Gouinette parle trop

20 février 2017

Les expressions à la con

Dans cette famille, je demande "la perle rare". Tentant vainement pour l'instant de copuler via la Voie de Gayrage, je tombe régulièrement sur cette métaphore marine sur les profils des femmes abonnées à ce réseau. Mesdames, j'aimerais en premier lieu vous rappeler qu'on trouve les perles principalement dans les huîtres et pas dans les moules (hop, celle-là, c'est fait). Ensuite, par définition, une perle, c'est rare. En trouver une, avant l'invention de la culture, revenait à génocider un nombre incalculable de mollusques avant de tomber dessus. Pour résumer, il va falloir te taper une tripotée de femmes avant de trouver celle de ta vie. Bon appétit si vous êtes à table.

Deuxième solution : la perle de culture. Sauf que dans le cas qui nous occupe, ce n'est pas possible. C'est compliqué d'ouvrir un élevage de femmes. Sachant que sur 100 femmes, environ 10 à 20 seulement seraient gouinoubi gouines ou bi sans compter les droits-de-la-femmistes qui nous empêcheraient à coup sûr de perler tranquilles.

Toujours dans la même veine, nous avons "le grand amour", l'unique, le seul, frère jumeau de cette salope d'âme sœur. Voulez-vous bien lâcher vos romans à l'eau de rose et toute l'éducation qu'on vous a sournoisement injecté dans les veines afin que vous n'alliez pas vous dévergonder à gauche à droite et que le mâle soit certain que la descendance est bien la sienne. Je t'entends râler "mais de quoi elle parle ? Quel mâle ? On est gouines !". Certes mais avant, pendant et après que tu aies décidé de faire faux bond à la société patriarcale hétéronormée (j'adore cette expression), qui a vu en boucle tous les Disney de la terre et reçu quotidiennement de fourbes injonctions sur comment se comporte une femme ? Qui a eu des jeux de filles, des vêtements de filles (ceux qui n'ont pas de poches parce que, c'est bien connu, nous n'avons pas de mains), des chaussures de filles (celles qui empêchent de courir) ou pire des magazines féminins (car nous n'avons pas de cerveau) ?

Ne nie pas ! J'ai subi la même chose alors même que ma poupée me servait de fusil, que fratrie oblige, j'héritais des vêtements de mes frères et que ma fréquentation du capilliculteur (seul endroit où j'ai accès à la littérature magazine féminine) est réduite à son plus strict minimum. Mais les films, les séries, les romans. Et avant d'accéder à Mademoiselle ou LWord ou Carol, j'en ai bouffé des œuvres \o/patriarcales hétéronormées \o/ (dans lesquelles tu apprends même qu'en tant que femme si un homme t'embrasse alors que tu ne veux pas et bien tu veux bien quand même après). Et encore, je suis de la génération dont les parents ne divorçaient que peu voire pas.
Evidemment, souvent, la relation recherchée est qualifiée de sérieuse. C'est-à-dire ? Chiante ? Et le sexe, c'est pas du sérieux ? Tu fais ça par-dessus la jambe (hop ! celle-là aussi, c'est fait) ? Bon, tout ça pour dire que le compteur est toujours à zéro.

Une mention spéciale toutefois aux profils qui cherchent une sérieuse perle rare d'âme sœur et une relation tendre et qui valident toutes les options de la rubrique sexe y compris "voyeurisme" et "menottes". Mais heu... tendre jusqu'où ?

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10 février 2017

Les journalistes doivent apprendre à écrire ou à penser. Je ne sais pas. Mais il faut faire quelque chose. C'est urgent !

Il va falloir m'expliquer qui écrit les articles des "faits divers" dans les journaux. Plus précisément qui rend compte des violences de genre ou violences faites aux femmes ou violences conjugales ?

Premièrement, on pourrait peut-être commencer par arrêter d'utiliser ce terme de "Faits divers". Si je consulte ladite rubrique sur le site de mon boulet du jour (Le Parisien, 10/02/17 à 10h46), je trouve ce qui suit (entre parenthèses mon classement) : un accident de la route dû à l'alcool (sécurité routière / alcoolisme), la prison requise contre Flosse (corruption / politique française), 2 articles sur l'affaire Théo (police / racisme / vocabulaire de merde "bamboula"), l'ex-président péruvien touchant indûment du pognon (corruption / politique internationale), l'aide aux migrants (immigration / solidarité / société civile), affaire Fillon (corruption / politique française), retraité alsacien tué au sabre (justice / meurtre / escrime), pour finir sur mon article du jour qui relate un cas de violence de genre ayant abouti au meurtre d'une femme par son mari.

Si on jette un œil sur les mots-clés et/ou rubriques liés, on constate que le terme de "violences conjugales" arrive en 5ème position ! Après le détestable "Faits divers", le département de l'événement, la description de l'actu (mais à part dans un procès, je vois pas où tu te prends 30 ans de taule dans notre pays... Une foire aux vins ?) et l'acte (le meurtre). A leur place, j'aurais mis (on ne me demande pas mon avis, certes, mais je le donne quand même) : violences faites aux femmes (cause que la France n'est pas prête pour le genre... grrrr...), meurtre, justice, condamnation, Seine-Maritime.
J'ajoute que l'adjectif "sordide" est inutile. Cela signifie (d'après Labrune) "qui est misérable, sale, repoussant". C'est un meurtre. Et un meurtre n'est jamais très propre. Journalistiquement, il est intéressant de savoir s'il a été accompagné d'actes de torture ou de barbarie. Ce qui a été le cas. Serait-ce le viol qui amène cet étrange qualificatif ? Quant à savoir pourquoi l'auteur fait figurer le numéro de l'épouse, mystère. Parce que le meurtrier les jette après usage ? Le titre aurait pu donc être : "Violence de genre : 30 ans de prison pour le meurtre et le viol accompagné d'actes de barbarie de sa femme".

violencesdegenre

 

violencesdegenre1

L'illustration de l'article reste pour moi un grand mystère. Quel rapport entre une voiture de police et l'avis de l'avocat général sur le meurtrier ? Je sais qu'il faut toujours illustrer ses articles surtout sur internet mais le Parisien n'avait rien d'autre dans sa base images ? Mais le pire est à venir. Le "papier" en lui-même.

Constatons d'abord que le journaliste fait une vraie fixette sur les multiples épouses du meurtrier. Dans l'intertitre (en taille de police plus grande, donc volonté de mettre en avant cette information) on apprend que l'assassin avait déjà été violent avec ses 2 premières épouses.

intertitre1

Ah bon ? Ca alors ! Encore une preuve des failles sociales, médicales, policières et judiciaires qui condamnent nos sœurs à se faire taper dessus jusqu'à ce que mort s'ensuive ? Vite ! Lisons la suite... Ah non ! Voici le résumé des dernières coups en date ayant conduit au décès de la victime. Ces quelques lignes disent tout de la violence du meurtre, de la personnalité du tueur et du numéro d'arrivée de la victime. C'est une manie ce classement marital ? Au deuxième paragraphe, j'avoue avoir frôlé l'AVC. Est-ce que tabasser sa femme jusqu'à la rendre aveugle n'est-il pas déjà une forme d'acte irréparable avant même le meurtre ? Quid des services médicaux / sociaux / policiers qui ont bien dû prendre en charge cette première preuve de maltraitance ? Personne n'a rien vu ? Tu ne te poses pas la question, ô toi le journaliste dont le métier est d'enquêter et dépister les trucs pas clairs de notre société ?

paragraphe1

Mais si dans ta description de la nuit fatidique, tu décris fort bien le déplacement de la cuisine au salon de l'action, je te trouve un peu mou du genou pour décrire les événements quand tu parles de "dispute" et de "querelle". Relis le 1er paragraphe, tu verras que l'expert (de quoi, on ne sait pas) parle de "massacre". Tes conversations à la machine à café le lundi au siège du Parisien doivent être passionnantes :
"C'était bien ton week-end ?
- Bof... je me suis disputé avec ma femme / mon homme / les deux !
- Aaaah c'est ça le sang qui coule du coffre de ta voiture !"

intertitre2
MAIS TU VAS NOUS LÂCHER LA GRAPPE OUI !!!

