Gouinette parle trop

25 février 2015

La règle et l'exception

Il y a des constantes, des évidences : le ciel est bleu. Il y en a de plus difficiles d'accès. Des qui demandent l'étude répétitive, approfondie d'un phénomène. Etude qui permet de cerner cette constante, de construire un raisonnement parfait basé sur des preuves solides et de parvenir à l'énoncé d'une théorie universelle : c'est obligé d'être beau gosse pour faire ostéopathe.

J'en vois qui font la moue. Alors, bon, hein, déjà, pas en public, y'a des enfants. Ensuite, j'ai suffisamment tâté de l'ostéo pour que mes paroles soient d'évangile. Comment ? C'est plutôt l'ostéo qui m'a tâté ?… Alors toi, tu sors. C'est moi qui fais les jeux de mots, calembours et autres running blagues (©une amie) ici. Oui, j'ai de l'expérience ostéopathique en qualité de cliente. Née tendue, je peux nouer la totalité des muscles de mon corps sans le moindre effort. Je peux déplacer des vertèbres ou transformer un fascia lata en essuie-glace*. Dimanche, je me suis bloquée une cervicale et une dorsale en prenant le petit-déjeuner, t'as qu'à voir le bestiaud ! Une bête à concours ! Je consomme de l'ostéo comme d'autres des cigarettes et bien que cela me laisse froide, oui, oui ! Des hommes magnifiques aux corps d'appolons antiques ont posé leur mains sur moi ! Oui ! Fais-moi craquer la sténose lombaire, grand fou ! Vas-y, replace-moi le bassin ! Tripote-moi le tendon d'Achille, mon Hector ! Et tous, beaux, beaux… Beaux et ostéos à la fois.
Je me suis dit qu'il était temps de tester l'ostéo femelle profitant du fait que ma cascade du petit-déj dominicale me faisait souffrir le martyr. A moi aussi, la joie du paysage ! Bon, j'avoue, le hasard a fait que le seul créneau de libre soit celui l'ostéo à ovaires.

Je suis dans la salle d'attente. J'attends. J'imagine son entrée, le sourire large, les dents blanches… La porte s'ouvre. Elle est là, enceinte… Enceinte ?!? Mais c'est quoi cette escroquerie !!! "Qu'est-ce qui vous amène ?" Aïe… bon, là, faut enrober un peu sinon, bonjour la honte. Se bloquer le dos en mangeant une tartine… même en poussant à 5 tartines… d'un pain que je n'ai pas pétri moi-même, c'est la honte. "Je chassais des drones avec un filet à papillons télescopique quand soudain, l'une de mes échasses s'est prise dans un trou et paf, ça a fait crac…" (©autre amie). Elle se place derrière moi et se met à pétrir chacun des muscles de mon dos et tout est douloureux. "Allongez-vous". Elle touche mon cou. Aïe ! Elle appuie sur ma cage thoracique. Ouille ! "Mettez-vous au bord de la table". C'est le moment où elle va poser ma main droite sur mon épaule gauche et vice versa, me soulever contre elle et me retomber dessus de tout son poids pour remettre ma colonne dans le droit chemin. Tandis qu'elle me serre contre elle, son sein lourd et doux se plante dans mon œil. "Détendez-vous". Heu… oui non mais c'est gênant… Mon œil libre se pose sur son ventre très rond si près de mon coude… Elle s'apprête à basculer. "Soufflez…" NON ! NON ! NON ! TON VENTRE !! Crac ! Aaaah le bébé !!! le bébé !! Espèce de malade !!! Ca m'a stressé ! Je me suis redéplacé la vertèbre.

 

*private blague de coureur : le fascia lata est un tendon ayant tendance à s'échauffer en frottant contre le genou durant la course. Enfoiré !

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14 février 2015

Qu'est-ce qu'elle dit la rousse ?

Quand tu apprends une langue étrangère parlée dans plusieurs pays voire différents continents, il arrive un moment où tu dois te lancer sur des articles écrits par des humains non issus du creuset originel de cette langue.
J'apprends l'espagnol ; je lis des textes d'auteurs sud-américains avec des spécificités grammaticales et des mots "mais bordel, c'est quoi ça ?". Un peu comme un étranger qui aurait appris le français grâce à un professeur parisien et ferait son 1er voyage en francophonie au Québec… ou en Lorraine. Forcément, c'est pas facile tous les jours. Et contrairement aux œuvres télévisuelles de la Belle Province sur TV5, les Lorrains, eux, ne sont pas sous-titrés.

