Gouinette parle trop

25 août 2016

Suivre la bonne (Des)pente(s)

Pourtant je ne l'ai pas suivie dans le bon sens la Despentes. "Bon" sens qui serait l'ordre chronologique de sortie de ses livres. C'est un peu plus foutraque que ça.
Mes premiers souvenirs d'elle datent de "Baise-moi" le film tiré (si tu ris, tu sors) de "Baise-moi" le livre (je t'ai à l'œil !). Le scandale qui a entouré sa sortie, scandale soulevé par des catholiques nom: non radicalisés contestant son interdiction aux moins de 16 ans pour pousser le ministère de la Culture à l'interdire aux moins de 18 ans. Cela entraînait dans la pratique l'arrêt de sa diffusion car (attation, rappel historique) le seul classement -18 est le classement X (pornographie) qui interdit la diffusion dans les salles habituelles et oblige à utiliser le réseau des cinémas pornos qui venait d'être trucidé par les vidéoclubs qui mouriront assassinés par l'internet électronique (ta mère. Prem's !). Mais revenons à "Baise-moi" (ça me manque). Pas vu le film ni lu le livre à l'époque. Ce que j'ai lu d'elle en premier sont sans doute les chroniques, coups de gueule parus dans la presse et des entretiens télé ou radio.

Elle a continué à publier et j'ai consciencieusement ignoré toutes ses œuvres même si j'étais toujours ravie de lire ses chroniques d'opinion. Un jour, je me suis enfin décidée à… aller voir un film, "Bye Bye Blondie" (un roman), dont je suis sortie… bouarf… déçue et avec une détestation augmentée de la chirurgie esthétique. Je me disais bien qu'un jour il faudrait que je la lise sauf que j'avais toujours piscine ou poney mais de motivation, nulle trace. Puis vint… une pièce de théâtre. Elle a écrit pour le théâtre ? Non, je ne crois pas. Mais le théâtre (avec un long ââââââ) s'est emparé de "King Kong Théorie" (un essai) en 2014. France Inter a dû me refourguer l'information. Et je me suis de nouveau laissée glisser sur la (Des)pente(s).

Crochet au menton, direct au foie, je me suis pris son essai en pleine poire. KO debout ? Bien au contraire, remise debout. Soulevée de terre. Portée à bout de ses bras par son style, sa langue (oh oui, sa langue…). Drôle, dure. Pas forcément d'accord avec toutes ses positions mais furieusement, rageusement heureuse de sortir à grands pas de la salle (pour y revenir une 2ème fois, quand j'aime, j'y retourne) en sentant encore le texte (porté par des comédiennes fantastiques) résonner en moi et aller chercher des noises à tous mes complexes. Ce fut donc le premier texte que je lus d'elle. Et je crois que c'est une chance que ma fainéantise de lectrice ait retardé l'accès à ses livres jusqu'à ce moment-là de ma vie. Jusqu'à cet âge-là. Jusqu'à cette année de merde-là. Et je me suis arrêtée là. Rien lu d'autre. Suivi la sortie de ses romans de loin en loin. Dans ma radio. Il faut être prête pour certains auteurs.
Par exemple, il faut lire "Les 3 Mousquetaires" enfant. Avant que ton féminisme ne se développe pour constater que D'Artagnan est plus proche du harcèlement sexuel que d'un exercice de séduction de Constance Bonacieux. En fait, les filles, ne lisez pas ce roman. Faites de l'escrime, du cravmaga, enfin quelque chose qui développe votre puissance physique et mentale comme… le crâne ancestral (les moins de 20 ans, tout ça…). Je cesse ici (impératrice) ma digression. 

Après King Kong, je n'ai rien lu d'autre. Admiratrice de loin, n'osant pas me lancer. Ou pas encore à point pour ça. Oui c'est très con. L'histoire de ma vie. Mais 22 016 vint 2016 et la ressortie en poche de tous ses livres. Tombant dessus alors que j'errais dans LA librairie homo "Les mots à la bouche", je ne sais ce qui m'a pris mais j'ai acheté Vernon Subutex. Révélation. Miracle. Bordel de bordel, pourquoi personne n'a crié au génie ? Pourquoi personne ne m'a prévenue ? Pourquoi le vieux du Figaro tient plus de place qu'elle quand elle sort un roman ou un essai ou ses poubelles ? Pourquoi ce n'est pas au programme de français du bac ? Distribué gratuitement dans toutes les Alliances et Instituts français du monde ? Après les deux tomes de Subutex, j'ai lu "Apocalypse Bébé" le livre précédent la mini-saga et succédant à "King Kong Théorie". Chronologie foutoir. J'ai dévoré. J'ai lu comme jamais. J'ai pleuré de rire dans le métro, raté ma station. De l'air enfin ! De la vie dans les livres ! Alors j'ai fait la razzia sur tous les autres. Fringale, manque. Et je pouvais enfin lire "Baise-moi". Commencer par le commencement. Zig-zag, un pas en avant, un pas sur le côté, retour à la case départ. J'ai aimé "Baise-moi", dur, violent et pourtant j'ai ri. Parce qu'il y a une force vitale là-dedans. Puissant. Nourrissant. Poussez-vous, j'aime !

