Gouinette parle trop

18 janvier 2017

2017, poil aux ascètes (c'est pour la rime, je n'ai rien contre ce peuple mexicain*).

Hey !!! Bonne année les Jean ! Amour, gloire et beauté ! Et surtout la santé !

Ca va vous ? Moi, ça va. J'ai passé d'excellentes fêtes de fin d'année. Après avoir passé un été magnifique. Je crois que ça ne m'était pas arrivé depuis 1998, mon humeur surfant à l'époque sur la victoire des Bleus (mâles) en coupe du monde de foot. Je vous raconterai tout ça dans bientôt. Pas la coupe du monde 98, mes fêtes !

Je voulais juste vous parler de mes sorties culturelles récentes (nooon, toujours pas de sortie cul...). Je suis été voir "La Sociale", excellent documentaire racontant l'histoire de la mise en place de la Sécurité socialé, cet outil "d'assistés qui grève la dette de la France" (dans le pur style politique / économiste / journaliste / Medef). Précipitez-vous ! Ce que nous promettent les programmes des candidats au trône de France ne pourra que s'éclairer, une fois certaines idées fausses et autres manipulations de l'histoire auront été remises à la juste place (dans le cerveau de François Rebsamen, une autre version de l'enfer).

Dans un autre genre (ça aussi tiens, je vais y revenir bientôt ; j'ai encore eu des agacements), la lecture de l'excellent hors-série Causette sur le clitoris, "Voyage en Clitorie" m'a permis de découvrir un excellent spectacle (parisien, désolée) sur le thème du divin bouton : Le Bouton de Rose de Sophie Accaoui. Cerise sur le bouton, le spectacle sera suivi par une rencontre-débat "le sexe, parlons-en" à 3 dates en janvier, février et mars. N'oubliez pas de venir avec de quoi noter, votre (vos ?) partenaire et un slip propre.

melodamelie

Bon, je crois bien que c'est tout pour le moment. Alors, ben... heu... bonne année quoi ! On se voit bientôt !

 

* Je ne sortirai pas ! Ca meule dehors.

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27 décembre 2016

Retour sur agacements

Au début de ce mois, je vous avais raconté ma vie. Pardon. Au début de ce blog, j'ai commencé à vous raconter ma vie. Au début de ce mois, j'ai continué en me focalisant sur 3 épisodes de mon évolution darwinienne à moi. Cela concernait le rachat de mon âme via quelques centimes versés aux SDF (contre des dizaines d'euros à SFR, comme quoi il n'y a pas de règle !), l'achat d'une relation sexuelle via Pinder et la relecture des plus grandes œuvres du Dalaï Lama façon digestion du lecteur. Comment ? Ca ne veut rien dire ? Oh, hé la gauche ! Et ce qui suit, ça veut dire quelque chose ?

readersdigest

Mais peu importe les mots, en cette fin d'année, où en sommes-t-on ? Oui, parce que vous n'êtes pas sur un blog de politicien qui dit quoi qu'il va faire et qui, au mieux, ne le fait pas quand il ne fait pas l'inverse. Suivez mon regard. Je dis ça, je dis rien. Mais bon, hein, on s'est compris. Clin d'œil complice, tout ça. C'est parti pour l'évaluation !

Pinder
A force de me voir présenter des profils d'hommes et de femmes recherchant des... hommes, j'ai supprimé mon compte et opté pour une Voie de Gayrage (huhu...mour communautaire). Re-création d'un compte avec, cette fois-ci, la certitude d'avoir un troupeau concerné (attention, il y a deux jeux de mots tout pourris) en deux mots... (j'avais prévenu que c'était tout pourri). J'ai téléchargé l'application sur mon téléphone. Puis j'ai supprimé l'application de mon téléphone. Et je ne suis plus jamais retournée sur le site pour faire mon marché. Donc ça, c'est fait ! #OuPas... Bref, j'ai commencé à chercher un vibro avec une meilleure autonomie.

Les SDF
J'ai connu quelques difficultés pratiques de mise en œuvre. La rareté des pièces de 50 centimes : j'ai fini par récupérer toutes les pièces jaunes, 10 et 20 comprises, sinon ça devenait l'enfer. La localisation de la monnaie : comme il est juste parfaitement chiantique de devoir ouvrir le sac à main et le porte-monnaie (sauf aux caisses des magasins, comme quoi il n'y a pas de règle), j'ai tout foutu dans mes poches. Mais ! Car il y a un "Mais !", l'argent, c'est juste immonde et pas seulement philosophiquement parlant. J'ai donc ajouté un petit sac en tissu pour protéger ma main (ça caille en ce moment et le virus de la grippe pue l'huile pullule) et ma poche. Mais (2, le retour) ! Le sac s'écrase quand j'essaie de glisser ma main dedans. Je mets des plombes à sortir le flouze et je suis limite obligée de parler aux gueux qui mendient. L'horreur ! Dans l'ensemble, toutefois, j'ai constaté une baisse conséquente de mon taux de culpabilité.