Je me débattais ce matin avec un article dont le thème était la situation politique au Pérou. Et c'est là où tu te dis que la situation politique ici est quand même super claire ! Surtout comparée à celle de l'Argentine où quasiment tous les partis sont "péronistes" et tous opposés les uns aux autres. Au moins, ici, les Gaullistes (si tant est qu'il en reste encore), on sait où les trouver… Qui a dit "en taule" ? On aimerait bien mais bon…
J'en reviens à ce texte dans lequel apparaît soudain le mot "lineamientos". Je subodore (car je ne suis pas totalement idiote) qu'en fonction du contexte, ça doit signifier alignement politique, lignes de coke. Toutefois, en bonne élève que je suis (oui, la fille à lunettes au 1er rang, c'est moi ! Un problème ?), je vérifie dans le dictionnaire de la RAE qui n'est pas le dico des raëliens mais de la Real Academia Española, l'équivalent de notre Académie française. Enfin l'équivalent… Quand tu tapes un mot qui a des acceptions différentes suivant le pays dans le dictionnaire espagnol, tu obtiens toutes les significations. En castillan d'Espagne et d'ailleurs.
Pour "lineamiento", la réponse fut : en premier, un lien vers un autre mot "lineamento", en 2, la signification en Argentine, à Cuba et en Uruguay (ligne, direction, tendance), en 3, la version mexicaine (trait caractéristique de quelque chose).

Quand on consulte le site de l'Académie… Déjà, il n'y pas un champ "recherche" dans lequel taper le mot recherché. Nan ! Et puis quoi encore ! Je clique donc à gauche, à droite. Je tombe sur le trombinoscope de nos immortels avec le dernier arrivé : Xavier Darcos… Pour les résumer : mâles blancs vieux. La féminisation des mots n'est pas pour demain. Qu'à cela ne tienne, du coup, emportée par l'ambiance, je continue de cliquer, à droite, à droite… "Exemples de mots nouveaux", l'intitulé me fait sourire. Mais je suis une malade, je clique ! "Marathon", "photosynthèse" et "pute" sont de nouvelles entrées dans le bidule. Ah bah, tiens, est-ce que "bidule" en est ? OUI !! MAGIE DE LA NOUVEAUTÉ ! Dans "Mots étrangers", il n'y a que des mots qui viennent d'avoir leurs papiers : bretzel, bonzaï et baby-foot. Et sachez qu'abuseur a été supprimé. Le mot, hein, pas les gens ! DSK est toujours de ce monde. "Amusoire" et "névroptère" ne sont plus et il était important que cela soit dit, en passant, à tout le moins.
En bas de page, je trouve enfin un lien intitulé "Consulter le dictionnaire". Mais ce n'est pas le leur. C'est celui de l'ATILF : Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française… Un dictionnaire en ligne quoi. P'is moderne en plus… par rapport à Pong, je veux dire. En couleurs, quoi. Mais d'avant les normes d'accessibilité et de politesse qui interdisent de brûler des pupilles. Bref, après que mes yeux eussent saigné et que j'aie ravalé quelques sanglots, j'ai tapé "gosse" qui, comme le savent bien les Français (cette bande d'obsédés), a une signification foutrement (quoi ?) différente au Québec. Que crois-tu qu'il arriva ? Rien. Le français madame, c'est parlé en France. Ailleurs, ils font des fautes !

J'arrête avant de m'énerver. Pour en revenir à mon mot "lineamento", je finis par le rechercher dans un dictionnaire de traduction qui me donne en français : linéament. Comment ? Quoi ça ? Qui ? Désespérée, je me tourne vers ma rouquine préférée qui me définit linéament comme étant un "élément linéaire subrectiligne, généralement repérable sur des cartes topographiques à petite échelle ou sur des images satellites en télédétection et qui correspond à la trace en surface d'un accident profond"…

Décidément je ne comprendrai jamais rien à la politique sud-américaine.

