Gouinette parle trop

13 août 2017

Putain de vie de merde (comme ça vous êtes prévenu·es, vous continuez à vos risques et périls)

Je viens d'avoir cinquante ans …………………………………
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Hem ! Pardon. Malaise vagal.

Je viens donc de fêter mon anniversaire …………………………………
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Ouh la ! Crise de larmes passagère. Ça va aller. J'inspire… J'expire… pfff… JE VAIS CREVER !!

Alors. Donc. Ma chronologie personnelle… bon, ça, ça passe… et quelques événements locaux et mondiaux m'amènent à m'interroger et à me pencher sur le demi-siècle passé…………………………………
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Aaah ! Un vertige soudain…

Je reprends. Qu'est-ce que c'est que ce foutoir ? Qui a fait ça ?

Je suis née au milieu des menaces de guerre nucléaire d'un monde scindé en deux blocs ennemis. Un monde raciste, un pays sortant aux forceps de sa position d'empire colonial (envahir des pays et massacrer ses habitants, c'est mal et pas seulement quand c'est l'Allemagne qui nous rend visite). Je suis née femme, homosexuelle et donc une sous-citoyenne. Mais blanche. On ne peut pas avoir toutes les qualités. Bref. Vingt-deux ans plus tard, joie, bonheur et insouciance, le mur de Berlin tombe. L'URSS et le bloc de l'Est avec. Dès 1987, durant ma formation de sous-officier, la couleur du foulard porté par les "ennemis" dans les exercices était passé du rouge au vert (écolols ou musulmans ou pas d'autre couleur disponible, mystère). L'Amérique du Sud vire ses dictateurs (presque tous). Ca avance. Le futur paraît plus sympa. Fait de partage et de mixité. Mes droits (et donc les vôtres avancent). En 2013, je deviens citoyenne à part entière (Taubira, épouse-moi !).

Quand tout à coup, 28 ans après la supposée fin de l'Histoire, deux abrutis coiffés comme des dessous de bras se menacent en agitant leur arsenal nucléaire.

Des sous-équipés en neurones s'embarquent sur un raffiot pour empêcher des ONG de sauver des êtres humains d'une mort quasi-certaine en Méditerranée.

Ces migrants illégaux en nombre ridicule ne sont (volontairement ?) pas gérés par le gouvernement (le nôtre, celui qui a un parlement élu par nous de manière tout à fait démocratique). Et là je me dis, si la France de 39 a pu gérer (enfin, il y a beaucoup à dire sur les conditions d'accueil) le demi-million d'Espagnols (dont mon grand-père) fuyant le régime fasciste, si la France de 1962 et des années suivantes a pu gérer le million de pieds-noirs et les presque 100 000 harkis de retour d'Algérie, la France (vous savez, le pays des droits de l'homme), 5ème puissance mondiale, peut gérer les quelques milliers de migrants sans voir des quartiers ou des coins du territoire transformés en infâmes bidonvilles, non ?

Pour faire le lien avec nos "identitaires" (novlangue pour dire fasciste), hier soir et ce matin, je découvre que les médias français, entre autres qualités professionnelles, ont du mal à qualifier les manifestants de Charlottesville. Alors que c'est facile, s'il ou elle brandit un drapeau nazi en faisant le salut nazi, c'est un ou une nazi. S'il ou elle brandit le drapeau sudiste, c'est a minima un ou une raciste. S'il s'agit du KKK, il ou elle est raciste, anti-sémite, homophobe et déteste tout ce qui n'est pas sa propre personne. Des gens qui défilent pour protester contre l'enlèvement d'une statue d'un général sudiste (donc esclavagiste donc raciste), protégés par une milice en treillis et équipée de fusils d'assaut (mais c'est quoi ce monde ?) peuvent être qualifiés de fascistes, racistes, nazis. Et lorsque l'un d'entre eux fonce en voiture dans la foule des contre-manifestant·es, il commet un acte de terrorisme.