Ou alors explique-nous, bon sang !

paragraphe2

Je me demande ce qui me choque le plus entre la description du meurtre, le calme du criminel qui va se coucher après une dernière cigarette et un verre ou la disparition de la TROISIEME épouse qui apparaît enfin comme une "victime" mais est laissée, par le journaliste, baignant dans son sang dans le salon. Est-elle morte sur le coup ? Dans la nuit ? A l'hôpital ? Avait-elle des proches, des amis ? Qui a prévenu les secours ? Vite ! Allons voir ce que nous apprend l'ultime paragraphe !

paragraphe3

On ne saura donc rien de la femme morte sous les coups de son mari. Ne serait-ce que son prénom (interdiction juridique ?). Comme un dernier clou dans son cercueil, l'ultime phrase revient pour une 3ème fois sur les 2 premières épouses, battues pendant 12 et 15 ans sans que jamais elles ne portent plainte... Et ?

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08 février 2017

Ca va vous ? Parce que moi, ça va bien mieux, merci.

Dites voir, ça fait un moment que je ne vous ai pas parlé de moi ? Je sens que ça vous manque. Allez ! Résumé des épisodes précédents. Voilà environ un an, j'ai connu le sommet de ce qu'il est convenu d'appeler une année de merde. Février 2016, des problèmes au boulot depuis l'été, ma mère qui continue sa collection de crabes, une ambiance générale bouleversée par les attentats de novembre 2015, je décide alors d'aller chercher la cerise, la goutte d'eau, le trigger (comme ils disent dans les séries US pour décrire le déclencheur d'une folie meurtrière) : je me fais un petit sauna. Je ne sais vraiment pas pourquoi tous les pays nordiques et autres représentants du gluon du froid sur terre en font autant autour de cette pratique. C'est douloureux, tu es épuisé.e pendant un mois alors que tu n'as même pas eu de montée de température. C'est une grosse escroquerie ce truc... Comment ? Un zona ? Oui, c'est ce que j'ai dit. Non ? Aaaah pardon ! Un zona ! C'est fourbe ce virus. Déjà à prononcer. Le zona, le truc qui te rappelle, en plus de la marque indélébile sur le front (là où une pustule a éclaté), que tu as eu la varicelle parce que dans ton jeune temps, il n'y avait pas de vaccin.

Un zona, comment ça marche ? Physiologiquement, tu te retrouves avec une ou des zones de toutes petites pustulettes rougeaudes sur une partie lambda de ton corps, de préférence d'un seul côté (bâbord ou tribord). Sans fièvre ni douleurs au début, on peut avoir la faiblesse de penser que c'est plutôt cool comme infection mais en fait, pas du tout. Tout d'abord, parce qu'à la question "mais pourquoi moi ?", le médecin va te répondre que, puisque tu n'es pas en déficit immunitaire, c'est ton corps qui vient de déclarer forfait après les assauts d'angoisses diverses et autres conflits avariés. Une alerte physique pour dire "maintenant tu arrêtes et tu prends soin de toi". Ce qui signifie qu'il va falloir bosser plus sérieusement à ta remise en forme psychologique. En forme de quoi, mystère mais ça devient urgent. Ensuite, les pustulettes commencent à te démanger MAIS tu ne peux pas te soulager en frottant ton corps nu contre l'écorce salvatrice d'un arbre, parce qu'elles sont devenues douloureuses les saloperies ! Puis, ton corps ne t'abandonnant pas vraiment, il lutte contre la poussée pustulante et tu te retrouves épuisé.e au moindre effort. Notamment celui consistant à aller du lit au fauteuil et puis du lit au lit. J'ai mis un mois à me remettre du machin.

Comme mon médecin me l'avait signalé, mon corps m'a fait un appel du pied (dans la gueule, enfin non d'ailleurs, dans le bide) pour m'indiquer que la boule au ventre, les sanglots constamment prêts à bondir, n'étaient pas synonymes de carnaval, même de Dunkerque mais plutôt, les prémices, les symptômes d'un état dépressif avancé. Je vous avouerais que je m'en doutais un peu. Je vis au quotidien avec moi-même. Mais j'avais besoin de la cerise, de la goutte d'eau, du trigger. Aussi, ai-je fini par me rendre au cabinet de mon médecin référent remboursé par la sécurité sociale (vous êtes allés voir "La Sociale", le documentaire sur la naissance de cette belle idée ? Non ? Vous devriez) pour faire mon coming-out. La vie n'est-elle pas une succession de sorties de placards (vous êtes allés voir "Déesses indiennes en colère" ? Non ? Vous devriez) ?
"Docteur, je crois que je suis un petit peu en dépression et que j'ai besoin d'aide." Traduction : "Mec, je suis cabossée de partout, je vais crever."

Pour accompagner et faciliter mon suivi psy (mais arrête d'angoisser pour un oui, pour un non, bordel ! C'est un peu résumé mais ça donne une bonne idée de l'ensemble), il m'a été prescrit un antidépresseur. Dans ma vie, je n'avais croisé jusqu'alors que l'anxiolytique.
"Le médicament va mettre quelques jours à réguler vos angoisses. Les premiers temps, vous allez connaître une aggravation, plus ou moins importante (ça dépend, ça dépasse) de vos symptômes.
- Ah, chouette !
- Je préfère vous prévenir. Si vous ne vous sentez pas bien, n'hésitez pas à m'appeler ou à joindre quelqu'un de votre famille ou un.e ami.e. Des pulsions suicidaires peuvent apparaître.
- Ah quand même ! Ne vous inquiétez pas docteur, mon appartement est au rez-de-chaussée.
- Je ne plaisante pas.
- Mais moi, non plus, je suis vraiment au rez-de-chaussée."