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03 février 2015

Au boulot, parfois, il y a galette

Oui, au travail, parfois, on pause les claviers (mais qui donc les avait soulevés ?). On raccroche les téléphones. On réveille son voisin et on va fêter… heu… ah, merde, restons laïcs… fêter la qualité de nos artisans-pâtissiers et artisans-fèvologues. En gros, on va becqueter une galette des rois.

Vers 17 heures, poussés par la faim et la soif, le troupeau travailleur migre vers la cafétéria. C'est l'heure où les lions vont boire. Après une journée de merde. Non, je peux pas dire autre chose, ce fut une journée de merde, point. Ca arrive. Je ne peux pas me plaindre. Je n'en ai pas tant que ça. Enfin à ce niveau. Mais là, vraiment, sérieusement. Merde.
Avec mes acolytes, nous nous mêlons aux autres espèces de notre direction, déjà sur place. Quelques hyènes vont de groupes en groupes. Je sens ma peau se hérisser dans mon dos. J'ai horreur de ces regroupements obligés durant lesquels nous devons supporter les vœux de bonne année d'une hiérarchie qui va en passer une bonne partie à nous la pourrir. A ma gauche, sur la table où trônent déjà les galettes, sont installés un ordinateur, une sono, un DJ de merde connard collègue. Qu'est-ce qu'il fout là ce crétin ? C'est quoi ce matos ?

Les groupes se forment. On se renifle ; on se reconnaît. Je reste près de l'entrée, prête à bondir. Puis la hyène en chef (le directeur) demande le silence et entame son discours. Douce mélopée pleine de démagogie, de "vous êtes formidables", "je sais le travail que vous faites", "vous êtes beaux, toussa". Surtout n'oublier personne, aucun service. Il continue "Le moment est difficile (nous sommes une semaine après les attentats de Charlie Hebdo). Je ne ferai pas de long discours (merci) mais j'aimerais vous dire que la porte de mon bureau vous est toujours ouverte (moui, moui). Même si vous rencontrez des problèmes dans votre vie privée, vous pouvez m'en parler en toute amitié."
Je suis un peu stressée, fatiguée (cf ma journée de merde). Je me dis : "ok, donc, là, un Québécois moustachu va surgir de sous la table en braillant 'C'est pour Surprise sur prise !!'…" Mais en fait, non. Rien. L'autre possibilité est qu'une faille spatio-temporelle se soit ouverte et que notre dimension soit tombée dedans, emportant avec elle ce qui faisait le cadre de nos vies, nos repères (si tu entres dans le bureau du directeur c'est pour te faire engueuler), notre équilibre. Et je m'imagine déjà entrer dans le burlingue de Bébert les talonnettes : "Dis voir, gros ! Je chope pas vraiment depuis un moment. T'aurais pas 2 ou 3 gouinasses de tes amies, pas mal à regarder et avec une bonne situation pour moi ?"

La réalité revient au galop, ma rage sous le bras. Bien sûr connard, que je vais venir te raconter mes peines de cœur ou mes histoires de famille ! On est potes toi et moi… oh… ou pas. J'en suis là de ma colère (vas-y, prends nous pour des truffes) lorsqu'il clôt son intervention par un "et maintenant, accueillons une ancienne stagiaire de 3ème qui va nous chanter 2 chansons". Oh merde… Comme dira plus tard une collègue d'une autre direction : "Oh c'est cool chez vous ! Vous avez droit à des saltimbanques !" Sérieux, j'ai flippé. La vie, chienne de vie, m'avait pourtant vacciné contre presque tout sauf les horreurs de la guerre. Mais ça ? Après les attentats… J'avoue ; j'ai été prise de court. Fauchée en pleine réflexion. Les seuls mots qui me viennent à l'esprit à ce moment sont : pourquoi ? Qu'est-ce qu'on a bien pu faire à je ne sais quelle déité mal embouchée pour mériter ça ? Je lisais même pas Charlie !!! Et c'est qui cette stagiaire ? Et c'est quoi le programme ? Une Marseillaise endiablée ? Le Chant des partisans ? Bella Ciao ?

