Gouinette parle trop

06 décembre 2016

Arme fatale et arf t'as mal !

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Ceci sont… qui a dit "sec" ? Je vous vois, vous savez ? Je reprends. Veuillez trouver ci-dessus des armes mortelles. Et pas seulement en raison de la réaction allergique létale que leur port provoquera irrémédiablement chez tout.e fashionista. Ces accessoires peuvent vous sauver la vie ! Il suffit de savoir s'en servir. Attation, les images qui suivent peuvent heurter la sensibilité des téléspectateurs (dégagez les fiottes !).

Arme numéro 1 : la casquette
Il n'est pas obligatoire d'avoir une casquette du plus grand club de foot du monde. Il est cependant indéniable que cela vous aidera plus qu'une du Madrid. Comment ? Mais si (ça, c'est fait) ! On n'essaie pas de taper avec son bonnet en laine sauf s'il est clouté. Prenez une racaille à capuche qui s'approche de vous, l'air patibulaire mais presque.

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Lattez-lui la couenne ! N'hésitez pas, s'il le faut, à agrémenter votre couvre-chef de plombs de pêche pour l'alourdir.

 

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Ah, elle fait moins sa maline, la caillera !

 

Arme numéro 2 : la ceinture
Si vous avez vu votre agresseur arriver de plus loin, vous avez eu le temps de dégager d'un geste fluide, rapide et d'une élégance rare votre ceinture, vous la pliez en deux et…

ceinture

Vous lui lattez la couenne ! Si vous avez un fouet à clous, c'est encore mieux.

Arme numéro 3 : le téléphone
Vous téléphonez dans la rue (sérieux, vous cherchez les emmerdes). L'encapuchonné s'avance d'un pas décidé vers vous. Servez-vous de votre outil de communication comme d'une masse d'armes et…

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Lattez-lui la couenne !

Pour être plus efficace, entourez votre téléphone de barbelé. N'oubliez pas votre gant en cotte de maille afin d'éviter toute égratignure.

Merci pour votre attention et merci à mon hitman, mon collaborateur, mon sparing partner… enfin ce qu'il en reste.

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30 novembre 2016

L'enfant qui disait des secrets à l'oreille de sa mère

C'est en sortant du métro cette semaine, emmitoufflée jusqu'aux oreilles que j'ai croisé un enfant rentrant de la maternelle avec sa mère. Il ou elle, je ne sais pas. Je ne reconnais pas bien à cet âge-là. Le cheveu était mi-long et le vêtement androgyne. Quoiqu'il en soit, l'enfant fit s'accroupir sa mère en lui promettant "maman, je voudrais te dire des secrets à l'oreille".

Le soleil finissait de se coucher ; le ciel était d'un bleu intense. L'air était froid et sec et les décorations de Nowel illuminaient la rue. Il me vint l'envie d'un chocolat chaud et fumant, d'un plaid, d'un canapé et de secrets à murmurer à toutes les oreilles du monde. Approchez-vous, j'ai un secret à vous dire.

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Et si malgré l'élection ici et ailleurs de politiques plus réactionnaires les uns que les autres, nous construisions un monde meilleur pour Nowel ? Ou pour n'importe quelle date religieuse à la con ou même n'importe quelle date tout court. C'est si facile ! C'est à nous de décider finalement. Hein ? Nan, je suis pas payée par cette enseigne. Et non, je n'ai pas pris de drogue. Ca suffit ! "Le meilleur du monde pour un monde meilleur"

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Voyons d'abord ce que ces cadeaux de genre ont en commun : le bien-être (mais la femme a plus de besoins, 101 contre 75), le jardin (et là, c'est l'homme qui gagne, 55 contre 48), les voyageurs infatigables (le sac à dos du mâle est plus lourd que celui de la femelle) et les chanceux qui ont tout (un monde meilleur si tu as tout...). Dans cette dernière catégorie, les femmes ont plus tout que les hommes puisqu'elles bénéficient de 79 choix pour compléter leur tout contre 93 pour les hommes.