Ah ! et puis, à propos des médias, je reviens sur ma marotte du langage. Dites voir les journalistes ! Ça vous arracherait les ongles d'arrêter de parler de drame conjugal ou familial lorsqu'un homme tue sa conjointe ou son ex-conjointe ? Puisqu'il s'agit en fait de violence de genre, de violence sexiste dont notre pays est malade à en crever. Sauf que seules les femmes (et leurs enfants) en meurent. 83 d'après les militantes en 2017, 0 d'après la police qui n'arrive toujours pas à sortir le chiffre des victimes de 2016. Alors, pour 2017, vous comprenez. Trop de terroristes islamistes échappés des asiles à traquer, je suppose.

Cher pays des droits de l'homme avec un petit, un tout petit, un minuscule "h", TU VEUX ME POURRIR MA FIN DE VIE !!! C'EST ÇA !?!
Tu l'auras voulu. M'en fous, j'ai plus rien à perdre ! Je suis une malade ! Sachez-le, nous sommes arrivé·es à la fin d'une chanson de Goldman :
"Et qu'on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D'avoir à choisir un camp".

Elle va vous coller au crâne toute la journée. Et je m'en fous. J'ai 50 ans. Fallait pas m'emmerder !

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08 août 2017

La lutte contre les violences faites aux femmes…

On n'est pas sorties des ronces…

Savez-vous à cette date combien de femmes sont mortes en France sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint en 2016 ? Sachant que nous sommes en août 2017. Non ? Normal, le secrétariat d'état en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes non plus. Comment je le sais ? Ben, je suis allée sur leur site. Attention, va y avoir de la capture d'écran.

Dès la page d'accueil, dans la section "Voir aussi", je découvre un encart "Parution du rapport annuel concernant les morts violentes au sein du couple". Pas de panique, c'est celui de 2015.

Je reviens au menu horizontal et je choisis "Droits des femmes" puis "Lutte contre les violences".

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Dans les différentes rubriques qui s'affichent, rien qui ressemblerait à "Les chiffres des violences de genre en France". La solution est dans le dernier choix "Publications Lutte contre les violences".

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Passons sur le grand vide sous le titre principal et concentrons-nous sur la colonne de droite. Bingo, le premier article est celui que nous cherchons "Les chiffres de références sur les violences faites aux femmes". Cliquons donc.

Oh surprise, sans prévenir, nous quittons ce summum de l'information pour nous retrouver sur un autre site : http://stop-violences-femmes.gouv.fr. Mais joie, nous sommes effectivement arrivées sur la bonne rubrique. Problème, les chiffres indiqués semblent dater de… 2014.

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Autre étrangeté, le compte Touitère indiqué en haut de page, @Min_FEDDF, renvoie vers… un compte personnel d'un courtier immobilier montréalais inscrit en juin dernier… Mieux ! Sur le site du secrétariat d'état, 2 comptes différents cohabitent sur la même page ! Choisis ton camp camarade ! Une plainte pour violences conjugales ou un appart au Québec ?

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Ne nous laissons pas déconcentrer par ces "détails" et revenons à notre quête du nombre de femmes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2016. Sur la page du site "Stop-violence-femmes", une phrase indique que "Pour une présentation plus approfondie de ces chiffres et d’autres données sur les violences faites aux femmes, consulter les numéros de La lettre de l’Observatoire national des violences faites aux femmes." MAIS SI TU CROIS QUE J'AI PEUR DE CLIQUER, WEBMESTRE DE MALHEUR, TU TE TROMPES ! Donc, je clique.

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Bon point : je ne quitte pas le site. Mauvais point : ce n'est pas ma question. Et si les mutilations sexuelles des femmes est une violence gravissime, je pense que je peux trouver des publications plus récentes que février 2016. Et puis ce n'est toujours pas le nombre de femmes qui ont été rayées de notre carte en 2016

Pas désespérée pour un sou et je dirais même, plutôt remontée comme une pendule, je vais sur le site du ministère de l'Intérieur puisqu'en cas de meurtre, a priori, ce sont les gardiens de la paix qui sont aux premières loges… pfffff… même après l'utilisation du moteur de recherche, aucun article datant de 2017. Aucune rubrique particulière concernant ce type de violences spécifiques mais non plus pour les violences racistes ou homophobes. Comme ça, pas de jaloux.