Après la deuxième prise (donc, au 2ème jour du traitement), j'étais roulée en boule sur mon canapé, morte de peur et incapable de manger. Ca m'apprendra à faire la maline. Morte de peur pourquoi ? Pas la moindre idée. Comme me l'avait prédit mon médecin, les symptômes étaient montés en flèche et elle s'était plantée dans ma poitrine. Franchement, c'est flippant de flipper quand tu ne sais pas pourquoi tu flippes. Puisqu'a priori, aller acheter ma baguette le matin ne m'avait jamais paru source de terreur, alors que là... 3 kilos en moins plus tard (soit 5 jours), les effets bénéfiques commencèrent à apparaître. Et depuis, je vis entourée de licornes arc-en-ciel qui fument des joints... Mais noooon ! Rooh la la, on ne peut plus rire. Il a quand même fallu 15 jours pour arriver au niveau de calme intérieur souhaité. Celui qui te permet de prendre toutes les merdes professionnelles (et la période fut généreuse en la matière) et personnelles sans les effets physiques qui épuisent le corps et l'esprit. Je connus enfin le détachement et une énergie propre à déplacer un Airbus A380 simplement reliée à lui par un câble accroché à un percing au téton. Même plus mal, même plus peur.
Ce traumatisme rivé aux tripes depuis si longtemps qu'il semblait être mes tripes ? Découpé au scalpel, sans douleur, décrypté sans larmes. Ce rejet du conflit et des engueulades ? Disséqué au cutter, achevé au "vas-y, mets m'en une si tu l'oses". Ces deuils inachevés ? Morts et enterrés. L'envie de vivre si perdue dans les brumes qu'elle semblait être les brumes ? Présente comme si elle ne m'avait jamais quittée.
Je vais bientôt abandonner ma béquille. Je ne sais pas vous, mais moi, ça va vraiment bien.

Je vous embrasse.

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28 janvier 2017

Et mon cul ? C'est un genre de poulet ?

Vous vous souvenez du débat sur le mariage pour tous en 2013 ? L'année où je suis devenue, ainsi que quelques autres pédés, fiottes, tarlouzes, gouinasses, travelos, et camionneuses, une citoyenne à part entière ? Vous vous souvenez du grand n'importe quoi sur les "ABCD de l'égalité" ? La partie réactionnaire de la société (celle qui aime émettre des vents odorants) avait agité la désormais fameuse "théorie du genre" comme menace suprême sur l'existence même de la civilisation. Et qu'on allait apprendre aux nenfants à se masturber à l'école et qu'on allait en faire des transsexuels et des zomos (qu'on les aime, hein, mais qu'on va pas en faire collection non plus). Qu'on va vendre le ventre des femmes pour que les couples de même sexe se reproduisent. Qu'une invasion de zombies était proche... Heu... ah nan ! Ca, c'est pour les réfugiés... enfin je sais plus. Les bas du front pouvaient dire tout et n'importe quoi puisqu'aucun journaliste ne les reprenait de manière systématique sur le thème des "Etudes sur le genre". Car une théorie, d'où qu'elle vient ? kiki nous l'impose ? c'est mal.
Exemple : la théorie du complot. Alors que des études, des recherches, des universitaires, bah, c'est mieux. C'est comme qui dirait des gens qui réfléchissent à plusieurs, publient leurs travaux afin qu'ils puissent être critiqués, modifiés, améliorés par tout le monde (pas moi, j'ai poney en général). Souvenons-nous que les cotisations sociales (bien) sont discrètement devenues des charges sociales (mal). Les mots (éléments de langage pour les politiques) sont importants.

Bref, ce fut une période usante et nauséabonde. Le lacrymo, c'est relou au bout d'un moment. Ainsi que la comparaison de ton être avec des trucs animaux ou pas sympas ou la hausse des agressions homophobes. Mais il faut s'y habituer ; dès qu'on questionne notre société sur sa construction même (mais vous ne trouvez pas normal qu'une femme ait les mêmes droits qu'un homme et notamment le contrôle sur son corps ?), c'est comme faire le ménage dans une cave. Chaque vieillerie retournée réveille une colonie d'animaux grouillants et puants. Débattre, expliquer, questionner, apprendre, écouter, partager, faire vivre notre société à cœur ouvert, ce serait tellement simple. La vie est courte, merde !

Avant Nowel, je suis tombée sur un article de RFI traitant du numéro américain du National Geographic entièrement consacré à la problématique du genre en mettant en Une la photo d'une fillette de 9 ans née garçon. Joie de la communauté LGBT--- (ajoute toutes les lettres qui te plaisent) et menaces de désabonnement chez une partie des abonné-e-s. Réactions outrées de la droite chrétienne (oui, celle qui gouverne maintenant avec le grand SchTrumpf à sa tête) qui hurle à l'instrumentalisation d'une enfant (alors qu'une papa, un maman, non pas du tout, ils n'instrumentalisent jamais rien. Ni les anti-IVG qui font entendre le soi-disant cri de souffrance de l'embryon lors d'un avortement). J'ai filé au kiosque du coin. Rien sauf le numéro français. Tant pis, cela attendra mon retour de vacances. Alors que je tombe sous le charme de Buenos Aires, un article concernant ledit magazine est publié sur Arrêt sur Image. Peut-être ne pourras-tu pas lire l'article car je le crois réservé aux abonné-e-s, aussi voici un résumé par son titre et sous-titre :

Enfant transgenre : la couverture de National Geographic que vous ne verrez pas en France
"Le contexte américain n'est pas le contexte français"

Où l'on découvre que Susan Goldberg, rédactrice en chef du magazine américain, a réagi et expliqué dans un édito ce qui avait amené ce numéro spécial genre (intéressant even que this is en anglais). Où l'on apprend aussi que les lecteurs italiens, allemands, estoniens, néerlandais ou roumains ont pu bénéficier de cette couverture (version enfant seul ou groupe de personnes) mais ni les espagnols, ni les français. L'édition française a préféré mettre la Russie de Poutine en une. Le dossier "Genre" apparaît en petit, en haut, au même niveau que celui sur... "Les nouvelles bergères des Pyrénées"... Mais le dossier qui, en volume de pages, est le plus important est !?... Suspense... Le "Genre". Ah ? Mais pourquoi c'est pas en Une alors ? Mystère pour Têtu à qui le National Geographic français n'a pas répondu. Et c'est bien dommage car leur intertitre "Couverture russe mais intérieur queer" est du plus bel effet. Ce qui est indiqué aussi, c'est que National Geographic France utilise Gogole-traduit-mal-on-dirait-moi.

translate_natgeo
"Mais chef ? Vous êtes sûr pour la traduction ? J'ai pas la même moi... Aïe ! pas sur la tête !"

A Arrêt sur Image, le rédacteur en chef, M. Vrignaud a répondu : "le lecteur français est con comme un balai. Il ne faut pas l'affoler avec des photos de gens bizarres et de toute façon, y'en a pas ici". Comment ? Evidemment que je caricature. Mais ça pue du cul ses excuses (que je mets en capture d'écran ici : arretsurimage_genre). Forcément, arrivée à ce niveau de l'article et d'énervement, je fondus... fondis (?)... je galopai vers ma marchande de journaux tel un oiseau de proie dans un nuage de poussière. Grâce lui soit rendue, elle avait les deux éditions. J'ai d'abord lu la version française (my tailor is not fluent). Une adaptation au contexte local avait été faite avec une information importante : la dernière étude faite en Frrrraaaance (rouler le r et accentuer sur le "an") date de 2009. Tu m'étonnes que le contexte est pas le même ici et là-bas. Aux Staïtes, ils font des études, eux ! Et ensuite, j'ai lu l'édition américaine ou plutôt ce qui manquait sur l'édition française.

Et voici le résultat [entre crochets la traduction de notre ami Gogole-traduit-mal-on-dirait-moi]. J'ai simplifié en ne prenant que les articles ne figurant pas du tout sur la version française. Car il y a aussi quelques "Chéri, j'ai rétréci les articles".