Au fait, je vous ai dit qu'il ne faut jamais hésiter à suivre sa (Des)pente(s) ?

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23 août 2016

Ca, c'est du vol.

Je suis assise dans les fauteuils devant la porte d'embarquement. J'ouvre le paquet de sucreries à la graisse de porc, aux goûts divers et industriels et néanmoins allemandes. Le bus était à l'heure, le RER était fonctionnel, il y a de la place sur les banquettes. Je suis au bord du Champagne. Heureusement, devant tant de bonheurs réunis, 3 voyageuses viennent se coller à mon siège au lieu d'aller s'étaler plus loin. Je rêvasse en mâchouillant mon futur cancer de l'estomac. L'avion ne sera pas plein. Joie. Oui, je déteste cordialement mes congénères. Mais avec douceur dans ce monde de brutes. Soudain, le sonal d'une annonce vocale retentit dans le terminal.

"Appel pour le vol vers Milan (1000 ! Fouya, c'est long… tadaaaah). Mesdames, messieurs, rapport à ce qu'on essaie de vous piquer de l'argent quand vous mettez une valise en soute, vous faites dorénavant preuve de tant d'ingéniosité que vous arrivez à tasser des affaires pour 1 semaine de séjour dans une valise cabine. C'est vrai qu'on n'a pas pensé que vous pouviez être malins.
'Bah chéri, ne prends pas ton rasoir ni ta crème, on achètera au Lideul sur place. Pense au prix de la soute.'
On s'est cru malins. OK, on a perdu. La soute est quasiment vide mais les coffres à bagages de la cabine risquent d'exploser. Ca va virer à la foire d'empoigne et au bordel généralisé. Que ne géreront pas nos PNC étant donné qu'on les sous-paye rageusement. Et je vous en passe et des meilleures sur l'alcoolimse avéré du pilote et les WC bouchés. Mais bon !

Pour les volontaires, la compagnie offre le bagage en soute ET le passage en "c'est moi qui étais le prem's" à l'embarquement. Aidez-nous les pauvres !"

 

 

ps: j'ai très vaguement réinterprété le message original. Très vaguement. Tu me connais !

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18 août 2016

Du poil incarné et de son impact sur la marche du monde

Ou comment le battement d'aile de papillon velu provoque des pluies acides en Moldo-Valachie. Comment ? C'est n'importe quoi ? Mais clairement ! Toutefois je souhaitais témoigner du fait que c'est l'incarnation du poil (du mal ?) qui a commencé, pas moi. D'ailleurs en bonne loutre des Pyrénées, je constate que dans le pays de mon ADN, ce prénom est fortement usité non pas pour des raisons bassement religieuses mais parce que la pilosité méditerranéenne brune et exubérante entraîne systématiquement l'incarnation dès qu'une tentative de massacre au rasoir, à la cire ou à l'agent orange est tentée. Et nos racines catholiques ferment ce cercle vicieux : mea culpa, mea maxima culpa et s'appellerio Quez Encarnación.

Jeune padawan à la peau encore imberbe !… Qu'est-ce tu lis ce blog ? Dans ta chambre sale jeune ! Les autres ! Il est temps de lancer une riposte contre le grand complot mondial qui brise tant de folicules pileux : la haine du poêle poil ! On ne cesse de nous les briser menu avec le racisme ceci, l'islamophobie cela. Tandis qu'au sein même des médias libres et indépendants (naaan j'déconne, lémédia quoi), la phanérophobie est partout ! Le poil n'est pas une maladie ! Le poil n'est pas un ennemi. Mais combien de marins… Nan. Combien de poissons morts en ingurgitant les billes plastiques contenues dans les produits de gommage de peau ? Combien d'abeilles exploitées pour préparer la cire de l'épilation ? Combien d'arbres abattus pour fabriquer un rasoir ? Faut plus qu'il y en ait un qui dépasse. Problème, le poil est résistant et si on l'empêche d'exprimer toute sa personnalité à l'air libre, IL CREUSE !

