralement. J'ai été frappée. Comme si je me prenais une claque derrière la tête. Celle qu'ont reçu certains élèves peu attentifs en d'autres temps. 

Pour ceux qui n'auraient pas la télé ou bloquent leur cerveau pendant les pubs, le message met en scène un couple qui part en vacances en voiture. Lorsque les portières claquent, clac ! Le paysage a changé. Soleil et plage. Étonnés, ils redescendent immédiatement. Trop qu'elle est bien la caisse qu'ils n'ont pas vu passer le temps. Ils n'ont pas fait le plein, sont pas allés pisser, n'ont pas vu de bouchons, de péages, de boulets, de "fallait prendre à gauche bordel". Rien, que dalle.

Comme on sait que la pub, c'est quand même du gros bourrage de mou de cerveau disponible, ce n'est pas ça qui m'a interpellée (hep ! Toi là-bas !). Ce n'est pas non plus que le couple soit blanc (m'en fous, je suis blanche) ou hétéro (j'ai habitude que personne ne me parle et je préfère que ce ne soit pas pour me vendre une bagnole). Nan, nan. Ce qui a fait clic quand les portières ont fait clac, c'est que c'est le mec qui est au volant. Au départ et à l'arrivée. Pas d'enfant à allaiter sur la banquette arrière, aucune raison pour que madame s'assoit ailleurs que derrière le volant. Sauf une bonne grosse dose de sexisme intégré. 

Sois blanc, hétéro laisse conduire papa.

Posté par Gouinette à 12:18 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

03 octobre 2015

Ecris-moi… ou pas

Je ne sais pas si vous avez des adresses courriel professionnelles. En général, le service informatique fait en sorte d'observer une certaine logique dans leur appellation. Surtout pour les boîtes génériques des services. Les adresses personnelles, c'est facile : prénom + nom, initiale prénom + nom.
Exemple : lapin.cretin@chezlescons.help

Pour les services, même logique. Ton bureau s'occupe de ratatouille ; l'adresse est ratatouille.boite@jaifaim.com. On peut reprocher bien des choses aux services informatiques (comme essayer de nous noyer sous des termes techniques alors qu'ils se sont juste pris les pieds dans les câbles et ont débranché l'alimentation du serveur) mais pas de manquer de logique. Surtout quand ils t'ont demandé comment tu voulais nommer le courriel du service.
"Allô ? Le service Ratatouille ? On l'appelle comment votre boîte ?
- Voyons voir… On s'occupe de ratatouille… sur le web… Hum… web.ratatouille ?
- Roooh… Oueb, vous l'écrivez comment ?"

C'est pas gentil de me moquer, je sais. Mais ils n'avaient qu'à pas commencer aussi.

Ayant récemment lancé une récolte de documents sur la ratatouille dans notre service, nous hésitâmes un instant entre les courriels web.ratatouille et web.cassoulet puis optâmes pour la 1ère (parce qu'on n'est pas que débiles non plus). Ce qui fut officialisé par 2 messages issus de nos chefs à quelques minutes d'intervalle. Bon, sachant le nombre de questions restant sans réponse au quotidien, avoir 2 fois la même réponse de 2 personnes différentes, c'est champagne hein ! Dans le 1er message, l'adresse était complète :  web.ratatouille@lescons.com. Dans le 2ème, elle était évoquée de manière plus désinvolte "la boîte web ratatouille".

Surgit alors "Belle journée" dans l'encadrement de ma porte : "C'est les mêmes boîtes, web.ratatouille et la boîte web ratatouille ? C'est juste un mauvais timing ?
- Un mauvais timing ?
- Oui, c'est pareil ? Ils ne se sont pas entendus pour l'envoi ?"

Ma tête

En vous la souhaitant courte… parce que les plus courtes, sont les meilleures.

Posté par Gouinette à 21:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

29 septembre 2015

Cordialement

L'expression "Belle journée" m'horripile à un point… Encore que le fait d'utiliser le verbe "horripiler" (mettre dans un état d'énervement extrême) suffise à donner une idée de mon état d'agacement, je tiens à souligner que, vraiment, ça me hérisse. Les poils soyeux de mon corps svelte, mes cheveux certes courts mais brillants se dressent (horripilation donc) à la lecture ou à l'écoute de cette expression. C'est physique, instinctif, animal. Ne jamais souhaiter une "belle journée" à un rottweiler sous peine de finir dépecé… Parlez pas aux rottweilers en général. Ou de loin. Et de haut. Avec une arme chargée. Bref !

L'on m'a récemment appris que c'était couramment utilisé en Belgique. Je veux bien admettre la possibilité d'une pratique idiomatique ou culturelle dans certaines lointaines contrées (surtout des qui font de la bière et des frites). Toutefois, et mon expérience professionnelle personnelle l'a prouvé à maintes reprises… 3 fois… il n'y a que des psychopathes qui utilisent cette simili-démonstration d'empathie temporelle. On ne me la fait pas ! Hé ! Ho !

