Gouinette parle trop

14 juillet 2018

Des nouvelles de mes poils

Mon épilateur-tondeuse a rendu son bloc mécanique à dieu. Cette panne est arrivée à point nommé. C'est comme s'il avait deviné que j'avais changé mon fusil d'épaule. Mon fusille des poils.
Comme beaucoup de femmes (oui, même des féministo-lesbico-gauchisses dans mon genre), j'ai commencé à agresser mon corps il y a longtemps. Je revois la scène : cour du collège, nous sommes 3 filles à attendre l'heure d'entrer en classe lorsque l'une d'elle s'exclame "J'ai oublié de me raser pour le sport !". Je découvre par hasard que les poils, c'est mal. Elle en a d'ailleurs bien moins que moi. La saison de la chasse s'ouvre.

J'avoue ne pas avoir été très virulente pour une brune. J'ai principalement usé du rasoir malgré ma légendaire maladresse et de la crème dépilatoire. J'ai testé une fois l'épilation à la cire en salon. C'est douloureux. Pour donner une idée de la douleur à certains garçons de ma connaissance, c'est comme enlever d'un coup sec un bout de sparadrap géant au niveau de l'aine. Mon côté masculin a râlé, je n'ai pas recommencé.

Il y a deux ans, devant quelques poils furieusement réincarnés, zombies du follicule, j'ai pensé solution fatale, sabre laser pour mon Dark maillot qu'on dirait mon père. Je me suis rendue dans une clinique aux murs défraîchis mais au service dermatologie-esthétique rutilant. Le médecin qui m'a reçue était jeune, apprêté, bien coiffé… maquillé ? Botoxé ? La première séance fut… douloureuse, what else. Lorsque je demandais des pauses, il avait l'air agacé. La cire (le sparadrap géant) arrache d'un coup. Le laser brûle le bulbe du poil. Petite zone par petite zone. Même douleur mais plus longtemps. Joie !

A la fin, il est retourné dans son bureau tandis que je me rhabillais. Je l'y rejoignis. Son bureau est design, son pc portable, pomme dernier cri, sa montre qu'il a remise à son poignet, de luxe. Il m'expédie en dix secondes vers la caisse en me conseillant le froid et la Biafine. Pour le froid, j'avais été bien servie pourtant. La deuxième séance fut aussi douloureuse physiquement et désagréable humainement. Je décidai donc de m'arrêter là. La saison de la chasse est terminée.

Armistice unilatéral. Poussez mes chéris ! On va se poiler ! Mes aisselles, mon pubis, mes mollets, soyez fièr·es, soyez flou·es ! Depuis, je ne rase plus à nu. Finie la souffrance, adieu la tête épilatoire de l'outil, bonjour la douce tondeuse. Je tonds, je rabats mes pelouses intimes. Mais attention ! Pour virer hippie de ses toisons, le choix de date (alerte contrepèterie) de début est important. Car il faudra bien tout un automne et tout un hiver pour se réhabituer à leur présence. Mais surtout à leur vue. Il n'est pire œil inquisiteur que le sien propre. Voire les deux. Toute proclamatrice de mes droits inaliénables et chasseuse de sexisme sois-je (coucou Mylène), le poison s'est insinué depuis la cour du collège, il n'est pas facile de l'évacuer.

L'hiver, tout est recouvert. C'est le bon moment pour traiter les zones à reforester aux sabots. Pas ceux d'Hélène, non, les sabots de la tondeuse. Pour passer du "nu" au "ras" puis à "quelques millimètres" jusqu'à "ooooh ! c'est agréable cette sensation de ne plus coller au niveau des aisselles car leur pelage refait son office de gestion de la transpiration". Sauf que… sur la version féminine d'une tondeuse, il y a peu de sabots. La mienne n'en avait qu'un. Mono-sabot. Licorne monopode, on ne va pas aller loin comme ça. Mais alléluïa ! la tondeuse est morte. J'ai sortie la carte bleue. Et je me suis dirigée vers le rayon homme. Car ces messieurs, chez qui le poil, n'a rien de mal mais tout du mâle (désolée), ont droit à des équipements magnifiques, solides, pratiques, qui vont sous l'eau et moins chers. Et pas roses, ce qui, personnellement, me rend folle de joie.

deuxmainsgauches

Oui, j'ai deux mains gauches.

A gauche, la version tondeuse femme vue par un ingénieur persuadé que nos mains sont plus grosses que celles des hommes. La mollette au milieu sert à changer de vitesse. Sans doute pour l'épilateur, mais personnellement, m'épiler lentement, non merci. Ça ne sert donc à rien. Juste au-dessus dans un rond gris ? Une lampe. Je suppose en cas de panne électrique générale, que tu puisses rester imberbe 7/7 - 24/24. Un seul sabot. Un seul sens pour tondre

A droite, une tondeuse pour corps d'homme et pour ma petite main de femme. 3 sabots de 3, 5 et 7 mm et double sens de tonte. Un bouton on/off. Point barre. J'adooore.

Je vous laisse ; je vais aérer mes 3 mm. Bientôt ils passeront à 5 puis 7 et puis… Bisous et prenez vraiment soin de vous.

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23 juin 2018

Où suis-je ?