montaux

J'ai d'ailleurs atteint hier soir le zénith de la joie extatique mais (le retour de la revanche) un peu de honte aussi. Alors que je sortais du supermarché, le monsieur qui ouvre la porte avec l'Itinérant sous le bras m'ouvrit la porte avec l'Itinérant sous le bras. Je plongeai ma main dans cette sal... de p... de sac de m... qui s'écroula au fond de la poche m'empêchant de récupérer ladite monnaie. Je posai mon sac de courses à terre afin d'ouvrir plus largement la poche avec la deuxième main dont ma mère m'a généreusement pourvue et ramener ainsi la ferraille à l'air libre. Je déposai les 50 cts réglementaires dans le gant du gars de ma main droite. Allant pour récupérer mon sac de la même main car je suis de gauche et gauche avec la gauche, je le vis la prendre (ma main, suis un peu bordel !), baisser son visage vers elle et y déposer un baiser suivi de moults mercis. Toute cette reconnaissance pour 50 centimes... autant dire que j'étais contente mais (4, heu... le fils de la revanche ?) que mon taux de culpabilité a souhaité exprimer le fond de sa pensée.

montaux2

Je déconne, ça fait du bien. Je suis contente pour de vrai, en fête.

Chez moi avec mon dalaï
Ce matin, dans un métro de semaine coincée entre Nowel et le nouvel an, donc vide et dans lequel tu t'assois calmement sans latter personne, j'insérai mes écouteurs dans mes oreilles (car je doute que ma voisine de siège eut agréé que j'investisse les siennes) et lançai ma playlist "Que j'aime" contenant des titres... que j'aime. On pourrait penser que j'aime tous les morceaux de musique en ma possession. Certes. Mais ça dépend. Alors que ceux-là, ça dépend pas. Je les aime. Point. Je lançai la lecture aléatoire et...

DIONNE WARWICK what the world needs now (is love sweet love)

C'est pas foufou mais ça me met d'humeur douce. Ce matin, cette mélodie produisit son habituel effet de traction de mes commissures (priseur... j'ai le droit, c'est mon blog) vers le haut de mon visage (j'ai souri). A la station suivante, une femme monta dans la voiture et s'assit sur un strapontin me faisant face. Jolie, l'air fatigué, légèrement affaissée sur elle-même, et s'entourant de ses bras. Elle demandait de façon muette mais évidente à retourner se coucher. C'était attendrissant (oui, je me fous les jetons parfois aussi). Je repensai alors au conseil de Dalaï sur le sourire qu'on donne. Je me donnai comme défi de la faire sourire. Chose peu aisée car je ne croisai pas une seule fois son regard pendant notre trajet commun. Aurais-je dû me tondre le crâne ? Me déplacer en birkenstock et robe fourreau de moine ? Déjà ma station et son regard brun toujours éloigné du mien. Dans un dernier effort, je me levai et passai près d'elle pour sortir, sourire ultra-brite plaqué, cœur au bord des lèvres. Enfin ses yeux dans mes yeux et... un sourire ! YES I CAN ! Elle a souri ! Je suis sortie presque en dansant. Dalaï avait raison, un sourire, qu'est-ce que c'est bon. Et c'est mue par ce joyeux entrain que je bondis au dehors, profitant du ciel bleu par dessus les toits, du trafic quasi inexistant, d'un lever de soleil splendide et d'un nouveau morceau de musique...

Les Chansons D'amour - As-Tu Déjà Aimé

 

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20 décembre 2016

De l'élevage de chats par Monsieur Schrödinger

Dans mon travail que j'y vais tous les jours, on est à cheval sur la sécurité. Non pas que des cow-boys régissent l'existence des travailleurs mais n'importe quel pied-tendre ne peut pas baguenauder aux quatre coins de l'immeuble libre comme un indien des plaines. Nous arborons tou.te.s un badge qui permet de garder le troupeau dans les enclos adéquats en autorisant à chacun un espace vital limité à ses pérégrinations professionnelles.

Faisant partie d'un bureau de demi-dieux, j'accède à presque tout parce que mon travail de McGyver moderne consiste en partie à intervenir sur des matériels éparpillés façon puzzle dans moults services. Dans cette logique, le marshall du comté aussi connu comme le dieu Moultipass nous donne de virtuels laisser-passer. De très virtuels laisser-passer même. Tellement virtuels que nous nous retrouvons parfois entre deux bureaux, deux dimensions, deux états voire deux ronds de flan.

Les situations les plus courantes sont de deux sortes. En rouge, ce que j'aimerais répondre...

"Bonjour, pourriez-vous nous ouvrir le bureau 1012 ? Le ci-devant PC planté demande à grands cris notre intervention.
- Vous n'avez pas accès ?
- Si, mais j'aime bien faire chier les gens pendant leur journée de travail. Eh nooon ! C'est ballot."

Ou

"Bonjour, auriez-vous la clé du bureau 1515 ? Car en plus d'une ouverture au badge, il y a un verrou à clé. Clé physique. Que nous n'avons pas bien évidemment.
- Ah oui, c'est vrai. J'arrive.
- Pensez à prendre la laisse des rottweilers qui doivent nous attendre derrière la porte.
- Pardon ?
- Non rien." Ah merde, j'ai pensé tout fort.

Maintenant, entrons dans l'élevage de M. Schrödinger. Eloignez les gamins, c'est flippant.