Je retourne sur le site du "secrétariat d'état qui va perdre beaucoup de budget" et je décide de consulter les "Instances rattachées". Petite remarque : instances rattachées, c'est une expression qui parle à qui ? LE OU LA RÉDAC-CHEF DU SITE, T'ES UNE BRÈLE !

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1ère instance : Le Conseil Supérieur de l’Égalité Professionnelle entre les femmes et les hommes.
Le lien renvoie à un article de présentation avec 4 pdf à télécharger. Je n'y trouve évidemment pas ma réponse.

2ème instance : Le Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes
Ca s'améliore puisque dès le menu de page d'accueil, un onglet "Violences de genre" est présent. Je clique. La dernière actu date d'avril et concerne le système prostitutionnel. En colonne droite, des repères statistiques, le nombre de femmes tuées date… de 2012.

3ème instance : La mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains
J'atterris sur une article particulièrement vide ce qui n'augure rien de bon. Je clique sur "En savoir plus sur la MIPROF" (cette manie des sigles de merde de notre administration, ça me donnerait des envies d'étrangler des fœtus de chaton)… et je retombe sur "Stop-violences-femmes".

Et toujours pas le moindre chiffre des femmes assassinées en 2016. Voilà le travail.

Heureusement, il y a des militantes féministes qui, en chassant les faits divers dans la presse, pointent au jour le jour les femmes assassinées. Leur estimation pour 2016 est de 120.
Et depuis le début 2017, nous en sommes à 79.

L'État n'a toujours rien sorti. Mais l'État a décidé de baisser le budget du "secrétariat d'état à l'égalité d'arrêtez de vous foutre de notre gueule".

Elles mettent à jour (elles !) une carte des celles qui manquent définitivement à leurs familles, leurs proches et à nous toutes et tous.
Et faites tourner la pétition : https://www.change.org/p/monsieur-emmanuel-macron-f%C3%A9minicides-un-fl%C3%A9au-silencieux-qu-il-faut-rendre-visible-informons-agissons

Sur Twitter, vous pouvez aussi interpeler les différents ministères sur les réseaux sociaux :
- Ministère de l'Intérieur, son patron
- Secrétariat d'état machin bidule, sa patronne

Quelqu'un finira bien par répondre. Allô ?

Remarque : voici ce qu'il est possible de faire dans un pays de l'UE, bien moins riche que la France et également en lutte contre les violences faites aux femmes, l'Espagne.
Voici le portail statistique de la Délégation du gouvernement pour la Violence de genre. Petit outil pratique et simple d'utilisation. 1ère ligne, je choisis les "victimes mortelles". 2ème ligne, l'année. Et hop, j'ai les chiffres depuis 2003 jusqu'au chiffre de l'année en cours.

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Autre remarque toute personnelle, l'Espagne est souvent qualifiée de pays machiste. Pour 2016, 44 femmes manquent à l'appel. En France, a priori, 120. Soit quasiment 3 fois plus. Or, nous ne sommes pas trois fois plus nombreux que nos voisins. Nous sommes 67 595 000 d'après Wikipédia et les Espagnols, 46 439 864.

Voilà, c'est tout pour moi.

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Cent pour sang

Je n'aime pas les pourcentages. Non pas que je n'arrive pas à les calculer (j'ai eu mon bac, merde !) mais je n'aime pas la façon dont ils sont parfois utilisés. Le pourcentage n'a pas d'âme. Celui ou celle qui l'utilise comme un paravent… non plus. L'exploitation d'un pourcentage en dit beaucoup sur l'utilisateur ou l'utilisatrice.