Ce matin, j'ai ouvert un œil aux forceps à 7 h 52. Je suis précise car m'étant couchée tard dans mon lit après avoir d'abord roupillé sur le canapé (j'ai une vie de rêve, je sais), je fus très étonnée de voir une alerte "Prise de sang" affichée sur l'écran du téléphone. "Mais… on est dimanche…". Ah nan, nan, on est samedi me suis-je répondu. Ah ouiiii, hier je suis allée au théâtre mais nous étions bien vendredi. Comment ? Non, je n'ai pas bu. D'ailleurs, je vous conseille la pièce. Il s'agit de l'adaptation sur scène de l'essai de Virginie Despentes "King Kong Théorie". Et c'est très bien. Et c'est au théâtre de l'Atelier (oui, à Paris). Et ce n'est que la 4ème fois que je vais la voir. Les 3 premières fois, c'était en 2014. Étonnamment, j'ai redécouvert la pièce. J'avais oublié malgré la forte impression qu'elle m'avait faite. Malgré le fait que grâce à cette pièce, j'ai tout lu Despentes. J'ai réfléchi sur ma vie, mon œuvre, le féminisme, les violences, la société machiste. Mais j'avais oublié que la pièce est fantastique (mise en scène par Vanessa Larré) et servie par des comédiennes de talent : Valérie de Dietrich et Anne Azoulay (déjà présentes en 2014) et Marie Denarnaud.

Enfin bon, c'est pas tout ça, mais il était donc 7 h 54 quand j'enfilais un jogging (je suis une princesse de conte) pour me rendre au labo du coin faire ma prise de sang en me disant : "ça va être blindé. Est-ce que je prends de la lecture ?". Je regardai mon livre d'un œil bouffi (l'autre n'étant pas ouvert) et décidai de patienter sans rien. Tiens, mon livre ! En ce moment, je lis ça :

pouvoir

C'est très très bien. C'est un pavé que je dévore et que je vous conseille.

Mais bon, hormis mes passionnants conseils culturels… aaaah ! y'a aussi un documentaire sur Arte : "Un monde sans femmes" ! Bref, je me rendis d'un pas allègre (nan, j'déconne) au laboratoire. Je poussai la porte et tombai sur une salle d'attente vide. Une femme au comptoir et face à elle, DEUX employées. J'ai failli me dire "merde, c'est fermé". Sauf que j'étais dedans. Le samedi matin, ça n'existe pas une salle d'attente de laboratoire vide. Perturbée, titubante, je me dirigeai vers l'escargot à ticket d'attente lorsque l'une des employées me dit "ne prenez pas de ticket madame".

MAIS VOUS AVEZ PAS FINI DE BOUSCULER MON MONDE !!!

La femme fait le tour de la banque pour venir à moi. Je lui tends mon ordonnance. "On a une panne informatique. Faites voir… hum… la thyroïde, c'est bon, ça se conserve. On va pouvoir vous prendre. Vous êtes déjà venue ?". Je fais oui de la tête. Comment ça, ça se conserve ? Pour faire du boudin ? Quel rapport avec la panne ? La seconde employée me fait signe d'avancer, prend mon ordonnance. "Votre nom s'il vous plaît". Elle a un papier et un crayon. "Sans l'informatique, on doit tout faire à la main". Le vampire-préleveur est déjà là, s'empare de la feuille de papier manuscrite et décrypte mon nom : "Mme Grisette ?". Ouh la !

solitaire

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13 mai 2018

Un sucre dans ton café ?

"Quand vous mettez du sucre dans votre café, demandez-vous d'où ils viennent, par qui et comment ils ont été produits."

Dès que je prends un café, j'ai l'impression de me faire engueuler par Françoise Vergès, autrice de l'excellent "Le ventre des femmes". C'est une phrase qu'elle a dite lors d'un entretien sur une des radios bolchos que j'écoute (attention, ce n'est pas une citation au mot près). Elle venait y présenter son livre sur le thème, inconnu de moi (et à mon avis, de beaucoup et c'est bien dommage), des avortements forcés subis par les femmes réunionnaises dans les années 60. C'était de Gaulle, c'était Michel Debré. C'était la France, mesdames et messieurs ! En métropole, les femmes luttaient pour accéder à la contraception et à l'avortement. Mais la République avait plus besoin d'enfants blancs que de noirs, je suppose. La réflexion de Françoise Vergès s'étend au contexte colonial, raciste et post-esclavagiste de ce que nous n'appelions pas encore nos Outre-mers.

Au cas où j'aurais eu l'idée d'enterrer cette réflexion dans le cimetière de ma mauvais foi, Arte a produit et diffusé une série documentaire "Les routes de l'esclavage". Sucre, café, chocolat, ma vie, mon œuvre furent plantés, récoltés, expédiés grâce au travail des esclaves afin que les capitalistes puissent se faire un max de pognon et que je puisse me faire un "p'tit noir" au comptoir. Oui, c'est de l'humour amer. "Maaaais y'a plus d'esclavage !". Non, effectivement, enfin presque. L'abolition a été votée en France et dans ses colonies le 10 mai 1848. Toutefois, les structures économiques et sociales sont restées. Je n'ai pas connaissance d'une redistribution des terres, des sucreries et autres raffineries ou distilleries (parce qu'on fait du rhum avec la canne). Ni que ces dernières se fussent soudainement transformées en coopératives ouvrières, déhors les riches planteurs blancs esclavagistes !

Dans ma vie de métropolitaine blanche, j'étais passée au sucre de canne car le sucre blanc (de betterave ?), c'est mal. Et bio, dans un magasin bio parce que les marques très connues n'y ont pas droit de cité et que les Grands Groupes, c'est mal. Toutefois, tourneboulée par Françoise V et ma mauvaise conscience, je décidais de lire ma boîte de sucre en morceaux. D'où tu viens, ma petit canne ? On voit bien, grâce au dessin que c'est de la canne à sucre. Par contre pour la "suggestion de présentation" (à droite), j'ai autre chose à foutre du sucre. AAAAH ! Mais que lis-je ? Tu viens du Brésil ??? Si je me réfère au docu d'Arte, le pays est champion du monde du tir à vue sur les noirs. Sans compter… ou mieux, en ajoutant la situation politique actuelle, un peu bof-bof.