Les autres catégories que c'est pas les mêmes pour les hommes et les femmes. L'homme est un incorrigible bon vivant tandis que la femme explore les saveurs. Il bouffe n'importe quoi. Elle fait attention à sa ligne. Je traduis pour les mal-comprenants. Comment ? C'est le même discours sexistes qu'ailleurs ? Bah oui ! Un monde meilleur ne doit pas être trop trop différent de l'actuel sinon on vendra plus rien !
L'homme est amateur de randonnée et la femme... est une belle élégante. Elle attend son homme parti crapahuter dans la verte au fond de sa caverne en s'épilant le mammouth.

Mais le plus beau de tout ça, c'est que ce sont les mêmes produits qui sont distribués dans ces différentes catégories et qu'un engin aussi étrange que le couvert Georgette (espèce de cuillère-fourchette-couteau-mon-dieu-mais-c'est-quoi-ce-truc) est rangé dans "l'exploratrice des saveurs" chez madame et "l'amateur de randonnée" chez monsieur.

Gamin.e ! Je vais te dire un secret à l'oreille...

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ON N'EST PAS SORTI DES RONCES !

 

 

PS : j'aimerais connaître les chanceux qui dorment dans cette zoulie tente imprimée pastèque. Pas steak... Humour... Je vais vomir et je reviens.

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26 novembre 2016

Le grand cirque

"¡Amiga!
- ¡Sí!

- Trois ans, deux cancers maternels et un changement professionnel après ma séparation, j'ai décidé de travailler ma vie amoureuse et sexuelle et vice-versa voire les deux.

- Bravo !

- Je viens donc chercher auprès de toi, d'avisés conseils d'utilisation de ces applications de rencontre. Laquelle as-tu utilisé pour tomber toutes tes meufs ?

- Pinder ! La foire aux freaks. Le grand cirque mondial qui offre le plus grand nombre d'abonnés et donc de possibilités de faire des rencontres. A l'international ! Tu pourrais connaître quelqu'une Argentine par exemple !

- Pour quoi faire une Argentine ? Je vis à Paris.

- Connaître des gens.

- Oui, j'ai bien compris mais pourquoi à l'étranger ? Je vis à Paris.

- Voyager, travailler ton espagnol, te faire des ami.es, avoir une vie sociale.

- En Argentine ?!? Que veux-tu que j'aille f... oui, bon, OK. Sinon, comment ça marche le bouzin ?

- Tu te crées un compte et tu te racontes. Tu devrais mettre des photos un peu différentes.

- C'est sûr. Pas de photo =  moche. C'est quoi une photo différente ?

- Des photos qui disent qui tu es. L'appli va se connecter à ton profil Fessebouc et tu pourras choisir.

- Comment ça mon profil, c'est obligatoire ?

- Oui. Tu te crées un compte via ton profil.

- Mais je veux pas ! Déjà que FB me gonfle, je ne vais pas l'ouvrir à une appli externe qui va venir chercher mes infos, mes ami.es, mes goûts !!

- Crée-toi un autre profil avec rien dedans.

- Nan ! Ca me gave !

- Mais tu vas bien échanger avec les femmes ? Leur raconter un peu ta vie ?

- Heu... oui... c'est obligé ?

- Il faut que tu montres un peu qui tu es. Parce que tu as un caractère spécial.

- Comment ça spécial ?

- Nan mais je t'adore. Ce n'est peut-être pas le bon mot. Tu es particulière.

- De mieux en mieux. Particulière ?!

- Reconnais que tu as quand même un humour bien à toi !

- Moui...

- Et qui peut surprendre au premier abord.

- ... ouh bah si on peut plus rien dire...

- Donc si je comprends bien, tu veux rencontrer des femmes à Paris et sans leur parler. Va falloir travailler ta technique..."

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Je suis pas sortie des ronces.