Un ami artisan, auto-entrepreneur, assez récemment mis à son compte et ayant cessé de compléter ses revenus par un deuxième travail répondait récemment à une question amicale : "Ça va ? Tu t'en sors ? Tu arrives à te payer ?". Il répondit "oui, ça va. L'an passé, j'ai fait X mille euros. Il faut enlever Y% de cotisations et impôts. Du coup, il me reste un peu moins d'un smic.
Résultat brut - pourcentage = résultat net en euros.

L'autre version récemment entendue dans un autre lieu fut : "Tu comprends, je suis à mon compte, je cherche les clients, je bosse à la fin, il me reste 40%" (NDLR : mon ami l'artisan aussi cherche des clients et travaille ardemment à faire connaître son travail).
Résultat brut inconnu - %age de trucs et de bidules = 40% qu'on ne sait pas combien ça fait en euros ou en roupies ou en dollars avant ou après impôts.

La technique du paravent. Je suis restée polie ou française, je n'ai pas demandé "et ton 40% ça fait combien en vrai". Dommage. La prochaine fois, je n'hésiterai pas.

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07 août 2017

Quelques règles de civisme

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Vous aimez les humains, ne les nourrissez pas !

  • En les nourrissant, vous les rendez dépendants.
  • Les nourrir est néfaste à leur santé, favorise leurs regroupements, la surpopulation et la transmission de maladies.
  • Le nourrissage dégrade l'environnement, pollue le milieu aquatique et favorise le développement des roms, clodos, migrants économiques et autres supposés réfugiés… source de nuisances à Paris et ailleurs.

Gérard Collomb, spécialiste du tri.

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01 août 2017

Et surtout passez un bon été

"T'es sûre que ça va ?
- Mais oui, pourquoi tu dis ça ?
- Je sais pas. Je trouve tes travaux manuels un peu étranges.
- Des nœuds marins, ça va. Je découpe pas des chatons en rondelles non plus.

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- Le nœud coulant n'est pas forcément le premier nœud marin auquel on pense. Et puis la façon dont tu l'utilises, franchement, tu m'inquiètes.
- Mais nooon, ça va. Je te jure. Je refais ma décoration.

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- Enfin, j'aimerais bien qu'on en parle quand même.

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29 juillet 2017

Z'avaient qu'à pas commencer

Parfois, lorsque je conduis, je m'ennuie. Alors je regarde les paysages. Sur les routes départementales des Pays-de-Loire et de Bretagne, on trouve de nombreux hameaux. Ils n'ont évidemment aucune utilité si ce n'est de nous obliger à baisser la vitesse de la voiture à 70km/h. Il y a 3 maisons qui se battent en duel de chaque côté de la route. Ça ne sert à rien. Donc.

Mais ces hameaux ont tous un nom. Revenant des plages morbihannaises battues par le vent, le visage encore incrusté de grains de sable, j'ai pu goûter à la créativité des hérauts de la toponymie. On peut les diviser en 4 groupes :
- les observateurs
- les menteurs
- les drogués
- les désabusés

Observateur, celui qui a trouvé le nom de "Les quatre routes" au hameau situé au croisement de 2 routes, ce qui en fait 4 demi-droites. Bravo. Aucune imagination mais un sens évident de l'observation. Problème : la moitié des hameaux pourraient s'appeler ainsi et l'autre moitié positionnée au bord d'un route unique : "la route". Vas t'y retrouver après.

Menteur celui qui a nommé "La Gare", le trou perdu qui n'a jamais vu une paire de rails depuis l'invention de l'imprimerie. Ou alors il a cru à une promesse d'un député.

Drogué ou raciste… ou les deux… le créateur de "Les crouillaux". Mais ? Qu'est-ce que ? Et le gentilé ? Hum ?

Enfin, mon préféré, le désabusé. Il (ou elle d'ailleurs) a vu le village. A soupiré. A pensé "pourquoi j'ai pas fait une thèse sur les rupteurs triphasés au lieu d'un doctorat Toponymie et Rase campagne ?". Devant les gueux et les gueuses réuni•es, il a dit "Mouais". La plèbe, moyennement emballé•e, a dit : "meeeuuuh !" À quoi il a été répondu : " nan, y'a pas tant de vaches que ça."