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En y regardant de plus près, ce sucre est importé du Brésil par Loiret & Häentjens, sise à Nantes depuis 1871, ville ayant fait sa fortune avec le commerce des esclaves. Je vais sur son site pour en savoir un peu plus.

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Cette entreprise appartient au groupe Tereos (actionnaire majoritaire), né en 2002 mais issu de Béghin-Say (marque très connue) dont les deux composants, Béghin et Say, sont nées au début du XIXème siècle. Say, sise à Nantes et créée en 1821, faisait du sucre de canne. Tu la sens l'économie de l'esclavage ? Et la mainmise de groupes sur la filière sucre (car c'est toujours rentable) ?? Je vous conseille la visite des sites des entreprises et des groupes car il y a une capacité à parler du sucre de canne, produit plus noble que le sucre de betterave, sans jamais évoquer (ou le moins possible) ses origines. Exemple chez Tereos… le joli dessin qui explique tout le processus de transformation de la canne en sucre… sauf… sa plantation et sa récolte. Chez Tereos, la canne pousse dans des camions.

canne-tereos

Encore mieux sur le site de Béghin-Say, ils mettent en avant les produits issus de la canne (c'est bien plus sexy qu'une betterave) mais quand tu cherches des infos sur la fabrication…

sucre-beghin

BIIIIM ! Il ne reste plus que la betterave, "racine charnue […] Cultivée principalement dans le nord de la France". Ben voyons ! Quant à l'origine de la canne, mystère. N'ayant pas de produit de cette marque sous la main, j'ai cliqué sur "Nous contacter" et j'ai demandé.

En attendant la réponse, j'ai sorti mon sucre en poudre (blanc) de la marque Saint-Louis (1865) pour un peu de lecture. Et j'ai beaucoup appris sur l'emballage et sur le fait qu'aucun psychopathe n'avait songé à mettre des lardons ou du sel dans mon sucre et que donc, il était composé à 100 % de… glucides… tadaaaah ! Direction le site internet de la marque, où comme d'habitude, on apprend beaucoup sur la betterave, son lieu de naissance, le nom du cultivateur mais rien sur la canne. Alors j'ai aussi cliqué sur "Nous contacter" pour demander d'où qu'elle vient ta came, morbleu !

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En constatant le peu d'entrain des communicants à communiquer (dans les deux, il y a… commu) sur les origines de la canne, j'ai fortement douté de jamais obtenir une réponse. Femme de peu de fois ! Pardonnez-moi Françoise parce que j'ai péché mais toujours pas pécho !
Saint-Louis (qui rendait sous un chêne, oui, c'est dégueu) m'a répondu en premier : "on se fournit à la Réunion et à Maurice (non Marlène, pas "chez" Maurice, c'est pas le même) et on change si on veut !"

SaintLouis-reponse

Mon Béghin, ma Delphine m'a répondu sur un ton plus sautillant "de la Réunion, c'est trop bien le sucre !".

beghin-reponse

J'en suis là de ma réflexion sucrière. Je choisis de la betterave hexagonale non bio ? De la canne bio qui vient de l'autre bout du monde pas en bateau à voile et dont j'ignore si les planteurs sont des descendants d'esclavagistes ou quelles sont les conditions de travail et de rémunération des ouvrier·es ? Remplacer par du miel ? Exploiter les abeilles, c'est mal. L'agave ? Les mêmes questions d'impact écologique et social se posent. C'est comme la fois où j'ai entendu une personne non allergique ou intolérante aux œufs dire qu'elle avait remplacé l'œuf de ses gâteaux par de la banane. Explique-moi comment faire venir une banane de nos Outre-mers ou d'ailleurs dans le monde, mais dans tous les cas, LOIN, c'est mieux qu'utiliser des œufs de poupoules gambadant dans la campagne d'un élevage bio ?

Quand je pense que je n'ai pas encore attaqué le café…

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28 avril 2018

Je soutiens la grève SNCF

C'est bizarre mais dès que je dois me rendre devant un guichet de la SNCF avec un être humain derrière, j'ai l'impression d'assister à un sketch. Je n'ai plus mis les pieds à la sécu depuis belle lurette mais je suppose que ce doit être kif-kif bourricot (vous aussi, placez des expressions de votre enfance dans la conversation et amusez-vous des regards d'incompréhension de vos interlocuteurs et trices). Je n'ai pas pu régler mon problème sur les internets. Comme je suis une cliente fidèle avec une carte du même type, il a fallu que je me déplace. Ah. Ah… Nan, c'est faux mais j'ai eu le malheur de devoir imprimer mon billet et hop ! bonne pour la zone d'attente.

Profitant de mes derniers jours de vacances, je me rends en gare Montparnasse où un premier accueil humain me renvoie vers un second accueil où l'on me redirigera vers le bon espace. J'enfile ma combinaison de cosmonaute. "Ground control to major Tom", le deuxième humain d'accueil déserte son poste en criant de prendre un ticket, seul·es comme des grand·es, sur la machine dont c'est la fonction. Voyons voir… départ aujourd'hui, un autre jour, espace pro. Magnifique ! c'est pour un remboursement de billet annulé pour cause de grève. Par élimination, je choisis "départ un autre jour".

Je regarde mon ticket : 3063. Je regarde l'affichage des numéros d'appel : 3018. Que 45 personnes devant moi… Oooh ! et que des cheveux blancs (quand il en reste). Evidemment, qui n'utilise pas les outils "modernes" et a le temps d'aller prendre un billet dans une gare devant un être humain ? Bref, dans ce type de salle d'attente, il n'y a pas forcément une personne au bout de chaque numéro. D'une part, il faut compter avec un·e parkinsonnien·ne qui a pu prendre de 2 à 3 tickets d'un coup. D'autre part, il y a ceux dont le voyage s'arrêtera sur le fauteuil de la salle. RIP. C'est pratique. On peut espérer 20 % de pertes entre la machine à tickets et le guichet.

