Gouinette parle trop

03 mars 2016

Je ne suis pas du matin

Le matin, c'est un moment bien particulier. Et bon, alors, t'es là, tranquille, tu prends ta douche. La radio dit des trucs que tu écoutes d'un derrière distrait et ensavonné. Et alors la marmotte… nan ! Estrosi roule l'auditeur dans la farine… nan ! Estrosi nous apprend que s'il a 3 mandats électifs, c'est à cause de la loi. Et à cause de Mme Le Pen (la jeune). J'ajoute qu'on soupçonne aussi une loge maçonnique et les Illuminati d'y être pour quelque chose. 

Mais oui ! Bande d'innocents citoyens ! S'il est député, président de région et Brice maire de Nice, ce n'est pas sa faute. C'est à cause de la loi. Je cherche encore dans le JO LA loi qui oblige au cumul de mandats… Mais j'ai pas fait d'études, c'est ma faute. Bon, c'est aussi la faute de la petite-fille du borgne qui a déposé un recours contre son élection à la région. Si qu'elle gagnerait son procès et si qu'il avait démissionné de maire… 3-2 = 1. Bon il lui resterait un mandat… nan mais vous ne comprenez pas. Le projet du tram avance à Nice, il a raté aucune réunion de commission à l'AN et… hein ? Il a ? Des cabinets et des services administratifs qui font le taf à sa place ?!? Keuwah ?!? Ce n'est pas le maire ou le président de région ou le député qui fait tout le travail tout seul ?!?

Bon, apparemment, tout ça, c'est une plaisanterie (c'est lui qui le dit). C'est vrai qu'on se marre pas mal en ce moment. Et sinon, la loi-travail que la droite voterait bien telle quelle, elle donne combien de boulots aux salariés si des fois qu'ils venaient à en perdre un ? Allô ? M. Estrosi ?

A partir d'1 h 45' 27"

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03 février 2016

"Il faut voir comme on nous parle"*

Et comme on nous prend pour des truffes. C'est épuisant je vous jure.

Je suis allée faire des courses. Des achats, des emplettes. Des trucs super importants de type yaourt, pâtes et serviettes hygiéniques. De la protection quotidienne pour fin de cycle, pour être précise. T'inquiètes, jeune padawan débutant dans les termes techniques de la vie interne d'un slip de femme, les photos arrivent.

D'un naturel peu aventureux, je prends toujours le même produit de la même marque. Suite à la baisse de la "taxe tampon" fin 2015, je fais de la récolte de prix (même produit, même magasin) pour voir si ça descend. Passer de 20% à 5% de TVA, cela ne devrait pas passer inaperçu… sauf que mon dernier achat datait d'avant la baisse et donc, je n'avais pas noté le prix, mais bon ! Quoiqu'il en soit, baisser la taxe n'est qu'un premier pas. Écraser les phalanges des fabricants dans un casse-noix pour leur apprendre la vie en est un autre.

Voici les photos du délit de sale con

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A droite, l'ancien, à gauche, le nouveau

Tu remarqueras la petite étiquette "New" qui dit que le produit est nouveau. Le nouveau n'étant plus nouveau, l'étiquette a disparu ainsi que la traduction en français de "Big pack". Entre temps, on a appris l'anglais. Braves fifilles. Autre modification, le gros cadenas supposé représenter la "protection" (ou la serrure de la ceinture de chasteté, j'hésite) a disparu. Le joli nœud rose en haut à droite est conservé. C'est un produit pour fille.

Après le recto, voyons le… côto.

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A droite, l'ancien, à gauche, le nouveau

Le fabricant a taillé dans le nombre de modèles. Il a même viré les épaisseurs des protections. Faut vous dire, Monsieur, qu'on s'en foutait un brin. Enfin, moi. J'ai pas vraiment de problème de coefficient de pénétration dans l'air de mon slip. Je préférerais savoir avec quoi c'est fabriqué. Mais ça, y'a pas. Quant au site beinggirl.eu (le coin des filles en français) conçu pour les toutes jeunes débutantes en règles, il a disparu. Toujours en ligne, il contient des conseils à la con et fait du placement de produit pour se concocter une clientèle fidèle. Pas mis à jour depuis 2015.
A remarquer également, le slogan est en anglais, français et en grec. Réjouissons-nous, cela doit signifier que la situation économique a dû s'améliorer là-bas et que les femmes peuvent enfin accéder à la protection périodique.