Episode 1

"Bonjour, auriez-vous la clé du bureau 1870 qu'on n'ouvre déjà pas au badge mais qu'en plus il y a une clé que nous n'avons évidemment pas ?
- Oui, je vous accompagne. C'est très confidentiel vous savez.
- Sans déconner ? Merciiii"
On entre. On commence à bidouiller. L'accompagnateur a besoin de s'éclipser quelques minutes.
"Il faut que je passe un coup de fil. Je vous laisse, je reviens.
- D'accord...
- Oh. Oh. Mon badge n'ouvre pas dans ce sens-là.
- Comment ? (encore la tête dans les câbles, tu ne relèves qu'à moitié l'originalité de la situation)
- Je n'arrive pas à sortir.
- Keuwaaah ?! (tu réalises que tu as soudainement une fichue envie d'aller aux toilettes et pas de nourriture !)
- Non, c'est bon ! Le verrou n'est pas bloqué par le lecteur. Il tourne ! Ouf ! Ah ah !
- (pffff... soupir de soulagement et décontraction de la vessie)
- Je referme la porte sinon l'alarme se déclenche. A tout de suite ! Il faut juste que je ne vous oublie pas. Ah ah ah !
- Oui ah ah ah... connard..."
Comment peut-on entrer sans sortir ? pensé-je.

Episode 2

Au pays des demi-dieux (aussi appelés DD), il y a compétition auprès du dieu Moultipass pour obtenir les clés du fort. Mais il est sévère et tu as plus vite fait de convoquer son PassePartout que d'améliorer le niveau de sécurité de ton badge. Dans un service fraîchement vidé pour travaux, nous tentons d'entrer dans la salle où trônent encore NOS PUTAINS D'ORDIS QUE Y'A QUE NOUS QUI AVONS LE DROIT D'Y TOUCHER MERDE ! Et paf, porte fermée à clé. Il y a même non une mais 2 serrures de sécurité et un lecteur de badge. A croire qu'ils ont eu un prix auprès du fournisseur. Derrière, c'est sûr, Cerbère et Charon assis sur un missile nucléaire sol-air. Evidemment pas de clé dans le coffre prévu à cet effet et personne aux alentours, tout le monde ayant déménagé. Mon dieu, que c'est sot... agaçant...

Moi : "Ils me fatiguent, tous autant qu'ils sont..."
Mais miracle, au bout du couloir, PassePartout !
"Hey ! Le Nain divin ! Vas-y, il faut qu'on entre vérifier notre matériel au bureau 666. En aurais-tu les clés ?
- Ils n'ont pas laissé les clés, les débiles ?
- Apparemment pas...
- Grogniutudiu (PassePartout passe son temps à débloquer des portes que des collègues bloquent alors parfois, il est pas d'humeur). Aaaah ! Mais en fait, le verrou est lié au lecteur sur cette porte. Mon Moultipass divin va ouvrir."

Il n'y a pas de clé. 2 putains de serrures mais pas de clé. Dans la sécurité, apparemment, y'a pas de règles non plus.
D'un geste sec, le Nain passe le petit bout de plastique blanc devant le gros morceau de plastique noir et... clic fait le verrou... et vert fait la loupiotte. Il ouvre la porte et... WOUHOUHOUHOUHOUHOUHOU fait l'alarme... pendant 5 minutes. J'en ai encore les tympans qui sifflent.

PassePartout : "Et merde ! Faut prévenir la sécurité de n'envoyer personne ! (merde, merde, merde, j'ai pas mon gilet pare-balles) Heu... y'a plus de téléphone qui marche dans les bureaux ?
Moi : Bah non, ils ont tout déménagé !
- T'as le numéro de poste de sécurité ?
- D'après toi, je ressemble à un annuaire ? Ben non, le Nain !
- Je vais passer par le standard" s'écrit le Nain en s'éloignant du bruit de l'alarme, mobile à l'oreille.

Lorsque le calme revient et qu'il n'a toujours pas eu de correspondant ni de solution, je demande : "Pourquoi l'alarme n'est pas liée au lecteur de badge ?". Le Nain divin ne me répond pas. Comment le pourrait-il d'ailleurs ? Il n'a pas cette satanée réponse !!! Car enfin à quel responsable sécurité maudit viendrait-il l'idée d'autoriser quelqu'un à entrer quelque part mais en fait NON !! Comment peut-on entrer sans entrer ? miaulé-je faiblement. Schrödinger, sors de ce...

Et... pouik font tous les néons du couloir en s'éteignant d'un coup.

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18 décembre 2016

Du hasard et de la loi de Newton dans la littérature

Cet automne, j'ai passé quelques jours à Madrid, me perdant loin des quartiers touristiques et musardant dans les rues à la recherche de vieilles boutiques de "toda la vida". Des boutiques qui font écho à mon enfance où chaque objet vendu a été tenu par les mains d'un membre de ma famille. On y trouve la boîte à savon à raser de mon père, le flacon à eau de toilette de ma mère ou l'œuf à repriser de ma grand-mère. Pour la plus extraordinaire d'entre elles, la caisse enregistreuse est en bois, les boîtes dans la minuscule vitrine délavées par les années et le soleil. Alors les musées (mêmes ceux du jambon) pouvaient toujours m'attendre.

C'est sur le même mode que je suis entrée dans une librairie presque par hasard. Je ne venais pas y chercher un livre. Mon regard avait été accroché par un produit bien différent.