Bah oui ! Il ne va pas se laisser abattre ! Ou couper ou arracher sans réagir tel un veau aux yeux brillants et aux longs cils qu'on mènerait à l'abattoir. Il devient l'incarnation d'un Jean Moulin de l'épiderme.
Entre ici, Fol Icule, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les pores sans avoir poussé, comme toi — et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant poussé mais vers le dedans. Avec tous les rayés et tous les tondus des tickets de métro pubiens, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Cire et Rasoir, enfin tombé sous les lasers.

Lady Gaga, Kim Kardashian, François Hollande, laissez-vous pousser les poils ! J'ai un groupe de maquisards dans le slip ! Bientôt j'aurai des ovaires à poils longs ! J'en peux plus de me gommer l'entrejambe à la paille de fer. ÇA PIQUE BORDEL !

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16 août 2016

De mère en fille depuis… pfiou !

Longtemps je me suis couchée de bonne heure pour lire des livres. Que dis-je, j'ai essayé de lire ce livre. J'ai commencé 4 fois "Du côté de chez Swann" pendant mes vacances chez manman. Quelqu'un pourrait-il me dire si Proust sort de son lit et de la description de ses érections nocturnes pour raconter une histoire ou si je dois me remettre Dave en boucle ?! D'avance merci pour vos indications.

Non, je ne me suis pas ennuyée chez ma mère au point de commencer "A la recherche du temps perdu". J'ai profité du beau temps pour lire à l'ombre des jeunes filles du cerisier (cf post précédent) et me suis retrouvée à court de lectures assez rapidement. Et ce, malgré les interruptions taillage de haie, déchetterie, supermarché, marché, déchetterie, cimetière, déchetterie, marché. J'ai profité de nos passages dans ces lieux à forte concentration humaine (oui, même le cimetière… même s'ils sont moins causants) pour constater que j'avais hérité d'un trait de caractère maternel alors que génétiquement, je viens plutôt du côté paternel (myopie et moustache incluses, merci papa !). Je ne sais d'ailleurs s'il s'agit d'un trait de caractère ou de sous-culture que j'aurais reproduite en imitant ma génitrice. Auquel cas, j'aurais mieux fait de la regarder cuisiner ou ses seins… nan, ça c'est chelou… Mais quoiqu'il en soit de l'inné et de l'acquis, nous pratiquons toutes les deux le "Bonjour… connard", le bonjour étant sonore et la suite pensée. Encore que parfois les deux soient audibles. Je pense même qu'un de ces jours, seul le second le sera et que j'aurai des problèmes en même temps qu'un sentiment de soulagement intense.

Par exemple, au boulot, il y a un connard à qui j'applique cette technique. Attention, je ne dis pas qu'un seul connard hante nos couloirs mais disons que celui-ci a fait des efforts particulièrement remarquables et spécifiques dans la construction de sa connerie qui le rend assez singulier dans le petit échantillon d'abrutis à ma disposition. En effet, il réussit à être une brêle professionnelle, sexiste ET fan de la Manif pour Tous. Dans le genre cumulard, je crois que nous pouvons dire que nous avons là un beau spécimen de champion. Pour couronner le tout, il est visqueux de suce-boulerie. Le parfait connard. Mais je m'égare (de l'Est). Revenons à mon sujet (27*) : ma mère et sa déclinaison de cette technique.

Nous déambulions dans le marché hebdomadaire de ma ville natale de Nulle-Part-sur-Rien. Plus exactement, je me retenais de me tailler un chemin au milieu des vieux à coups de machette. Car à quel moment, bon dieu, alors qu'ils discutent à 4 (sans compter les déambulateurs) au centre du passage, l'information "VOUS BLOQUEZ TOUT LE MONDE ! DÉGAGEZ BANDE DE VIOQUES ! ALLEZ CREVER AILLEURS !" parvient-elle à choper un neurone survivant ? Jamais. Et il se trouve que le stand "blouses de cuisine" m'intéresse assez peu comme le fait de stationner devant la rôtisserie alors que le thermomètre frôle les 29°. La technique du "Bonjour… connard" tournait à fond dans ma tête sans la première partie lorsque mère s'écria tout à coup :
"Ah !
- Quoi ? (ouiii, j'ai un sens inné du dialogue)
- Heurrreusement que Magrrrandecopine n'est pas là !
- Pourquoi ? (je dois préciser que j'étais en état d'alerte maximale et que mes yeux balayaient la foule tel un radar pour repérer l'ennemi. J'avais la main sur mon couteau suisse prête à massacrer tout assaillant éventuel)
- La dame là-bas, c'est la sœurrr de Grrrandecopine à Magrrrandecopine et elles disent toujourrrs du mal d'elle.
(bon, tant pis pour Massacre à la tronçonneuse, alors… je m'ennuiiiiiiie)
- Ah bah, c'est gai.
- Oui… enfin elle est conne aussi…"

La prochaine fois, je vous entretiendrai des poils incarnés.