Pour évaluer correctement son temps d'attente, il faut aussi compter avec la lenteur de déplacement de l'usager entre le bip sonore de nouveau numéro et l'arrivée à bon port, et ce pour cause d'arthrose, canne ou déambulateur. D'autres voient mal le numéro (la lecture sur écran est difficile. Essayez de lire "Guerre et paix" sur votre télé, vous m'en direz des nouvelles). D'autres encore ne voient pas bien le numéro qui pend au-dessus du guichet et rebondissent du 22 vers le 19 avant de finir sur le 26 comme des boules de flipper… mais lentes.

J'avise une place libre. Je m'assois ; je sors mon carnet et mon crayon et j'écris. "C'est bizarre mais dès que je dois me rendre devant un guichet de la SNCF…"

 

 

post scriptum : il ne m'aura fallu que 45 minutes pour être remboursée avec un accueil aimable. Je soutiens la grève SNCF, le service public. Et je vous encourage à lire ceci : https://www.revue-ballast.fr/linjonction-au-courage/

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25 avril 2018

Tu remarqueras que c'est un article de France Cul. Ami·es de la culture, bonjur

Paris : la ligne 13 du métro, "c'est le purgatoire, la porte avant l'enfer"

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est marqué dans le site de France Culture. Et France Culture, c'est sérieux. Finkie travaille dedans. Tu pourras lire que la ligne 13 est occupé à 116 %. Ça doit être en moyenne sur la journée et l'ensemble de la ligne, vu que j'ai déjà pu m'y asseoir et j'ai vu de mes yeux vu des sièges vides. Mais le matin… Le matin, il faudrait une autre unité de mesure pour indiquer le taux d'occupation. Un pourcentage n'est pas assez parlant.

Comme pour les fichiers images, il faut parler de taux de compression. Taux de compression du visage sur la vitre de la porte. Et comme pour les photos, un taux de compression trop important nuit à la qualité de… vie et parfois les plus faibles (coucou Darwin) craquent et font des malaises. Ce qui crée un "incident voyageur" qui ralentit le trafic et vous transforme immédiatement en gardien·ne de camp de concentration grâce aux idées de torture et d'élimination de ladite victime qui surgissent dans votre esprit. Car, non content·es d'être transporté·es comme du bétail, nous en venons à nous comporter, parfois, pas tout le monde, comme des moins que rien.

Par exemple, certain·es, sans doute très en retard, ont l'idée de "finir à pied" sur les voies. Ce qui entraîne une coupure de courant pour éviter les transformer en saucisses grillées. Ce qui m'amène à réclamer intérieurement une application plus stricte de la sélection darwinienne : "COUPEZ PAS L'JUS !". Cela ferait tomber immédiatement le taux de récidive. Mais bon, il paraît que ça ne se fait pas.

plan-ligne-13

La 13, comme son nom l'indique, mais je crois qu'il faudrait la renommer la "Vendredi 13", c'est la ligne de "pas de chance" dans la main de ses usagers. Comme elle est très fréquentée mais pas forcément par des touristes à fort pouvoir d'achat, surtout dans sa partie nord (séparée par une fourche et donc division du nombre de rames par deux, aussi), elle est sujette à des incidents divers et des avaries variées. Un lundi matin, tandis que la première rame part de Châtillon (au sud) à 5 h 30 et de Saint-Denis (l'une des deux branches du nord) à 5 h 36, le premier incident est intervenu à… 5 h 38. Signalisation en vrac. De bonne heure, de bonne humeur ! Et si on commençait la semaine du pied gauche ? Le trafic a été rétabli à 10 h. Soit le foutoir total au pire moment de la journée : les heures de pointe, connues sous le pseudonyme de "l'heure des pointes", celles dont tu aimerais parer tous tes vêtements afin de maintenir les autres passagers à distance. Et ce, afin de constituer une bulle d'espace vital. 5 mm d'épaisseur, sans sac à main dans les côtes, sac à dos dans le nez (je suis de taille moyenne), valises et/ou enfants dans les pieds. À 116 % d'occupation la surface de cette bulle est sous la peau.

En dehors, des incidents, incivilités et autres malaises, il y a l'incident éternel : l'affichage tout pété à l'intérieur des rames dans le sens nord-sud. Le plan lumineux de la ligne grâce auquel on peut savoir quelle est la prochaine station est d'une aide précieuse pour la bleusaille. Sauf que. Dans toutes les rames qui circulent du nord vers le sud, lorsque l'on quitte la gare Saint Lazare direction Miromesnil, la loupiotte ne s'éteint pas. Une station plus loin, on est toujours chez "Lève-toi et marche". Coucou les touristes et les jeunots ! Ce n'est qu'à Champs-Élysées - Clémenceau que l'affichage se régularise. Sur TOUTES les rames. Uniquement dans une direction. Pourquoi ? Pas la moindre idée. Est-ce grave ? Non. Chiant, un peu. Mais j'imagine comment cet incident a pu être régler (au chewing-gum et au couteau suisse).

" Chef ! La signalisation à Saint Laz est ok mais ça dérègle l'affichage dans les rames
- Réglez moi ça ! Respectons nos usagers !
- On peut pas ! Quand l'affichage est bon, ça fait fumer la signalisation sur toute la ligne !
- [mais pourquoi je bosse pas sur la 7bis…] Bon, verrouillez la position, tant pis pour l'affichage intérieur.
- Reçu Chef !… Gilbert ! Vas-y, rebloque le rupteur triphasé avec le rouleau de PQ.
- Et noyez ça sous le béton ! Que ça ne bouge plus, bordel !"