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Une édition spéciale du maillot de l'équipe de foot championne du monde aux couleurs de la République

Je rappelle que le drapeau aux 3 bandes sang et or est celui de la monarchie. La république espagnole (la deuxième, 1931-1939) était représentée par du rouge, du jaune et du violet.

A la vue de cette splendeur, mon sang-mêlé d'anarchiste, de communiste et d'ouvrier.e.s du textile n'a fait qu'un tour et je suis entrée d'un bond dans la librairie. Le vendeur conseillait d'autres clients alors je me suis mise à fureter à droite à gauche jusqu'à l'arrière boutique. Là, étaient réunies les œuvres de théâtre et les grands classiques espagnols. En résumé, mes lacunes culturelles et néanmoins historico-personnelles réunies en quelques étagères et 2 tables, pointant vers moi un doigt invisible mais accusateur "Rouuuh ! Mauvaise fille, tu ne connais rien à la littérature de tes ancêtres". Oh hé ! La gauche ! Ils vont se calmer ! Déjà, dans la famille, ça ne fait pas si longtemps qu'on sait lire alors, hein, camembert les livres !

Le vendeur n'étant toujours pas libéré, j'avançais dans ma recherche d'un classique pas trop gros (déjà en français, ça peut vite être chiant), pas trop ancien (parce qu'une langue évolue et que je ne me sens pas encore d'attaque pour El Quijote). Voyons voir... "Bodas de sangre" (Noces de sang de Garcia Lorca) ! Pas épais, datant du XXème siècle, ça me pl... BLAM !!! Un livre, à ma droite, vient de s'écraser au sol. Le bruit m'a fait bondir car il vient de l'autre bout du présentoir. Où je ne suis pas et où personne d'autre ne se trouve pour le faire tomber. Le bouiboui est hanté. Tandis que je me baisse pour ramasser le suicidé, le vendeur passe dans mon dos et s'écrit :
"Tu as besoin d'aide ? (l'autochtone peut avoir le tutoiement facile surtout dans une librairie de gauchistes)
- Ca va. Je crois qu'un livre vient de me choisir.
- Alors il faut que tu repartes avec. Il ne faut pas fâcher les livres."

Je retourne le volume et regarde la couverture. Hmmm... Sexy...

elabuelo"Le grand-père" de Pérez Galdos. Je ne connais ni l'auteur, ni le titre. Je n'ai pas la moindre idée de l'époque où il a été écrit et je n'irai pas lire la 4ème de couverture.

Je vais le ranger dans... ah bah, zut, il était où ce machin ? Je n'arrive pas à trouver d'autres œuvres du même auteur. Ni même un emplacement où il manquerait. "T'étais planqué où toi ?" Le vendeur passe dans l'autre sens "Je suis à toi dans 5 minutes". Je pose le grand-père au hasard et retourne à Garcia Lorca. J'embarque "Noces de sang" et reviens dans la 1ère salle. La cliente est en train de régler. Le vendeur me sourit. Une impulsion. Je reviens sur mes pas et récupère Pépé. Si un livre te choisit, t'es qui pour lui tourner le dos ?

Je suis repartie de la librairie sans le maillot souhaité (plus ma taille) mais avec un t-shirt des Brigades internationales et avec deux livres imprévus.

Je le commence aujourd'hui. Ecrit en 1897, il fait partie du cycle "spiritualiste" de Pérez Galdos (1843 - 1920). L'auteur a été romancier, dramaturge, chroniqueur et député. Il est (selon Wikipédia) l'un des meilleurs représentants du roman réaliste du XIXème siècle. L'histoire : un vieux noble désargenté découvre à la fin de sa vie que les valeurs qui ont régi sa vie : l'honneur, le sang, la tradition et le passé ne sont rien face à "l'unique loi", la seule qui vaille d'après Benito. Benito Pérez Galdos. Suivez un peu !

Je vous laisse. J'ai rendez-vous.

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11 décembre 2016

Petits agacements du moment

Pour une fois, je ne vais pas râler contre la période des fêtes. Non. Parce que ce sont les dernières que je vais passer en paix et en démocratie, alors autant en profiter. Ce qui m'agace, c'est que dans ma volonté de m'extirper de mon quotidien (en y faisant parfois un ménage physique) et de m'ouvrir au monde (en tentant de nouer des relations "et plus si aff"), je fais face à ce que je ne nommerai pas des emmerdes mais des agacements.

Exemple n° 1 : Pinder
Ça ne marche pas ; ça ne matche pas. Faut dire que j'ai dégagé 90% des propositions. Faut dire aussi qu'il y avait pas mal d'hommes dedans (oh l'appli ! dans "Femmes" c'est quelle lettre que tu ne comprends pas ?) et des femmes qui cherchent des… hommes. Dis donc Pinder, tu ne te foutrais pas un tout petit peu de ma gueule par hasard ? En conclusion toujours célibataire. Voire très célibataire (mon vibro est HS).