 

 

*je fais autant de jeux de mots pourris que je veux. Je suis chez moi.

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15 août 2016

Exclusivité !

La rue où vit ma mère est quelque peu vieillissante. Aussi tout-e nouvel-le habitant-e est fêté comme le messie (mais non, ouiii, je suis déjà dehors). Récemment sont arrivés une femme et ses deux enfants dans une maison du trottoir d'en face aussitôt accueillis par Voisine-zine (surnommée Grandes Oreilles ou NSA). Interrogeant les nouveaux venus, leur entourage et consultant leur casier judiciaire, elle découvre que les enfants sont issus de deux pères différents. Info en poche, elle se précipite (comme on se précipite à 90 ans) vers notre Voi-voisine directe pour lui répéter et cette dernière ne perd pas un instant pour en informer ma mère. Pour géolocaliser l'action, la maison du drame (PQR staïle) est visible depuis la cuisine maternelle.

En vacances quelques jours chez ma génitrice, je prends un café-BN-pepito dans l'après-midi et dans une tasse pour me remettre d'une sieste à l'ombre du cerisier lorsque ma mère me raconte tout et ajoute : "C'est bizarrrrre quand même…". Je sens le scoop, l'exclu-coco et demande : "qu'est-ce qui est bizarre ?". Et elle raconte. Un matin, ma mère voit sortir la femme accompagnée d'un homme grisonnant. Ils s'embrassent. Beaucoup, beaucoup précise ma mère, manière de dire qu'ils se roulent des pelles. Puis ils montent dans leurs voitures et partent travailler. Quelques temps plus tard, un dimanche soir, tandis qu'elle discute avec Voi-voisine, arrivent la femme, les enfants et un homme jeune, chargés de sacs de week-end et rentrent chez eux. Étonnée mais n'en montrant rien, elle demande à Voi-voisine "le marrrri, il est ploutôt jeune ou vieux ?". Jeune répond l'autre.

À l'issue de ce récit passionnant et de 3 pepitos, ma mère me regarde, le sourcil relevé (signe de galère en vue) et demande : "C'est quoi ça ? Le vieux là ?". Je sors deux petites rames mentales.

"Elle est amoureuse du vieux.
- Mais elle est avec l'autrrre !
- Parce qu'elle est aussi amoureuse de lui ?…
- DEUX !?! Et ben…"

Ce à quoi je réponds vaillamment "bah euuuuh… oui ?". Comment j'ai expliqué la non-exclusivité à ma mère.

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13 août 2016

Fesse qui te plaît

Quand tu récupères un magazine dit féminin (car tu n'es pas dingue, tu ne l'achètes pas) dont le titre commence par "El", il ne faut pas, jamais, en aucun cas ni sous le moindre prétexte le lire seul-e. Au mieux, les 2 premières lignes du premier article de fond (celui qu'on touche), p 50 (après les pubs, les publi-reportages et la réclame), te font péter un câble et tu fais un carnage à la machette à la rédaction du journal. Au pire, tu lis tout… Mais en fait, personne n'est jamais revenu témoigner de son expérience. Des sources croisées attestent de l'impossibilité de ce phénomène.

Le magazine féminin se lit donc à plusieurs et après quelques bières. Encore qu'utiliser le verbe lire dans le cas qui nous préoccupe peut paraître présomptueux car il y a beaucoup de photos (en dehors de celles qui accompagnent les messages à caractère commercial). Des photos de femmes à moitié nues, de leurs seins et/ou de leur cul. C'est bien simple, on se croirait dans un magazine dit masculin tellement ça foisonne de clichés sexistes. BREF !