C'est n'importe quoi ? Oui, mais c'est la RATP qui a commencé. Pas moi. Vous souvenez-vous des 4 mètres de neige tombés en février ? Ouiii, bon, 15 ou 20 cm, c'est pareil. Rentrant dans ma datcha à 20 heures passées par la 13, je la trouvais étrangement blindée pour cet horaire. Blindage quasi matinal et lenteur indiscutable : de longs arrêts en station et dans les tunnels. A destination, je m'extirpe de la voiture et marche sur le quai vers la sortie. Soudain, une annonce : "Le trafic est ralenti sur l'ensemble de la ligne 13 dans les 2 sens. Cela est dû à l'arrêt de la circulation des bus à cause des intempéries météorologiques".

Pourquoi ? Vous avez garé les bus dans les tunnels ?

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18 mars 2018

Pauvre homme ou pauvre mec ?

Il y a quelques années, je pensais et même j'ai écrit quelque part dans ce blog que Bertrand Cantat avait le droit de chanter et moi d'écouter le seul album de Noir Désir en ma possession "Des visages, des figures" sorti en 2001. L'album d'avant le féminicide de Marie Trintignant pendant l'été 2003 à Vilnius par… Bertrand Cantat. À cette période, j'étais en vacances au Canada. Je lisais avec effarement dans les journaux locaux que la canicule dépeuplait les maisons de retraite alors que je subissais l'été le plus pourri du coin depuis la naissance de Céline Dion. Puis la mort de l'actrice sous les coups de poings du chanteur. Enquête, procès, condamnation pour homicide involontaire à 8 ans d'incarcération. Prison. Remises de peine. Sortie au bout de 4 ans. Peine purgée.
Elle est étrange cette expression. Purger sa peine. Et la peine des victimes, comment ça se purge ? Payer sa dette ? Mais combien ça coûte une vie humaine ? Allez, les assureurs doivent avoir des barêmes pour ça.

Mais quelque chose clochait dans mon raisonnement. J'étais gênée aux entournures. L'album d'avant le crime ? Le Pétain d'avant Vichy. Aurais-je été pétainiste en 40 ? Oui, j'aime faire des points Godwin, ça m'excite. En 2003, internet existait et je l'utilisais. Mais cet outil du diable me laissait une vie encore une vie personnelle. Facebook naîtrait en 2004 et Twitter en 2006. Je m'informais encore grâce à des médias qu'on n'appelait pas encore "mainstream" : télé, radio, Canard enchaîné. Je ne sais plus quand, ce qui fuitait sans choper un neurone dans mon cerveau a fini par en trouver un disponible : Bertrand Cantat avait déjà été violent avec sa femme. Avant donc les coups de poings qui ont tué Marie Trintignant. En écrivant "Des visages, des figures" ?

Purger sa peine, payer sa dette. A quoi sait-on qu'un détenu qui sort de prison ne recommencera pas ? On ne sait pas. Aussi important qu'ait été le travail sur le délit ou le crime commis pendant la peine. Seule utilité à la prison. Sinon, on sort comme on est entré. Enfin, c'est la théorie qui est loooiiiiin d'être la réalité. Mais bon, un exemple quasi personnel pour illustrer ma réflexion. Dans mon enfance, j'ai connu quelqu'un qui, au cours d'une bagarre d'ivrognes est allé quérir un fusil de chasse pour se défendre et a tué un homme. La Bretagne, le Far West, l'alcool et un homme mort. Et son tueur en prison. Aucun passé de violences, aucun délit. Détenu modèle, remises de peine, sortie, réinsertion. Je ne l'ai jamais revu car il n'a pas le droit de revenir dans sa ville de naissance et de crime. Et je comprends que pour la famille de la victime, ses proches, il pourrait être choquant, bouleversant voire énervant de le croiser à la boulangerie du coin.

Peut-être que Bertrand Cantat est interdit de séjour en Lituanie. Mais ça ne règle pas le problème pour la famille de Marie Trintignant, ses enfants de le croiser non pas dans la rue mais… partout dans les médias. Il a le droit de se réinsérer comme n'importe quel ancien détenu, certes. Alors qu'a-t-il donc appris de son séjour en prison sur les conséquences irréparables de sa violence ? A-t-il fait ou prévu des concerts au profit des association de lutte contre les violences faites aux femmes qui manquent cruellement de financement ? A-t-il écrit des chansons pour d'autres sur ce sujet ? On sait qu'un homme condamné pour pédophilie se verra interdire (enfin je crois… j'espère) l'exercice des professions qui le mettrait en contact avec des enfants. Ça ne choquerait personne. Et ça lui laisserait toutes les autres professions. Prêtre ?

Et puis bon, c'est pas pour dire mais la réinsertion des anonymes est autrement plus compliquée que pour quelqu'un qui s'appelle Bertrand Cantat ou Bernard Tapie. Tapie ! Vous vous souvenez ? Quand il est sorti de prison, rien moins que Claude Lelouch l'avait réinséré dans un de ses films. Ça m'avait bien fait marrer cette remarque du réalisateur. Au fait ! Personne n'a retrouvé le scénario qu'il s'est fait voler, j'espère !…
En France, la prison est une honte nationale : surpopulation, conditions de détention dénoncées régulièrement par l'Europe, les ONG et même les députés quand il leur arrive de les visiter. Cette même prison pour les fous et les folles à 60 € la journée contre 600 en hôpital psychiatrique ("Justice", pièce de théâtre à voir). Quant à la réinsertion…