Sinon, pour le produit en lui-même, la différence saute aux yeux…

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Ou pas

 

*"Foule sentimentale" Alain Souchon

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13 décembre 2015

Pour le geste

Parfois, j'aimerais fumer. Ni pour le goût, ni pour l'odeur. Fumer tue. Fumer pue. Pour le geste. Pour laisser mes tristesses partir en fumée. Pour les écraser et les jeter à la poubelle.

Il est 22h38 ce vendredi soir-là quand je reçois un message d'un ami. "Ça va ? T'es chez toi ?". Je suis en train de me brosser les dents. Je rigole en pensant "Où veux-tu que je sois ? Je suis d'astreinte à domicile pour notre chère administration !". Je réponds "Oui". Lui "Cool ! Bisous". Je réponds "Bisous". Je vais me coucher.

Il est 23h04 ce vendredi soir-là quand je reçois un SMS d'une amie : "Tout va bien pour toi ? Je viens de voir à la télé les attentats à Paris". Je réponds "Quels attentats ? Je dormais. Ça va."

Après, à peine le temps de consulter les réseaux sociaux, de faire le tour des amis "Quand tu as ce message, tu réponds. Qq soit l'heure", à peine le temps de réaliser, je commence à travailler.

Le lendemain matin, après quelques heures de mauvais sommeil, je me lève pour constater que dans la cour de mon immeuble, les moineaux se poursuivent en piaillant comme des forcenés. Ils font beaucoup de bruit. Là, j'aimerais me poser à la fenêtre et m'en griller une. Souffler hors de mon corps ces cristaux d'angoisse qui se sont déposés entre mon cœur et ma gorge.

Dimanche matin, je sors enfin. J'achète de la junk food. Celle qui réconforte et doit aussi, certainement tuer des ours blancs. Pardon les ours. Il fait très beau à Paris ce dimanche matin-là. C'est incroyable qu'il puisse faire encore beau, qu'il puisse faire encore jour.

La vie a hoqueté quelques jours. Je suis allée boire des verres en terrasse. Un par un. Je ne bois pas beaucoup. Ce n'était pas de la résistance, juste envie d'être dehors. Et puis il a fait froid. Alors j'ai bu à l'intérieur pour ne pas choper la mort. Si, si, bien sûr que c'est drôle.

terrasse serveur

 

Comme je ne fume pas, j'allume une bougie. Je gratte l'allumette puis je souffle la flamme et je la jette à la poubelle.

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25 octobre 2015

"La publicité à la télévision, ça s'adresse uniquement aux débiles mentaux" - Coluche

Encore que…

Je ne l'ai pas remarqué tout de suite. Il a fallu que je vois 3 fois la publicité pour la Citroën C4 pour percuter. Littéralement. J'ai été frappée. Comme si je me prenais une claque derrière la tête. Celle qu'ont reçu certains élèves peu attentifs en d'autres temps. 

Pour ceux qui n'auraient pas la télé ou bloquent leur cerveau pendant les pubs, le message met en scène un couple qui part en vacances en voiture. Lorsque les portières claquent, clac ! Le paysage a changé. Soleil et plage. Étonnés, ils redescendent immédiatement. Trop qu'elle est bien la caisse qu'ils n'ont pas vu passer le temps. Ils n'ont pas fait le plein, sont pas allés pisser, n'ont pas vu de bouchons, de péages, de boulets, de "fallait prendre à gauche bordel". Rien, que dalle.