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20 novembre 2016

"Remember, remember the 13th of november"

Je suis allée au cinéma aux Halles (voir "Mademoiselle" de Park Chan-Wook, une merveille, précipitez-vous !). Arrivant au Forum depuis la rue de Rivoli, j'ouvrai machinalement mon sac à main pour le présenter à l'agent de sécurité présent à cette entrée. Je pris ensuite mon ticket et fis la queue devant ma salle. Derrière moi, deux femmes parlaient. Assez haut pour que j'entende. "Ils vérifient pas les sacs, t'as vu ? Alors qu'à la Fnuck, oui. C'est n'importe quoi ! L'année dernière, j'avais râlé et l'agent de sécurité m'avait dit 'c'est à cause de gens comme vous qu'il y a des attentats.' Ca m'avait mise en rage !"

Il est clair que les mesures de sécurité visibles établies depuis les attentats du 13 paraissent totalement à côté de la plaque si on les compare aux modes d'action des étronistes ou tas-de-merde (je les appellerai pas autrement). En effet, ils n'ont pas essayé d'entrer dans un magasin en cachant leur kalachnikov dans leur sac à main. Ils sont arrivés en voiture, ont défouraillé et tiré sur la foule dehors ou sont entrés au Bataclan mais en tirant. Ca ouvre beaucoup de portes. Et ils avaient en option une ceinture d'explosifs. Un autre a écrasé des gens avec un camion. Et les seules femmes ayant tenté quelque chose ont entassé des bouteilles de gaz dans une voiture à laquelle elles ont essayé de mettre le feu. Toujours pas de sac à main de la mort dans l'affaire.

Parce qu'on est tou.te.s très, très con.ne.s, ces mesures visibles sont donc supposées nous rassurer. Comme l'état d'urgence qui a, de l'aveu même du président, surtout servi à mater quelques écolos agités. Quant à l'armée qui sillonne les rues, les métros et les gares de Paris, je rappelle que ces jeunes gens ne sont pas une force de police et qu'ils ne peuvent pas ouvrir le feu sans un ordre de leur hiérarchie. Dans une démocratie, c'est plutôt une bonne chose. Mais on en déduit qu'à part à de l'affichage pour le peuple, leur présence est inutile. Voilà, voilà.

Les commémorations sont bien utiles comme on le voit. Elles permettent de repenser les choses, de faire resurgir des questions, de remettre les choses en perspective. Les services hospitaliers ont-ils suffisamment de personnels pour bien fonctionner (y'a pas eu grève récemment) ? Les policiers ont-ils un matériel en état de fonctionnement (le bouclier de protection Ramsès utilisé au Bataclan et donc endommagé a été récemment remplacé) ? Sont-ils formés ? Et la réponse (terrifiante) est donnée par un policier à son procès "Prison avec sursis requise pour le policier qui avait frappé un ado": "J'ai fait mon métier, mais nous ne sommes pas formés aux missions de maintien de l'ordre. Nous n'avons pas, non plus, le matériel adéquat."

Pour le matériel donc, c'est toujours le foutoir (et le goût de nos forces de l'ordre pour les flash-ball n'arrange rien) mais surtout pas de formation des policiers au maintien de l'ordre. Mais ne serait-ce pas l'une de leurs missions premières ? Ou bien ? Je nous laisse méditer là-dessus.

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15 novembre 2016

C'est la dernière fois.

Promis, après ce post, j'arrête de vous prendre le chou avec l'autre truffe de président étasunien élu, D.J. Trump. Il est clair qu'il a mis l'ambiance et que ça va continuer. Je retire tout ce que j'ai dit sur les années de merde vécues depuis… Pfff… Je ne dirai plus rien. J'ai l'impression que le futur est en mode "comment ça j'suis pas cap' !?" et là, ça devient flippant.

