CAAA fAAAit un bAAAil !
Je profite d'un énième retard de la SNCF (TGV : Train à Grande Variabilité) pour faire un résumé de mon absence.
Primo, je n'ai pas travaillé comme promis sur «Le chagrin et la pitié» et c'est pas joli de ne pas tenir ses promesses.
Deuxio, je suis allée au cinéma et au spectacle et j'ai bien aimé ce que j'ai vu. «Les nouveaux chiens de garde»: ouais !, «Parlez-moi de vous»: ouais !, «Crise de foi» de Sofia Aram: youhou! (spéciale dédicace aux seins concaves… je t'expliquerai… ou pas).
J'aurais pourtant eu tout le temps d'écrire et de récrire mes textes… L'autre matin, j'accompagnais ma chère et tendre à la porte de notre nid d'amour afin qu'elle aille gagner la moitié de l'argent du ménage. Nous nous souhaitâmes une bonne journée, tournâmes la clef dans la serrure et constatâmes, surprises et dubitatives, notre impossibilité à finir le tour nécessaire à l'ouverture de la porte. «Pousse-toi moumoune. Laisse faire la spécialiste!»
Changement de clef, coup d'épaule, rien n'y fit. Cette saleté ne réagit pas non plus aux menaces non voilées sur sa descendance. Nous étions prisonnières chez nous.
«Enfermées dedans, l'enfer d'une matinée chez soi. Bientôt chez votre libraire»
Oui bon, ça va. Je sais qu'être bouclé à double tour chez soi avec le téléphone, internet, de la nourriture et sa moitié n'est pas le summum de l'angoisse. C'est même très con. Mais ça provoque des réactions étranges. En effet, tandis que nous attendions le serrurier lui-même coincé dans les embouteillages, il nous est venu l'idée de faire… un gâteau. Qui a dit un enfant ? Au yaourt, le gâteau. Oui, nous avions frôlé la catastrophe mais nous voulions vivre. Un sentiment étrange et pénétrant de faire valser nos papilles au son entraînant d'un orchestre de fin du monde nous envahit. Non! Il ne serait pas dit que nous nous soyons effondrées, non. Envers et contre toutes les portes blindées d'un monde décadent, nous nous tiendrions debout, fières. Vaguement boulimiques, peut-être. Mais le peuple en nous voyant ainsi, luttant côte à côte contre l'adversité, se dira : elles ont puisé au tréfonds de leur être la dernière once d'humanité pour, au bord de l'abîme, la porter aux nues, la magnifier, en faire l'œuvre de toute une vie que les générations suivantes contempleraient l'œil humide de reconnaissance.
Trop bon le gâteau!
Polyglotte...
Ne signifie pas «larynx de poney». Que nenni. Ça veut dire qu'on peut insulter des gens dans leur langue. C'est pratique. Dans mon cas, je peux insulter des Espagnols, des Catalans, des Anglais voire des Allemands… mais faut fraiment qu'ils soient sehr pénibles parce que les déclinaisons me collent des migraines. La polyglottie permet également de lire les journaux. En Espagne, tous les journaux évoquent ce qu'en France nos médias appellent pudiquement, avec une vague nausée, des faits divers. Notamment, les violences faites aux femmes ou violence machiste ou violence de genre. Dès qu'une femme est tuée ou agressée par son conjoint ou ex-conjoint, c'est à la une d'El País (équivalent du Monde) et des autres journaux nationaux. Depuis des années, des campagnes de prévention, des outils policiers et juridiques sont mis en place pour lutter contre la violence de genre.
La nouvelle ministre de la Santé, de droite (je précise car la gauche a vraiment travaillé sur ce sujet), a eu à déplorer en décembre la 59ème victime de l'année et a parlé en cette occasion d'une victime de la violence dans l'entourage familial (commme Alliot-Marie parlait en 2008 de violence intra-familiale). Ce qui a déclenché une vague de protestations devant ce qui ressemblait fort à un retour en arrière dans un combat qui ne doit jamais se relâcher. Heureusement pour elle (la ministre), une 60ème femme (tant pis pour elle) a été tuée le 29 décembre. Dans son communiqué, la sinistre ministre a pu se rattraper, récupérer les bons éléments de langage et parler de violence de genre. Sauvée par le gong mais je plains les femmes espagnoles. Comme je nous plains, nous, femmes françaises ou vivant en France. Parce que nos mortes ne font jamais la une des journaux. Et pourtant, il y en a plus en France qu'en Espagne par rapport à la population.
2008 : 157 femmes assassinées en France contre 73 en Espagne
2009 : 140 contre 55
2010 : 146 contre 73
2011 : 60 en Espagne. Pour la France, on lance les paris ? Une chose est sûre, on n'aura pas les chiffres aujourd'hui. Aucun décompte, aussi macabre soit-il, n'est fait au quotidien dans nos quotidiens.
Nowel ! Ensemble !
Le week-end promettait d'être ardu avec une permission de sortie pour mon père pour le 25 et le repas de famille. Gros stress et grosse fatigue pour ma mère préparant les agapes de Noël.