Comme on sait que la pub, c'est quand même du gros bourrage de mou de cerveau disponible, ce n'est pas ça qui m'a interpellée (hep ! Toi là-bas !). Ce n'est pas non plus que le couple soit blanc (m'en fous, je suis blanche) ou hétéro (j'ai habitude que personne ne me parle et je préfère que ce ne soit pas pour me vendre une bagnole). Nan, nan. Ce qui a fait clic quand les portières ont fait clac, c'est que c'est le mec qui est au volant. Au départ et à l'arrivée. Pas d'enfant à allaiter sur la banquette arrière, aucune raison pour que madame s'assoit ailleurs que derrière le volant. Sauf une bonne grosse dose de sexisme intégré. 

Sois blanc, hétéro laisse conduire papa.

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03 octobre 2015

Ecris-moi… ou pas

Je ne sais pas si vous avez des adresses courriel professionnelles. En général, le service informatique fait en sorte d'observer une certaine logique dans leur appellation. Surtout pour les boîtes génériques des services. Les adresses personnelles, c'est facile : prénom + nom, initiale prénom + nom.
Exemple : lapin.cretin@chezlescons.help

Pour les services, même logique. Ton bureau s'occupe de ratatouille ; l'adresse est ratatouille.boite@jaifaim.com. On peut reprocher bien des choses aux services informatiques (comme essayer de nous noyer sous des termes techniques alors qu'ils se sont juste pris les pieds dans les câbles et ont débranché l'alimentation du serveur) mais pas de manquer de logique. Surtout quand ils t'ont demandé comment tu voulais nommer le courriel du service.
"Allô ? Le service Ratatouille ? On l'appelle comment votre boîte ?
- Voyons voir… On s'occupe de ratatouille… sur le web… Hum… web.ratatouille ?
- Roooh… Oueb, vous l'écrivez comment ?"

C'est pas gentil de me moquer, je sais. Mais ils n'avaient qu'à pas commencer aussi.

Ayant récemment lancé une récolte de documents sur la ratatouille dans notre service, nous hésitâmes un instant entre les courriels web.ratatouille et web.cassoulet puis optâmes pour la 1ère (parce qu'on n'est pas que débiles non plus). Ce qui fut officialisé par 2 messages issus de nos chefs à quelques minutes d'intervalle. Bon, sachant le nombre de questions restant sans réponse au quotidien, avoir 2 fois la même réponse de 2 personnes différentes, c'est champagne hein ! Dans le 1er message, l'adresse était complète :  web.ratatouille@lescons.com. Dans le 2ème, elle était évoquée de manière plus désinvolte "la boîte web ratatouille".

Surgit alors "Belle journée" dans l'encadrement de ma porte : "C'est les mêmes boîtes, web.ratatouille et la boîte web ratatouille ? C'est juste un mauvais timing ?
- Un mauvais timing ?
- Oui, c'est pareil ? Ils ne se sont pas entendus pour l'envoi ?"

Ma tête

En vous la souhaitant courte… parce que les plus courtes, sont les meilleures.

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29 septembre 2015

Cordialement

L'expression "Belle journée" m'horripile à un point… Encore que le fait d'utiliser le verbe "horripiler" (mettre dans un état d'énervement extrême) suffise à donner une idée de mon état d'agacement, je tiens à souligner que, vraiment, ça me hérisse. Les poils soyeux de mon corps svelte, mes cheveux certes courts mais brillants se dressent (horripilation donc) à la lecture ou à l'écoute de cette expression. C'est physique, instinctif, animal. Ne jamais souhaiter une "belle journée" à un rottweiler sous peine de finir dépecé… Parlez pas aux rottweilers en général. Ou de loin. Et de haut. Avec une arme chargée. Bref !

L'on m'a récemment appris que c'était couramment utilisé en Belgique. Je veux bien admettre la possibilité d'une pratique idiomatique ou culturelle dans certaines lointaines contrées (surtout des qui font de la bière et des frites). Toutefois, et mon expérience professionnelle personnelle l'a prouvé à maintes reprises… 3 fois… il n'y a que des psychopathes qui utilisent cette simili-démonstration d'empathie temporelle. On ne me la fait pas ! Hé ! Ho !