Exemple n° 2 : les SDF
Comme tout•e Parisien•ne qui se respecte et qui prend le métro, je rencontre quotidiennement des humains sans domicile fixe qui font la manche. Récemment, pas par générosité mais uniquement pour me dégager de toute culpabilité, j'ai décidé de donner systématiquement à tou•te•s 50 centimes. Dans la foulée, j'ai constaté que c'était la pièce la plus rare qui soit. Que l'inventeur du monnayeur était une brèle : pourquoi ne pourrait-on pas choisir les pièces qu'on soit obtenir ? Certains distributeurs de billets le font bien. Pourquoi ne peut-on mettre toutes les pièces de 1 et 2 centimes généreusement distribuées par ces fourbes les boulangers pour obtenir de plus grosses pièces ? Bref. J'ai également remarqué qu'il me fallait un peu d'entraînement pour ne pas dire non (réflexe bien intériorisé) et je suis devenue la championne du demi-tour : "Non… aaaah attendez, si !". Enfin, il faut que j'évite certaines rues ou quartiers à fort taux de fréquentation touristique (dans Paris, fastoche) ou alors que les SDF se munissent d'un lecteur Monéo. Qu'ils fassent un effort, merde !

Exemple n° 3 : chez moi
J'ai entamé un débarrassage de livres que je ne veux pas garder mais pas les vendre ni évidemment les jeter. J'ai aussi acheté des noix. Et comme à chaque fois, tandis que je glissais le paquet dans mon panier au supermarché, je me suis dit "au fait, tu as un casse-noix ?". Et comme à chaque fois, en rentrant et en fouillant dans le tiroir à bordel qui sert jamais, j'ai de nouveau constaté que "ben nan hein ! C'est pas comme si tu te posais la question à chaque achat desdites noix". La solution fut donc la même que d'habitude : la pince multiprise. Qui fait un excellent casse-noix. Ce n'est pas super élégant mais finalement ça fonctionne. Quel rapport avec les livres ? Deux secondes, j'explique. Donc, je fouille en vain dans le tiroir à bordel et tombe, au milieu des tire-bouchon, pierre à aiguiser, ouvre-boîte et passoire, sur… un petit livre de recettes (format 8 sur 12) : "Recettes pour amoureux. 130 recettes pour tendres tête-à-tête". Cf le point numéro 1 et mon peu de goût pour la cuisine sophistiquée (c'est-à-dire au-delà de faire bouillir de l'eau ou jeter des aliments bruts dans une poële), j'en déduis que ceci est un cadeau. Ce n'est pas à moi ! Carpaccio de mangue et crevettes rôties… et puis quoi encore !

Je jette le livre sans ménagement sur la table basse à côté d'un autre ouvrage au format également bâtard d'environ 8 cm sur 9 : "Essence de la sagesse" du 14ème et dernier Dalaï Lama. En quatrième de couverture, une phrase attire mon attention : "Cet ouvrage présente l'essentiel de son message pour vivre dans l'harmonie, la compassion, le bonheur et tendre ainsi à la sagesse". Rien que ça. La pensée du Dalaï Lama résumée en une soixantaine de pages (l'éditeur n'a pas osé mettre les numéros de page…). Celui-ci est bien à moi. Je me souviens l'avoir lu. Et si j'avais eu la mauvaise foi d'oublier, étant donné le peu d'impact que sa lecture a eu sur ma vision de la vie, 2 pages cornées me rappellent que j'ai même voulu me souvenir de 2 choses importantes. Dont je ne me souviens évidemment pas ! Du coup, pas la peine de tuer des arbres pour faire un livre plus épais. Format parfait.

"Mais quoi c'est donc les phrases qui t'ont tant marquée ? Dis nous Gouinette". Te voici bien curieuse petite souillon (cf point n° 1 : tout s'explique… je me fatigue).
Première pensée dalaïlamesque : "Lorsqu'on agit pour satisfaire ses désirs immédiats sans se soucier de l'intérêt d'autrui, on réduit à néant ses chances à un bonheur durable"… Désirs immédiats ? Oh ! Ça va aller, c'est juste un sachet de noix quoi !

Deuxième pensée (attention, c'est long) : "La faculté que nous avons de sourire est selon moi l'une des plus belles caractéristiques humaines. Je suis toujours un peu intrigué lorsque je souris à quelqu'un et que ce quelqu'un ne réagit pas ou garde un air grave. En revanche, mon cœur se remplit de joie dès que l'on me sourit en retour. Même lorsqu'il s'agit d'une personne que je ne connais pas, je suis ému qu'elle me sourie. Pourquoi ? La réponse est probablement la suivante : un sourire authentique touche en nous une qualité fondamentale, notre gratitude naturelle face à la bonté."
Un conseil mon Dalaï d'amour pur, arrête de sourire aux douaniers chinois… On voit bien qu'il n'a jamais pris le métro. Un•e inconnu•e qui te sourit, c'est chelou.

Pourquoi avais-je bien pu choisir ces deux pensées ? Cela avait, je le suppose, un sens à cette période de ma vie. Mais aujourd'hui, j'avoue. Ça fait pschitt. Un peu perdue dans mes miennes pensées, franchement déçue par les deux messages. À croire que j'avais corné au hasard… Pas tout à fait mais si tu es généreux d'un sourire ou de l'intérêt d'autrui, évidemment que tu vis mieux. Mon regard erra sur la page d'en face. "La caractéristique principale du bonheur véritable, c'est la paix : la paix intérieure. Je n'entends pas par là la sensation de "planer" ! (ah merdre, tant pis pour le pschitt) Je ne parle pas non plus d'une absence de sentiments. (re-tant pis pour le vibro) Au contraire, la paix, au sens où je la conçois a pour origine le souci d'autrui et implique une grande sensibilité et beaucoup de sentiment."