Where in the world are women and men most -and least- equal? [Où dans le monde sont les femmes et les hommes les plus - et les moins - égaux ?]
Des chiffres du Forum économique mondial (groupement de hippies sous LSD bien connu) sur les différences hommes-femmes en matière d'éducation, de santé, politique et économique. La Frrrraaaance doit bien figurer quelque part au classement... Mais oui ! En 14ème position et devant les Amerlocains en plus !

Making a Man [Faire un homme]
Le sous-titre est : [Comment un garçon du 21e siècle atteint la virilité? Certains chemins sont plus clairs que d'autres].
Et oui, car les recherches sur le genre se font aussi sur les hommes et les obligations culturelles qui leur sont imposées dans leur éducation. Aux Stazunis, en Ukraine ou au Kenya mais pas en Frrrraaance. Soit y'a pas d'hommes, soit ils deviennent jamais adultes.


Parental leave on Dad's terms [Congé parental selon les conditions de papa]
L'article se penche sur les papas suédois à qui la société facilite la vie pour qu'ils s'occupent de leur descendance au même titre que Madame. J'adore la photo du papa passant l'aspirateur avec bébé sur le sac à dos. Et des papas, en Frrrrraaaance, y'en a pas !


American Girls [Filles américaines]
Le sous-titre est : Comment grandir en bonne santé dans l'ère du corps parfait et le harcèlement sur les réseaux sociaux? Vous vous battez.
Quand l'image des femmes reflétée dans notre société pousse des jeunes filles au suicide et/ou à l'anorexie. Photoshop, on ne te dit pas merci. De quoi parlait-on récemment en Frrrrraaaaance ? De la loi "mannequin" qui tente d'encadrer les excès de l'industrie de la mode en Frrrrraaaaance qui n'est toujours pas appliquée cause y'a quelqu'un qui n'a pas signé les décrets d'applications. Mais sinon, circulez y'a rien à voir.

It's hard to be female: the statistics [Il est difficile d'être une femme: les statistiques]
Au hasard, Balthazar, 50% des pays du monde ont été dirigés par une femme. Pas la Frrrraaaance ! Et alors, quel est le genre de problème ?


The dangerous lives of Girls [La vie dangereuse des filles]
La pauvreté, la violence, les traditions culturelles, c'est du genre mondial comme oppression des filles !
Avec la Sierra Leone comme exemple du pire endroit de la terre pour y naître fille. 90% des femmes y subissent des mutilations génitales. Ca aussi, c'est une question de genre. Parce que les mecs se font pas couper le gland que je sache !

Où t'as vu jouer ça, M. l'édition française du National Geographic que Mme l'édition américaine ne parlait que des Etats-Unis ? Pas de violences faites aux femmes en Frrraaance (en Russie, on dépénalise, c'est merveilleux) ? Pas de papas qui veulent s'occuper de leurs héritier-e-s ? Pas de mutilation génitale ici ? Pas de plafond de verre ? Pas d'homophobie ? Pas de transphobie ? Finalement, si les femmes souffrent et meurent aux Etats-Unis ou en Sierra Leone, en Inde, on s'en fout ? Si les homos brésiliens se font tués, on s'en cogne ? Combien de femmes présidentes, premier ministre ici ? Combien de dirigeantes de grandes entreprises ? Est-ce que l'accès au Viagra est menacé en France ? Non mais l'accès à l'IVG, à la contraception ? Où en sommes-t-on de la féminisation des mots avec les grabataires de l'Académie frrrrrançaise ?
Vous foutez quoi à la rédaction de votre journal ? Vous regardez le foot ou bien ? Vous trouvez du monde pour se pencher sur la jeunesse russe et les bergères des Pyrénées, deux thèmes qui passionnent et divisent la France entière. Combien de familles brisées à Noël lorsqu'ivre mort, tonton Marcel a crié "J'encule un mouton avec une bouteille de vodka !" ?
Vous vouliez faire dans le genre pédagogique sans provocation (car oui, toi le transgenre, tu provoques, tu transgresses bref tu fais chier. On est obligé d'inventer des mots pour toi, meeeerde !) mais vous oubliez la base : quand les basiques homme et femme sont construits, cadrés, dressés par nos sociétés pour rentrer dans des cases à coups de latte s'il le faut, c'est une question de genre. C'est peut-être meme la première. Et elle concerne aussi la Frrraaaance.

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20 janvier 2017

"La lecture est le voyage de ceux qui ne peuvent prendre le train". Du coup, j'ai pris l'avion. Comme ça, j'ai pas lu.

J'ai eu la chance de terminer 2016 et de commencer 2017 en plein été argentin. Oui ! A l'autre bout du monde. Et c'est une sacrée chance de prendre un avion, de traverser un océan en 13 heures, de passer l'équateur et de prendre 30° C d'un coup (sans mourir). Une chance que peu de personnes dans le monde auront. Je suis très heureuse d'avoir pu faire ce voyage. Mais trève de modestie dégoulinante et à moi Buenos Aires !

Alors, bon, au début, j'ai cru à une blague de la compagnie. La capitale argentine est très européenne et je pouvais facilement me croire à Madrid ou en Catalogne s'il n'y avait eu ces spécificités idiomatiques de leur espagnol. S'il n'y avait également eu ce passage soudain (certes, 13 heures c'est pas soudain, soudain comme timing mais c'est une licence poétique) de 0 à 32°, de décembre à août, des appartement gris parisiens aux logements sombres porteños qui protègent de la chaleur. On y naît du Boca Junior comme de l'Atlético à Madrid. L'ennemi juré n'est plus le Real mais le River. Ca ne se joue pas à grand-chose. Les taxis sont noir et jaune comme à Barcelone sauf pour la disposition des couleurs. On est "à ça" ! C'est même ce pas grand-chose, ce presque rien qui définit Buenos Aires. Bienvenu.e.s au pays du presque, du quasi, du "on n'était pas loin". Pas loin d'avoir des rues parfaitement goudronnées si ce n'est ce nid de poule où l'on pourrait loger 2 condors. Pas loin d'une ville propre qui recycle ses déchets sauf que si les containers sont à disposition, le fait que la poubelle jaune accueille papier, carton, plastique ET verre... fait douter de l'existence d'une usine de recyclage au bout du circuit.

Charmante ville cataclysmique où les poignées de porte sont presque à la bonne distance (celle qui permet à tes doigts de ne pas être écrasés entre le battant et le dormant de la porte) comme l'a cruellement expérimenté mon annulaire gauche. Oui, ville accueillante, enfin ça dépend. Nous nous promenions dans le quartier touristique de San Telmo lorsqu'il y eut scission du groupe entre ceux qui voulaient visiter l'église Plus Loin et ceux qui voulaient afficher leur agnosticisme en terrasse d'où une table libre nous tendait ses chaises. Nous nous saisîmes des cartes afin de préparer notre commande en vue de l'arrivée du préposé au service des boissons en extérieur. 15 vraies minutes de la vraie vie plus tard, nous nous étions transformés en sœurs Anne multiples ne voyant rien venir. Le plus vaillant d'entre nous dans le maniement de la langue du Pibe de Oro entra dans le bar pour s'enquérir de la situation. Il revint vers nous le sourire aux lèvres. "C'est fermé. On va attendre à la table qu'ils nous jettent". Nous avons bien fait d'attendre assis car personne n'est sorti plier les chaises ou les retourner sur les tables et nous jeter à coups de balai tel un serveur parisien pur race. Tant et si bien qu'un membre du groupe "Eglise Plus Loin", qui avait aussi fait sécession, nous rejoignit.
"Vous avez fini ?
- Non, on n'a pas commandé. C'est fermé.
- Ah zut ! J'aurais bien profité des toilettes.
- Vas-y, c'est encore ouvert.
- Mais tu viens de dire que c'était fermé !
- C'est compliqué."