Le thème du numéro qui nous intéresse… qu'on avait sous la main ? S'occuper de notre cul. Littéralement. Pour nous aider dans cette tâche titanesque, des mannequins nous conseillent et refilent leurs petits trucs : la génétique, le régime sans tout, 4 heures de sport par jour, de la cocaïne le soir et un bon chirurgien. À la portée de tout un chaque cul (ouiiii, je sors)… Une fois obtenu le postérieur parfait, tu peux enfin acheter le maillot de bain "Alerte à Malibu" de tes rêves pour aller à Paris plage en vendant ton dernier rein. Que demande la pauvresse si ce n'est que le "qui commence par El" lui ouvre le paradis sur terre : être attirante sans faire pute pour son homme. Car qui dit magazine féminin dit torchon heu… journal hétérosexuel. Le seul moment où une non-hétéro trouve sa place entre ces pages, c'est à la chronique "C'est mon histoire" pour expliquer que le plan à trois (2 femmes et 1 homme), c'est bien. Pour les autres options de mixité, on ne sait pas. On la trouvera aussi dans le dossier "j'aurais préféré que mon fils soit homo plutôt que ma fille, j'ai besoin de refaire ma déco pas de faire la vidange de la Kangoo".

4 bières et 66 pages plus tard… "Hey ! Y'a un test-à-la-con sur les fesses ! Fais péter un crayon !
- Je ne joue pas moi, je suis un garçon.
- Et alors ? Tu crois peut-être que je sais ce qu'est un slim push-up ? Tu joues. Je ne serai pas la seule à me faire humilier."

Suivent 15 questions et 4 propositions de réponses auxquelles correspondent 4 symboles. A l'issue de cette étude diablement scientifique, nous compterons nos carrés, nos ronds, nos étoiles et nos triangles et la majorité nous dira si notre fesse est snob, folle, dure ou molle. Avoue que ça valait le coup de s'y mettre. Qui a pris mes cacahuètes ?

1ère question : "la dernière fois que vous avez mis un string, vous vous êtes sentie (ah bah le mâle est éjecté d'office)
- en guerre
- sexy
- normale
- cagole"…

Personnellement, je me suis surtout sentie pas épilée mais bon… 

L'autre intérêt à faire ces tests à plusieurs (ne me demande pas quel est le 1er intérêt… ah si ! Justifier son alcoolisme), c'est de découvrir des faces méconnues de ses ami-e-s. Comme il n'y a jamais ta réponse, il faut procéder par élimination et intervient à ce moment-là TA logique… et c'est parfois flippant.

"En juin, quand vous avez choisi votre maillot, vous avez pensé
- le tanga fait la fesse plus ronde (
c'est pas du jus d'orange ?)
- celui de l'année dernière était très bien (
prem's)
- qu'il fallait encore faire de la gym (
mon dieu)
- tous les maillots sont chauds (
surtout les en laine)"

"Tu peux répéter les réponses ?" demande mon amie. Je m'exécute.
"Ooh c'est nul les réponses !
- Oui c'est un test-à-la-con.
- Je dirais bien la 2 mais j'en ai acheté un cette année. La 1 alors.
- Tu as acheté un tanga ?
- Non."
Mais ?…

Allez, j'abrège ta souffrance et je file directement aux résultats.  On ne va pas s'attarder sur les questions les plus intéressantes, il n'y en avait pas. Et je sais, je sens que tu vibres à l'idée de connaître le profil de mon cul.

Voici donc les 4 profils-type :
Fesse snob : "Le power passe par le postérieur […] il y aura toujours l'hiver pour penser, l'été, c'est fait pour danser." = CAGOLE
Fesse folle (Marianne, jeu de mots ©Stéph) : "Comment vous résister […] Le bas de votre dos est un bout de tout […] On a envie de vous croquer." = CHAUDASSE
Fesse dure : "[…] Ça chauffe au dehors, c'est froid au dedans. […] Avec ce corps d'avion de chasse, ce serait dommage de ne pas décoller plus loin" = FRIGIDE
Fesse molle : "[…] Sortez la Sophia Loren qui est en vous […] Allez, on se prend en main ! Et on se découvre." = TIMIDE ou GROSSE ou LES DEUX

J'ai compté et recompté les points de tout le monde. Bonne nouvelle, il n'y a pas de cagole dans mes proches. De la molle, de la folle et moi… Mes 2 fesses sont arrivées ex-æquo. Ce qui n'a rien d'illogique en soi mais qui pose problème pour trouver mon profil puisque mon cul balance entre 2 chaises. Je suis une chaudasse frigide. Pratique. Je vous laisse, je vais appeler ma psy.