C'est ce que je me tue à vous dire !

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06 décembre 2016

Arme fatale et arf t'as mal !

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Ceci sont… qui a dit "sec" ? Je vous vois, vous savez ? Je reprends. Veuillez trouver ci-dessus des armes mortelles. Et pas seulement en raison de la réaction allergique létale que leur port provoquera irrémédiablement chez tout.e fashionista. Ces accessoires peuvent vous sauver la vie ! Il suffit de savoir s'en servir. Attation, les images qui suivent peuvent heurter la sensibilité des téléspectateurs (dégagez les fiottes !).

Arme numéro 1 : la casquette
Il n'est pas obligatoire d'avoir une casquette du plus grand club de foot du monde. Il est cependant indéniable que cela vous aidera plus qu'une du Madrid. Comment ? Mais si (ça, c'est fait) ! On n'essaie pas de taper avec son bonnet en laine sauf s'il est clouté. Prenez une racaille à capuche qui s'approche de vous, l'air patibulaire mais presque.

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Lattez-lui la couenne ! N'hésitez pas, s'il le faut, à agrémenter votre couvre-chef de plombs de pêche pour l'alourdir.

 

casquette

Ah, elle fait moins sa maline, la caillera !

 

Arme numéro 2 : la ceinture
Si vous avez vu votre agresseur arriver de plus loin, vous avez eu le temps de dégager d'un geste fluide, rapide et d'une élégance rare votre ceinture, vous la pliez en deux et…

ceinture

Vous lui lattez la couenne ! Si vous avez un fouet à clous, c'est encore mieux.

Arme numéro 3 : le téléphone
Vous téléphonez dans la rue (sérieux, vous cherchez les emmerdes). L'encapuchonné s'avance d'un pas décidé vers vous. Servez-vous de votre outil de communication comme d'une masse d'armes et…

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Lattez-lui la couenne !

Pour être plus efficace, entourez votre téléphone de barbelé. N'oubliez pas votre gant en cotte de maille afin d'éviter toute égratignure.

Merci pour votre attention et merci à mon hitman, mon collaborateur, mon sparing partner… enfin ce qu'il en reste.

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30 novembre 2016

L'enfant qui disait des secrets à l'oreille de sa mère

C'est en sortant du métro cette semaine, emmitoufflée jusqu'aux oreilles que j'ai croisé un enfant rentrant de la maternelle avec sa mère. Il ou elle, je ne sais pas. Je ne reconnais pas bien à cet âge-là. Le cheveu était mi-long et le vêtement androgyne. Quoiqu'il en soit, l'enfant fit s'accroupir sa mère en lui promettant "maman, je voudrais te dire des secrets à l'oreille".

Le soleil finissait de se coucher ; le ciel était d'un bleu intense. L'air était froid et sec et les décorations de Nowel illuminaient la rue. Il me vint l'envie d'un chocolat chaud et fumant, d'un plaid, d'un canapé et de secrets à murmurer à toutes les oreilles du monde. Approchez-vous, j'ai un secret à vous dire.

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Et si malgré l'élection ici et ailleurs de politiques plus réactionnaires les uns que les autres, nous construisions un monde meilleur pour Nowel ? Ou pour n'importe quelle date religieuse à la con ou même n'importe quelle date tout court. C'est si facile ! C'est à nous de décider finalement. Hein ? Nan, je suis pas payée par cette enseigne. Et non, je n'ai pas pris de drogue. Ca suffit ! "Le meilleur du monde pour un monde meilleur"

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Voyons d'abord ce que ces cadeaux de genre ont en commun : le bien-être (mais la femme a plus de besoins, 101 contre 75), le jardin (et là, c'est l'homme qui gagne, 55 contre 48), les voyageurs infatigables (le sac à dos du mâle est plus lourd que celui de la femelle) et les chanceux qui ont tout (un monde meilleur si tu as tout...). Dans cette dernière catégorie, les femmes ont plus tout que les hommes puisqu'elles bénéficient de 79 choix pour compléter leur tout contre 93 pour les hommes.

Les autres catégories que c'est pas les mêmes pour les hommes et les femmes. L'homme est un incorrigible bon vivant tandis que la femme explore les saveurs. Il bouffe n'importe quoi. Elle fait attention à sa ligne. Je traduis pour les mal-comprenants. Comment ? C'est le même discours sexistes qu'ailleurs ? Bah oui ! Un monde meilleur ne doit pas être trop trop différent de l'actuel sinon on vendra plus rien !
L'homme est amateur de randonnée et la femme... est une belle élégante. Elle attend son homme parti crapahuter dans la verte au fond de sa caverne en s'épilant le mammouth.

Mais le plus beau de tout ça, c'est que ce sont les mêmes produits qui sont distribués dans ces différentes catégories et qu'un engin aussi étrange que le couvert Georgette (espèce de cuillère-fourchette-couteau-mon-dieu-mais-c'est-quoi-ce-truc) est rangé dans "l'exploratrice des saveurs" chez madame et "l'amateur de randonnée" chez monsieur.