A Buenos Aires, tu trouveras aussi des bureaux de postes, des timbres à acheter, des cartes postales à envoyer et à presque tous les coins de rues, des boîtes aux lettres d'un rouge du plus bel effet. Ce n'est pas pour autant que tes missives enflammées sur la qualité gustative de la viande (souvenir inoubliable qui m'oblige presque au végétarisme de retour dans mes pénates) atteindront leurs destinataires. Tout est là. Sauf que... ça marche pas. Un indice ?

BAL

C'est sûr que maintenant, ça va marcher moins bien...

Cette ville du presque, pas tout à fait, on n'était pas loin, ça a failli se faire, échappe à ce foutoir sur un sujet : le tango. La danse des bordels. Participer en tant que spectateur à une milonga (soirée tango) touriste-free est un rare privilège. De fait, je n'en sais rien mais j'aime bien me la péter. Imagine ! Une salle de bal, des tables entourant la piste de danse en parquet ciré. Toutes les places seront bientôt prises. La musique est d'abord enregistrée. Les couples se forment comme par magie. Un regard d'invitation légèrement insistant (pas celui de psychopathe que tu utilises pour draguer) pour dire qu'on a remarqué le ou la bonne danseuse et une réponse d'un léger hochement de tête. Pour une danse ou plusieurs. Parfois à la fin d'une série, les danseurs ne rejoignent pas leur siège, se parlent debout sur la piste avant de tous repartir d'un même pied. Pourquoi ? Je n'en sais fichtre rien. J'essayais avec mes camarades d'éviter les regards. Quel orgueil ! Quelle folie ! En d'autres termes : pauvre truffe ! Comment pouvions-nous croire une demi-seconde que nous étions pris pour autre chose... que des touristes ? Nous avions été scannés dès notre arrivée (et franchement, une salle qui te regarde de haut en bas, c'est déstabilisant). Tout dans notre attitude, nos vêtements et notre air ahuri fleurait bon l'inadapté socio-tanguesque. Nous avons disparu des radars à peine aperçus. Pour provoquer l'intérêt, il eut fallu prouver sur la piste notre droit inaliénable à être respectés. Un peu plus tard dans la soirée, un duo de grenouilles (c'est leur nom. Et non, je ne sais pas pourquoi) est venu jouer en direct.

Tango in progress Vienna T.I.P.-Tv Duo RANAS Tango Grazioso 29.5.2010 MOV01978.MPG

La dernière touche pour nous prouver que si, dans tous les domaines, elle le voulait aussi fort qu'elle veut le tango, l'Argentine ne serait pas loin d'être l'Allemagne. A ça !

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18 janvier 2017

2017, poil aux ascètes (c'est pour la rime, je n'ai rien contre ce peuple mexicain*).

Hey !!! Bonne année les Jean ! Amour, gloire et beauté ! Et surtout la santé !

Ca va vous ? Moi, ça va. J'ai passé d'excellentes fêtes de fin d'année. Après avoir passé un été magnifique. Je crois que ça ne m'était pas arrivé depuis 1998, mon humeur surfant à l'époque sur la victoire des Bleus (mâles) en coupe du monde de foot. Je vous raconterai tout ça dans bientôt. Pas la coupe du monde 98, mes fêtes !

Je voulais juste vous parler de mes sorties culturelles récentes (nooon, toujours pas de sortie cul...). Je suis été voir "La Sociale", excellent documentaire racontant l'histoire de la mise en place de la Sécurité socialé, cet outil "d'assistés qui grève la dette de la France" (dans le pur style politique / économiste / journaliste / Medef). Précipitez-vous ! Ce que nous promettent les programmes des candidats au trône de France ne pourra que s'éclairer, une fois certaines idées fausses et autres manipulations de l'histoire auront été remises à la juste place (dans le cerveau de François Rebsamen, une autre version de l'enfer).

Dans un autre genre (ça aussi tiens, je vais y revenir bientôt ; j'ai encore eu des agacements), la lecture de l'excellent hors-série Causette sur le clitoris, "Voyage en Clitorie" m'a permis de découvrir un excellent spectacle (parisien, désolée) sur le thème du divin bouton : Le Bouton de Rose de Sophie Accaoui. Cerise sur le bouton, le spectacle sera suivi par une rencontre-débat "le sexe, parlons-en" à 3 dates en janvier, février et mars. N'oubliez pas de venir avec de quoi noter, votre (vos ?) partenaire et un slip propre.

melodamelie

Bon, je crois bien que c'est tout pour le moment. Alors, ben... heu... bonne année quoi ! On se voit bientôt !

 

* Je ne sortirai pas ! Ca meule dehors.

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27 décembre 2016

Retour sur agacements

Au début de ce mois, je vous avais raconté ma vie. Pardon. Au début de ce blog, j'ai commencé à vous raconter ma vie. Au début de ce mois, j'ai continué en me focalisant sur 3 épisodes de mon évolution darwinienne à moi. Cela concernait le rachat de mon âme via quelques centimes versés aux SDF (contre des dizaines d'euros à SFR, comme quoi il n'y a pas de règle !), l'achat d'une relation sexuelle via Pinder et la relecture des plus grandes œuvres du Dalaï Lama façon digestion du lecteur. Comment ? Ca ne veut rien dire ? Oh, hé la gauche ! Et ce qui suit, ça veut dire quelque chose ?

readersdigest

Mais peu importe les mots, en cette fin d'année, où en sommes-t-on ? Oui, parce que vous n'êtes pas sur un blog de politicien qui dit quoi qu'il va faire et qui, au mieux, ne le fait pas quand il ne fait pas l'inverse. Suivez mon regard. Je dis ça, je dis rien. Mais bon, hein, on s'est compris. Clin d'œil complice, tout ça. C'est parti pour l'évaluation !

Pinder
A force de me voir présenter des profils d'hommes et de femmes recherchant des... hommes, j'ai supprimé mon compte et opté pour une Voie de Gayrage (huhu...mour communautaire). Re-création d'un compte avec, cette fois-ci, la certitude d'avoir un troupeau concerné (attention, il y a deux jeux de mots tout pourris) en deux mots... (j'avais prévenu que c'était tout pourri). J'ai téléchargé l'application sur mon téléphone. Puis j'ai supprimé l'application de mon téléphone. Et je ne suis plus jamais retournée sur le site pour faire mon marché. Donc ça, c'est fait ! #OuPas... Bref, j'ai commencé à chercher un vibro avec une meilleure autonomie.