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Hygiène du mot de passe

Le mot de passe de nos différents comptes (mails, réseaux sociaux, impôts, banque, vendeur de livres, vendeur de larmes, médias, porno, etc.) doivent être régulièrement modifiés et suivre des règles de sécurité dans leur composition afin de rendre plus difficile leur décryptage. Cela rend surtout leur mémorisation compliquée mais il existe des coffres-forts virtuels où tous les ranger. Coffre-fort dont l'accès est gardé par un fidèle mot de passe.

motdepasse

J'y ajoute une logique dans sa composition qui me permet de m'en souvenir. Par exemple, je décide que la 1ère lettre est toujours en majuscule mais le 1er caractère n'est pas forcément une lettre. Je remplace les voyelles par des chiffres sauf quand je mets un signe de ponctuation que j'utilise si je ne veux pas doubler un chiffre sauf que des fois, ça me gave alors je fais autrement. Autant dire que si je ne me connecte pas deux jours de suite, je l'oublie. Mais ce n'est pas grave. Car il y a le lien "mot de passe oublié" qui en général envoie un mail pour que je me reconnecte… à une boîte dont j'ai aussi oublié l'accès et re-mot-de-passe-oublié qui renvoie un mail à une boîte de secours dont j'avais oublié jusqu'à l'existence, et 10 qui font 100.

Alors j'ai un peu écrit pendant mes vacances mais ça ne se voit que sur mon carnet papier. Et pardon pour le retard à la validation des commentaires.

C0rd14l3m3n!

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15 juillet 2016

Ils sont venus ; ils sont tous là.

La famille. Belle invention, tiens. Suis-je ironique ? Oui. Non. Ça dépend. Ça me dépasse. La famille me déborde et me recentre. Elle fait écho. C'est tout en creux, ça résonne là-dedans. C'est si plein. Je me tiens éloignée de la mienne, décalée, par choix et parce que la vie en a aussi décidé ainsi. Les retrouvailles sont d'autant plus agréables et je ne me sens jamais aussi éloignée d'eux que lorsque je suis trop près. Ma sœur et mon beauf ont fait une fête. Il y avait tous leurs amis et un peu de nous. Les festivités autour d'un cochon grillé et d'une fontaine à rosé étaient animées par quelques ami-e-s à base de jeux de mariage. Et là, je dis STOP. Se faire humilier devant ses proches et des inconnu-e-s n'est pas drôle. Sérieux, ça vient d'où cette tradition ? Si vous n'aimez pas les gens, foutez-leur la paix !

Une dame agite un panda en peluche et énonce la règle du jeu : "regardez comme il est mignon ! (s'tu veux morue ?) Tout le monde doit l'embrasser, quelque part sur son corps. Où vous voulez. Mais rappelez-vous bien où !"
J'en ai entendu brailler "DTC" ! Oui, mais non ! Justement pas là ! Vous vous doutez bien qu'il y a un panda ! Heu… un loup ! Je balance la suite à mes neveux effarés par la tournure de la fête. "Il va certainement falloir refaire le baiser mais sur un humain. Choisissez bien, camarades." Ma longue expérience des fêtes en tous genres et en campagne avait parlé. J'ai visé l'oreille. J'ai bien fait. Il fallait répéter le bisou sur son voisin. Située entre mon neveu et ma mère, je jouais sur du velours. À l'autre bout de la table, ce qui devait arriver (je rappelle la fontaine à rosé) arriva, un homme devait embrasser un homme… sur la bouche. Pouët !
L'un des deux s'y refusait en riant. La foule les encourageait (ah bah c'est le jeu ! Allez Bernard !). Ils s'embrassèrent sous les hourras. Je souris. Puis le second simula un baiser plus profond et la foule cria "beuargh !". Je cessai de sourire. Pouët, pouët !
Qu'est-ce qu'on se marre. Je pensais soudain qu'il pouvait y avoir parmi les enfants, un ou une dans mon genre qui vivait en direct, son premier sentiment de décalage. Plus tard, en y repensant, elle/il déciderait d'aller grandir plus loin et de choisir les gens avec qui faire la fête. De toute façon, le rosé, c'est infect.