"Bonjour, je vais vous chanter une chanson de Daniel Balavoine"… Le silence se fait. La musique démarre. J'ai une crise d'angoisse.
"Pourquoi je vis, pourquoi je meuuuuurs…"
Je sais pas. MAIS POURQUOI TU CHANTES ÇA ?!? Quand elle arrive à la partie techniquement compliquée de la chanson qui part de très bas pour arriver très haut dans les aigus, je perds un tympan et je saigne du nez. A la fin de la chanson, je suis au bord de la crise d'épilepsie. J'ai chaud. La fièvre ? Je vais poser mon paletot dans un coin. Des regards se croisent. Quelques mots d'encouragement sont murmurés. On réprime des rires nerveux. Courage, plus qu'une chanson. La stagiaire enchaîne : "la variété n'est pas vraiment mon registre. Je préfère le chant lyrique." Ah oui ? Ben, moi… JE PRÉFÈRE MANGER À LA CANTINEEEEEE ! AVEC MES COPAINS ET MES COPINEEES !
"Je vais vous chanter un extrait de la Flûte enchantée". Et personnellement, je vais mourir. Je n'ai pas dit adieu à mes proches. Pas dit à quel point je les aime. Pas fait ma lessive de blanc, tant pis, je la ferai ce week-end. Ah et puis il faut que j'achète du dentifrice et que j'aille au cinéma. Tiens ? C'est en allemand la Clûte Enfantée ? Soudain, des applaudissements, le soulagement envahit mon âme. "J'ai un morceau surprise !" AAAAH MAIS FAITES-LA TAIRE ! "Près des remparts de Séville, chez mon ami Lilas Pastia, j'irai danser la séguedille…" Carmen… La Callas fait l'hélicoptère dans sa tombe. On brûle des usines de cigares à Cuba. Je tresse une corde pour me pendre dans la moquette.

Après on a mangé. Le directeur a eu la fève. Tout va pour le mieux, dans le meilleur des mondes.

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09 janvier 2015

#JeSuis

Triste. Qu'est-ce que je vais faire de mes vœux maintenant ? 2015, année de… rien-ze ? Comme 2014, elle ne rime à rien. Elle avait bien commencé pourtant. Comme d'habitude, je n'avais pas prévu d'enterrer la vieille année. Elle n'avait qu'à crever toute seule. Franchement, elle m'avait suffisamment fait chier, chialer et torturé comme ça. Crève charogne de 2014 ! Tel était mon slogan.
Et puis presque par hasard, un grain de sable inopiné est venu bouleverser mon absence de plan sylvestrien. J'ai dû faire le passage vers 2015. Avec des gens que j'aime en plus. Salauds d'amis ! 5 672 selfies flous plus tard, je marchais dans la rue et 2015 dans un froid enfin polaire (on est en hiver oui ou merde !?!) et la joie au cœur, enfoirés de potes ! Et si, finalement, 2015 était la bonne… année ?

Samedi, je sors faire mes courses (j'ai une vie palpitante par moment) ; j'approche d'un bar de mon quartier. Il vient d'ouvrir ; la patronne fume sur le pas de la porte. Un homme arrive face à moi et la salue rapidement. Elle lui répond d'un "bonne année" et s'apprête à reprendre une bouffée quand l'homme s'arrête brusquement. "Ah oui ! Merci ! A vous aussi. Tous mes vœux ! De réussite, de bonheur, la santé bien sûr". Il hésite. "Et aussi à votre famille et à vos amis. Qu'ils soient heureux et…" J'éloigne en rigolant. Je me demande quelle sera la longueur de sa liste de vœux. Je le trouve choupinou dans sa tentative de réparer son oubli premier par une foultitude de vœux de bonheur à la barmaid, sa famille, ses amis, ses employés, ses caisses de bière… et le chien… et la santé surtout !