Mais revenons au SPRR Cantat (Sans Problème de Réinsertion Réel). Des personnes ont manifesté contre son concert à Grenoble. C'est leur droit. Elles l'ont insulté, lui ont craché dessus et jeté des objets (d'après la presse). Ce n'est pas acceptable. Mais qu'a-t-il répondu à cela ? Sur Facebook, il a répondu :

cantat

Issu de l'article du 13 mars de Ouest-France (je ne vais pas lire sa page Facebook)

Bertrand Cantat, étiez-vous sourd aux cris de Marie Trintignant alors que vous faisiez pleuvoir vos poings sur elle ? Étiez-vous aveuglé par votre haine ? Est-ce l'inextinguible révolte des femmes contre les violences sociétales, physiques et sexuelles que vous appelez "le merveilleux climat ambiant" ? C'était mieux avant, c'est sûr, quand les membres de Noir Désir taisaient vos violences sur votre ex-femme et que les Inrocks, déjà ? n'en disait rien.

Pauvre homme, sourd et aveugle. Savez-vous qu'à ce jour 21 femmes sont mortes, tuées par des hommes comme vous, depuis le début de l'année. Votre juge connaissait-il ce chiffre en écrivant une chronique vous défendant aussitôt mise en avant par les grands médias sur ton droit à la réinsertion ? Ou Joey Starr en une de Playboy : autre homme condamné pour des violences contre des femmes, Playboy qui utilise les corps nus des femmes pour vendre sa culture sexiste ? Une repérée jusque dans le journal espagnol El País qui titre "Playboy met en une un condamné pour violences de genre". Oui, dans d'autres cultures, lointaines, c'est choquant. Pas ici. Pas encore. Plus tout à fait.

Oui, pauvre Bertrand Cantat, j'ai jeté votre album il y a un moment et fin 2017 les DVD de Polanski, de Tarantino et je n'irai plus voir leurs films ni ceux de Lelouch (en vrai, pour lui, j'avais arrêté avant même l'affaire Tapie). Oui, monsieur Cantat, le climat ambiant est merveilleux. Des femmes se lèvent. Des femmes se battent. Des femmes crient, ragent et rendent les coups. Auriez-vous peur ? Saviez-vous qu'elles chantaient aussi ?
"Reconnaissons-nous, les femmes
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble, on nous opprime, les femmes
Ensemble, révoltons-nous !"

Tu trembles pauvre homme ?

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27 février 2018

Tu fais quoi là ?

Je ne sais pas si c'est typiquement masculin. Les exemples que je peux citer le sont. Ce qui est certain, c'est que ça me paraît particulièrement crétin. J'ai été confrontée à cette étrangeté deux fois au bureau dans deux services différents : le gobelet, la boîte, la bouteille remplie de pièces de 1 et 2 centimes. Les pièces que ne prend pas la machine à café ou le distributeur à diabète. Attention, analyse : si ces machines diaboliques ne prennent pas ces pièces, ça veut dire qu'elles ne les rendent pas non plus. D'où ma question : qu'est-ce qu'elles foutent là ? Réponse : c'est qu'elles y ont été mises sciemment par quelqu'un dont c'était la volonté. Agatha Christie m'a tout appris.

Je résume : des personnes vident consciencieusement leurs poches de leur mitraille dans un lieu, le bureau, où ils savent pertinemment ne rien pouvoir en faire. Sauf les accumuler dans des récipients saugrenus comme un mug ébréché ou une boîte de disquettes vide. Ces personnes sont forcément des hommes car, primo, ils ont des poches et deuxio, ils ne sont pas en conflit avec le ou la boulangère et n'essaient donc pas de payer 10 centimes en pièces de 1 et de 2 (conflit millénaire voire millénariste).

"Ah mais j'ai un gros bocal à la maison aussi !
- Je m'en doute et tu vas en faire quoi ?
- Le remplir.
- Puis ?
- Je sais pas.
- Tu m'étonnes"

Si au moins c'était pour refiler aux pauvres, à des associations, même dans les troncs d'église. Que cet argent serve à quelque chose quoi. Mais non ! Il s'agit juste de remplir des trucs vides avec. Vous êtes vraiment flippants parfois ! Bref, ayant retrouvé une boîte remplie de ces pièces au fond d'un vieux tiroir (pour marquer son territoire ?), j'en ai eu marre et j'ai décidé de briser le cercle. Mes collègues m'ont dit "tu vas pas récupérer grand chose, tu sais". Je m'en fous ! C'est une question de principe.

Je m'étais d'abord dit que je pourrais refiler ça à la première poste venue (service public tout ça). "Il faut que vous ayez un compte chez nous madame". OK, donc direction ma banque. Je profitais de quelques jours de vacances pour aller faire mon devoir civique dans une agence, ledit établissement bancaire fermant entre midi et deux et après 17 heures. Oui mais mon compte est sur internet alors forcément, je les glisse où les pièces sur mon ordi ?! JE M'ÉNERVE PAS, J'EXPLIQUE !

Seule cliente dans l'agence, je suis immédiatement reçue. J'explique "bureau, pièces de 1, marche pas machine à café, on échange ?". Le monsieur a un sourire gêné. "Alors, en fait, nous n'avons pas de caisse dans cette agence, mais je peux vous donner ça". Tandis que l'information "banque sans caisse" ne progresse pas dans mon cerveau, il me tend une énorme enveloppe sécurisée. "Vous les comptez, vous fermez l'enveloppe et je vais vous donner l'adresse d'une agence qui a une caisse". Je crois que c'est ce jour-là que j'ai chopé un virus qui a achevé mes vacances.

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A gauche, mon pied pour l'échelle (je fais du 37), à droite des petits rouleaux de pièces maison

La prochaine fois que j'évoque des principes ou l'honneur ou je ne sais quelle idiotie trouvée dans des romans, collez m'en une bonne. D'avance merci.