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C'est l'été. J'ai le droit

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12 juillet 2017

La République à quai

Je souhaiterais profiter de la tribune libre qui m'est offerte par l'interweb électronique pour faire un point avec mes correligionnaires du métro, adeptes du transport radicalisé en heures de pointe.

Mes chéri·es,

Je comprends parfaitement votre désarroi lorsque, constatant que certaines lignes sont toujours pleines, vous finissez par croire que les rames ont été livrées par le constructeur avec des passagers déjà dedans. Un complot illuminati à n'en pas douter. Comment survivre en attendant que l'Etat (qui nous ment !) veuille bien ouvrir une enquête et démasquer les instigateurs ? En faisant preuve d'intelligence collective. J'aime beaucoup cette expression, récemment utilisée par Muriel Pénicaud au sujet du démontage en règle du code du travail. Elle pense qu'il faut compter sur l'intelligence collective pour réguler le dialogue social. C'est-à-dire les relations entre patron·nes et salarié·es. Entre dominant·es et dominé·es. Entre loup et agneau. Ah. Ah. J'ai bien ri. Quand on lit l'échange de courriels entre elle (alors directrice de Business France) et le directeur de cabinet de l'ancien sous-ministre au commerce extérieur, on sent bien l'intelligence, mais collective, c'est moins sûr. Ou alors que d'un côté.

L'intelligence collective, comment ça marche, quoi ça donc, il ne vous resterait pas des Kit-Kat par hasard ? Voici deux exemples qui valent mieux que force ni que rage ou qu'explication (nan, parce que là, pfiou, ça me gave un peu) : faire une chaîne de gens-avec-des-seaux entre un point d'eau et un truc qui brûle ou, plus courant, passer le micro de main en main pour lui faire traverser une salle et permettre à un·e intervenant·e éloigné·e de s'exprimer. Alors oui, évidemment, pourquoi ne pas envisager l'intelligence collective comme modèle de gestion des relations entre les "entassé·es de la Terre".

Je m'ai embêtée à faire des dessins pour que tout le monde il comprend… Voici en illustrations faites maison, un cas concret, récent, vécu par moi-même personnellement toute seule (enfin, toute seule…).

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Fig 1. La voiture est blindée. Je monte et me retrouve aplatie contre la barre verticale.
Le rond violet, c'est moi. Les ronds gris sont les intelligents collectifs autres passagers.
En orange, les passagers fournis avec la rame

plan_rame_2Fig 2. 2 stations plus tard, profitant de la libération d'espace au fond, je me glisse
un peu plus loin afin de laisser monter les autres derrière moi. Mon arrêt est encore loin.

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Fig 3. Arrivant à ma station, je me faufile vers la porte pour descendre.
Pour être exhaustive, je précise qu'à ma station, beaucoup de personnes descendent.
Et montent. Gros flux à la porte !

C'est à cet instant qu'intervient l'intelligence collective. Les personnes postées devant la porte et n'étant pas arrivées à destination descendent et se rangent sur les côtés (avec ceux qui attendaient à la station et qui ont aussi fait un master en IC) afin de "laisser descendre avant de (re)monter". On gagne du temps, de l'énergie, du stress, tout ça.

Dans la vraie vie…

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Fig 4. Les portes s'ouvrent. Les gens descendent un par un pour laisser passer une sorte de filet humain
jusqu'au moment où le flux devient si important qu'ils DOIVENT dégager. Puis ils se plantent devant la porte.

Question : si tu te plantes devant la sortie et que je ne peux pas poser un pied sur le quai, COMMENT ON FAIT, BORDEL ?!?

Vous avez 4 heures.

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30 juin 2017

Thank God it's friday… ou pas

Paris, XVIIIème arrondissement de Paris (côté bobos), un vendredi matin de juin 2017.