Gamin.e ! Je vais te dire un secret à l'oreille...

natureetdecouvertes

 

ON N'EST PAS SORTI DES RONCES !

 

 

PS : j'aimerais connaître les chanceux qui dorment dans cette zoulie tente imprimée pastèque. Pas steak... Humour... Je vais vomir et je reviens.

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26 novembre 2016

Le grand cirque

"¡Amiga!
- ¡Sí!

- Trois ans, deux cancers maternels et un changement professionnel après ma séparation, j'ai décidé de travailler ma vie amoureuse et sexuelle et vice-versa voire les deux.

- Bravo !

- Je viens donc chercher auprès de toi, d'avisés conseils d'utilisation de ces applications de rencontre. Laquelle as-tu utilisé pour tomber toutes tes meufs ?

- Pinder ! La foire aux freaks. Le grand cirque mondial qui offre le plus grand nombre d'abonnés et donc de possibilités de faire des rencontres. A l'international ! Tu pourrais connaître quelqu'une Argentine par exemple !

- Pour quoi faire une Argentine ? Je vis à Paris.

- Connaître des gens.

- Oui, j'ai bien compris mais pourquoi à l'étranger ? Je vis à Paris.

- Voyager, travailler ton espagnol, te faire des ami.es, avoir une vie sociale.

- En Argentine ?!? Que veux-tu que j'aille f... oui, bon, OK. Sinon, comment ça marche le bouzin ?

- Tu te crées un compte et tu te racontes. Tu devrais mettre des photos un peu différentes.

- C'est sûr. Pas de photo =  moche. C'est quoi une photo différente ?

- Des photos qui disent qui tu es. L'appli va se connecter à ton profil Fessebouc et tu pourras choisir.

- Comment ça mon profil, c'est obligatoire ?

- Oui. Tu te crées un compte via ton profil.

- Mais je veux pas ! Déjà que FB me gonfle, je ne vais pas l'ouvrir à une appli externe qui va venir chercher mes infos, mes ami.es, mes goûts !!

- Crée-toi un autre profil avec rien dedans.

- Nan ! Ca me gave !

- Mais tu vas bien échanger avec les femmes ? Leur raconter un peu ta vie ?

- Heu... oui... c'est obligé ?

- Il faut que tu montres un peu qui tu es. Parce que tu as un caractère spécial.

- Comment ça spécial ?

- Nan mais je t'adore. Ce n'est peut-être pas le bon mot. Tu es particulière.

- De mieux en mieux. Particulière ?!

- Reconnais que tu as quand même un humour bien à toi !

- Moui...

- Et qui peut surprendre au premier abord.

- ... ouh bah si on peut plus rien dire...

- Donc si je comprends bien, tu veux rencontrer des femmes à Paris et sans leur parler. Va falloir travailler ta technique..."

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Je suis pas sortie des ronces.

Posté par Gouinette à 20:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 novembre 2016

"Remember, remember the 13th of november"

Je suis allée au cinéma aux Halles (voir "Mademoiselle" de Park Chan-Wook, une merveille, précipitez-vous !). Arrivant au Forum depuis la rue de Rivoli, j'ouvrai machinalement mon sac à main pour le présenter à l'agent de sécurité présent à cette entrée. Je pris ensuite mon ticket et fis la queue devant ma salle. Derrière moi, deux femmes parlaient. Assez haut pour que j'entende. "Ils vérifient pas les sacs, t'as vu ? Alors qu'à la Fnuck, oui. C'est n'importe quoi ! L'année dernière, j'avais râlé et l'agent de sécurité m'avait dit 'c'est à cause de gens comme vous qu'il y a des attentats.' Ca m'avait mise en rage !"

Il est clair que les mesures de sécurité visibles établies depuis les attentats du 13 paraissent totalement à côté de la plaque si on les compare aux modes d'action des étronistes ou tas-de-merde (je les appellerai pas autrement). En effet, ils n'ont pas essayé d'entrer dans un magasin en cachant leur kalachnikov dans leur sac à main. Ils sont arrivés en voiture, ont défouraillé et tiré sur la foule dehors ou sont entrés au Bataclan mais en tirant. Ca ouvre beaucoup de portes. Et ils avaient en option une ceinture d'explosifs. Un autre a écrasé des gens avec un camion. Et les seules femmes ayant tenté quelque chose ont entassé des bouteilles de gaz dans une voiture à laquelle elles ont essayé de mettre le feu. Toujours pas de sac à main de la mort dans l'affaire.

Parce qu'on est tou.te.s très, très con.ne.s, ces mesures visibles sont donc supposées nous rassurer. Comme l'état d'urgence qui a, de l'aveu même du président, surtout servi à mater quelques écolos agités. Quant à l'armée qui sillonne les rues, les métros et les gares de Paris, je rappelle que ces jeunes gens ne sont pas une force de police et qu'ils ne peuvent pas ouvrir le feu sans un ordre de leur hiérarchie. Dans une démocratie, c'est plutôt une bonne chose. Mais on en déduit qu'à part à de l'affichage pour le peuple, leur présence est inutile. Voilà, voilà.