Souhaiter une "bonne" journée, c'est poli ou gentil selon que c'est sincère ou pas. Mais une "belle" journée ? Par exemple, ma formule de politesse de base dans les mails, c'est "cordialement". "Des bisous" si on est intime. "Putain, faites chier" si c'est le service de maintenance de la porte automatique. Et puis d'abord, c'est quoi une belle par rapport à une bonne, hum ? Quand ça se passe mal, on dit que la journée a été mauvaise ou de merde mais pas laide. "Roooh, j'ai eu une journée laide !", "Trop moche mon jour !" C'est pas grave trop chelou c't'affaire ?
Jusqu'à présent, les exemples de psychopathes de la "belle" journée à qui j'ai eu affaire sont une journaliste radio (mais c'est pas grave, je peux éteindre) et 2 autres dans l'environnement professionnel. Pas le moindre Belge dans le tas.

Je vais appeler le 1er spécimen le Dragon. Fort heureusement à la retraite, je n'ai jamais eu d'interactions que par mail et non au quotidien sur des sujets techniques et néanmoins informatiques. Un jour, je reçois un message d'un collègue du nouveau service dans lequel le Dragon travaillait m'indiquant son impossibilité soudaine à se connecter à sa session informatique d'un truc qui faut pas dire ce que c'est (le mot de passe, c'est Passweurd). Dragon Ball Z lui avait changé ses codes ! Ben, le cracheur de feu signait ses mails d'un "Belle journée". La gueule des 8 heures de boulot avec un boulet pareil entre les pattes !

Je n'ai pas encore trouvé de surnom au 2ème spécimen. Mais ça va pas tarder. Ses aventures suivront rapidement dans ces pages. Sa signature, c'est "Une belle journée", au cas où tu croirais pouvoir en avoir 2 d'affilée…

En vous la souhaitant bonne !

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27 septembre 2015

The progression of your age

En vieillissant ou en se faisant plus sage (pour ne pas m'être trop désagréable et me mentir effrontément, 2ème effet kisscool), les yeux vous jouent des tours. La vue de loin devient étonnamment précise alors que le proche est plus difficile à percevoir. Je vois dorénavant le grain de la pierre des immeubles. Je lis (à mon grand regret) le menu suspendu de la cantine (avant de filer direct aux grillades, c'est donc parfaitement inutile, mais bon !). 
C'est une étrange métaphore physiologique de la vie. Car avec l'âge vient la presbytie et donc la possibilité de mieux voir de loin. Le recul, l'expérience. Ce truc qui, y'a pas à chier, te sert plus que toutes tes années d'école, tous les tutoriels vidéos de YouTube et tous les livres du rayon "Bien-être et développement personnel" de ta librairie préférée. Non pas que tous les vieux soient sages (cf. l'œuvre de Brassens "quand on est con, on est con", j'ai des noms !). Non pas que l'expérience justifie tout ou soit la solution à tout. Mais pas plus que la jeunesse ou les "j'étais pas né-e". A bien y réfléchir, nous n'avons que peu de circonstances atténuantes dans la vie.

Bref, tout ça pour dire qu'en dehors de l'acquisition de verres progressifs (à prix d'or ! Faut vendre un rein pour y voir) l'actualité nationale et migrante m'a soudain propulsée dans mon passé familial. Je ne sais plus si je vous l'ai déjà dit mais je n'ai pas une goutte de sang français dans les veines. Si tant est que le sang ait quelque chose à y voir. Rien, que dalle, nada, comme on dit là d'où je viens (mon ADN). Un pays en guerre civile (la Syrie, l'Afghanistan, etc.). Une population coincée entre un dictateur sanguinaire et des fous de dieu tout aussi frappadingues. Ils fuient pour sauver leur peau.
En février 1939, mon grand-père, combattant républicain espagnol, passe les Pyrénées et se retrouve au camp d'Argelès à bouffer du sable. Avec lui 500 000 Espagnols. Ils fuient un dictateur sanguinaire soutenu par une église extrêmement catholique. Pas 24 000 réfugiés. 500 000 ! Jusqu'au début de la guerre (mondiale celle-là), ils seront répartis sur le territoire, les familles parfois séparées, accueillis avec bonne volonté ou considérés comme des métèques, des rouges, des "kikivapayer". Des femmes, des enfants, des hommes. Quand la Pologne est envahie, des Belges, des Polonais, des Français du ch'Nord seront accueillis là d'où je viens (ma terre). L'administration pousse les Espagnols à retourner chez eux. Parmi les Français de souche, il y a ceux qui accueillent, refusent de renvoyer des humains à une mort certaine outre-Pyrénées et les autres qui hurlent avec les loups.
Comme on peut le lire sur le site du musée de l'immigration : "Rongée par la crise économique, en proie aux sentiments xénophobes, repliée sur elle-même, la société française offre aux réfugiés un accueil plus que mitigé." 