J'ai repensé à toutes mes sensations de décalage au sein des miens. Mais curieusement, ce qui resurgit d'un fatras de souvenirs plus ou moins agréables, de confrontations, de silences et de réconciliations (une famille quoi), c'est une scène dont je comprends enfin la signification réelle. Il y a longtemps, j'annonce mon emménagement avec ma compagne de l'époque à ma mère. Elle me dit d'aller le dire à mon père. J'ai moyen envie, il n'est pas si loin le temps des crispations liées à ma sexualité. Je le retrouve dans le jardin et répète mon annonce tout en pensant que ça ne regarde que moi et que je le dis pour information, l'avis du reste du monde m'important peu même celui de mes parents. Il me dit : "tu es sûre ? C'est important. Un couple, c'est beaucoup de responsabilités." Je ne me souviens pas de la totalité de la conversation. Je me souviens d'un sentiment soudain de gêne. Et pourtant, je comprends aujourd'hui (vieux motard que j'aimais), qu'en ayant avec moi cette conversation, la même qu'il avait dû avoir avec le reste de la fratrie, mon père m'incluait sans bruit et effaçait le décalage.

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09 juillet 2016

Ceci n'est pas une petite pipe et au lit… encore que…

Jean-Bernard aime mon blog et il me le dit. C'est gentil. Merci. Juste avant de se plaindre que je n'écris pas assez. Et vous croyez, cher JB (je peux vous appeler JB ? Non ? M'en fous) que je ne suis pas la première à m'en faire le reproche ? A me couvrir la tête de cendres en pleurant des larmes de sang ? A me flageller le corps à grands coups de lanières de cuir ?… ah non, ça c'est les soirées de l'ambas… bref !

Oui, j'ai faignassé. Je n'ai rien écrit sur Nuit Debout alors que je suis solidaire, j'insomniaque depuis des mois ! J'aurais également pu me pencher sur la météo en braillant "ouiiiii, on nous ment ! Réchauffement climatique mon œil avec ce printemps pourri ! INONDATIONS ! COMPLOT ! HARCÈLEMENT !". J'aurais dû sauter à pieds joints sur cette saleté de Catalan (et j'assume cette soudaine catalanophobie car je le suis à moitié, c'est dire si je connais les lascars) qui instrumentalise la violence de quelques casseurs et l'accès à l'opium du peuple (l'Euro de foute) pour dénigrer les actions syndicales et passe sous silence la violence sociale quotidienne subie par les plus démuni-es.

Oui, JB, plein de sujets et pas une ligne. Le syndrome de l'écran blanc. La flemme. Mais je ne suis pas du genre à ne pas relever un gant que personne ne m'a jeté !Tu veux du post mon JB (on se tutoie, on se connaît maintenant ? Non ? M'en fous) ! Tu vas en avoir ! Sur le football ! Ah ah ! On fait moins le malin !

Je vous entends déjà râler (JB et les 3 autres lectrices) : "ah non pitié, encore une femme qui va dire que c'est trop nul le ballon-pied." Ou "et merde, la lesbienne va nous raconter son premier tâcle glissé en championnat intercommunal en 1987"… Décidément vous n'êtes jamais contents. Flûte à la fin, je fais mon coming-out : j'aime le foot… et je déteste le foot. Qui vient de dire : "pffff, les filles, on comprend rien à ce qui se passe dans leur tête" ? Normal. Le foot quand tu l'aimes, ce n'est pas avec ta tête. Et quand tu réfléchis deux secondes, tu as envie de prendre un joueur pour cogner sur un supporteur tandis qu'un bûcher de dirigeants éclairerait la nuit.

Le foot, c'est dans l'ADN quand on est comme moi une loutre des Pyrénées… d'Outre-Pyrénées ! Et quand tu sais lire, c'est synonyme de corruption, de dopage, de sexisme et d'homophobie. Chouette non ? Aussi, lorsque jeudi dernier, une amie de passage à Paris m'a proposé de dîner, j'ai accepté sans une once de regret. Pour celles et ceux qui, comme elle, ne seraient pas au fait du calendrier des matchs (et n'auraient ni télé, ni radio, ni journal papier, ni… seraient morts, quoi), c'était le jour de France-Allemagne, la revanche de Sedan, l'occupation, Séville 82 et les chaussettes dans les sandales. Point positif, mon bar que j'aime et qui diffuse l'Euro2016 était tout réservé en salle donc on a pu manger en terrasse car nous ne voulions pas voir le match ! Yes ! Nous avons fini de dîner et nous nous sommes baladées entre le Marais, l'Île de la Cité, Notre-Dame, etc. J'ouvre ici une parenthèse : dites voir les provinciaux ou les régionaux comme vous préférez, vous marchez terriblement lentement. J'ai failli la perdre quatre fois sur des passages piétons ! Hop, je claque la parenthèse.