Les SDF
J'ai connu quelques difficultés pratiques de mise en œuvre. La rareté des pièces de 50 centimes : j'ai fini par récupérer toutes les pièces jaunes, 10 et 20 comprises, sinon ça devenait l'enfer. La localisation de la monnaie : comme il est juste parfaitement chiantique de devoir ouvrir le sac à main et le porte-monnaie (sauf aux caisses des magasins, comme quoi il n'y a pas de règle), j'ai tout foutu dans mes poches. Mais ! Car il y a un "Mais !", l'argent, c'est juste immonde et pas seulement philosophiquement parlant. J'ai donc ajouté un petit sac en tissu pour protéger ma main (ça caille en ce moment et le virus de la grippe pue l'huile pullule) et ma poche. Mais (2, le retour) ! Le sac s'écrase quand j'essaie de glisser ma main dedans. Je mets des plombes à sortir le flouze et je suis limite obligée de parler aux gueux qui mendient. L'horreur ! Dans l'ensemble, toutefois, j'ai constaté une baisse conséquente de mon taux de culpabilité.

montaux

J'ai d'ailleurs atteint hier soir le zénith de la joie extatique mais (le retour de la revanche) un peu de honte aussi. Alors que je sortais du supermarché, le monsieur qui ouvre la porte avec l'Itinérant sous le bras m'ouvrit la porte avec l'Itinérant sous le bras. Je plongeai ma main dans cette sal... de p... de sac de m... qui s'écroula au fond de la poche m'empêchant de récupérer ladite monnaie. Je posai mon sac de courses à terre afin d'ouvrir plus largement la poche avec la deuxième main dont ma mère m'a généreusement pourvue et ramener ainsi la ferraille à l'air libre. Je déposai les 50 cts réglementaires dans le gant du gars de ma main droite. Allant pour récupérer mon sac de la même main car je suis de gauche et gauche avec la gauche, je le vis la prendre (ma main, suis un peu bordel !), baisser son visage vers elle et y déposer un baiser suivi de moults mercis. Toute cette reconnaissance pour 50 centimes... autant dire que j'étais contente mais (4, heu... le fils de la revanche ?) que mon taux de culpabilité a souhaité exprimer le fond de sa pensée.

montaux2

Je déconne, ça fait du bien. Je suis contente pour de vrai, en fête.

Chez moi avec mon dalaï
Ce matin, dans un métro de semaine coincée entre Nowel et le nouvel an, donc vide et dans lequel tu t'assois calmement sans latter personne, j'insérai mes écouteurs dans mes oreilles (car je doute que ma voisine de siège eut agréé que j'investisse les siennes) et lançai ma playlist "Que j'aime" contenant des titres... que j'aime. On pourrait penser que j'aime tous les morceaux de musique en ma possession. Certes. Mais ça dépend. Alors que ceux-là, ça dépend pas. Je les aime. Point. Je lançai la lecture aléatoire et...

DIONNE WARWICK what the world needs now (is love sweet love)

C'est pas foufou mais ça me met d'humeur douce. Ce matin, cette mélodie produisit son habituel effet de traction de mes commissures (priseur... j'ai le droit, c'est mon blog) vers le haut de mon visage (j'ai souri). A la station suivante, une femme monta dans la voiture et s'assit sur un strapontin me faisant face. Jolie, l'air fatigué, légèrement affaissée sur elle-même, et s'entourant de ses bras. Elle demandait de façon muette mais évidente à retourner se coucher. C'était attendrissant (oui, je me fous les jetons parfois aussi). Je repensai alors au conseil de Dalaï sur le sourire qu'on donne. Je me donnai comme défi de la faire sourire. Chose peu aisée car je ne croisai pas une seule fois son regard pendant notre trajet commun. Aurais-je dû me tondre le crâne ? Me déplacer en birkenstock et robe fourreau de moine ? Déjà ma station et son regard brun toujours éloigné du mien. Dans un dernier effort, je me levai et passai près d'elle pour sortir, sourire ultra-brite plaqué, cœur au bord des lèvres. Enfin ses yeux dans mes yeux et... un sourire ! YES I CAN ! Elle a souri ! Je suis sortie presque en dansant. Dalaï avait raison, un sourire, qu'est-ce que c'est bon. Et c'est mue par ce joyeux entrain que je bondis au dehors, profitant du ciel bleu par dessus les toits, du trafic quasi inexistant, d'un lever de soleil splendide et d'un nouveau morceau de musique...

Les Chansons D'amour - As-Tu Déjà Aimé

 

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20 décembre 2016

De l'élevage de chats par Monsieur Schrödinger

Dans mon travail que j'y vais tous les jours, on est à cheval sur la sécurité. Non pas que des cow-boys régissent l'existence des travailleurs mais n'importe quel pied-tendre ne peut pas baguenauder aux quatre coins de l'immeuble libre comme un indien des plaines. Nous arborons tou.te.s un badge qui permet de garder le troupeau dans les enclos adéquats en autorisant à chacun un espace vital limité à ses pérégrinations professionnelles.

Faisant partie d'un bureau de demi-dieux, j'accède à presque tout parce que mon travail de McGyver moderne consiste en partie à intervenir sur des matériels éparpillés façon puzzle dans moults services. Dans cette logique, le marshall du comté aussi connu comme le dieu Moultipass nous donne de virtuels laisser-passer. De très virtuels laisser-passer même. Tellement virtuels que nous nous retrouvons parfois entre deux bureaux, deux dimensions, deux états voire deux ronds de flan.

Les situations les plus courantes sont de deux sortes. En rouge, ce que j'aimerais répondre...

"Bonjour, pourriez-vous nous ouvrir le bureau 1012 ? Le ci-devant PC planté demande à grands cris notre intervention.
- Vous n'avez pas accès ?
- Si, mais j'aime bien faire chier les gens pendant leur journée de travail. Eh nooon ! C'est ballot."

Ou

"Bonjour, auriez-vous la clé du bureau 1515 ? Car en plus d'une ouverture au badge, il y a un verrou à clé. Clé physique. Que nous n'avons pas bien évidemment.
- Ah oui, c'est vrai. J'arrive.
- Pensez à prendre la laisse des rottweilers qui doivent nous attendre derrière la porte.
- Pardon ?
- Non rien." Ah merde, j'ai pensé tout fort.

Maintenant, entrons dans l'élevage de M. Schrödinger. Eloignez les gamins, c'est flippant.

Episode 1

"Bonjour, auriez-vous la clé du bureau 1870 qu'on n'ouvre déjà pas au badge mais qu'en plus il y a une clé que nous n'avons évidemment pas ?
- Oui, je vous accompagne. C'est très confidentiel vous savez.
- Sans déconner ? Merciiii"
On entre. On commence à bidouiller. L'accompagnateur a besoin de s'éclipser quelques minutes.
"Il faut que je passe un coup de fil. Je vous laisse, je reviens.
- D'accord...
- Oh. Oh. Mon badge n'ouvre pas dans ce sens-là.
- Comment ? (encore la tête dans les câbles, tu ne relèves qu'à moitié l'originalité de la situation)
- Je n'arrive pas à sortir.
- Keuwaaah ?! (tu réalises que tu as soudainement une fichue envie d'aller aux toilettes et pas de nourriture !)
- Non, c'est bon ! Le verrou n'est pas bloqué par le lecteur. Il tourne ! Ouf ! Ah ah !
- (pffff... soupir de soulagement et décontraction de la vessie)
- Je referme la porte sinon l'alarme se déclenche. A tout de suite ! Il faut juste que je ne vous oublie pas. Ah ah ah !
- Oui ah ah ah... connard..."
Comment peut-on entrer sans sortir ? pensé-je.