L'histoire ne se répète jamais. Mais nous avons une fâcheuse manie à la bégayer.

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16 septembre 2015

LA PORTE !!

Il y a les ors de la République et les hors de la République. Je m'explique. La République ayant récupéré moults palais pour en faire des ministères ou des chambres parlementaires, notre représentation a bien souvent une allure monarchique de bureaux Louis XV logés dans des sites classés. Et c'est tant mieux pour le patrimoine qui coûte une blinde à entretenir et qui fait joli sur les guides touristiques. Effet KissCool non négligeable, on peut se la péter grave auprès des Grecs et de leurs ruines à ciel ouvert. Toutefois, ces vieilleries zoulies ont un inconvénient, elles ont été créées à des époques modernitude-free. Des périodes sans électricité, climatisation, interweb mais avec de la pierre de taille, du plafond de 4 m et du vrai-plancher qu'on peut pas exploser pour tirer des câbles. La technique consiste donc à adapter la modernitude au patrimoine. Fastoche. Exemple: avant, chez les rois, il y avait des esclaves partout pour ouvrir les portes devant leurs altesses sérénissimes. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, droits-de-l'hommistes obligent sauf dans les hôtels des ministres. Mais les portes des couloirs de la plèbe n'en continuent pas moins de faire 3/4 m de haut et/ou de peser des tonnes, bref c'est chiant à ouvrir sans esclave. Heureusement la technitude a inventé le groom électrique. C'est pratique sauf que contrairement à l'esclave, il arrive que cela tombe en panne. 

Au début du printemps, à moins que ce ne soit à la fin de l'hiver, l'une de nos portes à double battant a fait une hémiplégie du côté gauche. Après quelques semaines de panne, une affichette a été apposée qui indiquait que la pièce était commandée auprès d'un pays peut-être bien ami mais lointain. On aurait eu plus vite fait de la forger nous-mêmes ou d'acheter un esclave. 
Encore quelques semaines plus tard, désespéré, un collègue et néanmoins ami posait une autre affichette où l'on pouvait lire :
"Bonjour, la porte est condamnée pour toujours. En effet, il nous manque un truc… pour réparer le machin… bref c'est un souci technique. Désolay". Curieusement, elle avait disparu en fin de journée. Et la porte restait à moitié fermée. Ou à moitié ouverte suivant la contenance du verre.
Vous allez me dire "ben un battant qui s'ouvre, c'est pas assez ?". "Ben non", répondrai-je in petto. Ben, parce que ce ne sont pas des portes standard (palais, tout ça) et qu'une demi-porte pas standard n'équivaut pas à une porte normale entière. Ce qui provoque des bouchons lors du chassé-croisé de la pause méridienne et des freinages désespérés avant impact lorsqu'après une longue journée de travail, on avait oublié cette saleté de panne !
Joie de la mondialisation, de l'obsolescence programmée et du "répare rien-jette tout", il a fallu 4 mois pour changer… tout le système. Oublié le projet de changer UNE pièce.
Un jour, cet été, l'on vit des agents armés de tournevis s'attaquer à la mise en place du nouveau bouzin. Et nous nous rejouîmes et nous faillimes faire couler le champagne. Mais connaissant la maison, nous nous retînmes. Et le soir, en sortant… un des battants s'ouvrit. Et 2 secondes après, le 2ème en fît de même finissant son parcours sur un grincement de portail de cimetière. Les tournevis-men sont revenus, ont déposé tout le mécanisme et tout remonté. Et la 2ème porte s'ouvre dorénavant avec 1" de retard. Ce qui fait que si tu ne fais pas attention et passes trop au centre, tu peux te prendre le 2ème battant dans la tronche. 2ème battant qui finit de s'ouvrir (car en plus il est moins rapide que l'autre) quand le 1er s'est déjà refermé.
Ne vous inquiétez pas (si, je sens bien que ça vous passionne), nous nous sommes adaptés aux mouvements erratiques des battants de la porte qui, tels des ailes de papillon pas frais ou des collègues du même type, brassent du vent en continu.
[Mise à jour du jour : les tournevis-men sont revenus cette semaine et la porte a fonctionné… 24 heures. Marche plus…]
[Mise à jour du rejour : ah bah si, finalement elle remarche]