J'ai écrit quelques cartes vœux. J'ai envoyé des mails de vœux. Mercredi je déjeune avec une amie. C'est bien. C'est doux ce début 2015. Finalement, ça pourrait… mais c'est mercredi 7 janvier. Alors ça ne dure pas. Heures tristes, étranges. Journées longues ou hors du temps. Une vague nausée persistante. Heureusement, il y a les enfants. Ouiiii je sais, c'est un peu éloigné de mon discours habituel sur cette engeance venue directement de l'Enfer, toutefois… parfois… Je ne sais pas si c'est à cause de leur petite taille mais ils ont un angle de vue différent. Alors je laisse la parole à la fille d'une amie.
Jeudi à son école, il y a eu la minute de silence, à midi, à la cantine. Les animateurs n'ont pas trouvé les mots ou le courage d'expliquer ce moment de recueillement aux enfants. Heureusement, mon amie avait briefé ses enfants la veille. Une mère sait trouver les mots… ou les chaussettes sales planquées sous le lit. Une mère c'est sait tout. Mais revenons à la cantine. Le comble, d'après sa fille, c'est qu'ils ont dû faire cette minute de silence alors qu'ils venaient de se servir et que "pour une fois, les pâtes étaient bien chaudes ! Alors non seulement les terroristes ont tué des gens mais en plus, à cause d'eux, on mangé froid !"

Je vous souhaite tout le bonheur du monde pour 2015. Et fuck les cons !

charlie-hebdo-cover

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07 décembre 2014

Les fringues 100% françaises

A quoi les reconnaît-on ? A ce qu'il y a un Montebourg dedans ? Oui mais plus trop maintenant.

A leur prix honteusement élevé ? Ben, en même temps, le smic français est légèrement supérieur au smic bangladais.

A leur style ? Ah ! ça chauffe ! Alors ? Rien ? Bon, je vous donne la solution.

Au style de la com'. Le style "tiens, y'a un-e sexiste qui s'ignore (ou pas) qui a écrit la lettre d'information"…

orijins_sexisme

 

Et joyeux Nowel à toutes ! Si vous n'y voyez aucune objection, bien sûr.

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06 décembre 2014

De la psychologie du suceur

Je pousse la porte du laboratoire d'analyse qui est curieusement vide de toute file d'attente en ce samedi matin à l'aube et à jeun. Je vais m'asseoir après que la secrétaire a constitué mon dossier et m'apprête à ouvrir Twitter lorsque j'entends "Mme Parle Trop". Dans la cabine, la laborantine-préleveuse commence l'interrogatoir. Oui, après des années de foutoir et autres inversions d'enfants et/ou résultats d'analys, tu ne peux plus aller te faire sucer ton sang sans (100-100?… oui, je sors, rooh lala) réciter ton CV. Ou c'est un dépistage généralisé d'Alzheimer.

"Votre date de naissance ?

- 8 joints 19strvcghd…

- Comment ?
- 19sfdtegcv !
- Votre nom de jeune fille
- Ah non ! C'est mon nom complet, le nom de mon père ET de ma mère.
- Bien. Je vais aussi vérifier votre numéro de téléphone.
- Le portable ou le fixe ?
- Le portable
- 06 XX QQ DTC
- Ah ?! Ce n'est pas le même"
Je me penche sur la feuille et lis le numéro écrit : 01 CON NAS SE. Ouh la ! Alors, un portable, ça commence par 06 voire 07. De 01 à 05, c'est du fixe. Dis donc toua, fais donc voir ton diplôme de vampire !
Elle pose le garrot, désinfecte le creux de mon bras.
"Vous avez peur des piqûres ?
- (Jésus, Marie, Joseph) Non…"
Ça ne se demande pas, ça. En général, ça se voit. Voire même la future victime va te prévenir : "attation, quand on me pique, je fais un malaise".
Et elle continue : "attention, je vais piquer… je pique !"
Naaaan ! Sérieux ?

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17 novembre 2014

"C'est court"

Un demi sourire flotte sur son visage. Contente de me revoir mais "c'est court !". Ca fait presque 2 mois qu'on ne s'est pas vues. Après les premières phrases de retrouvailles et de bienvenue, c'est tombé comme un gentil reproche. "C'est court !" Elle a raison. Mes cheveux sont courts. Mais c'est un peu court, jeune femme. "On pouvait dire… oh dieu… bien des choses en somme…" Le truc, c'est que j'ai passé beaucoup plus de temps à les avoir courts que longs. L'exceptionnel, c'est qu'ils recouvrent mon oreille. Comment te dire, chère collègue (tapez 1), copine (tapez 2), amie (tapez 3) qui me connaît depuis si peu de temps, que je rentre au bercail ?
Samson et moi, c'est un peu le même combat. Tu vois le genre ? Non ? J'explique. Si on coupe les cheveux d'un garçon sensible, on lui enlève sa force. Mon genre reprend du poil de la bête en les perdant. J'ai le poil court et je marche à grands pas. On m'appelle de nouveau "monsieur". Pour ne pas continuer couper ce qui reste de mes cheveux en 4, je citerai ma philosophe préférée : "Tout ce que j'aime de ma vie, tout ce qui m'a sauvée, je le dois à ma virilité."*