Alors, donc, voilà, l'autre matin, mon réveil sonne et comme toute bonne droguée hyper connectée, je me précipite sur mon téléphone pour lire les infos de la nuit sur quelques applis de journaux tout en écoutant la radio de la France Inter. Comme en ce moment, les infos nocturnes viennent de l'ouest, ça discute sec sur le premier (et pas le dernier) entretien de Dodo l'Assomoir. Le journal sonore me fait un résumé des idées heu… des trucs qu'il a vomis… aboyés… dits : l'Obama Care qu'il veut dégager heu… améliorer, les clandestins qu'il veut virer par paquets de 3 millions, les homosexuel.le.s qu'il ne va finalement pas démarier, l'avortement qu'il va sabrer, son salaire qu'il ne va pas toucher, etc. Je ne parle pas des armes à feu. En tout Étasunien sommeille un cow-boy prêt à faire le boulot de la police : abattre des noirs et des indiens.

Ce n'est donc pas au niveau du contenu que je tombe de l'armoire et ou que je saute au plafond mais face au titre de l'article de Ouest-France. Je n'ai pas eu le réflexe de faire une capture d'écran mais comme je l'ai publié sur le Livre du Visage, voici une capture de la version originale : "[Mister T] annonce qu'il renoncera à son salaire de président". Et donc, l'atteinte aux droits des femmes, la santé des pauvres, on s'en cogne ! Le mec va pas toucher un radis pour mettre son pays à feu et à sang.

ouestfrance-1erTrump

Alors je me dis, dis donc journaliste, rédacteur en chef, patron de presse, tu n'aurais pas une vision toute orientée facho de la hiérarchie de l'information ? "C'est pas un mauvais gars. Il va faire ses saloperies gratos !".

Râlant tel le putois des andes en période de rut, je passe à la presse étrangère espagnole (la seule langue que je parle correctement) et je constate qu'El País et El Diario.es ont titré pour cette même interviou sur les migrants qui vont se faire lourder. Comme ce sont des journaux de gauchistes (pas tout à fait pour El País), je me dis que j'irai voir dans la journée ce qu'ont titré d'autres journaux français. Plus tard, parce que là, il faut que je fasse ma vaisselle, prenne ma douche, aille bosser, bref ! C'est lundi.

Un peu plus tard dans la journée, chose que je me suis promise, chose que je me dois, je me fais une toute petite revue de presse franco-française : Le Monde, Le Figaro, Le Parisien et donc Ouest-France sur le site duquel je retourne pour… découvrir que le titre a été modifié : "[L'autre enflure]. Immigration, salaire, avortement : sa première interview". Sauf qu'ils n'ont pas modifié l'adresse URL de l'article qui affiche toujours le titre original.

ouestfrance-trump

 

Je continue donc ma recherche. Le Monde avait d'abord titré "[La mèche] annonce qu'il va renoncer à son salaire de président". Dis donc ! Je t'ai vu !!

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On peut heureusement compter sur le Figaro pour assumer toutes ses positions politiques. Pour ce journal, l'important dès la première heure et même après et même jusqu'ici, c'est d'expulser les "criminels clandestins".

figaro_trump

Sur le Parisien, l'URL annonce "[Gros veau] reste contre l'avortement, pour les armes, sa première interview" et le titre "Avortement, immigration, salaire : les premières annonces de [Sous-Bock]". Entre l'adresse et le titre, on a tous les thèmes traités. Rien sur le PSG.

parisien_trump

 

Voilà, j'arrête avec le rouquin d'outre-Atlantique. Y'a déjà une blonde qui surfe sur son élection. Mais restons vigilants. Les mots comptent.

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10 novembre 2016

Est-ce que vous allez continuer longtemps à nous les briser menus ?

Je parle de nos ovaires. A nous les femmes.

Depuis l'élection de Trump, qui semble avoir sidéré le monde politico-médiatique ici et là-bas, certain-e-s cherchent des raisons, des responsables (?) à ce résultat. C'est la faute des pauvres ! C'est la faute des riches ! Et depuis jeudi matin, c'est la faute des femmes. Tiens, ça faisait longtemps... 42% des femmes ont voté pour Trump me dit ma radio. Dois-je en déduire que 58% des femmes ont voté pour Clinton ? Ou est-ce que 58% des votants pour Trump sont des hommes ? C'est pas clair !