Samedi, vérification de l'état de fonctionnement de mon géniteur : pas de fièvre, l'œil vif, le genou… à sa place. Validation des vêtements du lendemain auprès des aides-soignantes.
«C'est qui ?
- C'est mon marrri, Mme K.
- C'est vot'mari ça ?
- Oui, loui, c'est mon marrri. Et "ça", c'est pas gentil.
- Eh ben, l'est pas beau.»
Mme K, en plus d'avoir une similitude faciale avec un sharpeï, a le comportement d'un caniche : elle te gnaque le mollet quand tu as le dos tourné. C'est la terreur du service. Quand elle arrive en ville, tout le monde change de trottoir. Je la surveille toujours du coin de l'œil afin de parer ses éventuelles claques ou chicage d'oreille. Elle est spéciale, K : elle fait chier…
Dimanche : j'ai pour mission de ramener papa à la maison avec l'aide de mon frère et d'un neveu. A notre arrivée, il est assis dans sa chambre, propre comme un sou neuf et nous fait un grand sourire. Nous lui vissons sa casquette sur la tête et hop, c'est parti. Première difficulté : le faire monter dans la voiture, certes vaste mais pas étudiée pour. Les manœuvres commencent. On l'assoit en marche arrière puis on rentre ses jambes. Mais c'était oublier l'imperfection de son équilibre et zou, papa bascule sur le côté, la casquette roule sous la bagnole. Un peu honteux, nous nous précipitons pour le relever (ce qu'il ne fait pas seul). Il est pété de rire. Cela achève nos derniers scrupules. Et vas-y que je te le pousse d'un côté et que j'te l'tire de l'autre. Papy plié et ligoté dans la caisse en 30 secondes. Mission accomplie.
Nous avons passé un joli Noël. Je vous souhaite une bonne année 2012.
Les envahissants
Pour nous, tout a commencé par une nuit sombre, dans une gare parisienne bondée, une veille de réveillon de Noël. Le quai fut indiqué 30 minutes avant le départ au lieu des 20 habituelles. Le Téguévé démarra à l'heure pétante. L'esprit de la Nativité s'était-il étendu à la Seuneuceufeu? Faut pas rêver. En période de forte affluence, la tactique est de faire partir les trains à l'heure puis de les faire rouler à 30 à l'heure et ce afin d'éviter tout mouvement de foule dans les gares vu que le voyageur inside un train est plus facile à contenir que s'ébattant librement sur un quai. Enfin, c'est mon analyse ; elle vaut ce qu'elle vaut. Tout ça pour dire que nous arrivâmes à destination avec le quart d'heure de retard habituel. Si ma chère et tendre et douce avait atteint son but, ce n'était pas mon cas. Il me restait encore une heure de car dans la cambrousse bretonne pour rejoindre la hutte familiale. Malheureusement, la batterie dudit car rendit l'âme au moment de partir. Après quelques essais infructueux et devant la perspective d'une longue nuit, des passagers proposèrent de pousser l'engin pour le faire démarrer. Ça peut marcher sur une voiture. Sur un 52 places, ça devient poétique. Surtout que vu le peu d'espace libre devant le car, il a d'abord fallu le faire reculer (en légère descente) puis le pousser en avant (en faux plat). Ce fut un échec retentissant mais l'intention était bonne. SOS dépannage avait été appelé mais ne pouvait indiquer de temps d'intervention. Ceci provoqua l'ire de certains passagers qui songeaient déjà à aller lyncher un agent des chemins de fer (esprit de Noël, où es-tu?) lorsque la camionnette du sauveteur fit son apparition. Résultat, j'arrivais au village avec une bonne heure de retard, par la même nuit sombre et glacée de cette fin décembre. Voilà qui n'augurait rien de bon pour la suite de mon séjour et le traditionnel repas de famille… (à suivre)
Tout fout le camp.
C'est le regard brillant et la truffe humide (je suis enrhumée, j'en suis à 3 paquets par jour) que j'annonce que ça va aller, maintenant, bon sang, de bon soir ! C'est quoi ça ? Les droits des femmes n'avanceront donc jamais ? Sortez de vos cuisines. Allez prendre l'air. Creusez un trou dans le jardin mais arrêtez de ranger les enfants dans les congélateurs! Bientôt, un grand patron de l'électroménager va venir se plaindre que cette «mode du bébé congelé» porte atteinte à l'ensemble d'un corps de métier. Et p'is quand c'est pas une mère qui aménage le frigo en chambre d'enfant, c'est un père qui prend le lave-linge position essorage pour un berceau. Aaah, du temps du maréchal, ça aurait filé droit ! C'est moi qui vous le dis. D'ailleurs, je viens de finir de regarder «Le Chagrin et la Pitié», documentaire de Marcel Ophuls (1969). C'est impressionnant. Je ferai part de mes réflexions que le monde entier attend à ce sujet quand j'aurai fini de me déshydrater par le nez et que j'aurai survécu aux fêtes de Nowel… Mais ça va devenir flippant d'ouvrir un frigo, bientôt.