Mon amie devant rejoindre son clan, je la quittais au métro et décidais de profiter des rues vides (21h30, le match était déjà bien entamé) et du premier jour d'été pour faire une partie du chemin retour à pied. 44ème minute, pénalty pour la France. Ça crie. Je souris. J'arrive à hauteur d'un bar situé de l'autre côté de la rue au moment où Griezman (pour les morts ci-avant, c'est un demi-dieu dorénavant, Jeanne d'Arc mais en fille), Griezman disais-je, tire et marque. Au grand étonnement des poils de mes bras, la clameur est montée de tous les côtés, toutes les rues, tous les cœurs à tel point que je l'ai sentie monter du sol. Je crois bien que la terre a tremblé.

Le foot, tu l'aimes parce qu'une pipe d'opium de temps à autre, ça fait du bien.

 

PS : merci JB et santé

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02 mai 2016

T'as vu l'heure ?

L'Iphone, quelle bouse ! J'ai essayé de le breveter parachutiste. Le saviez-tu ? Quand tu lances un smartphone, il retombe comme une merde. Non seulement, il ne vole pas mais il se blesse, l'abruti ! Magnifique toile d'araignée de verre brisé sur l'écran. Spiderman, sors de ce téléphone ! Bonne chose quand même, je n'ai même pas pleuré. Je me suis vaguement un peu évanouie dans un cri strident. Mais quand j'ai vu qu'il fonctionnait toujours, j'ai dit à ma mère de reposer les palettes du défibrillateur.
J'ai posé mon téléphone à plat dans ma chambre et ne l'ai plus utilisé… enfin, moins utilisé du week-end vu que je me plantais quelques fins bouts de verre dans les indexs. De retour à la civilisation, j'appelais SOS "putain j'ai fait tomber mon téléphone et j'avais pas de coque".

"Oui, on a les accessoires. Il faut 2 heures pour le réparer. On ferme à 19 heures. Soit vous nous l'amenez avant 17 heures, soit après et vous le récupérez demain".

A l'idée de passer une nuit sans lui, mes mains ont tremblé, ma sueur a perlé, mon cœur s'est emballé.

"Bidulette ! Je pars super tôt du bureau ce soir ! Et que personne n'essaie de m'arrêter ou ça va saigner !" La collègue prévenue, avertie, menacée, comme vous préférez, je m'en fus porter le grand blessé à la clinique. Le réparateur me fait signer le devis : "Bon pour accord et un rein", une croix et hop !
"Revenez vers 18 h 45.
- D'accord, à tout à l'heure"
Je sors. Et je fais demi-tour : "Il est quelle heure là ?"

Bah oui hein ! Parce que ça fait 3 ans que je ne porte plus de montre ! Et là, je me dis qu'il va falloir me trouver un coin tranquille horloge inclusive pour attendre sereinement pendant 2 heures. Je rigole en passant devant une vitrine qui affiche des horloges toutes à 10 h 10. Tiens, je vais raconter à ça à Coupine… ah non… sauf à convaincre un pigeon parisien de faire de la mobilité professionnelle pour devenir pigeon voyageur, je vais devoir différer mon envie de communiquer. Et dans "communiquer", il y a "commu". Ah, mais Coupin habite pas loin, je vais… ben rien parce que son adresse est dans l'agenda du téléphone, qu'il est en vacances et que je ne sais s'il est chez lui. Je vais crever. Donc.

Heureusement, dans le susdit quartier se situe une annexe de mon bureau. Je vais y squatter la cafète en attendant qu'il soit l'heure… heure que je pourrai lire sur le badgeur à l'entrée du couloir qui mène à ladite cafétéria… C'te lose… Je m'assois. Je sors mon carnet et mon bic noir… presque vide. Et puis, le miracle se produit. J'entends un rire dans le couloir. Son rire. Reconnaissable entre tous. Super Pote Espagnole Que J'aime !! "¡Hola guapa!" me dit-elle. Quelqu'un qui me dit "bonjour ma belle" aussi sincèrement, j'arracherais la tête de chatons vivants avec les dents si elle me le demandait. Elle s'enquiert de ma santé et surtout "S'tu fous là ?" Je lui raconte mes encore 1h30 à tuer sans clepsydre ni sablier. "Tiens, prrrends. Tou mé la rrrendrrra la sémaine prrrochaine". Elle a relevé sa manche, enlevé sa montre et me la tends. J'en aurais chialé mais je suis pas une fiotte. Ou je l'aurais sauvagement embrassée sur la bouche mais je m'en serais pris une bonne et méritée et je suis une fiotte.

Et me voilà assise, crayon en main, carnet ouvert, montre au poignet. What else?

MON TÉLÉPHOOOOONE !!!

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