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02 août 2015

Fille de butte

J'ai repris l'entraînement spécifique pour les côtes. Cela consiste à courir… en côte. J'ai des notions basiques en matière d'élaboration de programme d'entraînement. Le but : Paris-Versailles et sa fameuse "Côte des gardes" suivie de la biennommée "Côte du mauvais" et de la particulièrement bien trouvée "Côte du cimetière". La côte des gardes que je surnomme depuis ma 1ère participation l'an passé, la côte "ah oui, elle pique un peu quand même", suite à la réflexion quelque peu euphémiste d'un coureur pour décrire le monstre. Ouiii, ça va ! C'est pas San Francisco, La Paz ou l'Alpe d'Huez, mais n'empêche, elle pique un peu.

Quoiqu'il en soit, me voilà repartie dans de la côte, de la montée, de la pente, du pas-plat-dans-le-mauvais-sens en ce dimanche d'août, dans un circuit mêlant côte "ça pique" et descente "je récupère". Au 1er tour, ça va bien. J'arrive au sommet sans brûlure musculaire, pulmonaire ou cardiaque. Le trottoir est à l'ombre. Des voitures anciennes circulent dans le quartier vidé de la moitié de sa population. C'est tranquille, c'est chouette. Je me dis que ma volonté de courir plus régulièrement porte ses fruits.
2ème tour, ça va encore. Le trottoir est à moitié au soleil. A force de regarder les tractions et autres 4 CV, je m'emplafonne un coureur venant en face. Les passagers d'une Cadillac Eldorado squattent les terrasses. Comment on fait un créneau avec un paquebot pareil ?

3ème tour. Ayé ! Ca pique. Les cuisses commencent à brûler. Le trottoir est au 3/4 au soleil me forçant à nettoyer les façades des immeubles avec ma manche. Ces saletés de vieilles caisses d'avant-guere sans pot catalytique engloutissent des 10 litres aux 100 en faisant pouët-pouët et moi kof ! kof ! Poussez-vous bande de touristes !

Je pourrais faire un 4ème tour. Je pourrais ! Si que je voudrais. Mais je ne veux pas. J'ai dit reprise tranquille. Ca pique !

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19 juillet 2015

C'est décidé, je change de sexe…

Ou alors, j'ouvre une boutique de sport pour gouines, trans, trav', garçons manqués, filles réussies. J'hésite. Ce matin, c'est dimanche mais je suis colère. Je suis trahison. Je suis meurtres en série.
Je suis allée courir et je me disais en revenant, rougeaude et haletante, qu'il faudrait quand même que je me trouve un short spécial "je cours sous le cagnard et le cuissard, juste, c'est pas possible". Hier, je m'étais lancée sans succès dans différentes boutiques de sport non spécialisées en course à pied (intersport et décathlon pour ne pas les citer). Je sais, décider d'aller dans ces boutiques un samedi de soldes, c'est vrai que c'était un peu perdu d'avance. Heureusement, le remplacement du minitel par l'internet est quand même LE grand pas pour l'humanité et pour éviter des après-midis épuisants et frustrants de galopades dans des boutiques blindées.