Mon premier est une question purement technique : mais au fait, comment tu sais ça ? Y'a un mouchard sur les machines à voter ? Ou sont les résultats des "sondages au pied des urnes" ? Attention, le mot "sondage" s'est glissé dans cette demande d'explication rationnelle. Merci ma radio de m'expliquer ce chiffre.

Comme ma radio ne m'entend pas, voici ce que j'ai trouvé sur le oueb : les nouvelles news !

Mon deuxième est une gueulante : est-ce que, parce que je suis une femme, je dois obligatoirement voter pour UNE candidate ? Ou bien, ai-je le droit, la permission (?) de voter en fonction de mes opinions politiques personnelles et non liées à mon identité de genre aussi réactionnaires soient-elles ? Si je me souviens bien (et je me souviens bien), les guides suprêmes de la Manif pour tous (les cons) étaient, sont des femmes. Franchement, j'aimerais que la connerie soit uniquement masculine. Les mecs sont des abrutis, soyez lesbiennes ! Venez, venez ! Petites, petites ! Malheureusement, ce n'est pas aussi simple.

Si je me souviens aussi de cette montagne de sondages que nous nous sommes déjà pris sur le crâne ici et maintenant, une femme serait au 2ème tour de notre élection présidentielle en 2017. Devrai-je voter pour elle ? En tant que femme ? Je tien également à rappeler que les femmes constituent plus de 50% de la population mondiale. Si nous votions en fonction de notre sexe, nous vivrions en société matriarcale, le pape serait papesse, depuis les siècles des siècles, amen. Et ce n'est pas exactement la situation actuelle, si je ne m'abuse, mais on peut en faire un sondage si vous n'avez que ça à foutre.

Dans l'intervalle, lâchez-nous le clito !

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05 novembre 2016

Bon appétit et surtout la santé

Je déjeunais tranquillement à la cantine du travail, seule et silencieuse. Je ne saurais tarder à soliloquer, un filet de bave au coin des lèvres mais il vous faudra patienter. Dans le brouhaha léger d’un restaurant de fonctionnaires murmurants, je perçus tout à coup une augmentation du volume de conversation à la table derrière moi. Je n’entendis qu'une tirade lancée sur le ton du défi : « Et la phrase de Rocard ?! ». La réponse fut couverte par le bruit de chaises repoussées que fit la tablée en se levant.

Oh ! Mais attendez ! Ne partez pas ! Quelle phrase donc ? « Passe-moi le sel, Germaine ». « François, vous n’auriez pas vu passer mon honneur ? ». « Embrasser et sucer, c’est pas tromper » ou encore « Mais foutez-moi la paix bordel ! Je suis mort ! Lâchez-moi la grappe, merde ! ». Dans toute sa vie, c’est qu’il en aura dit des… trucs ! Il a bossé jusqu’à la fin pépère ! Son dernier job, il l’a commencé en 2009 à l’âge de 79 ans. Quand j’y pense, avec un socialiste pour qui le mot retraite est une insulte, il est certain que celle de la France d’en-bas et de sur les côtés n’avait pas beaucoup d’avenir. Ambassadeur aux pingouins d’épaule des pôles qu’il a été. Jusqu’à sa mort. La banquise était triste. D’ailleurs elle a fondu… en larmes (poussez pas ! Je suis déjà dehors). Alors, forcément, LA phrase de Michel Rocard, ça fait une sacrée botte de foin à retourner pour retrouver cette saleté d’aiguille.  

Comment ? Evidemment que je sais de quelle phrase de Rocard il s’agit. D’ailleurs il paraît qu’il ne l’a pas dite. Ou pas comme ça. Ou on n’a pas compris. Ou il manquait des mots, le contexte. Enfin, elle ne serait pas de lui. C’est user d’un raccourci un peu simple voire simpliste que de résumer la vie d’un politique à une phrase de cul et une grosse connerie… oh wait !? Quoiqu’il en fut, je suis allée voir sur le moteur de recherche universel qu’un jour il retrouvera mes clés (Orwell, bisous) qu’est-ce donc qu’il a dit le Rocard ?