Deux femmes tiennent leur chien respectif en laisse. Le york et le bichon se reniflent calmement. Ils se connaissent et semblent s'apprécier. Pas d'énervement, pas de tentative d'intimidation ou de reproduction intempestive. Une image comme on aimerait en voir plus souvent… si les chiens représentaient un intérêt quelconque hormis le fait de savoir où ils déposent quotidiennement leurs étrons.

Le concierge de l'immeuble devant lequel se déroule cette scène bucolique salue les deux femmes.

"Ils s'entendent bien, dites donc !" dit-il. "Oui", répond l'une des deux, "Ils s'aiment bien".
"C'est garçon-fille ?
- Oui.
- Ah, c'est ça… Enfin, aujourd'hui, plus rien ne m'étonne hein, ah, ah".

Paris, XVIIIème arrondissement de Paris (côté connard), un vendredi matin de juin 2017.

Fatigue.

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25 juin 2017

C'est fini ! Ayéééé ! C'est fini !

Nous n'allons plus voter. Enfin pas tout de suite. Mais c'est bien simple, je ne réponds même plus aux mini-sondages des réseaux sociaux du style :
"Tu trouves ce chaton
- cromeugnon
- adoraaable
- à croquer"

J'EN AI RIEN À PÉTER DU GREFFIER ! LÂCHE-MOI LES URNES !!!

Je suis tellement à fleur de peau que je m'attends toujours à voir surgir un chroniqueur prêt à m'expliquer ce que je pense. "Les Français·es veulent ceci… ou cela…". "Les Français·es savent bien qu'on ne peut plus…" Hey ! Le mentaliste à l'écharpe ! Tu me laisses penser toute seule ou bien ?

Il était temps que cette période électorale se termine. C'était violent. De la décomplexion des idées de très à droite à l'accueil du taux d'abstention. Les abstentionnistes en auront pris pour leur grade cette année. C'est la première fois (étude réalisée sur un échantillon composé de moi sur la période de ma vie dont une grosse partie avant les réseaux sociaux) que je vois, lis, entends des propos d'une telle violence sur les abstentionnistes. Certain·es battant le rappel de tou·tes les mort·es, toutes les luttes, tous les sacrifices pour avoir le droit de voter… pour Cambadélis ou d'autres ayant des casseroles au cul ou un usage extrême de la gomina. Joie, bonheur et démocratie.

À ce sujet, je rappelle que l'organisation d'élections et une forte participation ne définissent pas à elles seules une démocratie. Cf la Russie, la Chine, Cuba, etc. Et puis d'abord, si ce n'est pas à la proportionnelle, c'est représentatif de que dalle. "Aaaah mais oui mais y'aura des député·es fachos !" Qu'on n'a d'ailleurs pas eu… oups, attends… "Et ça va être le régime des partis. Y'aura des remaniements tout le temps". Ce qu'on n'a pas eu non plus. Bref ! Pour revenir à l'échantillon de notre étude et de son activité civique des dernières semaines, que constatons-nous ? Au 1er tour, la candidate choisie au milieu des 19, n'a pas atteint l'une des deux premières places. Le "choix" au 2nd tour devait se faire entre un candidat de droite (LREM) et une candidate de droite (LR) [t'as vu ? ça commence par les mêmes lettres]. Vous reprendrez bien un peu de peste pour finir votre choléra ? "Suis-je obligée de choisir ?" demanda l'échantillonne (c'est une femelle). "Parce qu'en vérité, je vous le dis, de choix je n'ai guère." Enfin si : trois. Y aller et voter blanc. Y aller et voter nul. Pas y aller.

Rapport aux sacrifices des luttes mortes passées, j'y suis allée. J'ai apporté mon bulletin fait maison histoire de faire marrer les préposé·es au dépouillement. Mon vote a été compté comme nul (alors qu'il était très bien mon bulletin). Par ce vote, j'ai voulu exprimer mon opinion politique qui n'est ni de droite, ni de droite.