Posté par Gouinette à 18:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 février 2018

J’ai le 06 de Dieu !

Ou plus exactement, celui de Son messager, Son carré Hermès quoi. Comment l’ai-je eu me demanderez-vous jaloux comme des poux ? En allant prendre le métro vous répondrai-je, à l’aise. Un sdf assis sur un banc tendait sa main. En échange de quelques centimes et alors que je ne demandais rien, il m’a tendu un bout de papier roulé que j’ai pris au départ pour un sachet de sucre (je devais être en légère hypoglycémie). J’ai déroulé la petite note au creux de laquelle se trouvait une allumette neuve. Et le texte suivant.

message_sdf

Alors évidemment, j’ai noirci le numéro de téléphone et le vrai nom d’Emile Hermès parce que c'est personnel. Puis, bonne fille bonne comme du bon pain, j’ai cherché ce fameux verset biblique. Attention, ça dépote.

Evangile à Jean 1 - verset 12 (cl)- 1 Corinthien·nes - chapitre 13

1 Quand je parlerais les langues des hommes et des anges (oui oui), si je n'ai pas la charité, je suis un airain (c’est synonyme de bronze mais il n’est pas indiqué si on doit le couler soi-même) qui résonne, ou une cymbale qui retentit (coucou les cloches!). 2 Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes (ouh lala mais tout de suite les grands mots ! tu te mets la pression Jean !), si je n'ai pas la charité, je ne suis rien (à ce compte-là tu ne seras jamais heureux mon Jeannot). 3 Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien (mais quelle drama queen celle-là !).

4 La charité est patiente, elle est pleine de bonté; la charité n'est point envieuse; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle point d'orgueil (comme la grenouille à La Fontaine à qui il est arrivé des bricoles), 5 elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal (et ça fait des rabais d’impôts), 6 elle ne se réjouit point de l'injustice (heu bah non), mais elle se réjouit de la vérité; 7 elle excuse tout (non plus), elle croit tout (nan !), elle espère tout, elle supporte tout (JEAN ! TU TE CALMES !).

8 La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie (de ?…), 10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra (comment ?…). 11 Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant (moui, admettons). 12 Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu (Matrix, sors de ce texte !).

13 Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, la charité ; mais la plus grande de ces choses, c'est la charité. Heu… le merci suffisait amplement hein.

Pas trace d’allumette dans ce fourbi mais dommage que les contrôles anti-drogue et anti-dopage n’existaient pas à l’époque.

Posté par Gouinette à 15:21 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

07 février 2018

On n’est pas à l’abri d’une prothèse de hanche

Hier soir, je ne rêvais que de retrouver mon canapé. Manger chaud. Déposer ma journée de labeur dans le panier à linge sale de la vie. Et ma ligne de métro se traînait. Même pas spécialement pleine. Même pas d’explication sur les arrêts inopinés dans les tunnels ou le stationnement prolongé en station. Un homme grand, très grand, ployait sous l’étroitesse verticale de la rame. Descendant à ma station, il me fraya un chemin de son grand corps au milieu des autres corps fatigués.

Tandis que je montai les escaliers vers la nuit enneigée du grand nord parisien, l’annonce de la RATP retentit derrière moi : « Le trafic est ralenti sur l’ensemble de la ligne. Cela fait suite à l’arrêt des bus dû aux conditions météorologiques ».

Paris humilié, Paris martyrisé mais Paris enneigé. Vous n’avez pas fini de manger du Parisien tout perdu parce qu’il neige en hiver. Voici ma pierre à l’édifice de la légende du « Parigot tête de veau ».

Ce matin, à la vue de la neige dans la cour de mon immeuble, épaisse, immaculée, recouvrant les fleurs et les arbres (y’en a qu’un mais ça sonne mieux au pluriel), une légère excitation enfantine s’empara de mon être. Puis, je consultai l’application RATP et mon âme parisienne revint à la raison. Bravant le blizzard (nan j’déconne), équipée de pied en cape (ça c’est vrai, c’est pas si souvent que je sors les équipements neige), je me propulsaaaiii aaahh… je marchai jusqu’à la station de métro où je m’engouffraaaaiii… je descendis précautionneusement.

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J’en ressortis aussi sec voire aussi sèche à l’arrivée de la première rame dans laquelle marinaient 3 couches de voyageurs et de voyageuses. « Mais profite donc de ce jour déjà levé, de cette neige écrasée et surtout de l’absence des bus qui ralentissent le métro et du nombre sacrément diminué de bagnoles, les quelques rescapées roulant de manière civilisée et marche ma fille ! » Au bout d’une cinquantaine de mètres, une boule de neige atterrit 2 mètres devant moi, lancée depuis l’autre côté de la rue par un.e des élèves d’un collège. « Oh les jeunes ! Je me prends une boule et neige et vous allez manger grave. Vous allez prendre pour tous les autres, la manif pour tous, le gouvernement, la faim dans le monde et les métros ralentis par les bus qui ne roulent plus… (vous rangez les bus dans les tunnels du métro la RATP?) ! Non mais ! Saletés ! ». Je marchai, je marchai et comme une philosophe des temps anciens qui profitait de sa déambulation pour exercer son esprit, je me pris à rêver d’un Paris où 10 cm de neige ne seraient pas synonymes de fin du monde.

Quand je pense qu’on pourrait sauver Paris en équipant tous les immeubles avec 1 outil simple et pas cher :

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Ami.es parisien.nes, ceci est une pelle à neige

Sur le chemin du bureau, j’ai vu le Parigot au boulot de déneigeage.