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En faisant le test sur Bing, Yahoo et Qwant, j’observe qu’une deuxième phrase revient en plus de « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Parce que oui, il s’agit bien de celle-ci. La deuxième est : « La politique est dégueulasse, parce que les hommes qui la font la rendent dégueulasse ». Il était bien placé pour le savoir. Mais sinon, de ses 85 années d’existence et presque autant de vie politique, cet énarque restera donc connu pour : « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde » (1989). Libération en raconte la légende dans l’article « ‘Misère du monde’, ce qu’a vraiment dit M. Rocard ». Et il l’a bien dite. Toute sèche. La partie sur le fait que la France doit en prendre sa part arrivera en 1993. Ca, c’est fait !

Revenons donc à ma cantine et à ce cri primal « Et la phrase de Rocard ? ». Mon hypothèse, que vous pouvez tout à fait contester (mais vu que c'est mon blog, ma cantine, mes collègues, je dis ce que je veux), c’est que la seule phrase de lui qui soit restée concernait la politique d’immigration française « C’est plein, on ferme ! » du second septennat de Dieu. Je doute en effet que mes collègues parlent de fellation en hurlant dans la cantine. Vous savez ce qui se passe ? On commence à parler de la matinée de boulot avec ce sous-chef qui est nul. Du lundi au mardi, on enchaîne sur le week-end passé. Du jeudi au vendredi, on évoque les yeux brillants la fin de semaine à venir. Mais le mercredi, avec les gosses à la maison parce que la nounou est partie en vacances chez elle dans son pays, là-bas, le sujet de conversation détendu tourne à la discussion sur l’actualité. Et pas côté Vendée Globe ou Goncourt ou chatons cro-meugnons vus sur TouYoube. Alors, le côté feutré et retenu de mon administration disparaît. On s’affiche. On gueule. On se décomplexe à qui mieux mieux. Afin d’éviter d’avoir à argumenter, démontrer, prouver, on sort la citation d’un philo… cherch… scien… un politique que tout le monde a vachement confiance en lui, surtout depuis qu’il est mort. Parce qu’avant, c’était « tous pourris et compagnie ». C’est bien pratique la mort. Des fois.

 

 


Attention, un jeu de mots d’une finesse rare est caché dans ce texte. Je préfère le dire, c’est pas si souvent.

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03 novembre 2016

J'aime tes genoux

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Pour te faire plaisir, j'ai pris une photo de mon genou (gauche). En bas à droite avec une liseuse ouverte sur le dernier ouvrage de Martin Winckler qui a choisi comme thème les violences médicales (révoltant à souhait). Tu fantasmes à mort sur ma rotule ? C'est compréhensible. Je te devine ostéo, kiné ou podologue... la vieillesse est un naufrage. Bwef !

Je te demande de te concentrer sur les autres membres inférieurs ici présentés. Je contextualise : un matin, dans le métro, sur le chemin du bureau. Lorsque je suis montée, j'ai aperçu cette dernière place assise du carré. Nul besoin de piétiner des vieilles et d'égorger des enfants pour la squatter, la voiture était plutôt vide, vacances obligent. Je m'y insérai donc tranquillement. Enfin... je me suis approchée. Ils ont fait mine de pas me voir. J'ai balancé le "pardon !" habituel en m'avançant afin qu'ils virent leurs gros genoux et me laissent passer. J'ai ouvert mon livre en grommelant à l'intérieur du dedans de moi contre la résistance passive du Parisien à faire montre d'attention aux autres. Bwef 2 le retour !