Episode 2

Au pays des demi-dieux (aussi appelés DD), il y a compétition auprès du dieu Moultipass pour obtenir les clés du fort. Mais il est sévère et tu as plus vite fait de convoquer son PassePartout que d'améliorer le niveau de sécurité de ton badge. Dans un service fraîchement vidé pour travaux, nous tentons d'entrer dans la salle où trônent encore NOS PUTAINS D'ORDIS QUE Y'A QUE NOUS QUI AVONS LE DROIT D'Y TOUCHER MERDE ! Et paf, porte fermée à clé. Il y a même non une mais 2 serrures de sécurité et un lecteur de badge. A croire qu'ils ont eu un prix auprès du fournisseur. Derrière, c'est sûr, Cerbère et Charon assis sur un missile nucléaire sol-air. Evidemment pas de clé dans le coffre prévu à cet effet et personne aux alentours, tout le monde ayant déménagé. Mon dieu, que c'est sot... agaçant...

Moi : "Ils me fatiguent, tous autant qu'ils sont..."
Mais miracle, au bout du couloir, PassePartout !
"Hey ! Le Nain divin ! Vas-y, il faut qu'on entre vérifier notre matériel au bureau 666. En aurais-tu les clés ?
- Ils n'ont pas laissé les clés, les débiles ?
- Apparemment pas...
- Grogniutudiu (PassePartout passe son temps à débloquer des portes que des collègues bloquent alors parfois, il est pas d'humeur). Aaaah ! Mais en fait, le verrou est lié au lecteur sur cette porte. Mon Moultipass divin va ouvrir."

Il n'y a pas de clé. 2 putains de serrures mais pas de clé. Dans la sécurité, apparemment, y'a pas de règles non plus.
D'un geste sec, le Nain passe le petit bout de plastique blanc devant le gros morceau de plastique noir et... clic fait le verrou... et vert fait la loupiotte. Il ouvre la porte et... WOUHOUHOUHOUHOUHOUHOU fait l'alarme... pendant 5 minutes. J'en ai encore les tympans qui sifflent.

PassePartout : "Et merde ! Faut prévenir la sécurité de n'envoyer personne ! (merde, merde, merde, j'ai pas mon gilet pare-balles) Heu... y'a plus de téléphone qui marche dans les bureaux ?
Moi : Bah non, ils ont tout déménagé !
- T'as le numéro de poste de sécurité ?
- D'après toi, je ressemble à un annuaire ? Ben non, le Nain !
- Je vais passer par le standard" s'écrit le Nain en s'éloignant du bruit de l'alarme, mobile à l'oreille.

Lorsque le calme revient et qu'il n'a toujours pas eu de correspondant ni de solution, je demande : "Pourquoi l'alarme n'est pas liée au lecteur de badge ?". Le Nain divin ne me répond pas. Comment le pourrait-il d'ailleurs ? Il n'a pas cette satanée réponse !!! Car enfin à quel responsable sécurité maudit viendrait-il l'idée d'autoriser quelqu'un à entrer quelque part mais en fait NON !! Comment peut-on entrer sans entrer ? miaulé-je faiblement. Schrödinger, sors de ce...

Et... pouik font tous les néons du couloir en s'éteignant d'un coup.

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18 décembre 2016

Du hasard et de la loi de Newton dans la littérature

Cet automne, j'ai passé quelques jours à Madrid, me perdant loin des quartiers touristiques et musardant dans les rues à la recherche de vieilles boutiques de "toda la vida". Des boutiques qui font écho à mon enfance où chaque objet vendu a été tenu par les mains d'un membre de ma famille. On y trouve la boîte à savon à raser de mon père, le flacon à eau de toilette de ma mère ou l'œuf à repriser de ma grand-mère. Pour la plus extraordinaire d'entre elles, la caisse enregistreuse est en bois, les boîtes dans la minuscule vitrine délavées par les années et le soleil. Alors les musées (mêmes ceux du jambon) pouvaient toujours m'attendre.

C'est sur le même mode que je suis entrée dans une librairie presque par hasard. Je ne venais pas y chercher un livre. Mon regard avait été accroché par un produit bien différent.

repuchemise

Une édition spéciale du maillot de l'équipe de foot championne du monde aux couleurs de la République

Je rappelle que le drapeau aux 3 bandes sang et or est celui de la monarchie. La république espagnole (la deuxième, 1931-1939) était représentée par du rouge, du jaune et du violet.

A la vue de cette splendeur, mon sang-mêlé d'anarchiste, de communiste et d'ouvrier.e.s du textile n'a fait qu'un tour et je suis entrée d'un bond dans la librairie. Le vendeur conseillait d'autres clients alors je me suis mise à fureter à droite à gauche jusqu'à l'arrière boutique. Là, étaient réunies les œuvres de théâtre et les grands classiques espagnols. En résumé, mes lacunes culturelles et néanmoins historico-personnelles réunies en quelques étagères et 2 tables, pointant vers moi un doigt invisible mais accusateur "Rouuuh ! Mauvaise fille, tu ne connais rien à la littérature de tes ancêtres". Oh hé ! La gauche ! Ils vont se calmer ! Déjà, dans la famille, ça ne fait pas si longtemps qu'on sait lire alors, hein, camembert les livres !

Le vendeur n'étant toujours pas libéré, j'avançais dans ma recherche d'un classique pas trop gros (déjà en français, ça peut vite être chiant), pas trop ancien (parce qu'une langue évolue et que je ne me sens pas encore d'attaque pour El Quijote). Voyons voir... "Bodas de sangre" (Noces de sang de Garcia Lorca) ! Pas épais, datant du XXème siècle, ça me pl... BLAM !!! Un livre, à ma droite, vient de s'écraser au sol. Le bruit m'a fait bondir car il vient de l'autre bout du présentoir. Où je ne suis pas et où personne d'autre ne se trouve pour le faire tomber. Le bouiboui est hanté. Tandis que je me baisse pour ramasser le suicidé, le vendeur passe dans mon dos et s'écrit :
"Tu as besoin d'aide ? (l'autochtone peut avoir le tutoiement facile surtout dans une librairie de gauchistes)
- Ca va. Je crois qu'un livre vient de me choisir.
- Alors il faut que tu repartes avec. Il ne faut pas fâcher les livres."

Je retourne le volume et regarde la couverture. Hmmm... Sexy...

elabuelo"Le grand-père" de Pérez Galdos. Je ne connais ni l'auteur, ni le titre. Je n'ai pas la moindre idée de l'époque où il a été écrit et je n'irai pas lire la 4ème de couverture.

Je vais le ranger dans... ah bah, zut, il était où ce machin ? Je n'arrive pas à trouver d'autres œuvres du même auteur. Ni même un emplacement où il manquerait. "T'étais planqué où toi ?" Le vendeur passe dans l'autre sens "Je suis à toi dans 5 minutes". Je pose le grand-père au hasard et retourne à Garcia Lorca. J'embarque "Noces de sang" et reviens dans la 1ère salle. La cliente est en train de régler. Le vendeur me sourit. Une impulsion. Je reviens sur mes pas et récupère Pépé. Si un livre te choisit, t'es qui pour lui tourner le dos ?

Je suis repartie de la librairie sans le maillot souhaité (plus ma taille) mais avec un t-shirt des Brigades internationales et avec deux livres imprévus.