Souhaiter une "bonne" journée, c'est poli ou gentil selon que c'est sincère ou pas. Mais une "belle" journée ? Par exemple, ma formule de politesse de base dans les mails, c'est "cordialement". "Des bisous" si on est intime. "Putain, faites chier" si c'est le service de maintenance de la porte automatique. Et puis d'abord, c'est quoi une belle par rapport à une bonne, hum ? Quand ça se passe mal, on dit que la journée a été mauvaise ou de merde mais pas laide. "Roooh, j'ai eu une journée laide !", "Trop moche mon jour !" C'est pas grave trop chelou c't'affaire ?
Jusqu'à présent, les exemples de psychopathes de la "belle" journée à qui j'ai eu affaire sont une journaliste radio (mais c'est pas grave, je peux éteindre) et 2 autres dans l'environnement professionnel. Pas le moindre Belge dans le tas.

Je vais appeler le 1er spécimen le Dragon. Fort heureusement à la retraite, je n'ai jamais eu d'interactions que par mail et non au quotidien sur des sujets techniques et néanmoins informatiques. Un jour, je reçois un message d'un collègue du nouveau service dans lequel le Dragon travaillait m'indiquant son impossibilité soudaine à se connecter à sa session informatique d'un truc qui faut pas dire ce que c'est (le mot de passe, c'est Passweurd). Dragon Ball Z lui avait changé ses codes ! Ben, le cracheur de feu signait ses mails d'un "Belle journée". La gueule des 8 heures de boulot avec un boulet pareil entre les pattes !

Je n'ai pas encore trouvé de surnom au 2ème spécimen. Mais ça va pas tarder. Ses aventures suivront rapidement dans ces pages. Sa signature, c'est "Une belle journée", au cas où tu croirais pouvoir en avoir 2 d'affilée…

En vous la souhaitant bonne !

Posté par Gouinette à 21:21 - Commentaires [4] - Permalien [#]

27 septembre 2015

The progression of your age

En vieillissant ou en se faisant plus sage (pour ne pas m'être trop désagréable et me mentir effrontément, 2ème effet kisscool), les yeux vous jouent des tours. La vue de loin devient étonnamment précise alors que le proche est plus difficile à percevoir. Je vois dorénavant le grain de la pierre des immeubles. Je lis (à mon grand regret) le menu suspendu de la cantine (avant de filer direct aux grillades, c'est donc parfaitement inutile, mais bon !). 
C'est une étrange métaphore physiologique de la vie. Car avec l'âge vient la presbytie et donc la possibilité de mieux voir de loin. Le recul, l'expérience. Ce truc qui, y'a pas à chier, te sert plus que toutes tes années d'école, tous les tutoriels vidéos de YouTube et tous les livres du rayon "Bien-être et développement personnel" de ta librairie préférée. Non pas que tous les vieux soient sages (cf. l'œuvre de Brassens "quand on est con, on est con", j'ai des noms !). Non pas que l'expérience justifie tout ou soit la solution à tout. Mais pas plus que la jeunesse ou les "j'étais pas né-e". A bien y réfléchir, nous n'avons que peu de circonstances atténuantes dans la vie.

Bref, tout ça pour dire qu'en dehors de l'acquisition de verres progressifs (à prix d'or ! Faut vendre un rein pour y voir) l'actualité nationale et migrante m'a soudain propulsée dans mon passé familial. Je ne sais plus si je vous l'ai déjà dit mais je n'ai pas une goutte de sang français dans les veines. Si tant est que le sang ait quelque chose à y voir. Rien, que dalle, nada, comme on dit là d'où je viens (mon ADN). Un pays en guerre civile (la Syrie, l'Afghanistan, etc.). Une population coincée entre un dictateur sanguinaire et des fous de dieu tout aussi frappadingues. Ils fuient pour sauver leur peau.
En février 1939, mon grand-père, combattant républicain espagnol, passe les Pyrénées et se retrouve au camp d'Argelès à bouffer du sable. Avec lui 500 000 Espagnols. Ils fuient un dictateur sanguinaire soutenu par une église extrêmement catholique. Pas 24 000 réfugiés. 500 000 ! Jusqu'au début de la guerre (mondiale celle-là), ils seront répartis sur le territoire, les familles parfois séparées, accueillis avec bonne volonté ou considérés comme des métèques, des rouges, des "kikivapayer". Des femmes, des enfants, des hommes. Quand la Pologne est envahie, des Belges, des Polonais, des Français du ch'Nord seront accueillis là d'où je viens (ma terre). L'administration pousse les Espagnols à retourner chez eux. Parmi les Français de souche, il y a ceux qui accueillent, refusent de renvoyer des humains à une mort certaine outre-Pyrénées et les autres qui hurlent avec les loups.
Comme on peut le lire sur le site du musée de l'immigration : "Rongée par la crise économique, en proie aux sentiments xénophobes, repliée sur elle-même, la société française offre aux réfugiés un accueil plus que mitigé." 

L'histoire ne se répète jamais. Mais nous avons une fâcheuse manie à la bégayer.

Posté par Gouinette à 12:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]