  • Le « payé pour », bien équipé mais pas assez nombreux pour dégager les passages piéton qui se transforment rapidement en passage de la mort à cause de la neige (noire, beurk) fondue formant une énorme mare entre le trottoir et la route, obligeant à bondir d’un endroit qui glisse vers un autre endroit qui glisse. Pourquoi ça ne s'évacue pas ? Les égouts sont pleins ? La RATP a rangé ses bus dedans ?

  • « L’efficace pragmatique » pas équipé.e du fameux outil mais utilisant son cerveau, enlevant la neige avec une pelle à poussière et la déposant dans un seau afin de la jeter ailleurs, là où ça ne dérangera pas.

  • Le « fourbe » balayant avec une raclette et lissant ainsi parfaitement la neige piétinée et translucide (la soupe) qui ne manquera pas de se transformer en patinoire après une nuit de gel devant sa vitrine de… pharmacie. Dis donc ! Tu crois qu’on ne t’a pas vu, vil faquin ! Tu fais des soldes sur les plâtres et les attelles ???

Parisiennes, Parisiens, nous devrions nous réjouir. Car il faut rappeler que 40° à Paris en été, un automne sans pluie, puis des pluies (c’est dur à dire, je sais) sans fin et 11° en janvier, ce n’est pas normal. Mais la neige en février au nord de la Loire, si. Roulons... Achetons-nous des pelles pour passer l’hiver au chaud !

Et un grand merci à la RATP et à la SNCF pour leurs annonces sinon farfelues du moins... nan, si, farfelues.

Posté par Gouinette à 11:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 janvier 2018

Train train

Quelqu'un connaît un prêtre exorciste spécialisé dans le désenvoûtement 2.0 ? C'est un gros chantier, c'est pour le système informatique de la gare Montparnasse. J'avais plus ou moins échappé aux catastrophes récentes mais chaque voyage prenait le goût piquant d'une aventure à l'issue inconnue. Aussi, apercevant la voie de mon TGV affichée avant les 20 minutes réglementaires, j'eus une bouffée d'optimisme et un léger trac.

Placée dans la voiture 7, je constatais avec joie qu'elle était dans la première rame Atlantique (1 seul étage) qui était donc numérotée de 1 à 10. Puis suivraient, dans la seconde rame, les voitures de 11 à 20. Logique mathématique. Bonheur de ne pas me coltiner la totalité du quai (qui est long !) pour grimper dans la 7 mais avec des trains inversés. Prenez des notes ou faites un dessin, c'est important.

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A gauche, le bout du quai, un double TGV fort logiquement numéroté de 1 à 20.

Revenons à ma place fenêtre où je m'installais dans le calme, saluant mon voisin tandis qu'à l'autre bout de la gare, des voyageurs TER galéraient (bande de pauvres). Soudain un message brise le silence. "Mesdames et messieurs, la 2ème rame accrochée étant une rame duplex, alors que la 1ère est une Atlantique, nous ne pouvons démarrer car elles ne peuvent rouler ensemble. Un changement va être effectué. Nous ne pouvons vous indiquer pour l'instant le retard que cela va entraîner."

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C'est quoi ce bordel ? On n'est pas chez les hippies ! Pas de mariage mixte !

Ça râle, ça pouffe, ça souffle. L'application SNCF indique d'office 30 minutes de retard. J'entame la discussion avec mon voisin sur un mode "blasée car c'était pire en 40 comme même" mais bon, le ou la pilote qui a conduit la 2ème rame ne s'est pas rendu·e compte de ça ? Suit assez rapidement un deuxième message : "Mesdames et messieurs, étant donné la catastrophe, écoutez-moi bien. Nous allons transborder, changer de train. Je vous invite à descendre et à vous rendre sur le quai n°1". Tiens, au fait, qu'est-ce qu'elle devient Sophie Duez, on n'en entend plus parler ? Mes compagnon·nes de voyage entamons notre transhumance vers la voie indiquée où nous attend une seule rame Atlantique numérotée de 20 à 11. Bien sûr. L'écran d'information nous indique que le 2ème TGV, quand il arrivera sera numéroté de 1 à 10.

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Rappel : on part du principe qu'à gauche, c'est le bout du quai.

L'hiver n'est pas froid ; j'avance dans la direction hypothétique de ma voiture 7 sur le quai vide de train. Le cerveau de certains passagers bugue sur l'absence de 2ème rame : "Je vais où ? Y'a pas mon train !!". Nous finissons tant bien que mal, par nous positionner toutes et tous plus ou moins au hasard sur le quai. Je jette un œil à l'appli SNCF : 50 minutes de retard. Bon, ben, on va attendre, attendre, attendre. Aucune information ne passe plus dans les hauts parleurs de la voie. Un mouvement de foule soudain se déclenche entraînant un va et vient sur le quai sans que je comprenne ni l'origine ni le but de ces déplacements.

Enfin, la rame arrive. Numérotée de 11 à 20… comme la première… mais inversée. Cela signifie que tandis que j'attendais innocemment, ces fourbasses ont fait un changement de numérotation de la première rame à quai, entraînant le fameux petit mouvement de foule qui se transforme à l'arrivée du train en émeute car tous les passagers du premier TGV étaient installés et vlan, passe-moi l'éponge, faut tout refaire.

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En un mot comme en cent, il faut vraiment trouver une solution pérenne à ces dysfonctionnements informatiques. Sauf pour l'appli qui a eu raison à propos du retard. En n'y réfléchissant absolument, et tant qu'à être dans le grand n'importe quoi, il pourrait être drôle de tirer sa voiture au sort comme dans un (mauvais) genre de grande loterie nationale du rail à grande vitesse.

TGVloto

Oui, je sais, les 2 voitures-bar dans une seule rame, ça va râler. Vous êtes vraiment jamais content·es !

Posté par Gouinette à 16:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]