Je le commence aujourd'hui. Ecrit en 1897, il fait partie du cycle "spiritualiste" de Pérez Galdos (1843 - 1920). L'auteur a été romancier, dramaturge, chroniqueur et député. Il est (selon Wikipédia) l'un des meilleurs représentants du roman réaliste du XIXème siècle. L'histoire : un vieux noble désargenté découvre à la fin de sa vie que les valeurs qui ont régi sa vie : l'honneur, le sang, la tradition et le passé ne sont rien face à "l'unique loi", la seule qui vaille d'après Benito. Benito Pérez Galdos. Suivez un peu !

Je vous laisse. J'ai rendez-vous.

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11 décembre 2016

Petits agacements du moment

Pour une fois, je ne vais pas râler contre la période des fêtes. Non. Parce que ce sont les dernières que je vais passer en paix et en démocratie, alors autant en profiter. Ce qui m'agace, c'est que dans ma volonté de m'extirper de mon quotidien (en y faisant parfois un ménage physique) et de m'ouvrir au monde (en tentant de nouer des relations "et plus si aff"), je fais face à ce que je ne nommerai pas des emmerdes mais des agacements.

Exemple n° 1 : Pinder
Ça ne marche pas ; ça ne matche pas. Faut dire que j'ai dégagé 90% des propositions. Faut dire aussi qu'il y avait pas mal d'hommes dedans (oh l'appli ! dans "Femmes" c'est quelle lettre que tu ne comprends pas ?) et des femmes qui cherchent des… hommes. Dis donc Pinder, tu ne te foutrais pas un tout petit peu de ma gueule par hasard ? En conclusion toujours célibataire. Voire très célibataire (mon vibro est HS).

Exemple n° 2 : les SDF
Comme tout•e Parisien•ne qui se respecte et qui prend le métro, je rencontre quotidiennement des humains sans domicile fixe qui font la manche. Récemment, pas par générosité mais uniquement pour me dégager de toute culpabilité, j'ai décidé de donner systématiquement à tou•te•s 50 centimes. Dans la foulée, j'ai constaté que c'était la pièce la plus rare qui soit. Que l'inventeur du monnayeur était une brèle : pourquoi ne pourrait-on pas choisir les pièces qu'on soit obtenir ? Certains distributeurs de billets le font bien. Pourquoi ne peut-on mettre toutes les pièces de 1 et 2 centimes généreusement distribuées par ces fourbes les boulangers pour obtenir de plus grosses pièces ? Bref. J'ai également remarqué qu'il me fallait un peu d'entraînement pour ne pas dire non (réflexe bien intériorisé) et je suis devenue la championne du demi-tour : "Non… aaaah attendez, si !". Enfin, il faut que j'évite certaines rues ou quartiers à fort taux de fréquentation touristique (dans Paris, fastoche) ou alors que les SDF se munissent d'un lecteur Monéo. Qu'ils fassent un effort, merde !

Exemple n° 3 : chez moi
J'ai entamé un débarrassage de livres que je ne veux pas garder mais pas les vendre ni évidemment les jeter. J'ai aussi acheté des noix. Et comme à chaque fois, tandis que je glissais le paquet dans mon panier au supermarché, je me suis dit "au fait, tu as un casse-noix ?". Et comme à chaque fois, en rentrant et en fouillant dans le tiroir à bordel qui sert jamais, j'ai de nouveau constaté que "ben nan hein ! C'est pas comme si tu te posais la question à chaque achat desdites noix". La solution fut donc la même que d'habitude : la pince multiprise. Qui fait un excellent casse-noix. Ce n'est pas super élégant mais finalement ça fonctionne. Quel rapport avec les livres ? Deux secondes, j'explique. Donc, je fouille en vain dans le tiroir à bordel et tombe, au milieu des tire-bouchon, pierre à aiguiser, ouvre-boîte et passoire, sur… un petit livre de recettes (format 8 sur 12) : "Recettes pour amoureux. 130 recettes pour tendres tête-à-tête". Cf le point numéro 1 et mon peu de goût pour la cuisine sophistiquée (c'est-à-dire au-delà de faire bouillir de l'eau ou jeter des aliments bruts dans une poële), j'en déduis que ceci est un cadeau. Ce n'est pas à moi ! Carpaccio de mangue et crevettes rôties… et puis quoi encore !

Je jette le livre sans ménagement sur la table basse à côté d'un autre ouvrage au format également bâtard d'environ 8 cm sur 9 : "Essence de la sagesse" du 14ème et dernier Dalaï Lama. En quatrième de couverture, une phrase attire mon attention : "Cet ouvrage présente l'essentiel de son message pour vivre dans l'harmonie, la compassion, le bonheur et tendre ainsi à la sagesse". Rien que ça. La pensée du Dalaï Lama résumée en une soixantaine de pages (l'éditeur n'a pas osé mettre les numéros de page…). Celui-ci est bien à moi. Je me souviens l'avoir lu. Et si j'avais eu la mauvaise foi d'oublier, étant donné le peu d'impact que sa lecture a eu sur ma vision de la vie, 2 pages cornées me rappellent que j'ai même voulu me souvenir de 2 choses importantes. Dont je ne me souviens évidemment pas ! Du coup, pas la peine de tuer des arbres pour faire un livre plus épais. Format parfait.

"Mais quoi c'est donc les phrases qui t'ont tant marquée ? Dis nous Gouinette". Te voici bien curieuse petite souillon (cf point n° 1 : tout s'explique… je me fatigue).
Première pensée dalaïlamesque : "Lorsqu'on agit pour satisfaire ses désirs immédiats sans se soucier de l'intérêt d'autrui, on réduit à néant ses chances à un bonheur durable"… Désirs immédiats ? Oh ! Ça va aller, c'est juste un sachet de noix quoi !

Deuxième pensée (attention, c'est long) : "La faculté que nous avons de sourire est selon moi l'une des plus belles caractéristiques humaines. Je suis toujours un peu intrigué lorsque je souris à quelqu'un et que ce quelqu'un ne réagit pas ou garde un air grave. En revanche, mon cœur se remplit de joie dès que l'on me sourit en retour. Même lorsqu'il s'agit d'une personne que je ne connais pas, je suis ému qu'elle me sourie. Pourquoi ? La réponse est probablement la suivante : un sourire authentique touche en nous une qualité fondamentale, notre gratitude naturelle face à la bonté."
Un conseil mon Dalaï d'amour pur, arrête de sourire aux douaniers chinois… On voit bien qu'il n'a jamais pris le métro. Un•e inconnu•e qui te sourit, c'est chelou.

Pourquoi avais-je bien pu choisir ces deux pensées ? Cela avait, je le suppose, un sens à cette période de ma vie. Mais aujourd'hui, j'avoue. Ça fait pschitt. Un peu perdue dans mes miennes pensées, franchement déçue par les deux messages. À croire que j'avais corné au hasard… Pas tout à fait mais si tu es généreux d'un sourire ou de l'intérêt d'autrui, évidemment que tu vis mieux. Mon regard erra sur la page d'en face. "La caractéristique principale du bonheur véritable, c'est la paix : la paix intérieure. Je n'entends pas par là la sensation de "planer" ! (ah merdre, tant pis pour le pschitt) Je ne parle pas non plus d'une absence de sentiments. (re-tant pis pour le vibro) Au contraire, la paix, au sens où je la conçois a pour origine le souci d'autrui et implique une grande sensibilité et beaucoup de sentiment."

C'est ce que je me tue à vous dire !

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