Chère amie (tapez 1), copine (tapez 2), collègue (tapez fort), je suis contente de te revoir… tout court.

*Virginie Despentes

ps : j'suis une gouine, une vraie, une tatouée :-D

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16 novembre 2014

Piqûre de rappel

Il reste une table vide à l'entrée du bar. Je vois bien les 2 enfants en bas âge à la table voisine mais il est presque 19h, ils ne devraient pas rester longtemps. Demain y'a école. J'évite de justesse la poussette et le parapluie qu'agite l'un des deux dans une lutte acharnée avec sa mère. Je m'assois. La mère gagne ; le petit se met à hurler. Je commande sous les cris du chiard. En attendant mon manger, je me concentre sur mon téléphone. Oui, j'ai arrêté d'arrêter. Mais dans ce cas précis, j'ai des circonstances atténuantes : les cris reprennent de plus belle. Je tourne la tête vers le monstre. Il doit être fatigué le choupi… bah oui mais des parents indignes le font traîner dans un bar à pas d'heure aussi ! Je regarde les membres de la tribu : un grand ado concentré sur son téléphone, deux femmes et donc deux marmots. Où sont les pères ? m'exclamé-je intérieurement dans un double élan contradictoire de "manif pour tous" et de Patrick Juvet. Tandis que le rejeton paraît sur le point d'exploser tellement il est rouge de colère et/ou de désespoir, l'une des femmes se lève pour (lui en coller une ?) tenter de le calmer… sans succès. C'est alors que surgit du diable vauvert une 3ème protagoniste, de retour des toilettes : la mère. Certes légitime mais tout aussi impuissante à faire taire le mioche.

Tout le monde se rassoit dans une ambiance… de feu. C'est alors que le 2ème mouflet, motivé par l'activité sonore du 1er, se met également à chouiner. Ce qui a pour effet de faire se lever les 3 mères et le couffin… heu… l'ado qui regarde YouPorn en silence ce dont doit se féliciter sa mère. Du silence, évidemment. Avec tout ça, il faut équiper tout ce beau monde pour sortir dans la nuit noire, obscure et humide. Et là, festival ! Un des lardons ne veut pas mettre son manteau ; l'autre veut tenir le parapluie tandis que l'ado fait remarquer que le petit agite les baleines dangereusement près de ses yeux. On lui saisit l'objet d'autorité faisant remonter ses émissions sonores au niveau d'un décollage d'A380. Pendant ce temps-là, moutard n°1 s'est vu fourrer dans la poussette et refermer la capote transparente anti-pluie. Et il n'est clairement pas d'accord. Ou c'est qu'on lui a coincé un doigt dans les charnières du véhicule. Je ne sais pas. Ah bah, non, il sort une de ses mains par un trou de la capote dans une tentative d'évasion désespérée. La vie du bar s'est figée dans l'observation de la tribu qui, tant bien que mal, se dirige vers la sortie sous les yeux de la serveuse qui dit : "bah, faut pas partir !" Alors, toi, ta gueule, hein ! La porte se referme. Puis vient le silence. Le calme. Ce qui doit être agaçant pour une mère, c'est que la péridurale ne dure que le temps de l'accouchement. 

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Sport de tarlouzes !

Ce dimanche matin, je trempe délicatement (car je suis délicate malgré certaines rumeurs) mon pain dans mon café en écoutant les infos de France Inter d'un derrière distrait. Sarkozy veut abolir le mariage pour tous ? M'en fous. Poutine quitte le G20 avant le café ? Rien à péter, la guerre froide, je connais, j'ai déjà vécu en couple. Ledit G20 veut plus de croissance et moins de réchauffement climatique sans que personne ne songe à lui signaler que "couper les cheveux en gardant  toute la longueur", cela risque d'être compliqué ? Et pourquoi pas !? Enfin arrive la page des sports qui, en l'absence de foot, devient la page rugby. LA page des sports, il faut souvent l'entendre comme 1 page, 1 sport. À ne pas confondre avec 1 citoyen, 1 voix.