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Petit quizz rapide : quel pourcentage ont représenté les votes blancs et nuls ? Ne triche pas, je te vois ! Tu ne sais pas ? Moi non plus. 2,98 % de blancs et 1,27 % de nuls (sur les inscrits). Mais je suis certaine que tu connais LE chiffre, celui qui a cartonné, fait le buzz : l'abstention à 57,36 % des inscrits. Il est à remarquer que l'impact sur le résultat des élections des votes blancs, nuls ou de l'abstention est le même : y'en a pas. Mais personne n'est venu gueuler sur les blanc·hes ou les nul·les. La récompense de l'effort fourni pour se rendre au bureau de vote ? Va comprendre Charles ! En tous cas, tant qu'à uriner dans les ouïes d'un instrument à cordes, la prochaine fois qu'une telle absence de choix se présentera… je crois qu'il faut que je commence à me constituer une collection de bulletins personnels.

Au fait ! Avant que j'oublie ! Toujours rapport aux mortes sacrifiées des luttes trépassées, je rappelle qu'il y en eut pléthore et moult pour construire l'ennemi de Jupiter : le code du travail. Que l'assemblée de nos représentant·es va s'empresser de disperser façon puzzle. Ça va gueuler. Je vais gueuler, faire grève, manifester. Et que va-t-on nous répondre ? "Ce n'est pas la rue qui gouverne !".

Oui, merci, j'avais remarqué. Mais j'irai quand même.

 

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16 juin 2017

La fête du caleçon sur France Inter

C'était jeudi. J'étais à la bourre car j'étais encore dans la salle de bain alors que Bernard Guetta commençait sa chronique géopolitique. J'aurais préféré ne pas. Ne pas être encore à la maison, ne pas écouter cette radio, ne pas être attentive, ne pas me figer en pensant "nan mais… il n'est pas en train de dire ce qu'il dit ?". Sa chronique traitait de l'actualité du Royaume-Uni et s'intitulait "Le royaume des femmes". Un bon début, bien sexiste. Lui viendrait-il à l'idée de parler de la France comme d'une "République des hommes" si le président, le premier-ministre, les présidents des régions PACA, Bretagne et Aquitaine étaient TOUS des hommes ? Bah non, parce que c'est normal ! J'avoue que ça m'a gavé velu, velu. Et j'ai décidé de changer de genre. Le genre de sa chronique. La vraie dans sa version originale est sur le site de la radio.

Voici ce qu'il écrira donc un jour, si, si c'est sûr, ça coule de source (j'ai mis en couleur les mots et les noms que j'ai passé au masculin) :

"William, on sait. On sait qu’il y a soixante-cinq ans que la monarchie britannique est incarnée par un homme [mais c'est dû aux hasards de la génétique et de l'absence de loi salique] mais c’est toute la vie politique du Royaume-Uni qui est aujourd’hui entre les mains d’hommes d’exception.[c'est rare les hommes d'exception. Habituellement, les Britanniques sont dirigé·es par des brèles sans nom]

Il y a, d’abord, Damian Green, le premier ministre conservateur dont rien ne déplacera jamais une mèche de cheveux [car le Britannique aime être bien coiffé], pas plus son échec aux législatives de jeudi dernier, que la violente contestation dont il est depuis l’objet au sein de son parti ou que les tractations qu’ont maintenant ouvertes, contre lui et derrière son dos, les partisans travaillistes et conservateurs d’un compromis avec l’Union européenne.

M. Green, soixante ans, est sur un siège éjectable. Il n’a toujours pas conclu les négociations avec le DUP, le parti unioniste d’Irlande du Nord dont il aurait besoin pour retrouver une majorité parlementaire, mais ce fils de pasteur [papa lui a tout appris], favorable au mariage homosexuel et ancien ministre de l’Intérieur de David Cameron, reste aussi inébranlable et souriant [car le Britannique est bien coiffé et souriant] dans la tempête que s’il remontait un chemin de roses sous des applaudissements enthousiastes [sur une chanson d'Elton John ?].