Les commémorations sont bien utiles comme on le voit. Elles permettent de repenser les choses, de faire resurgir des questions, de remettre les choses en perspective. Les services hospitaliers ont-ils suffisamment de personnels pour bien fonctionner (y'a pas eu grève récemment) ? Les policiers ont-ils un matériel en état de fonctionnement (le bouclier de protection Ramsès utilisé au Bataclan et donc endommagé a été récemment remplacé) ? Sont-ils formés ? Et la réponse (terrifiante) est donnée par un policier à son procès "Prison avec sursis requise pour le policier qui avait frappé un ado": "J'ai fait mon métier, mais nous ne sommes pas formés aux missions de maintien de l'ordre. Nous n'avons pas, non plus, le matériel adéquat."

Pour le matériel donc, c'est toujours le foutoir (et le goût de nos forces de l'ordre pour les flash-ball n'arrange rien) mais surtout pas de formation des policiers au maintien de l'ordre. Mais ne serait-ce pas l'une de leurs missions premières ? Ou bien ? Je nous laisse méditer là-dessus.

Posté par Gouinette à 11:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 novembre 2016

C'est la dernière fois.

Promis, après ce post, j'arrête de vous prendre le chou avec l'autre truffe de président étasunien élu, D.J. Trump. Il est clair qu'il a mis l'ambiance et que ça va continuer. Je retire tout ce que j'ai dit sur les années de merde vécues depuis… Pfff… Je ne dirai plus rien. J'ai l'impression que le futur est en mode "comment ça j'suis pas cap' !?" et là, ça devient flippant.

Alors, donc, voilà, l'autre matin, mon réveil sonne et comme toute bonne droguée hyper connectée, je me précipite sur mon téléphone pour lire les infos de la nuit sur quelques applis de journaux tout en écoutant la radio de la France Inter. Comme en ce moment, les infos nocturnes viennent de l'ouest, ça discute sec sur le premier (et pas le dernier) entretien de Dodo l'Assomoir. Le journal sonore me fait un résumé des idées heu… des trucs qu'il a vomis… aboyés… dits : l'Obama Care qu'il veut dégager heu… améliorer, les clandestins qu'il veut virer par paquets de 3 millions, les homosexuel.le.s qu'il ne va finalement pas démarier, l'avortement qu'il va sabrer, son salaire qu'il ne va pas toucher, etc. Je ne parle pas des armes à feu. En tout Étasunien sommeille un cow-boy prêt à faire le boulot de la police : abattre des noirs et des indiens.

Ce n'est donc pas au niveau du contenu que je tombe de l'armoire et ou que je saute au plafond mais face au titre de l'article de Ouest-France. Je n'ai pas eu le réflexe de faire une capture d'écran mais comme je l'ai publié sur le Livre du Visage, voici une capture de la version originale : "[Mister T] annonce qu'il renoncera à son salaire de président". Et donc, l'atteinte aux droits des femmes, la santé des pauvres, on s'en cogne ! Le mec va pas toucher un radis pour mettre son pays à feu et à sang.

ouestfrance-1erTrump

Alors je me dis, dis donc journaliste, rédacteur en chef, patron de presse, tu n'aurais pas une vision toute orientée facho de la hiérarchie de l'information ? "C'est pas un mauvais gars. Il va faire ses saloperies gratos !".

Râlant tel le putois des andes en période de rut, je passe à la presse étrangère espagnole (la seule langue que je parle correctement) et je constate qu'El País et El Diario.es ont titré pour cette même interviou sur les migrants qui vont se faire lourder. Comme ce sont des journaux de gauchistes (pas tout à fait pour El País), je me dis que j'irai voir dans la journée ce qu'ont titré d'autres journaux français. Plus tard, parce que là, il faut que je fasse ma vaisselle, prenne ma douche, aille bosser, bref ! C'est lundi.

Un peu plus tard dans la journée, chose que je me suis promise, chose que je me dois, je me fais une toute petite revue de presse franco-française : Le Monde, Le Figaro, Le Parisien et donc Ouest-France sur le site duquel je retourne pour… découvrir que le titre a été modifié : "[L'autre enflure]. Immigration, salaire, avortement : sa première interview". Sauf qu'ils n'ont pas modifié l'adresse URL de l'article qui affiche toujours le titre original.

ouestfrance-trump

 

Je continue donc ma recherche. Le Monde avait d'abord titré "[La mèche] annonce qu'il va renoncer à son salaire de président". Dis donc ! Je t'ai vu !!

lemonde_trump

On peut heureusement compter sur le Figaro pour assumer toutes ses positions politiques. Pour ce journal, l'important dès la première heure et même après et même jusqu'ici, c'est d'expulser les "criminels clandestins".

figaro_trump

Sur le Parisien, l'URL annonce "[Gros veau] reste contre l'avortement, pour les armes, sa première interview" et le titre "Avortement, immigration, salaire : les premières annonces de [Sous-Bock]". Entre l'adresse et le titre, on a tous les thèmes traités. Rien sur le PSG.

parisien_trump

 

Voilà, j'arrête avec le rouquin d'outre-Atlantique. Y'a déjà une blonde qui surfe sur son élection. Mais restons vigilants. Les mots comptent.

Posté par Gouinette à 20:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]