Philippe Saint André dit du match de rugby de samedi brillamment remporté par la France face à l'Australie que "ce n'était pas un match de majorettes"… je suppose pour ne pas dire que ce n'était pas un "match de gonzesses". Parce qu'alors on crierait à la remarque sexiste… Cher Philippe, je crains que cette figure de style ne change rien au fond. Les majorettes sont des femmes. Forcément, le cliché sexiste qui veut que tout ce qui est féminin est moins fort ou a moins de valeur est de nouveau utilisé pour qualifier quelque chose. Tu aurais pu dire qu'ils en avaient chié des ronds de chapeau, que cela avait été physiquement très dur, que garder le collectif concentré sur la tactique face à une équipe très forte relevait de l'exploit. Tu aurais pu dire bien des choses en somme. Mais non. Et ça me peine énormément. Tous les ans, j'offre à mon meilleur ami, pédé parmi les pédés, le calendrier du Stade Français pour son anniversaire. Parce que le rugby, en apparence, est plus ouvert d'esprit sur l'homosexualité que ne le seront jamais ces crétins dégénérés de la Ligue de foot. Tu sais ce que j'aurais dit moi ? "C'était pas un match de fiottes ! Et pourtant on avait des joueurs du Stade Français dans l'équipe". C'eut été drôle à défaut d'être informatif. Mais des pédés vaudront toujours plus que des femmes, n'est-ce pas ?

Sais-tu mon Philippe que de plus en plus d'hommes deviennent sages-femmes ? Sais-tu que ce métier risque fort de changer son joli nom pour maïeuticien (et maïeuticienne sont dans un bateau, devine qui va tomber à l'eau ?) parce qu'appeler un homme "sage-femme" est gênant ? Lis donc Virginie Despentes mon Philippe ou je te jure que je te fais accoucher sans péridurale !

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13 novembre 2014

Le supermarché, samedi à midi

Et pourquoi pas le périphérique, vendredi à 19 h ? Je sais. C'était une erreur. Beaucoup de monde avec en option des enfants se faufilant vers les rayons de Nowel (pas le temps de fêter les morts que le plug anal débarque, quel enfer…). Regrettant amèrement cette sortie comme un poilu de 14 regrettait sa tranchée sous le feu ennemi, je traçais mon chemin dans l'enfer des caddies décadents vers l'enfilade des caisses. Après cette ultime barrière, la liberté, la rue, le chemin sécurisé du retour à la maison. Ô je ne me fais pas d'illusion. Tant d'autres ont échoué précisément sur ce dernier obstacle car bien des périls guettent le soldat sur le champ de bataille. La file d'attente de la caisse en est un. Celle du samedi midi est brutale, infinie, cruelle. Incertaine, imprévisible. Elle n'est pas ce qu'elle paraît. La plus courte peut tarder des heures à laisser le passage. Toutes les stratégies sont inutiles. Il faut de la patience et aussi de la chance. Passer à la caisse se paie. Cher. On y est à découvert. Rien ne vous protège. Le coup fatal peut venir de partout. En général, le coup fatal est fourbe, il attaque tes arrières. C'est…

Le boulet

Celui qui tape dans ton panier alors qu'il est à terre, qui bouge alors que ça n'avance pas et qui frôle ton sac en s'excusant platement avant de recommencer. Et ce boulet, c'est JAMAIS Marion Cotillard ou Scarlett Johansson. Ni même un équivalent féminin non célèbre. NAN ! C'est toujours un mec entre deux âges, plus près du 3ème d'ailleurs, à la coupe de cheveux aléatoire là où il en reste et au rapport à l'évidence compliqué avec sa salle de bain et son lave-linge. Je jette un œil sur ses achats ; il mange liquide.

Marion ! Scarlett ! Où est-ce que vous faites vos courses, bordel ?!?

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