Le regard baissé sur ma lecture, je remarque soudainement ce paysage jambesque, l'attitude des deux hommes et celle de la femme. Le genou gauche de mon voisin direct a disparu car, suite à mon arrivée, il n'a pas réduit l'angle d'ouverture de ses jambes mais a pivoté afin d'empiéter sur l'allée. Mon voisin d'en face, lui, dépasse allègrement de son siège sans souffrir d'un surpoids quelconque si ce n'est celui de sa connerie. Sa voisine se recroqueville sur sa place. Tu vas me dire que j'ai l'air plutôt à l'aise. Non, je suis à ma place et rien qu'à ma place. Mais toute ma place. Je me suis placée bien au milieu de l'assise du siège. Non mais oh ! Mais le plus drôle (oui, c'est trop rijolo ce post), c'est que je regarde ce paysage de genoux, je ne lis plus et... Et ? Mes jambes sont rangées sous mon siège. Ca me frappe d'un coup. L'étalé d'en face est vautré sur son siège en largeur mais aussi en longueur. Alors, j'ai sagement (inconsciemment) rangé mes jambes... et c'est pas bon pour la circulation.

Mon sang ne fait qu'un tour (restons dans le médical) et je décide de les déplier en appliquant à mes cuisses (mon cul est bien au fond du siège, collé au dossier) un angle droit avec les tibias. Ma place mais toute ma place. Et bim ! mon pied rencontre un obstacle. Oh ? bah ça alors ? Je me penche, faisant mine de découvrir le pied de l'étalé. J'énonce un deuxième "Pardon !" aussi hypocrite que le premier (c'est une technique parisienne. En vrai, ça veut dire : pousse-toi ou je te pousse). Il retire son sabot.

"Ouh la ! Mais tu as l'air bien remontée, dis donc ?" me diras-tu. Oui. Je sors de 4 jours au festival Cineffable (festival lesbien et féministe). J'ai les batteries rechargées à fond. Le Winckler me donne des envies de meurtre. Et j'ai lu l'article suivant de Gretchen Kelly sur Huffington Post : http://quebec.huffingtonpost.ca/gretchen-kelly/chose-que-font-toutes-les-femmes-que-vous-ignorez_b_12658514.html
L'auteure y décrit ce que les femmes vivent au quotidien tout au long de leur vie à cause du sexisme et émet l'hypothèse que si les hommes semblent si peu réactifs, d'une lenteur surprenante à la comprenette, c'est qu'ils ne savent pas vraiment ce que nous subissons ni surtout la fréquence de ses agressions. Parce que nous n'en parlons pas, parce que nous nous adaptons et que ça ne se voit pas, etc.

Mouais. Je m'interroge. Je suis doute. Je suis incertitude. Je suis perplexité. Ils ignoreraient donc qu'on peut siffler son chien mais pas une femme dans la rue ? Qu'ils peuvent soulever leur kilt quand ils sont plein de bière si ça leur chante mais pas les jupes des filles, même pas en maternelle. "Oh mais c'est pas grave. C'est des enfants..." Ah d'accord !? Donc, les fillettes peuvent tirer sur les jogging des garçons et les mettre en slip devant tout le monde ? Nan ? On se comprend alors. Les hommes ne sauraient donc pas repéré une blague sexiste de leurs potes de vestiaire, de leur patron ou de certains humoristes ? C'est aussi facile à repérer qu'une blague raciste ou homophobe pourtant. Ils n'auraient jamais entendu parler des affaires DSK (et les "troussage de domestique" et autre "il n'y a pas mort d'homme" qui ont suivi) ou Baupin ? Les mâles hétéros trouveraient normal qu'un pédé plus grand et beaucoup plus balèze qu'eux vienne les draguer avec un "t'es bon tu sais. Tu me suces ?" et devant leur refus de virer leur cuti les insulte ? Les hommes ne lisent pas le journal, n'analysent pas les publicités, n'ont pas de mère, de sœur, de femme ni de fille ? Sourds et aveugles ? Vraiment ?

Bon, je vous laisse. Je vais travailler mon coup de pied "parties" et mes défonçants. Ma place, rien que ma place, mais toute ma place.