«Où qu'elle est la bûche ?
- Derrière ton petit frère !»
La visite du daron
Des fois avec ma douce, il nous prend des envies folles de faire des trucs de oufs. Genre, aller voir les illuminations des Galeries Falayettes le samedi à la nuit tombée à 15 jours de Nowel. Oui, on aime marcher dans Paris et tailler notre chemin à coups de coude dans la marée humaine ayant envahi les trottoirs. On adore traverser des avenues au milieu des embouteillages, évitant les scooters, les voitures, les bus, les vélos, les troupeaux de touristes. On aime l'idée d'aller boire un truc chaud et manger des macarons dans une boutique de la place de la Madeleine. Essayer, se donner le frisson, penser que, ben ouais, si on voudrait, on ferait la queue dans la rue pour manger un gâteau. Plus tôt dans la journée, nous avions commencé à regarder l'excellent documentaire «Le chagrin et la pitié». Il y avait ce passsage où Adolf fait le tour d'un Paris désert, en juin 40, le tour du propriétaire. L'Arc de Triomphe, le Trocadéro, la Madeleine. Il n'y avait pas foule à la Madeleine ce jour-là. Etrange contraste entre ces images noir et blanc, ce vide et ces lumières, cette foule. Etrange sensation. Comme si on s'emplafonnait dans l'histoire au détour d'une rue. Il nous restait un ticket de pain, on est rentré le manger à la maison.
Déjà le 1er décembre ?!
Bon sang ! Faut que je pense aux cadeaux de Nowel de Tonton Clark et Tata Diana !
C'est bientôt Nowel !
Et comme tous les ans, la course aux cadeaux trop super cool est lancée. Et comme tous les ans, je suis là pour éviter les dépressions pré-nowelliennes et faire pousser des super-héros du sapin dans tous les foyers.

Gérer des fichiers, c'est un métier.
J'ai récemment reçu des avis du facteur. Le premier m'annonçait qu'une lettre avec accusé de réception m'attendait à la poste. Angoisse et désespoir! Aucun indice sur l'avis hormis un «M. ou Mme Gouinette» pour le moins mystérieux. Qui donc pouvait m'envoyer un courrier AR sans distinguer mon genre ?
Avant de rejoindre mon lieu de travail, j'allais récupérer le pli maudit. Signé Sade (ça s'invente pas), l'entreprise chargée de la maintenance technique de mon ancien immeuble se plaignait de mon absence répétée à mon domicile empêchant ses agents de faire leur travail. Je les appelle:
- bonjour, je n'habite plus à l'adresse indiquée depuis 6 mois, ça va être compliqué de vous faire entrer !
- un instant, je vérifie… ce n'est pas votre nom qui apparaît. Je vous cherche… Je confirme, vous n'êtes pas dans notre fichier.»
Un peu plus de 3€ ont donc été dépensés pour me dire que non seulement je (ou mon époux) n'habitais plus mon ancien appart et qu'en plus mon nom n'était plus dans leur fichier. Waouh !
Seconde joyeuseté postale et colissimale, un avis de passage à 9h40 (en notre absence vu que nous avons la chance de travailler) annonçant qu'un second passage serait fait le lendemain à 10h… Je leur dis qu'on bosse ou je les laisse croire que je passe ma journée à faire les boutiques ?
3 600 secondes
La maladie de mon père ne connaissant nul repos, un nouvel épisode nous a récemment rappelé la valeur du temps.
Un nouveau symptôme est apparu : l'extrême tension musculaire. Tout tendu qu'il était mon père. Même des mâchoires. Avancer dans la vie mâchoires serrées, ça le fait quand on s'appelle Clint Eastwood mais même Dirty Harry les détend pour s'envoyer un hot-dog et une bière derrière la cravate.
Ce que n'a pu faire papa, ce qui l'a conduit au bord de la déshydratation et donc au lit avec deux perfusions et de l'eau gélifiée (hmmm, ça donne envie). Retour à la case des pires. Retour à l'alimentation hyper-vitaminée donnée par des mains amies. Patience et longueur de temps… Vendredi dernier, après un passage au cimetière pour saluer les grands-parents, une visite à l'hôpital pour nous enquérir de la prothèse de hanche de la voisine et avant de prendre des nouvelles d'une récente veuve amie, ma mère et moi avons passé une partie de l'après-midi avec mon père (j'ai des week-ends de folie pure !).
Ma mère donnait à boire et à manger à mon père tandis que je l'aidais à se soulever pour lui éviter les fausses routes. Pour lui faire boire 33 cl de soda américain et une crème dopée aux amphètes, nous avons eu besoin d'une heure. Soixante minutes. 3 600 secondes. Pendant ce temps, l'aide-soignante de service s'occupait des 16 autres pensionnaires.
Problème de mathématiques proposé à l'ENA (élevage de champions en tout) : sachant que chez les personnes âgées affaiblies, la faculté recommande de multiplier les prises de nourriture, à partir de quelle prise, le temps passé à les alimenter devient-il de la fraude sociale ?