Tandis que je n'étais que sueur (on ne prend pas sa douche avant d'avoir fini de suer), je naviguais sur les sites de boutiques spécialisées en course à pied à la recherche d'un 2ème spécimen de short grave trop bien que j'ai mais que j'aurais dû acheter en double vu qu'il n'existe plus dans la nouvelle collection et que ça me GAVE !! Ma tactique habituelle : je repère sur le site, j'essaie sur place pour la taille, j'achète chez le moins cher (enfin, en général, j'achète sur place parce que j'ai pas que ça à faire).

Quoiqu'il en soit, je repère un modèle de short qui semble équivaloir à celui que j'utilise déjà : couleur discrète (c'est-à-dire pas rose et pas fluo. J'ai revu à la baisse mes normes de discrétion), poche externe zippée, textile léger, slip intégré… Ça, en fait, je m'en fous mais pour une raison que j'ignore, les shorts de course intègrent un slip… au cas où j'oublierais d'en mettre un, je suppose. BAH OUI ! On s'adresse à des sportifs quand même !
Et me voici lisant les détails du modèle… Que découvré-je, toute ébaubie, quasi interdite ? Que "sans perdre en qualité et en efficacité", la "coupe du short est attrayante" et qu'elle "sera râvir les plus féminines d'entre vous"…

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ALERTE SEXISME ! ALERTE MACHISME ! ALERTE FAUTES D'ORTHOGRAPHES !

Les fautes, ce n'est pas super grave, on est chez les débiles sportifs. Mais la vieille remarque pourrie dégoulinante de sexisme intégré ! Car chez les sportives, il y a les jolies, féminines, élégantes et les autres, les musclées, les hommasses, les moches, les pas baisables. Sainte Virginie Despentes, viens à mon secours !

Note dans un coin de ton esprit le paragraphe sur la poche zippée "pour stocker votre porte-monnaie" et "d'autres éléments pouvant être gardé pendant la course". Personnellement, dans cette poche, je range, un mouchoir, ma carte Navigo et un billet de 20 €. Les autres éléments doivent concerner la trousse à maquillage que toute sportive féminine se doit d'avoir sur elle à tout instant.

Déjà bien vénère, je continue ma recherche et tombe sur un autre modèle… qui m'offrira "ventre plat" et "silhouette flatteuse". La silhouette de mon cul, hein ! Sauf si je suis grosse mais dans ce cas, ça veut dire que je ne cours pas donc que je ne suis pas sur ce site. CQFD. Heureusement, ce short flatteur s'occupe aussi de gérer efficacement ma transpiration car, n'étant pas suffisamment féminine, je sue. Petite souillon que je suis.

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A cet instant précis, je ne suis plus sueur, je ne suis plus colère, je suis sur le dark net à la recherche d'une arme à feu. Toutefois et avant d'entrer dans le maquis, je décide de faire une ultime recherche. Mais chez les garçons cette fois-ci. Comment va-t-on me vendre un short de course à pied si je suis un garçon ?

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"Développé spécialement pour dépasser [mes] objectifs", ce short "permet une excellente liberté de mouvements et "met l'accent sur la vitesse". Bah oui, parce que si tu vas vite, tu es un homme, un vrai et tu vas pouvoir choper la femme féminine à la silhouette (son cul) flatteuse. Elle est pas belle la vie ?! Et comme le short est "dépourvu de tous les éléments superflus pouvant vous alourdir durant la course", comme par exemple, ton porte-monnaie ?!? ce n'est pas grave car il y aura toujours une femme pour s'occuper de tes affaires.

Je résume donc l'idée générale : le sport pour les filles, c'est pour être jolie. Et pour les garçons, c'est pour développer ses capacités physiques. Voilà, voilà. Allez, une dernière recherche…

batte

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