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27 octobre 2016

Qu'est-ce t'as toi ?

Je t'ai récemment conté l'élargissement de mes activités physiques et t'avais promis un compte-rendu de ma rencontre avec un hitman. Trente secondes face à un punching ball humain et quelque peu rétif. Brève rencontre avec un agresseur mou. Le hitman se compose d'un être humain de sexe mâle, fin connaisseur de baston de rue et harnaché comme un CRS à Notre Dame des Landes, les grenades en moins. Ni tonfa... Ni flashball... Bref, il n'est pas là pour nous tuer.
Le but officiel de cette rencontre au sommet (il fait deux têtes de plus que moi), c'est de réussir à lui mettre un direct au visage. Enfin dans son casque car il n'est pas prévu qu'il décède non plus. Qui a dit "que ça ?" ? Je débute bordel ! Les possibilité d'action du hitman sont, elles, étaient réduites à peau de chagrin : nous choper et nous coller au sol.
Le but officieux était de nous sortir de nos gonds que notre éducation de femmes a méchamment boulonné. Oui, même moi. Ce fut une expérience particulièrement intéressante.

Pour me battre, je commençai par poser mes lunettes. Ca coûte un rein d'enfant blanc à mon âge ces saletés. Et comme dit le dicton, qui veut voir longtemps ménage ses montures. Cela me fit immédiatement entrer dans un monde flou, flou, flou, voyez-vouuuus... Première sensation de vulnérabilité. Deuxième désavantage, un léger trac. Taper sur quelqu'un après seulement 3 cours n'est pas aussi évident qu'on pourrait le penser même quand on est usagère du métro aux heures de pointe (gniiiii dégagez !!!). Au coup de sifflet sonna... siffl... hop ! C'était parti ! Pour 30 secondes et c'est long. Très long. Surtout quand, passé le salut, arrive... le géant vert. Comment ? Quel maïs ? MAIS NON ! HULK ! Mme Hulk, en l'occurence.

Je me retrouvai à terre dès mon 1er assaut. Humiliée, je lui passai entre les jambes et lui bourrinai l'entrejambe à coups de poing pendant que je dégageai mes jambes en lui pédalant dans les mains. C'est ce moment que saisit opportunément mon cerveau pour planter. Figé le pépère. Déni de service. Mon organisme ressortit les bons vieux outils (quand t'as plus de smartphone, tu te remets au morse, quand t'as plus le morse, t'envoie du pigeon) : le cerveau reptilien.

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ouiiii, c'est facile, ouh la la !

Celui qui se souvient comment squatter la grotte d'un ours sans finir en sandwich. Un peu rouillé le bouzin, très peu de mémoire vive et un poil incontrôlable. Il me reste quelques flash de cette opération commando :

1. je réussis à lui coller un direct (voire plus mais je n'ai pas de souvenirs précis) même si techniquement, tant dans les coups que dans les parades (ne parlons même pas enchaînement ou pire, tactique), cela ne ressemblait à rien de connu dans mes cours ;
2. je me souviens avoir entendu les cris et conseils de mes camarades sans pouvoir choper le moindre neurone en service ;
3. vers la fin des trente secondes s'est posé un problème... problématique : l'apnée. Je n'avais pas respiré depuis le début ou presque. J'ai failli tourner de l'oeil en sortant du tatami tellement le palpitant tournait à plein régime sans la moindre goutte d'oxygène !

Avec l'arrivée de l'air, mon cerveau moderne se reboota et demanda les logs du plantage serveur. J'ai pris certaines mesures de sécurité depuis : me balader régulièrement dans le flou, flou, flou, voyez-voooouuuus et me crever la paillasse aux entraînements. Répéter, recommencer, refaire, réitérer, reproduire, renouveler, doubler, tripler, quadrupler jusqu'à ce que cela devienne un réflexe et que mon système d'exploitation continue à opérer en mode furtif, guerre, baston, attente au standard de la sécu.

 

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