Qu’on approuve ou non ses choix politiques, cet homme a du cran [contrairement aux brèles dont je parlais plus haut] mais que de dire alors de M. Swinney ? John Swinney, 53 ans, est le chef du Parti national écossais, celui des indépendantistes, et le premier ministre de l’Écosse depuis 2014. C’est sous sa direction que son parti s’était adjugé 56 des 59 circonscriptions écossaises en 2015. C’est également lui qui vient d’en perdre 20 d’un coup jeudi dernier car il avait fait peur en brandissant, contre Damian Green et son Brexit dur, la menace d’un nouveau référendum d’indépendance mais ce brillant juriste fils d’ouvrier, n’en continue pas moins d’incarner l’Écosse, 62% des voix contre le Brexit en 2016 et un permanent balancement entre le Royaume-Uni et la tentation indépendantiste.

Et puis il y a un autre Écossais et un Irlandais.

L’autre Écossais, c’est Dean Lockhart, 39 ans, ancien journaliste à la BBC et chef de file des conservateurs écossais. Visage rond, cheveux courts [on aime toujours savoir à quoi ressemble un politique] et défenseur d’un compromis avec l’Union européenne, M. Lockhart est aussi souriant et jovial qu’attaché à l’unité britannique et à son compagnon irlandais avec lequel il envisage de devenir père [Comment ça la vie sexuelle et familiale d'un homme politique ne t'intéresse pas ? Ah bon ?]. Depuis qu’il a fait gagner, jeudi, douze sièges écossais au Parti conservateur, beaucoup le voient, surtout, en prochain N°1 des conservateurs britanniques.

Et puis il y a enfin l’homme dont tout dépend aujourd’hui, Nigel Dodds, 59 ans, chef de file des unionistes d’Irlande du Nord, protestant rigoureux, hostile à l’avortement, au mariage homosexuel et également à la fermeture de la frontière avec l’Irlande qu’impliquerait une complète rupture avec l’Union européenne. Sans lui, Damian Green n’a pas de majorité mais, avec lui, rien ne sera facile.

Plus encore qu’une île, la Grande-Bretagne est le royaume des hommes mais, depuis le premier William, Georges et David Cameron, c’est plus qu’une tradition."

T'as souvent entendu Guetta parler de la coiffure de Poutine, des enfants à naître du pape François, du "cran exceptionnel" de Sarkozy ? NAN ! Le physique, la coiffure, la famille, c'est juste pour les femmes. Et elles sont forcément une exception qui confirme une règle : c'est vraiment un coup de bol que les Anglais vivent sur une île.

Jeudi, j'étais donc vénère en partant bosser. Ce vendredi, j'ai encore merdé mon réveil. Du coup, rebelote en slip à 8h20 au lieu d'être dans le métro. Comment ? Nan ! Pas en slip dans le métro ! En slip chez moi à l'heure où je suis normalement dans le métro. Bref, le vendredi, c'est culture sur Inter. Et dans culture, y'a ture. Alexis Michalik venait parler de sa pièce à succès : "Edmond". Cette pièce raconte l'histoire de Rostand et de son Cyrano. Patrick Cohen lui demande ce qui est vrai ou faux dans sa reconstitution de la vie de Rostand. Par exemple, sa maîtresse, véritable muse sans qui, peut-être, il n'aurait pas écrit sa pièce ? C'est de la fiction. Dans la vraie vie, c'est sa femme, Rosemonde Gérard, poétesse, qui l'a soutenu et qui a été très importante dans l'écriture de ce chef d’œuvre, plus grand succès théâtral mondial français de tous les temps… ah… mais alors, machin, pourquoi ne pas avoir reconnu dans ta pièce, l'importance de cette femme (et artiste) bien réelle et l'avoir remplacée par une maîtresse fictive ? Hum ? On ne le saura malheureusement jamais car la question ne fut pas posée.

Posté par Gouinette à 18:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]